© Melania Avanzato

RAPHAËLLE GIORDANO, EN ACTUALITÉ AU CLUB :
Son nouveau roman donne envie de voir la vie sous un autre angle !

 

On ne présente plus Raphaëlle Giordano. Son premier roman, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, s’est vendu à plus de 2 millions d’exemplaires dans plus de 40 pays.

Dans son nouveau roman, Raphaëlle Giordano ouvre de nouvelles perspectives avec une philosophie qui réveille en nous, plus que jamais, le désir de mettre plus de vie dans la vie.

Live le 18 janvier

Raphaëlle Giordano, l’interview

Pouvez-vous pitcher votre nouveau livre, Le Bazar du zèbre à pois ?

C’est l’histoire d’un inventeur qui s’appelle Basile et qui opère un retour aux sources dans sa ville de naissance. Il va ouvrir une boutique du 3e type, très décalée. Basile est inventeur d’objets tout sauf utiles : des objets provocateurs de sensations, d’émotions. C’est comme une boutique comportementaliste qui vous embarque dans un univers poétique, philosophique, onirique... enfin dans un ailleurs. Basile, c’est avant tout un agitateur de neurones. Il veut provoquer des choses chez les gens, créer le déclic. En fait, c'est un vrai droitier du cerveau, ce Basile !

Et qu'est-ce que c'est, un droitier du cerveau ?

Nous avons deux cerveaux en fait, le gauche et le droit. La société privilégie encore beaucoup le cerveau gauche, tout ce qui est du ressort de la pensée structurée et linéaire, l’analyse, la logique, le rationnel... Alors que redonner sa place à la créativité, à l’intuition, aux émotions, c’est très important. Même dans le monde des affaires d'ailleurs ! Parfois, il faut savoir prendre le temps. Le temps du rêve, le temps du rien. C’est comme ça que naissent les grandes inventions.

Et c'est pour valoriser le cerveau droit que vous avez imaginé un personnage d'inventeur ?

Oui. Ce côté inventeur me séduisait énormément. Je me suis vraiment mise dans la peau d’un inventeur. Et pour plus de réalisme, j'ai eu envie d'inventer «pour de vrai» tous les objets du Bazar dont je parle dans le roman. Par exemple, j’ai été très loin pour lancer le détonateur sensoriel dans la vraie vie, le commercialiser. Je me suis rapprochée de l'entreprise Inhalio de Saint-Malo, qui possède la technologie des billes sèches, je suis allée à Grasse visiter une fabrique de parfums... J'ai été stoppée dans mon élan par la crise sanitaire. Je n'ai pas creusé la partie investisseur, ou distributeur. Mais peut-être que, avec la sortie du livre, des investisseurs auront l’envie de le faire pour de vrai, qui sait ?

Vous avez tout inventé... Vous êtes assez cerveau droit vous-même, alors ?

Oui, c’est un livre qui me ressemble. Il y a beaucoup de moi dedans, et j’y parle notamment de ces fabuleuses ressources qui m'ont permis de me dépasser et de transformer ma vie: la créativité et toutes les capacités de l’autre cerveau. Beaucoup de gens pensent qu’ils ne sont pas créatifs, et ils se coupent de cette partie d’eux-mêmes. C'est vraiment dommage. Parce qu'en fait, la créativité, le cerveau droit, ça se travaille. Il y a des techniques. C'est juste que l’on n’apprend pas ça à l’école !

Ça a l'air de vous mettre en colère ?

Beaucoup de gens ne peuvent pas aller au bout de leur potentiel car ils sont dans un cadre qui les démotive, ils en viennent à douter de leurs qualités. Oui, ça m'énerve, quand je vois des personnes qui sont abîmées par le système, en entreprise, dans le cadre scolaire, je me dis quel gâchis ! Si Arthur n’avait pas rencontré Basile, il serait juste en échec scolaire, il deviendrait peut-être délinquant cinq ans plus tard. Alors que c'est un artiste, et qu'il est sacrément motivé et impliqué quand il fait des choses qui lui plaisent.

Arthur incarne l'audacité, ce concept que vous avez développé dans Le Bazar...

