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L'épée de vérité, tome 3 : Le sang de la déchirure
L'épée de vérité, tome 3 : Le sang de la déchirure
Terry Goodkind
544 pages
(série en 12 tomes)
Couverture souple. 15,4 x 24 cm
Réf : 792088
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 25,00  (prix public)
Disponible
Résumé
La barrière qui séparait l’Ancien et le Nouveau Monde a été brisée. Des forces anciennes viennent assiéger les Contrées du Milieu. Des forces si terrifiantes que, la dernière fois qu’elles ont frappé, il y a 3000 ans, on n’a pu les repousser qu’en murant l’Ancien Monde à l’aide d’une barrière magique infranchissable. À présent celle-ci n’est plus, et Richard Rahl et Kahlan Amnell sont les seuls à pouvoir faire face aux puissances maléfiques qui vont déferler.
Richard est le Sourcier de Vérité, mais il est aussi un sorcier de guerre, le premier depuis des millénaires. Quant à Kahlan, sa bien-aimée, elle se cache loin de lui, traquée par des fanatiques qui ont entrepris d’assassiner tous les possesseurs de magie. Ils se font appeler le Sang de la Déchirure, ils torturent et tuent des innocents en prétendant lutter contre le Mal.
Alors que règnent la manipulation et la guerre, Richard devra tout faire pour empêcher une apocalypse d’une sauvagerie inimaginable : accepter le pouvoir qu’il a hérité de son père et utiliser toutes ses ressources magiques pour vaincre l’ennemi, sauver Kahlan et refermer le portail.
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :9
Le 22 janvier 2006
Une autre perle
Après les 2 premiers tomes que j'ai véritablement dévorés, je me suis attaquée au 3ème avec une frénésie sans pareil, voulant absolument savoir la suite des événements. Je n'ai pas été déçue, au contraire, j'ai adoré et j'attends avec impatience la suite car Terry Goodkind est un as dans ce genre de choses, l'envie de savoir ce qui suit...
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PESENTI Nadine
Le 28 janvier 2006
La vérité est que ce livre est grandiose !
Un univers aussi beau que celui d'Harry Potter, dans un autre style. Magique !
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weinmann sylvie
Le 07 janvier 2006
Une pépite d'or
Les 5 livres parus à ce jour sont vraiment geniaux. Dommage que FRANCE LOISIRS n'ait que 3 tomes.
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CHAREYRE damien
Le 03 janvier 2008
Vite la suite...
Quel bonheur de se plonger dans les nouvelles aventures de Richard et de Kalhan. Une grande oeuvre, en tout cas digne de Tolkien. Merci monsieur Goodkind.
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Le 15 janvier 2006
Waouh !!!
Voilà une fresque comme je n'en avais jamais lue. Deux lignes me suffisent pour entrer dans le monde de Kalan et Richard. Merci à Terry Goodking pour ce régal littéraire.
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navarro marc
Le 13 janvier 2007
Méga trop top
Attention J.R. Tolkien, la relève est plus qu'assurée.
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Pouilhes Pascale
Le 17 août 2008
Haletant !!!
Pas de temps mort dans cette saga. Des rebondissements tout au long de la lecture. Je ne lâche plus mon livre. Je recommande cette série pour les amateurs du genre fantastique, et les autres.
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chaka
Le 30 juillet 2011
Divin
Une merveille !
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Elsinka
Le 18 avril 2012
Un bon moment de lecture
J'ai senti comme une baisse de régime à la lecture de ce troisième tome. Bien sûr, il reste super, mais Terry Goodkind nous avait habitués à des tomes génialissimes. Ma plus grande satisfaction, au cours de cette lecture, fut de voir enfin le personnage de Cara devenir un personnage important. C'était elle qui, en visionnant la deuxième saison de la série télé, m'avait donné envie de me replonger à corps perdu dans la série livresque. Le tome 2 m'avait laissée sur ma faim car on ne l'y voyait que très peu.
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Terry Goodkind grandit à Omaha, Nebraska. Après ses études, il exerce plusieurs métiers : peintre en faune et flore, luthier, restaurateur d'artefacts rares et exotiques, acquérant ainsi un bagage culturel qui s'avérera fort utile dans son écriture.
