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La roue du temps, tome 4 : La bannière du dragon
La roue du temps, tome 4 : La bannière du dragon
9,95 €
Article disponible dans les 8 jours
592 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf. : 433500

 
Pourquoi on l'a choisi
Une fresque épique ! Huit fois n° 1 sur la liste des best-sellers du New York Times, ce cycle grandiose a fasciné des millions de lecteurs et fait de Robert Jordan l'auteur le plus suivi de fantasy américaine. À votre tour d'être envoûté !
Résumé
Pour Rand al'Thor et ses compagnons, le succès de la reprise du Cor de Valère est de bien courte durée.
Car l'instrument fabuleux qui a le pouvoir d'appeler les héros des temps passés, vient de disparaître à nouveau dans des conditions dramatiques.
Rand doit maintenant livrer bataille contre les Seanchans, ces impitoyables guerriers venus de l'autre rive de l'océan.
Seul contre des armées... la magie du Cor suffira-t-elle à le sauver ?
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  Les avis des internautes
  Nombre d'avis : 1
le 25/02/08 [Floriane HUET]
Suspense et rebondissement
Magnifique, ce 4e tome nous tient en haleine comme les autres ! On suit Rand et ses acolytes dans leurs aventures, sans vouloir en perdre une miette. Tandis que l'on sait ce qui arrive à l'un, on se demande ce qui arrive aux autres. Dommage que la traduction laisse un peu à désirer, de même que les fautes de frappe et d'orthographes gâchent un peu le plaisir. En ce qui me concerne, j'attends les derniers tomes à sortir avec impatience.
 
 
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Extrait

25.

