L'apprentissage de l'histoire a longtemps été pour nos enfants une suite chronologique des aventures des grands hommes à laquelle il faut ajouter le récit des batailles. Le passé était largement héroïque. La mémoire des hommes, réduite à ces événements, n'exprimait qu'une succession de règnes et de régimes, de guerres et de révolutions.
Ainsi, à l'origine de cette collection "La vie privée des hommes", un désir animait l'équipe créatrice : montrer comment l'histoire des populations dans leur vie intime et collective pouvait autrement susciter l'intérêt, voire la curiosité, et satisfaire l'imagination des enfants.
Savoir que les Romains aimaient les jeux du cirque, que les Égyptiens pratiquaient la chirurgie, que les Grecs avaient construit la cité nous semblait capital, plus stimulant peut-être, pour les jeunes têtes d'aujourd'hui, que les exploits exclusifs des grands de ce monde.
Retrouver un passé oublié, mutilé, redécouvrir le corps charnel du passé des hommes et des femmes est en soi un prodige dont nous ne prenons pas toujours la mesure. Imaginez un manchot recouvrant un bras ! Ce n'est pas moins miraculeux. Les plus spectaculaires progrès de l'humanité ne sont-ils pas d'ailleurs intervenus, au temps de la Renaissance, à l'occasion d'une recherche passionnée par les hommes du XVe siècle de l'héritage oublié de l'Antiquité ?
Citons là l'exemple de Pompéi. Des fouilles révèlent une ville antique formidablement conservée par l'effet tragique d'une éruption volcanique. En moins d'un siècle, l'Occident reconstitue la cité qu'il a sous les yeux, forte de son culte du progrès, de l'amour des sciences ou des arts, tournée vers les idoles du stade et l'idéal de démocratie.
Il en va de l'histoire comme du naturel ; chassez-la des mémoires, elle revient au galop !
Vers le Xe millénaire av. J.-C., des chasseurs d'Allemagne et du Danemark peuplent l'Europe du Nord. Venus à la suite des migrations des immenses troupeaux de rennes et d'élans que le réchauffement climatique repousse vers le Nord, ce sont les premiers Scandinaves.
Les nouveaux arrivants, agriculteurs et forestiers, se heurtent bientôt aux anciennes populations de chasseurs dont ils désorganisent les territoires de chasse. Ces derniers contre-attaquent, sur l'élément qui leur est le plus favorable : la mer.