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Les aventuriers de la mer, tome 7 : Le seigneur des trois règnes
Les aventuriers de la mer, tome 7 : Le seigneur des trois règnes
Robin Hobb
9,95 €
400 pages
(série en 9 tomes)
Couverture souple. 11 x 18 cm.
Réf. : 646206

 
Le mot de Robin Hobb
« I am pleased and honoured that France Loisirs is offering my books. I would like to thank the book club members who have welcome my stories. »*

Robin Hobb

* Traduction de la dédicace de Robin Hobb aux adhérents : « Je suis heureuse et fière que France Loisirs vous propose mes romans et je remercie tous les lecteurs du Club qui ont réservé un si bel accueil à mes histoires. »
Résumé
À la suite du tremblement de terre qui a détruit la cité des Anciens, Malta, le Gouverneur et sa compagne dérivent sur le fleuve du Désert des Pluies. Pendant ce temps, à Terrilville, les navires chalcédiens font le blocus du port, la guerre civile réduit à néant l'unité de la cité. L'interruption du commerce, les incendies et les pillages ruinent la ville. Et la Compagne Sérille est sous l'emprise de l'inquiétant Roed Caern...
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  Les avis des internautes
  Nombre d'avis : 3
le 17/11/07 [Olivia Martin]
Encore une réussite
Je crois que c'est le plus passionnant de toute la série ! A lire sans modération !
 
le 30/09/07 [Auriane Ladyblonde]
La perle de la fantasy
Tout simplement l'une des meilleures sagas de fantasy, certainement, parce que l'une des plus originales. Un bonheur de (re)lire ce livre ainsi que toute la saga, et une joie de cette renaissance chez France Loisirs quand la fin est arrivée chez les libraires. Quel dommage que l'histoire s'arrête au tome 9 ! Pourquoi ne pas faire de suite tout de même ?
 
le 30/08/07 [Sabine]
Enfin !
Voilà un tome 7 que j'attendais avec impatience. Oserais-je dire "vivement le tome 8" (et 9, et...) ? J'ai hâte de le lire, ou plutôt, de le dévorer !
 
 
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Robin Hobb
De son vrai nom Margareth Astrid Lindholm Ogden, Robin Hobb, née en 1952 en Californie, commence à écrire sous le pseudonyme de Astrid Lindholm pour des revues en 1971. C’est L'Assassin Royal, en 1995, qui la sort de l’anonymat en la révélant comme l'un des maîtres de la fantasy américaine. Assise que le retentissant succès des Aventuriers de la mer ne fait que confirmer. Un triomphe qui s’appuie sur une particularité : dans ses sagas, les intrigues familiales et politiques supplantent largement sur l’action déchaînée et les batailles épiques, tout en étant servies par une incroyable intensité dramatique.
Aujourd’hui, mariée à un pêcheur, elle vit à Tacoma, dans l'État de Washington, avec leurs quatre enfants.