Cairhien



La ville de Cairhien s'étageait sur des hauteurs au bord de la rivière Alguenya et Rand en eut un premier aperçu depuis les collines du nord, dans l'éclat du soleil à son zénith. Elricain Tavolin et les cinquante soldats cairhienins lui donnaient toujours l'impression de gardes surveillant des prisonniers - davantage encore depuis qu'ils avaient traversé le pont au Gaelin ; plus ils avançaient vers le sud, plus ils devenaient rébarbatifs - mais Loial et Hurin ne paraissaient pas s'en inquiéter et il s'efforça de ne pas s'en soucier non plus. Il examina l'agglomération, parmi les plus importantes qu'il connaissait. Des navires aux flancs bombés et de larges péniches encombraient la rivière, de grands entrepôts de grains s'étendaient sur la berge opposée ; par contre, Cairhien semblait construite selon un strict plan orthogonal derrière des remparts élevés de couleur grise. Ces remparts eux-mêmes formaient un carré parfait, avec un des côtés bâti au ras de l'eau. Selon la même répartition précise, des tours se dressaient à l'intérieur de ces remparts, les dominant de vingt fois leur hauteur ; cependant, même d'un point de vue aussi éloigné que les collines, Rand remarqua que chaque tour avait un sommet en dents de scie.
À l'extérieur des remparts, les cernant sur les deux rives, se dessinait un labyrinthe de rues qui s'entrecroisaient dans tous les sens et grouillaient de monde. Le Faubourg, c'est ainsi qu'il s'appelait, Rand l'avait appris par Hurin ; jadis, il y avait eu un marché à chaque porte de la cité mais, au fil des ans, ils s'étaient développés et fondus en un seul, formant dn fouillis foisonnant de rues et de ruelles.
Quand Rand et ses compagnons s'engagèrent dans ces rues dont la chaussée était en terre battue, Tavolin enjoignit à quelques-uns de ses hommes de leur frayer un passage à travers la foule ; les soldats se mirent à vociférer en poussant en avant leurs chevaux, l'air prêt a piétiner quiconque ne s'écarterait pas aussitôt. Les gens se déplacèrent avec juste un coup d'œil comme s'il n'y avait là rien que d'ordinaire. Rand se surprit cependant à sourire.
Les vêtements des Faubouriens étaient le plus souvent râpés, mais beaucoup avaient de vives couleurs et partout régnait une animation bruyante. Des camelots vantaient leurs marchandises et des boutiquiers interpellaient les passants pour qu'ils examinent les articles étalés sur des éventaires devant leur magasin. Des barbiers, des vendeurs de fruits au panier, des rémouleurs, des hommes et des femmes offrant une douzaine de services et une centaine de choses à acheter circulaient dans la cohue. De la musique provenant de plus d'un édifice se mêlait au brouhaha des voix ; au début, Rand avait cru qu'elle émanait d'auberges, mais les enseignes ornant leurs façades représentaient des joueurs de flûte ou de harpe, des équilibristes ou des jongleurs et, en dépit de leurs grandes dimensions, ces bâtiments ne comportaient pas de fenêtres. La plupart des immeubles du Faubourg étaient en bois, même quand ils étaient importants, et beaucoup paraissaient neufs, encore que construits à la va-vite. Rand en contempla avec stupeur plusieurs comptant six étages ou davantage ; ils oscillaient légèrement, mais les gens qui y entraient ou en sortaient d'un pas pressé ne semblaient pas y prêter attention.
« Des paysans, marmotta Tavolin qui regardait droit devant lui avec une expression méprisante. Regardez-les, corrompus par les mœurs étrangères. Ils ne devraient pas se trouver ici.
- Où devraient-ils se trouver ? » questionna Rand.
L'officier cairhienin lui jeta un regard hostile et éperonna son cheval, en faisant claquer dans la foule la longue mèche en cuir tressé de sa cravache.
Hurin effleura le bras de Rand. « C'est à cause de la Guerre des Aiels, Seigneur Rand. » Il s'assura qu'aucun des soldats n'était à portée de voix. « Bon nombre de paysans avaient peur de retourner dans leur domaine près de l'Échine du Monde et ils sont tous venus ici, ou tant s'en faut. Voilà pourquoi Galldrian a la rivière pleine de péniches apportant du blé de fermes de l'est parce qu'il n'existe plus de fermes.
Toutefois, mieux vaut ne pas en parler à un Cairhienin, mon Seigneur. Ils aiment à prétendre que la guerre ne n'est jamais produite, ou du moins qu'ils l'ont gagnée. »
En dépit de la cravache de Tavolin, ils furent contraints de s'arrêter lorsqu'un étrange cortège leur coupa la route. Une demi-douzaine d'hommes, battant du tambour et dansant, précédaient une file d'énormes marionnettes, chacune plus grande de moitié que les hommes qui les manœuvraient avec de longues perches. Des personnages couronnés, masculins et féminins, revêtus de longues robes chamarrées, saluaient les spectateurs en s'inclinant au milieu d'animaux fantastiques. Un lion ailé. Un bouc bicéphale marchant sur ses pattes de derrière, chacune de ses têtes censée cracher du feu, à en juger par les serpentins rouges sortant de ses deux bouches. Quelque chose qui était moitié chat moitié aigle, et un autre avec une tête d'ours sur un corps d'homme, que Rand supposa être un Trolloc. La foule les acclama et rit quand ils passèrent en se pavanant.
« Celui qui a fabriqué ça n'a jamais vu de Trolloc, grommela Hurin. La tête est trop grosse et le corps trop maigre. Probable aussi qu'il n'y croyait pas, mon Seigneur, pas plus qu'à ces autres machins. Les seuls monstres auxquels ces Faubouriens croient sont les Aiels.
- Célèbrent-ils une fête ? » questionna Rand. Il n'en voyait aucun signe à part cette procession, mais il pensait qu'elle devait correspondre à quelque chose. Tavolin ordonna à ses soldats de reprendre leur marche.
« Pas plus que les autres jours, Rand », expliqua Loial. Marchant à côté de son cheval, le coffre toujours enveloppé dans sa couverture et attaché sur sa selle, l'Ogier attirait autant les regards que les marionnettes. Il y eut même des badauds pour rire et applaudir comme au passage de ces dernières. « Galldrian, je regrette de le dire, maintient son peuple tranquille en lui offrant des distractions. Il accorde aux jongleurs et aux ménestrels le Don du Roi, une allocation en pièces d'argent, pour donner des représentations ici dans le Faubourg, et subventionne des courses de chevaux quotidiennes au bord de la rivière, souvent aussi des feux d'artifice sont tirés le soir. » Loial avait pris un air dégoûté. « Haman l'Ancien qualifie Galldrian de répugnant personnage. » Il cligna des paupières en se rendant compte de ce qu'il venait de dire et regarda précipitamment si un des soldats avait entendu. Ce n'était le cas pour aucun, selon toute apparence.
« Des feux d'artifice, reprit Hurin avec un hochement de tête. Les Illuminateurs ont construit ici une Maison de Réunion, à ce que j'ai appris, la même qu'à Tanchico. Je ne me suis pas peu diverti à regarder les feux d'artifice quand je suis venu ici précédemment. »
Rand secoua la tête. Il n'avait jamais vu de feux d'artifice assez élaborés pour nécessiter la présence même d'un seul Illuminateur. On racontait qu'ils ne quittaient Tanchico que pour organiser des spectacles à l'intention des têtes couronnées. Étrange était cet endroit où il arrivait.
Une fois franchie la haute arche carrée de la porte de la ville, Tavolin ordonna de faire halte et mit pied à terre devant un bâtiment de pierre aux formes ramassées jouxtant le rempart. Ce bâtiment avait des meurtrières en lieu de fenêtres et une porte massive bardée de fer.
« Un moment, mon Seigneur Rand », dit l'officier. Jetant ses rênes à l'un des soldats, il disparut à l'intérieur.
Après un coup d'œil méfiant aux soldats - ils se tenaient en selle dans une posture rigide, alignés sur deux longues files ; Rand se demanda comment ils réagiraient si Hurin, Loial et lui-même tentaient de s'en aller - il profita de l'occasion pour examiner la ville qui se déployait devant lui.
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