Basile, Arthur, Giulia, tous les 3 sont des électrons libres qui représentent bien ce mix entre audace et ténacité, que je voulais développer. L'audacité, c'est un état d’esprit qui prône la pensée hors du cadre, la curiosité, l’exploration de nouveaux possibles...et avec Le Bazar, j’avais envie d’inviter les gens à s'approprier cette démarche, à y réfléchir pour leur propre existence, parce que, surtout dans les temps troublés qui sont les nôtres, les solutions sont toujours hors du cadre.

Pas si simple, comme prise de conscience...

Je ne dis pas le contraire! Il faut du courage pour se mettre en chemin, oser quitter les sphères qui ne vous correspondent pas, rompre avec les gens qui vous éteignent. Prendre conscience qu'on possède des qualités qui nous sont propres. Et décider de l'endroit où l'on pourra pleinement les révéler. L’objectif, c’est de s’inventer un chemin plus libre, plus ouvert et plus heureux, évidemment. C’est vraiment le message du livre. Et cela nécessite de changer de posture, intellectuelle, émotionnelle, face à la vie.

Et c'est ce que vous avez fait ?

J'ai eu une désastreuse expérience professionnelle, qui m’a rendue phobique de l’entreprise d’ailleurs! Ça a été le premier déclic! Je me suis dit qu'il fallait que je travaille autrement. J’ai cherché un moyen, j’ai créé mon activité, qui me permettait de gagner ma vie, de m’occuper de mon fils et parallèlement de chercher mon chemin en tant qu’artiste. À la base, j'avais une formation de graphiste, et puis je me suis rendue compte que mon véritable talent, c'était les mots. Quand j'ai commencé à écrire, je voulais surtout m’amuser en dehors du boulot pour me changer les idées. Ces textes de jeunesse, je ne les ai montrés à personne d'ailleurs. Avec mes premiers ouvrages de non-fictions, je suis rentrée dans le monde de l’édition comme une petite souris. Puis, petit à petit, j'ai pris conscience que c'était sérieux, que c'était là qu'il fallait que je sois. Et j’ai fait le grand saut dans le roman !

Le début d'une belle histoire...

Aujourd’hui, un rêve éveillé, mais ça n'a pas été sans mal! Il a fallu une bonne dose de ténacité. Parce que c'est un domaine où, si vous n'êtes pas connu, personne ne croit en vous. Le roman que j'ai écrit avant Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en n'as qu'une, a essuyé 15 refus de la part des éditeurs. J'ai toujours les lettres dans mon tiroir ! Il n’y a pas d’échecs, que des expériences qui vous forgent et vous aident à avancer...

Et aujourd'hui, qu'est-ce qui vous motive pour écrire ?

Ce qui m’intéresse, ce sont les problématiques humaines, notre existence. Qu’est-ce qu’on fait là ? Comment fait-on pour vivre tout ça au mieux ? J'ai envie de me définir comme la romancière de la créativité et de l'Humain avec un grand H. Je suis mon premier cobaye. Tout ce que je ressens, perçois, vis, j'essaie de le décortiquer et de le retransmettre à mes lecteurs. Je partage des choses, des expériences. Parce que j'aime les gens, j'aime la vie, et j'ai envie de communiquer des énergies, des idées, qui donnent une autre couleur à l'existence. Pour moi, c'est à ça que sert le roman !

Vous êtes l'un des auteurs préférés du Club. Que pensez-vous de France Loisirs ?

Vous savez mon affection pour l’enseigne. Ce côté facilitateur de lecture est essentiel. Aujourd'hui, peut-être que lire est un acte moins facile, car on est attiré par plein d’autres choses, les écrans, les films, etc. Alors qu’objectivement, c'est par la lecture que j'ai éprouvé certaines des plus fortes et des plus belles émotions de ma vie. Je ne m’explique même pas comment les mots peuvent amener une telle émotion. Pour en revenir au Club, on a besoin d’être un peu motivé, un peu aiguillé aussi pour entrer en lecture, et je trouve que France Loisirs est un cadre qui permet d’accompagner, de conseiller. Et aussi de mettre en lumière des auteurs parfois moins connus qui ont des idées et écrivent des livres super intéressants. Sans le Club, on passerait à côté. C'est important de défendre ce modèle !

Le mot de la fin ?

J’aimerais dire aux lecteurs de France Loisirs : il faut croire et oser. On n’a pas le temps d’être frileux, d’être réservé. La vie passe tellement vite. Prenez la liberté d’oser. La vie n’attend pas !

Soyons inventeurs de nos vies !