En 1983, Goodkind s'installe dans les forêts du nord-est américain qu'il aime tant. Là, dans les bois, non loin de l'océan, il construit la maison dans laquelle il vit en compagnie de sa femme, Jeri. C'est au début des années 1990 que la saga de L'Épée de vérité va naître dans son esprit.

"Dès que j'ai commencé à jeter les premières lignes de L'Épée de vérité sur le papier," dit-il, "j'ai su que je venais de trouver ma voie. J'avais enfin trouvé ce à quoi j'allais dédier ma vie."
Extrait

Chapitre premier


À la même seconde, les six femmes se réveillèrent en hurlant de douleur. Dans la petite cabine des officiers, où régnait une obscurité totale, sœur Ulicia entendit ses compagnes lutter pour reprendre leur souffle. Elle tenta de déglutir, soucieuse de réguler sa propre respiration, et fit la grimace quand sa gorge la brûla atrocement. Si ses paupières étaient humides, ses lèvres lui parurent tellement sèches qu'elle dut les humecter, affolée à l'idée qu'elles se craquellent et saignent.
Un homme tapait à la porte, ses cris atteignant les oreilles de la sœur comme un bourdonnement étouffé. Elle ne tenta pas de se concentrer pour comprendre ce qu'il beuglait, car cela n'avait aucune importance.
Une main tendue vers le centre de la cabine, Ulicia laissa jaillir de son Han - l'essence même de la vie et de l'esprit - une onde de chaleur qui s'infiltra dans la lampe à huile qu'elle savait accrochée à une poutre. La mèche s'enflamma et lâcha une volute de suie qui ondula au gré du mouvement de balancier imprimé à la lampe par le roulis.
Entièrement nues - comme Ulicia - les autres femmes s'assirent sur leurs couchettes, fascinées par la pâle lumière jaune qui dansait devant leurs yeux. On eût dit qu'elles cherchaient dans cette lueur le salut... ou l'assurance d'être toujours vivantes en un monde où la lumière existait encore.
À la vue de la flamme, une larme roula sur la joue d'Ulicia. Cette obscurité l'avait étouffée, comme si on lui avait jeté sur la poitrine une tonne de terreau gras et humide.
La literie était imbibée de sa sueur glaciale. Ici, tout était en permanence mouillé dans l'air saturé d'iode. Sans parler des trombes d'eau qui s'écrasaient régulièrement sur le pont et s'infiltraient à travers les planches. Depuis combien de temps Ulicia n'avait-elle plus senti contre sa peau le contact d'un vêtement où d'un drap sec ? Une éternité, lui semblait-il...
La sœur détestait ce navire, avec son éternelle moiteur, sa puanteur et le maudit tangage qui lui retournait l'estomac. Ravalant une remontée de bile, elle se consola en pensant qu'il fallait au moins être vivant pour haïr les êtres ou les choses. Et avoir survécu était un coup de chance...
Ulicia se frotta les yeux et tendit la main. Comme elle s'en doutait, ses doigts étaient poisseux de sang. Stimulées par son courage, certaines de ses compagnes l'imitèrent. Toutes avaient les paupières, les arcades sourcilières et les joues zébrées de griffures. La punition pour avoir essayé de s'ouvrir les yeux avec les ongles ! Une vaine tentative d'échapper au piège du sommeil, loin d'un rêve qui n'en était pas un.
Ulicia lutta pour s'éclaircir les idées. Il devait s'agir d'un cauchemar. Elle détourna les yeux de la flamme et regarda ses compagnes. Assise en face d'Ulicia, sur la couchette du bas, sœur Tovi, une vieille femme grassouillette au visage ridé, affichait une expression résolument morose. Sur la couchette d'à côté, ses cheveux gris bouclés en bataille, sœur Cecilia, d'habitude si soignée et souriante, était verdâtre de peur. Ulicia se pencha un peu pour jeter un coup d'œil au-dessus d'elle. Recroquevillée sur la couchette du haut, sœur Armina, bien moins âgée que Tovi et Cecilia - et encore très séduisante, comme Ulicia, d'un rien son aînée - ressemblait à une momie. D'une main tremblante, elle aussi essuya le sang qui lui empoissait les paupières.
