Autre : Rejoindre l’aventure « top lecteur » c’est, peut être, donner envie à d’autres de lire un livre aimé et, en tout cas, la perspective de faire de belles découvertes.

Julia

Age :  33 ans

Petite présentation : Maman de trois enfants, à qui j’espère transmettre mon amour des livres, je lis partout, sur papier uniquement, puisque rien ne vaut le plaisir de tourner les pages…

Mon auteur préféré : Cedric Sire

Mon genre préféré: Thriller

Mon personnage préféré :  Le petit prince

Mon série préférée: Suits, Avocats sur mesure

J’aime :  Refermer un livre en regrettant presque de l’avoir déjà terminé, preuve que je l’ai aimé. Mais aussi, ce moment, juste à nous, où, à l’heure du coucher, mes enfants s’installent autour de moi pour entendre « l’histoire du soir ».

Mon endroit préféré pour lire: Partout !

Si je devais partir sur une île déserte et ne prendre qu’un seul livre, ce serait : Le petit prince d’Antoine de Saint-Exupery

Les livres que j'ai lus au Club cette saison

Ma note: 4/5 

Une intrigue haletante, menée tambour battant, sans temps mort. Véritable course contre la montre dans une atmosphère oppressante. La tension est permanente.

Tabous : 4/5

L’intrigue se révèle, vite, plus complexe qu’elle n’y parait et l’atmosphère devient plus lourde à force de révélations. On suffoque presque lorsque les tabous sont levés. Si j’ai été tentée par l’aventure Top lecteurs c’est, en partie, pour la perspective de faire de jolies découvertes et, une fois n’est pas coutume, à l’ouverture du colis contenant les ouvrages de la saison, la surprise est belle : Danielle Thiéry, n’appartient pas encore à la liste des auteurs que je connais. De fait, je tourne la première page de Tabous sans à priori aucun, mais non sans lire la quatrième de couverture qui me promet de passer un bon moment.

Danielle Thiery a su me surprendre à bien des égards. Je m’attendais, notamment, à lire un roman au cours duquel Edwige Marion aurait toute sa place puisqu’elle est LE personnage phare de l’auteure or, c’est finalement celui, tout neuf, d’Alix de Clavery, psycho-criminologue, qui domine. Intelligente Alix, intuitive et perspicace, fine observatrice, tenace, dont l’apparente froideur et le recul, dérangeant parfois, m’ont laissé perplexe. J’aurais cru m’attacher davantage à elle. C’est finalement à Valentine, au profil un poil moins lisse, qu’est allée ma préférence. Leur duo, souvent en opposition, est efficace et crédible. Ce parti pris d’offrir « le beau rôle » non plus seulement à un enquêteur mais à un « psy » est intéressant et fait écho avec l’évolution des pratiques au sein des services de police. J’ai apprécié ce nouvel angle de vue où, plutôt que de suivre, comme habituellement, un détective lambda s’attachant exclusivement aux faits, le lecteur règle son pas sur celui d’un psychologue expert en criminalité et s’engage, avec lui, sur les chemins, plus subtils, de la psychologie et de l’analyse comportementale.

Quoiqu’elle débute comme une très classique enquête policière, l’histoire gagne en profondeur à mesure que l’on en tourne les pages. L’intrigue qui se résumait à la disparition d’une mère et sa fille se révèle, vite, plus complexe qu’elle n’y parait et l’atmosphère devient plus lourde à force de révélations. On suffoque presque lorsque les tabous sont levés. Et, ils sont nombreux ! Je salue, par ailleurs, la finesse avec laquelle l’auteure les aborde, factuelle, sans complaisance mais jamais dans la surenchère, s’épargnant le sordide pour lui préférer une certaine retenue.

L’alternance, calculée, des narrateurs et points de vue rythme le récit et sert, très justement, l’intrigue et le désir de l’auteur de tenir son lecteur loin de la vérité jusqu’au dénouement. La faute à ce parallèle, constant, entre le récit des avancées de l’enquête et celui de la « retraite » d’un Truc, malfrat notoire, qui pousse aux raccourcis faciles. Force est de constater, pourtant, que les évidences sont parfois trompeuses. De fait, outre une plume, classique mais agréable à lire et l’influence d’une carrière professionnelle dans les forces de police qui lui permet de livrer un récit crédible sans incohérence dans le développement de l’intrigue, c’est surtout l’art avec lequel l’auteur manipule son lecteur et parvient à dissimuler l’issue de son récit qui m’a offert le plus de plaisir.

Féroce : 4/5

Des trois romans de Danielle Thiéry reçus pour avis, Féroce est celui qui me tentait le moins et dont je redoutais même la lecture, la faute, sans doute, au sujet traité. Sans ma participation à l’aventure Top lecteurs, je me serais, certes, arrêtée à sa couverture, envoutante, toute en sobriété – qui, des trois avait ma préférence – mais il est fort possible que mon cœur de maman m’ait empêché d’en lire les pages. Etonnamment, il est, peut être, celui qui m’a le plus séduit.