Extrait

Prologue

Celle-Qui-Se-Souvient


Que ressentait-on à être parfait ?
Le jour de son éclosion, elle avait été capturée avant même d'avoir pu se tortiller sur le sable et connaître la fraîche et saline étreinte de la mer. Celle-Qui-Se-Souvient était condamnée à se rappeler cette journée avec netteté, dans le moindre détail. En cela consistait toute sa fonction, sa seule raison d'être. Elle était vaisseau de souvenirs. Depuis sa formation dans l'œuf, s'emboîtaient en elle avec sa propre vie les vies de ceux qui l'avaient précédée. De l'œuf au serpent, du cocon au dragon jusqu'à l'œuf, l'entière mémoire de sa race était sienne. Tous les serpents n'étaient pas ainsi gratifiés ni accablés de ce fardeau. Ils étaient relativement rares, ceux qui portaient, gravé en eux, le passé de l'espèce, mais il suffisait seulement de quelques-uns.
Au début, elle avait été parfaite. Son petit corps lisse, souple et écailleux, était sans défaut. Elle avait brisé la coque coriace avec la dent d'éclosion pointant sur son museau. C'était la retardataire de la couvée : les autres s'étaient déjà libérés de leurs coquilles et du sable sec amoncelé. Elle n'avait plus qu'à suivre leurs traces sinueuses. La mer lui avait fait signe avec insistance. Le clapotis des vagues l'envoûtait. Elle avait entamé son voyage, en ondulant sur le sable sec sous un soleil implacable. Elle avait senti l'air humide et piquant de l'océan. La lumière qui dansait, éblouissante, à fleur d'eau l'avait attirée.
Elle n'avait jamais achevé son voyage.
Les Abominations l'avaient découverte. Elles l'avaient encerclée, interposant leurs corps lourds entre elle et la mer attirante. Cueillie sur le sable où elle se tortillait, elle avait été emprisonnée dans une piscine alimentée par les marées, à l'intérieur d'une grotte, au creux des falaises. Là, les Abominations l'avaient détenue, l'avaient nourrie de charogne, sans la laisser jamais nager librement. Elle n'avait pas migré avec les autres vers le sud, vers les eaux chaudes où abondait la nourriture. Elle n'avait jamais acquis la taille et la force dont une vie de liberté l'aurait pourvue. Elle avait grandi, cependant, jusqu'à se trouver à l'étroit dans la mare, simple flaque qui suffisait à peine à humecter sa peau et ses ouïes. Ses poumons étaient comprimés à l'intérieur de ses anneaux perpétuellement repliés. L'eau qui l'entourait était souillée de ses toxines et de ses excréments. Les Abominations l'avaient gardée prisonnière.
Combien de temps avait-elle été confinée là ? Impossible à évaluer, mais certainement durant plusieurs vies de sa race. Régulièrement, elle sentait l'appel de la migration. Une énergie fébrile s'emparait d'elle, accompagnée du désir irrésistible de partir à la recherche de ses semblables. Les glandes de son poitrail, gorgées de venin, se mettaient à gonfler, devenaient douloureuses. Durant ces périodes, elle ne trouvait nul répit car les souvenirs la saturaient, exigeaient de s'échapper. Au supplice, elle s'agitait dans sa petite piscine et jurait de se venger éternellement des Abominations qui la retenaient. À ces moments-là, sa haine était proche de la sauvagerie. Lorsque ses glandes dégorgeaient et empoisonnaient l'eau des sels de ses souvenirs ancestraux, jusqu'à ce qu'elle soit asphyxiée par le passé, alors les Abominations venaient. Elles venaient à sa piscine tirer l'eau dont elles s'enivraient. Ivres, elles prophétisaient, extravaguaient à la pleine lune. Elles lui volaient les souvenirs de sa race qu'elles utilisaient pour en déduire l'avenir.
Alors, le deux-pattes, Hiémain Vestrit, l'avait délivrée. Il était arrivé sur l'île des Abominations, pour ramasser à leur place les trésors échoués sur le rivage. En échange, il attendait d'elles qu'elles lui prédisent son avenir. En y repensant, elle sentait sa crinière se hérisser. Les Abominations ne prophétisaient que grâce au vol de ses vies passées ! Elles ne possédaient nullement le don de double vue. Autrement, elles auraient su que le deux-pattes causerait leur perte. Elles auraient arrêté Hiémain Vestrit. Au lieu de quoi, il l'avait découverte et libérée.
Bien que leur peau eût été en contact, bien que leurs souvenirs se fussent mêlés à travers ses toxines, elle ne comprenait pas ce qui avait poussé le deux-pattes à la délivrer. C'était un être à la vie si brève que la plupart de ses souvenirs à lui n'avaient guère laissé de trace en elle. Elle avait ressenti son inquiétude et sa souffrance. Elle avait compris qu'il risquait son existence éphémère pour la libérer. Le courage déployé par cette vie aussi fugace qu'un frisson l'avait émue. Elle avait massacré les Abominations qui allaient les recapturer tous les deux. Puis elle avait aidé le deux-pattes, qui sans elle serait mort dans le sein de la mer, à rejoindre son vaisseau.
Celle-Qui-Se-Souvient ouvrit toutes grandes ses ouïes. Elle goûta dans les vagues une saveur mystérieuse. Elle avait rendu le deux-pattes à son navire mais ce navire l'attirait autant qu'il l'effrayait. La coque gris argent parfumait l'eau devant elle. Elle le suivait, s'abreuvant aux sels piquants d'insaisissables souvenirs.
Ce navire avait l'odeur d'un membre de sa race. Voilà douze marées qu'elle l'escortait, sans en être plus avancée. Elle savait très bien ce qu'était un navire ; les Anciens en possédaient aussi, quoiqu'ils aient été différents de celui-là. Ses souvenirs de dragon lui disaient que ceux de son espèce avaient souvent survolé des vaisseaux analogues qu'ils s'amusaient à secouer rudement d'un battement de leurs ailes immenses. Les navires en général n'avaient rien de mystérieux, mais celui-ci était une énigme. Comment pouvait-il dégager un effluve de serpent ? Qui plus est, d'un serpent pas ordinaire. Il avait l'odeur de Celle-Qui-Se-Souvient.
Une nouvelle fois, elle fut rappelée à son devoir c'était un instinct plus fort que le besoin de se nourrir ou de s'accoupler. Il était temps, grand temps. Elle aurait dû se trouver parmi ses semblables, à cette heure, afin de les guider sur le chemin de la migration que ses souvenirs connaissaient si bien. Elle aurait dû être en train d'alimenter leur mémoire défaillante de ses puissantes toxines, qui auraient piqué et réveillé de dormantes réminiscences. Dans son sang, l'instinct biologique clamait ses exigences. Le temps du changement était venu. Elle maudit une fois de plus son corps d'or vert, difforme, qui se vautrait, se débattait si gauchement dans l'eau. Elle n'avait nul besoin de rassembler ses forces : il lui était facile de nager dans le sillage du navire et de profiter de son courant pour se déplacer.
Elle transigea avec elle-même : tant que la route du navire argenté correspondrait à la sienne, elle le suivrait. Elle utiliserait sa vitesse pour avancer tout en prenant force et endurance. Elle méditerait sur son mystère et, si possible, le résoudrait. Mais elle ne laisserait pas cette énigme la détourner de son but. Quand ils approcheraient du rivage, elle abandonnerait le navire et partirait en quête des siens. Elle trouverait des nœuds de serpents, les guiderait pour remonter le grand fleuve jusqu'aux lieux de nidification. À cette heure, l'année prochaine, de jeunes dragons s'exerceraient à voler, portés par les vents d'été.
Telle était la promesse qu'elle s'était faite au cours de ces douze premières marées. Au milieu du treizième flux, un bruit à la fois inconnu et familier à en être déchirant fit vibrer sa peau. C'était la trompette d'un serpent. Aussitôt, elle se détacha du sillage et plongea, loin des vagues de surface qui la distrayaient. Celle-Qui-Se-Souvient donna de la voix en réplique puis se figea dans une immobilité absolue, et attendit. Aucune réponse.
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