Au-dessus de Tovi et de Cecilia, les deux plus jeunes sœur, imbues d'elles-mêmes comme il convient à des parangons de beauté, n'étaient pas plus vaillantes que les autres. Les joues lacérées, Nicci paraissait infiniment vieille avec ses cheveux blonds collés sur son crâne par la sueur et le sang. Ses superbes mèches noires emmêlées, Merissa serrait convulsivement une couverture sur sa poitrine nue. Pas par pudeur, mais parce qu'elle frissonnait de terreur.
Leurs aînées maniaient en expertes un pouvoir aux angles arrondis entre le marteau et l'enclume de l'expérience. Détentrices d'une puissance aussi rare que sombre, Nicci et Merissa faisaient montre d'une subtilité innée qu'aucune expérience au monde ne saurait conférer. Remarquablement rusées pour leur âge, elles ne se laissaient jamais abuser par les manières de grand-mère poule de Cecilia ou de Tovi. Malgré leur jeunesse triomphante et leur confiance sans limite, elles savaient que leurs quatre compagnes - en particulier Ulicia - les tailleraient sans mal en pièces si l'envie leur en prenait.
Étrangement, cela ne diminuait en rien leur importance. À leur façon, elles comptaient parmi les femmes les plus extraordinaires qui aient jamais arpenté le monde. Et le Gardien les avait choisies à cause de leur insatiable désir de domination.
Les voir dans un tel état accablait Ulicia. Mais le pire restait la terreur de Merissa, la sœur la plus impassible, dépourvue d'émotions et impitoyable qu'elle eût connue. Un être au cœur de glace noire...
En cent soixante-dix ans, Merissa n'avait pas versé l'ombre d'une larme. Et voilà qu'elle sanglotait comme une enfant !
Tout bien pesé, Ulicia fut revigorée par l'abjecte faiblesse de ses compagnes. À vrai dire, c'était même un spectacle satisfaisant. Elle les commandait, et se montrait logiquement plus forte qu'elles...
L'homme continuait de tambouriner à la porte, résolu à savoir ce qui se passait. Pourquoi les passagères avaient-elles crié ?
- Fichez-nous la paix ! lança Ulicia, ravie de trouver un exutoire à sa colère. Si nous avons besoin de vous, nous vous appellerons !
Le marin battit en retraite dans la coursive en marmonnant des imprécations très vite inaudibles. Dans le silence revenu - à quelques craquements de bois près, car le navire essuyait du gros temps - les sanglots de Merissa résonnaient comme un tocsin.
- Arrête de pleurnicher ! cracha Ulicia.
- Ça n'a jamais été ainsi, se défendit Merissa. (Tovi et Cecilia approuvèrent d'un hochement de tête.) Je lui ai obéi en tout. Pourquoi nous a-t-il fait ça ? Je n'ai pas failli à mon devoir.
- Si c'était le cas, tu serais au même endroit que Liliana. Et nous aussi.
- Tu as également vu Liliana ? demanda Armina. Elle était...
- Je l'ai vue, coupa Ulicia, son ton égal dissimulant une indicible terreur.
- Liliana avait déçu le maître, rappela Nicci en écartant de son front une mèche de cheveux blonds tachés de sang.
- Et elle paye le prix de son échec, lâcha Merissa, l'angoisse presque disparue de ses yeux. Pour l'éternité ! (À l'évidence, le cœur de glace noir battait de nouveau fièrement dans sa poitrine et la haine, dans son regard, remplaçait la terreur.) Elle a ignoré vos ordres et ceux du Gardien, sœur Ulicia. C'est elle qui a saboté nos plans. Tout est sa faute !
La stricte vérité. Sans Liliana, les six femmes n'auraient pas été coincées dans ce fichu rafiot. Au souvenir de l'arrogance de cette idiote, Ulicia s'empourpra. Désireuse de récolter toute la gloire, Liliana avait mérité son sort. Pourtant, en repensant à ses tourments, dont elle avait été témoin, Ulicia ne put s'empêcher de déglutir péniblement. Cette fois, elle ne remarqua même pas qu'elle avait la gorge en feu...
- Que devons-nous faire ? demanda Cecilia avec un sourire d'enfant punie. Faut-il obéir à cet... homme ?
Du revers de la main, Ulicia essuya son front ruisselant de sueur. Si ce qu'elle avait vu était vrai, elles ne pouvaient pas s'offrir le luxe d'hésiter. Mais il restait possible qu'il se soit agi d'un cauchemar. Jusque-là, à part le Gardien, personne ne lui était jamais apparu dans le rêve qui n'en était pas un. Un cauchemar, oui, c'était sûrement ça...
