Autre : J’apprécie particulièrement les livres ayant une trame historique car je suis passionnée d’histoire ou se situant dans un pays que j’ai déjà visité. Ainsi, cela me rappelle de bons souvenirs.

Elizabeth

Age : 64 ans

Petite présentation : Je ne peux pas passer une journée sans lire. De préférence je lis le soir avant de m'endormir mais si un livre me passionne, je suis capable de le lire en deux jours.

Mon auteur préféré : Marie Bernadette Dupuy

Mon personnage préféré: Abigaël

Mon genre préféré : Romans régionaux

Ma série préférée : Inspecteur Murdoch

J’aime : Randonner, faire du yoga et de l’aquagym, tricoter pour mes petits-enfants et m’occuper d’eux.

Mon endroit préféré pour lire: Dans mon lit, mais aussi sur le canapé ou en été sur ma balancelle.

Si je devais partir sur une île déserte et ne prendre qu’un seul livre, ce serait : Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

Les livres que j'ai lus au Club cette saison

Ma note: 4/5 

Lorsque Betty disparaît et qu’Ambroise découvre au pied du phare une jeune amnésique lui ressemblant étrangement, il se trouve confronté à un cruel dilemme. Doit-il dire la vérité au risque de perdre ceux qu’il aime ?

Ce très long roman se lit très vite car, d’une part les chapitres sont relativement courts et d’autre part, l’auteur réussit à nous ménager un certain suspense en nous distillant de ci de là des petites phrases qui nous interpellent et font monter nos doutes quant à la responsabilité des différents personnages dans ce drame. Par exemple, nous découvrons au début du roman que Betty a vécu des choses horribles mais ce n’est que beaucoup plus loin que nous apprenons ce qui est arrivé réellement : nous avons donc tout le temps d’imaginer toutes sortes de scénarios.

Le personnage de Daphné est particulièrement intéressant car c’est elle qui va permettre de faire éclater la vérité en menant une véritable enquête policière. Je trouve toutefois dommage que certains passages soient un peu tirés par les cheveux et je pense que cela nuit au roman. L’ambiance est plutôt angoissante car en fait aucun des personnages ne semble réellement heureux. Tous ont connu ou connaissent des difficultés dans leur vie et ce n’est pas un livre à lire quand on est déprimé ! .

L’action du roman se passant principalement sur l’île de Bréhat, île qui ne peut être parcourue qu’à pied ou en vélo, donne d’une part l’impression de connaître parfaitement l’île et d’en avoir fait tout le tour et d’autre part, cela rend l’ambiance encore plus noire et plus effrayante: nous tremblons pour les personnages et nous tournons rapidement les pages pour comprendre ce qu’il s’est passé car dès le début du roman, nous sentons que le personnage principal, Ambroise nous cache quelque chose de tragique. Nous voulons apprendre la vérité et quand nous l’apprenons enfin, nous sommes soulagés et nous espérons vraiment qu’Ambroise et Daphné vont enfin connaître des jours meilleurs.

Je ne peux que conseiller ce livre à tous les amoureux de la Bretagne : l’île de Bréhat est parfaitement décrite en commençant par les chaos qui sont des rochers qui au fil des siècles et de l’action de la mer et du vent ressemblent à des personnages modelés par des fées ou par des sorcières selon notre état d’esprit et ce que nous pouvons ressentir en les voyant. Le paysage devient un véritable acteur du récit qui détermine les états d’âme des personnages ainsi que leurs décisions et agissements. L’auteur prend le temps de présenter la végétation sur l’île qui connaît un véritable micro climat car nous pouvons y trouver en plus des agapanthes des palmiers, figuiers, hortensias d’Asie, eucalyptus d’Australie et échiums des Canaries. Il nous décrit aussi les tenues vestimentaires traditionnelles des Bretons.

Ma note: 5/5 

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Corinne Jolivaud que j’avais beaucoup appréciée dans sa trilogie italienne où elle nous avait permis de découvrir Venise, Naples et Rome. Dans ce livre nous découvrons le Limousin, région que je ne connais pas du tout et que j’ai maintenant très envie de visiter !

Dès le début du roman et régulièrement entre les différents chapitres, une petite fille rend visite à Agnès et Eva, devenues deux vieilles dames. Nous n’avons aucun détail concernant cette petite fille, hormis son âge et les tendres surnoms que lui donnent Agnès et Eva. Il s’agit vraisemblablement d’une petite fill , attirée par la renommée des deux sœurs. On repère facilement ces passages car la police de caractères est différente. Je trouve que de recourir à une tierce personne pour en apprendre plus sur la vie des deux sœurs est très original et grâce aux questions qu’elle ne manque pas de poser et à ses commentaires ou explications, nous en apprenons encore plus sur elles et cela permet aussi de dédramatiser tout ce qu’elles ont pu subir.

Ce livre, composé de trois chapitres intitulés « bonheurs reçus, « bonheurs rêvés » et « bonheurs offerts » est une magnifique leçon d’optimisme envers et contre tout. Bonheurs reçus car en effet Agnès et Eva ont connu une enfance et une jeunesse de petites filles choyées qui ne pouvaient que connaître un avenir radieux. Suivent les bonheurs rêvés car en très peu de temps, elles ont perdu leurs quatre grands parents, leurs parents et le mari d’Agnès et leur petite fille. Elles auraient pu s’enfermer dans leur chagrin, mais au contraire, elles positivent toujours et embellissent leurs souvenirs pour ne pas sombrer. Et enfin bonheurs offerts car elles vont s’occuper à merveille de leurs locataires : elles se montrent généreuses, protectrices, tolérantes et toujours à l’écoute. Quelle force de caractère ! C’est une magnifique leçon de vie et cela fait vraiment du bien de suivre ces deux sœurs que rien ne va ébranler. Nous ne pouvons que les admirer. Qui serait en effet capable de réagir comme elles ?

Le roman va plaire à tous les amoureux des romans régionaux. Nous découvrons d’une part la région d’Alais (ancienne orthographe de la ville d’Alès ) dans les Cévennes et d’autre part la banlieue de Clermont Ferrand , tout d’abord à Royat puis à Chamaillères dans le Massif Central. L’action se passant dans les années 1870, jusqu’au milieu du XX ème siècle, nous voyons ces villes grandir, s’embellir grâce à l’industrialisation, l’électrisation et le développement de moyens de transport avec l’arrivée du train ( « le taureau de fer ») et le métro à Paris. Nous avons de magnifiques descriptions de ces villes et des paysages cévenols et auvergnats ainsi que des endroits beaucoup moins idylliques comme les quartiers des mineurs.

LIl est très intéressant d’assister à l’évolution de la société et de la technologie tout au long de ce roman. Agnès et Eva, jeunes filles issues de la bourgeoisie ont connu une éducation stricte donnée par des religieuses, avec des cours particuliers de piano et de solfège et l’entrée dans le monde avec la saison des bals qui doit leur permettre de rencontrer le mari idéal. Agnès va sans problème accepter de jouer le jeu, ce qui n’est pas le cas d’Eva, plutôt artiste qui préfère vivre seule plutôt qu’aux crochets d’un mari. Les allumeurs de réverbères laissent peu à peu la place à la fée électricité et la ville de Clermont Ferrand s’enrichit grâce à l’installation de Michelin. La vie culturelle s’enrichit avec l’arrivée des opérettes et des pièces de théâtre...