Femmes nues en chaussettes
Cécile Crassous
3 QUESTIONS À CÉCILE CRASSOUS
Votre héroïne Emma n’a pas été épargnée par la vie…
J’aime Emma pour ce que son nom cache : "elle aima", au passé simple. C'est une femme définie par une absence. C’est cette blessure qui fait d'elle une sage-femme hors pair : elle prend soin de la vie des autres pour ne pas avoir à regarder la sienne.
Était-ce important pour vous de montrer un panel d’héroïnes différentes et complexes ?
Ce ne sont pas des héroïnes de papier. Elles sont agaçantes, sublimes, insupportables et profondément vivantes. J'ai voulu explorer leurs folies et leurs fêlures sans complaisance. J'aime les personnages qui trébuchent, ceux qui sont pétris de contradictions et de mauvaise foi.
Dans les remerciements, on peut trouver votre propre sage-femme…
Elle a été l’étincelle du roman. Mon amie m'a ouvert les yeux sur ce quotidien fait de contrastes violents, de secrets murmurés et de corps qui racontent ce que les bouches taisent. Ce livre lui doit sa part de vérité : celle d'une humanité saisie sur le vif, entre deux rendez-vous.
Fiche technique
- Compilation
- Non
- Hauteur (mm)
- 225
- Largeur (mm)
- 140
- Auteur
- Cécile Crassous
- Type de livre
- Noir
- Reliure
- Brochée
- Nombre de pages
- 270
- Poids (Kg)
- 0.3
- Editeur
- PRESSES DE LA CITE
- Format
- Grand format
- Exclusivité
- Non
À propos de l’auteur
Cécile Crassous
Cécile Crassous - Femmes nues en chaussettes
Interview
Votre héroïne Emma n’a pas été épargnée par la vie, comment avez-vous vécu de l’accompagner sur son chemin ?
J’aime Emma pour ce que son nom cache : "elle aima", au passé simple. C'est une femme définie par une absence. Face aux figures baroques du roman, elle oppose une normalité de façade qui masque une faille profonde.
C’est cette blessure qui fait d'elle une sage-femme hors pair : elle prend soin la vie des autres pour ne pas avoir à regarder la sienne.
Était-ce important pour vous de montrer un panel d’héroïnes différentes et complexes telles que Paulette, Madame et Mercure ?
Ce ne sont pas des héroïnes de papier, ce sont les femmes que je croise au supermarché ou dans l'escalier. Elles sont agaçantes, sublimes, insupportables et profondément vivantes.
J'ai voulu explorer leurs folies et leurs fêlures sans complaisance. J'aime les personnages qui trébuchent, ceux qui sont pétris de contradictions et de mauvaise foi. Au fond, leur véritable aventure, c'est leur humanité.
Il est encore rare de voir des personnages transgenres dans la littérature grand public, était-ce important pour voir de raconter aussi cette féminité-là ?
L’idée de "Madame" m'est venue après une discussion avec une amie sage-femme qui me racontait son quotidien. Ce n'est donc pas un sujet théorique, mais une réalité de terrain.
Je n'ai aucune intention militante : je me vois plutôt comme un passeur. Mon rôle est de raconter les soubresauts de la société avec la même objectivité — et la même ironie — que pour n’importe quel autre personnage.
Dans les remerciements, on peut trouver votre propre sage-femme. En quoi vous a-t-elle inspirée ?
Elle a été l’étincelle du roman. Le cabinet d'une sage-femme est l'un des rares endroits où le vernis social explose. On y accueille l’intimité des femmes sous toutes ses formes, de la plus sublime à la plus brute.
C’est le poste d’observation idéal pour parler de la féminité sans tricher. Mon amie m'a ouvert les yeux sur ce quotidien fait de contrastes violents, de secrets murmurés et de corps qui racontent ce que les bouches taisent. Ce livre lui doit sa part de vérité : celle d'une humanité saisie sur le vif, entre deux rendez-vous.
Dans votre biographie, on peut lire qu’à travers vos romans, vous essayez de « dire la gravité avec légèreté ». Est-ce encore le cas avec celui-ci ?
Plus que jamais ! Notre époque a une fâcheuse tendance à vouloir tout simplifier, à réduire la féminité à un slogan ou à un avis unique. Pour moi, les femmes ne sont pas un bloc monolithique, elles forment une mosaïque.
Explorer cette mosaïque, c'est accepter que la vérité d'une femme n'est jamais là où on l'attend. J'ai voulu peindre avec humour ces zones d'ombre, ces petits arrangements avec la réalité et ces éclairs de courage qui surviennent quand tout s'effondre. C'est dans ce désordre-là, loin des théories, que se trouve la vraie vie.
Que représente pour vous le fait d’être publiée en avant-première chez France Loisirs ?
C'est une immense satisfaction. France Loisirs n'est pas qu'un catalogue, c'est une communauté de "vrais" lecteurs, de ceux qui font vivre un livre sur la durée.
Je me délecte d’imaginer les lecteurs face aux frasques de Paulette, Mercure et Madame. J'aime l'idée que ces personnages, avec leurs contradictions et leur mauvaise foi, entrent dans leur salon.
Au fond, c'est là que le livre prend vie : quand il n'est plus à moi, mais qu'il devient un sujet de conversation, ou de discorde, entre les mains des lecteurs.