Les Enquêtes d’Hortense Lechat
Frédéric Lenormand
1920. Retraitée aussi extravagante qu’insupportable, la très française Hortense Lechat s’installe à Londres pour y monter une agence de détectives. Elle n’apprécie guère l’appartement que son assistant et sa secrétaire lui ont dégotté… jusqu’à ce que le cadavre d’une jeune femme atterrisse devant sa fenêtre. Hortense décide de mener l’enquête. Sept habitants, c’est autant de suspects… Ou de nouvelles victimes !
Mr. Bullingbroke, je présume ? (…)– Madame Lechat ! dit Bannockburn. Je vous attendais !– Certainement, oui, dit la Française. C’est la présence de cette personne que je ne m’explique pas, ajouta-t-elle en désignant du pommeau de sa canne la jeune femme (…)– Permettez-moi de vous présenter Miss Rosetta Lime. Vous aviez évoqué le désir d’engager une secrétaire, or Miss Lime a une grande expérience de tout ce qui touche au secrétariat. Hortense Lechat jaugea la postulante, depuis le petit chapeau plat jusqu’aux chaussures qui l’étaient également.– J’en doute fort, lâcha-t-elle (…).
Fiche technique
- Compilation
- Non
- Hauteur (mm)
- 225
- Largeur (mm)
- 140
- Auteur
- Frédéric Lenormand
- Type de livre
- Noir
- Reliure
- Brochée
- Nombre de pages
- 276
- Poids (Kg)
- 0.372
- Editeur
- PRESSES DE LA CITE
- Format
- Grand format
- Exclusivité
- Non
À propos de l’auteur
Frédéric Lenormand
Frédéric Lenormand – Les enquêtes d’Hortense Lechat - Tome 2 - Meurtre en fanfare
Interview
Avec quels sentiments avez-vous abordé vos retrouvailles avec Hortense ?
J’aime beaucoup le personnage d’Hortense Lechat. J’ai une prédilection pour les héros grincheux. Ils me permettent de placer dans le roman tout ce que je m’interdis dans la vie courante : ils peuvent se montrer acerbes, insolents, impatients, voire acariâtres, prétentieux, snobs, donneurs de leçons... et pourtant ils restent très attachants, ils ont des qualités qui compensent, ils sont brillants, capables d’élans de générosité, et ont un sens précieux de la morale, de l’équité. Ce subtil mélange leur confère une complexité qui les fait échapper à la caricature. Ces ambiguïtés les rendent humains.
À quels changements vos lecteurs peuvent-ils s’attendre dans le tome 2 ?
Le tome 2 est un jeu de billard littéraire à trois bandes entre Hortense Lechat, « l’ombre du célèbre petit détective belge » et l’œuvre de Lewis Carroll. C’est un peu « Agatha Christie enquête au Pays des Merveilles ». Je me suis énormément amusé à composer cette fresque qui dépasse les limites du roman policier habituel.
Assassiner le célèbre détective belge « Hector Perrault » est presque un crime de lèse-majesté, avez-vous hésité avant de commettre ce méfait ?
Le titre qui m’est venu dès que j’ai commencé à réfléchir à ce roman était « Qui a tué Hercule Poirot ? ». Puis je me suis dit que cela poserait des problèmes de copyright et j’ai cherché quelque chose de plus neutre. Il est difficile d’écrire du cosy mystery sans se trouver confronté à la fondatrice du genre, cette écrivaine géniale. Disons qu’avec ce livre j’ai un peu « tué la mère » à ma façon, comme aurait dit Sigmund Freud.
Donner vie à une héroïne « délicieusement insupportable », est-ce amusant, jubilatoire, cathartique ?
C’est encore une leçon que je dois à Hercule Poirot, qui, comme chacun sait, énerve souvent ses interlocuteurs avec ses affèteries, ses petites moustaches recourbées, son costume tiré à quatre épingles, ses exigences. Par ailleurs, les lecteurs français manquent le comique de son franglais – il est capable de dire des phrases comme : « I’ll go promenade myself ! » Mes précédents héros avaient souvent le même genre de personnalité : le juge Ti est coincé entre ses riches administrés et sa hiérarchie mandarinale, un peu à la manière de Columbo ; Voltaire était un modèle du genre, une vraie pile électrique confite dans le contentement de soi ; Rose et Léonard étaient profondément imbus de leur rang de « fournisseurs de Marie-Antoinette », à qui ils vendaient des robes et des coiffures. Ce genre de caractère donne toujours lieu à des situations cocasses.
Vous qui êtes spécialisé dans le roman historique, qu’appréciez-vous particulièrement dans l’Angleterre du début du XXe siècle ?
Les années 1920 sont très riches psychologiquement, elles tiennent encore de l’ancien monde corseté d’avant la guerre de 14, et d’un autre côté les gens ont envie de bousculer cette vieille société qui n’est plus de son temps. L’Angleterre des années 20 refuse de voir qu’elle est entrée en décadence. Et puis j’aime bien décrire les univers confrontés aux prémices d’un grave bouleversement : la Révolution pour Rose et Léonard, le règne de l’impératrice de Chine pour le juge Ti, la philosophie des Lumières pour Voltaire. Mes enquêteurs sont contraints de se demander comment ils vont survivre à ces changements, ça leur donne un problème supplémentaire à résoudre, en plus de l’intrigue policière.