Maroc |
Marie-Pascale Rauzier
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Photographies de Cécile Tréal et Jean-Michel Ruiz |
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22,50
€ |
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Prix public : |
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272 pages |
| Couverture souple. 25 x 25 cm. Photos. |
| Réf. : 768933 |
"LE ROUGE, COULEUR QUI PROTÈGE DU MAUVAIS ŒIL"Bleu-mauve qui éloigne les mauvais esprits sur les murs d'Essaouira ou de Chefchaouen. Bleu indigo, couleur noble du Sahara, celle des turbans dont les « hommes bleus » s'enroulent la tête, armures contre les vents de sable et les brûlures du soleil ardent. Bleu de cobalt des faïences de Fès, bleu Majorelle, un bleu-violet unique dont le peintre a couvert son atelier dans un jardin luxuriant de Marrakech. Blanc qui éclabousse de lumière les façades des anciennes villes andalouses, qui drape de longs voiles les femmes du Rif, qui habille les hommes les jours de deuil et les cavaliers lors des fantasias, qui tisse des dentelles de stuc sur les murs des palais et des medersas. Rouge coquelicot des écheveaux de laine teinte séchant au ciel du souk des teinturiers de Marrakech, savants dégradés flamboyants du rouge garance ou cochenille des tapis et des lourdes étoffes. Le rouge, couleur qui protège du mauvais œil. Sur tous les marchés du royaume, les épices aux tons chauds, aux saveurs sucrées et pimentées, se dressent en pyramides poudrées. Les femmes au regard de braise sèment en passant le rouge, le bleu ou le noir de leur voile. Remparts ocre, casbahs brunes dressant leur silhouette altière, les couleurs de la terre, qui s'embrasent au soleil, s'insinuent dans l'architecture de pisé des maisons de l'Atlas et du sud, dans le labyrinthe des médinas, dans les hautes jarres berbères. Brun des tentes de nomades ou des dattes, symbole de l'hospitalité. Vert, couleur de l'islam, du paradis musulman, miracle de l'eau dans un pays désertique. Le vert baigne les oasis et la fraîcheur des palais. Au printemps, le Maroc explose en mille tonalités de verts tendres, émeraude, bleu ou gris. Les palmeraies en offrent une symphonie à peine troublée par le murmure de l'eau. Le vert resplendit sur les tuiles vernissées des édifices royaux et religieux et des riches demeures. Et à toute heure du jour, en toute saison, les feuilles vertes du thé à la menthe, parfumé de marjolaine ou de safran, désaltèrent le voyageur assoiffé. Orange comme le sable brûlant des dunes de Merzouga, comme le feuillage des noyers de l'Atlas à l'automne, comme le feu qui réchauffe les peaux des bendir les nuits de fête. Orange comme les épices vendues en vrac sur les marchés, où dominent les teintes d'or du safran, du curcuma et du cumin. Orange comme les pâtisseries ruisselantes de miel les soirs de ramadan. Magie du henné, dont la pâte brune ou verdâtre une fois séchée sur la peau trace des dessins d'un bel orangé. Jaune d'or de l'orge et du blé et des épis piétinés par les mulets sur l'aire de battage dans les campagnes marocaines. Jaune mimosa des babouches traditionnelles en cuir, souples et inusables. Jaune des petites bananes du Sous, près d'Agadir, et des citrons confits qui accompagnent les meilleurs tagines. Jaune étincelant de l'or qui pare les femmes des villes, leurs ceintures de fête ou les broderies de leur cafetan. Pâle et brillant, le cuivre jaune ciselé de motifs illumine le souk des dinandiers. Noir comme les grilles en fer forgé, la calligraphie des pleins et des déliés, ou le khôl qui maquille les yeux des femmes. Argent des bijoux berbères, trésor de femmes. |




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