Encore une fois, j’apprécie le parti pris d’offrir une place prépondérante à un psychologue dans la résolution de l’enquête. J’imagine sans mal que son rôle est très édulcoré quant à la réalité du terrain, il fait, néanmoins, écho avec l’importance, nouvelle, accordée à la profession au sein des services de police. Quoiqu’il ne soit pas toujours reçu avec les meilleurs auspices, le criminologue, rompu à l’analyse comportementale, est un précieux soutien pour les forces de l’ordre. Danielle Thiery, en tout cas, convaincue de leur utilité, se félicite de leur intégration dans la police et nous offre, à travers le personnage d’Alix, un nouvel angle de vue, documenté et pour le moins vraisemblable car inspiré d’un véritable psychologue expert en criminologie. On sent, par ailleurs, toute l’influence d’une carrière professionnelle passée dans la police puisque le récit ne manque pas de réalisme. Et, c’est bien le fait qu’il soit crédible qui fait toute la force de ce roman.

Avec cet opus, Danielle Thiery, réaffirme, s’il en est besoin, sa place de figure incontournable de la scène Polar et livre un « page-turner » addictif, dont j’ai tourné les pages à un rythme soutenu. Outre des chapitres courts, un rythme effréné – marqué plus encore par les en-têtes de chapitres horodatés – et une intrigue menée tambour battant, c’est l’art avec lequel l’auteur trompe son lecteur jusqu’aux dernières lignes qui fait de Féroce un vrai bon polar. J’admettais, déjà, après la lecture de Tabous, que l’auteur excellait pour conduire l’intrigue sans presque rien laisser deviner de l’issue du roman. J’imaginais, cependant que, forte d’une première expérience de lecture, j’aurais tendance à moins m’y laisser prendre. Or, force est de constater que j’ai douté, multiplié les hypothèses sans vraiment m’approcher de la vérité. La faute à l’alternance des narrateurs et points de vue mais aussi à la construction même de l’intrigue qui fait s’entrecroiser les différentes missions dévolues aux équipes de l’OCRVP. Le dénouement, inattendu, un rien dérangeant aussi, ne m’a pas laissé indifférente.

Enfin, si le sujet est difficile, Danielle Thiery l’aborde avec une certaine retenue. Factuelle et sans complaisance mais sans jamais sombrer dans le sordide. Et, quoique j’ai pu imaginer mes enfants être la proie de prédateurs à la lecture de Féroce, j’ai apprécié que l’auteur fasse preuve de la délicatesse d’épargner son lecteur, la mère en moi, en tout premier lieu.

Arrêtez-vous une minute à sa couverture. Attachée à l’objet livre, je l’ai fait moi. Un fond noir. La gueule d’un lion, majestueux, impressionnant. Prédateur. FEROCE. Au dos, vous lisez seulement quelques mots qui vous glacent le sang : « Un inconnu suit une petite fille. Il l’observe comme un animal. Il la veut, il l’aura. ». L’atmosphère est déjà lourde. L’avertissement, à peine voilé, « De l’homme ou de l’animal, on ne sait qui est le plus féroce » vous remue assez pour que vous éprouviez, à minima, une pointe d’angoisse. Entre inquiétude et curiosité, désir de lire et aversion pour le sujet traité, vos sentiments se bousculent. Danielle Thiery a gagné la première manche puisque l’ouvrage, en tout cas, ne vous laisse pas indifférent. Et si elle arrivait à transformer l’essai ? Oserez-vous en tourner la première page ?

Sex doll : 3/5

Sex doll vient clore  la compilation des œuvres de Danielle Thiery commencée avec Tabous et Féroce. J’ai pris plaisir à découvrir l’auteur et lire Sex Doll, il est, néanmoins, celui des trois romans que j’ai le moins aimé. Cependant, je ne suis pas certaine qu’il me faille en tenir rigueur à l’auteur puisque la plume est belle et la lecture agréable. Il garde, par ailleurs, tous ces éléments qui m’ont fait aimer les premiers : rythme, authenticité et suspense. Reste que, peut être, j’ai pu éprouver une petite lassitude à vivre une nouvelle enquête d’Edwige Marion lors de cette troisième lecture.

Menée tambours battant, sans temps mort, l’intrigue, haletante, va crescendo à force de rebondissements si bien que j’ai eu grand peine à lâcher ma lecture avant d’arriver à son dénouement. Le fait de chapitres courts, ponctués de demi-révélations qu’il faut de la patience pour découvrir tout à fait et incitent à poursuivre la lecture, mais également de l’alternance des narrateurs et angles de vue savamment calculée – presque la « marque de fabrique » de l’auteur -. Le point fort de ce roman reste l’atmosphère, suffocante, dans laquelle évolue le récit. En effet, les lieux, tel l’hôpital des pendus, presque à l’abandon, ou encore cette maison close « contre nature », sont choisis de telle sorte à plonger le lecteur dans une oppression constante et, la traque, véritable course contre la montre, marquée par les sms et autres photos envoyés par un docteur X habité par le complexe de Dieu, maintient une tension permanente. Danielle Thiery, prouve, une fois encore qu’elle ne vole pas son titre de figure incontestée du polar français.