Au pied de la couchette, un énorme cafard pataugeait dans le pot de chambre. Bien que fascinée par ses évolutions, Ulicia releva soudain les yeux.
- Un homme ? Tu n'as pas vu le Gardien ?
- Non, répondit Cecilia. C'était Jagang.
Tovi porta sa main gauche à ses lèvres pour embrasser son annulaire - un geste censé attirer la protection du Créateur. Et une habitude acquise dès son premier jour de noviciat... Les six femmes avaient appris à se "signer" ainsi tous les matins, dès le lever, et chaque fois qu'elles étaient en difficulté. Comme les autres, Tovi avait dû répéter ce rituel des milliers de fois sans y penser. Toute Sœur de la Lumière étant fiancée au Créateur - et soumise à sa volonté - c'était une façon de renouveler quotidiennement son engagement.
Pour des traîtresses comme les six femmes, ce rituel risquait d'avoir des conséquences... surprenantes. Selon certaines superstitions, la mort punissait toute servante du Gardien qui se laissait aller à y sacrifier spontanément. Prudentes, les Sœurs de l'Obscurité s'en abstenaient aussi souvent que possible. S'il semblait douteux que la colère du Créateur s'abatte sur elles en cas de "transgression", celle du Gardien ne les épargnerait sûrement pas.
Prenant conscience de son inconséquence, Tovi éloigna vivement sa main de ses lèvres.
- Vous avez toutes vu Jagang ? demanda Ulicia. (Les cinq sœurs acquiescèrent. Ce n'était pas une bonne nouvelle, mais il restait une étincelle d'espoir...) Bien, l'empereur vous est apparu. Ça ne signifie rien... Tovi, a-t-il dit quelque chose ?
La vieille femme saisit sa couverture et se la remonta jusqu'au menton.
- Nous étions toutes assises en demi-cercle, nues, comme toujours quand le Gardien exige de nous voir. Mais Jagang est venu à sa place.
Au-dessus d'Ulicia, Armina ne put étouffer un sanglot.
- Silence ! Tovi, cesse de trembler et répète-moi les paroles de l'empereur.
- Il a dit que nos âmes lui appartenaient, fit Tovi en baissant les yeux. Nous sommes devenues ses marionnettes, et nous devons répondre sur-le-champ à sa convocation. Sinon, a-t-il ajouté, le sort de Liliana nous paraîtra enviable. Car le faire attendre est un crime... (Elle leva sur Ulicia des yeux pleins de larmes) Ensuite, il m'a donné un avant-goût de ce que je subirai s'il m'arrivait de lui déplaire.
Glacée jusqu'aux os, Ulicia s'aperçut qu'elle aussi avait remonté sa couverture au ras de son cou. Mobilisant sa volonté, elle la reposa sur ses genoux.
- Armina, tu as fait la même expérience ?
- Oui.
- Et toi, Cecilia ?
- Oui...
Ulicia regarda ses deux jeunes compagnes, en face d'elle, qui avaient déjà réussi - un exploit ! - à reprendre leur contenance coutumière.
- Avez-vous entendu le même discours ?
- Oui, répondit simplement Nicci.
- Au mot près, confirma Merissa avec un calme souverain. Et c'est à Liliana que nous devons ça !
- Si le Gardien est mécontent de nous, avança Cecilia, il nous a peut-être provisoirement offertes à l'empereur. Une sorte d'épreuve, avant de regagner ses faveurs...
- J'ai juré de servir le Gardien, dit Merissa, le dos bien droit et le regard glacial. S'il faut lécher les pieds de cette brute de Jagang pour satisfaire le maître, je le ferai sans hésiter.
Dans le rêve qui n'en était pas un, un peu avant de s'en aller, l'empereur avait ordonné à Merissa de se lever. Tendant la main, il lui avait serré un sein si fort qu'elle en avait vacillé sur ses jambes. Un coup d'œil sur le mamelon droit tuméfié de la sœur confirma à Ulicia qu'il ne s'était pas agi d'un cauchemar.
- Si nous le faisons attendre, dit Merissa sans daigner couvrir sa nudité, il a promis que nous le regretterions...