Accueil Livres Suspense-SF Fantastique, SF, Fantasy Les aventuriers de la mer, tome 3 : La conquête de la liberté
Les aventuriers de la mer, tome 3 : La conquête de la liberté
Les aventuriers de la mer, tome 3 : La conquête de la liberté
368 pages
(série en 9 tomes)
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 786027
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 21,50  (prix public)
De Charybde en Scylla...
Résumé
À bord de La Vivacia, les hommes, sous la férule de l'implacable capitaine Kyle, ne songent plus qu'à se mutiner. Hélas, le pirate Kennit guette dans les parages. La Vivacia lui apparaît vite comme une proie désignée...
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Fantasy !


Qu'est-ce que la "Fantasy" ?

C'est un genre d'épopée fantastique et magique popularisée par Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien. Aujourd'hui, Robin Hobb est l'un des auteurs de fantasy les plus célèbres et les plus appréciés, car elle a su apporter à ce genre littéraire une vraie dimension psychologique et un talent d'écriture hors du commun.

Comme elle, donnez libre cours... à votre fantasy !
Le mot de Robin Hobb
« I am pleased and honoured that France Loisirs is offering my books. I would like to thank the book club members who have welcome my stories. »*

Robin Hobb

* Traduction de la dédicace de Robin Hobb aux adhérents : « Je suis heureuse et fière que France Loisirs vous propose mes romans et je remercie tous les lecteurs du Club qui ont réservé un si bel accueil à mes histoires. »
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :4
laroche catherine
Le 27 janvier 2003
Un vrai régal
Je conseille cette série à tous, de plus il n'y a pas de limite d'âge. A quand la suite, car il est dommage quand on a commencé de s'arrêter de voguer.
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ncpuce
Le 20 janvier 2003
Et après...
C'est toujours pareil, on devrait attendre que tous les tomes paraissent avant de commencer la lecture... la suite se fait dangereusement attendre... il faudra tout relire, ce sera meilleur !!
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Le 16 janvier 2003
Excellent !
Une fois de plus Robin Hobb nous enchaîne à son récit et nous palpitons à nouveau pour son héroïne!! Tous les écueils du genre sont évités, il ne reste que le plaisir de lire et l'horreur de l'attente avant le prochain volume...
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MUGNERET Mireille
Le 06 janvier 2003
Vivement la suite !
Après avoir lu L'Assassin royal, c'est avec un immense plaisir que j'ai découvert cette nouvelle saga. Peut-être aurait-il fallu que j'attende la sortie de la suite, car je reste bien évidemment sur ma faim. Ces romans sont vraiment géniaux car ils savent vous emmener dans un autre monde et vous faire rêver ! Les personnages sont, de plus, plus vrais que nature. Mais malheureusement tout à une fin !! A quand la suite ?
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Extrait

1

Les esclaves de Jamaillia


Enfant, Hiémain avait appris une chanson sur les blanches rues de Jamaillia qui brillaient sous le soleil, et il se surprit à la fredonner en avançant à pas pressés dans une venelle jonchée de débris, de part et d'autre se dressaient de hauts bâtiments en bois qui cachaient le soleil et canalisaient le vent marin. Il avait eu beau la protéger, sa robe de prêtre avait pris l'humidité et la bure mouillée lui irritait les jambes à chaque pas. La journée d'hiver était d'une douceur inhabituelle, même pour Jamaillia, et il n'avait pas vraiment froid : dès que sa robe aurait séché, tout irait bien. Une telle couche de corne s'était formée sous ses pieds à bord du navire que même les tessons de vaisselle et les éclats de bois qui traînaient dans la ruelle ne le gênaient pas. C'étaient là des détails dont il devait tirer la leçon : ne pas penser aux grondements de son ventre vide et se réjouir de ne pas avoir trop froid.
Et songer qu'il était libre.
Il n'avait pris conscience du poids de son enfermement qu'au moment où il avait mis le pied sur la grève. Avant même qu'il se fût essuyé tant bien que mal et eût enfilé sa robe, il avait senti son cœur s'alléger. Libre ! Il se trouvait à bien des jours de trajet de son monastère et il ignorait par quel moyen s'y rendre, mais il était décidé à y parvenir. Avoir relevé le défi faisait chanter son âme ; même s'il échouait, même s'il se faisait reprendre ou qu'il lui arrivât quelque autre malheur en chemin, il avait accepté la force de Sa et il avait agi. Peu importait son sort après cela, il avait acquis cette certitude : il n'était pas un lâche.
Il se l'était enfin prouvé.
Jamaillia était de très loin la plus grande ville qu'il eût jamais visitée, et cela l'intimidait. Sur le navire, il s'était intéressé aux tours, aux flèches et aux dômes blancs du palais du Gouverneur, dans les hauteurs de la cité, merveilles auxquelles les vapeurs de la Chaude formaient un arrière-plan de soie ondoyante ; mais il se trouvait pour l'instant dans la basse ville, et le front de mer était aussi défraîchi et miséreux que celui de Cresson, en plus vaste. Tout ce qui l'entourait était plus sale et plus décrépit que ce qu'il avait pu voir à Terrilville ; sur les quais se dressaient les entrepôts et les boutiques d'armement des navires, mais au-dessus s'étendait un quartier qui paraissait exclusivement composé de bordels, de tavernes, d'échoppes où l'on vendait de la drogue, et de pensions délabrées. Les seuls résidents permanents étaient les mendiants qui dormaient, roulés en boule, sur le seuil des maisons et dans des cahutes de bric et de broc entre deux bâtiments. Les avenues étaient presque aussi malpropres que les ruelles. Peut-être, autrefois, des caniveaux et des égouts avaient-ils évacué les eaux usées, mais ils étaient aujourd'hui engorgés et formaient des mares stagnantes d'un liquide gris marron où le pied dérapait. Il n'était que trop évident que le contenu des pots de chambre aboutissait là le matin. S'il avait fait plus chaud, l'odeur aurait sans doute été plus forte et les mouches plus abondantes. C'était là, se dit Hiémain en contournant une vaste flaque, un autre élément dont il fallait se réjouir.
L'aube pointait à peine et le quartier dormait encore. Peut-être les gens de cette partie de la ville n'avaient-ils rien qui valût la peine de se lever. Hiémain se doutait que l'ambiance devait être très différente la nuit ; mais, pour le moment, les rues étaient désertes et mortes, les volets clos et les portes barrées. Il jeta un coup d'œil au ciel qui s'éclaircissait et pressa le pas. On n'allait pas tarder à remarquer son absence à bord, et il tenait à s'éloigner le plus possible du front de mer avant ce moment-là. Quelle énergie son père allait-il déployer à le retrouver ? Guère, sans doute, pour son fils lui-même ; Hiémain n'avait d'intérêt à ses yeux que dans la mesure où il garantissait la satisfaction du navire.
Vivacia...
Le seul fait de penser à son nom lui donnait un coup au cœur. Comment avait-il pu l'abandonner ? Il ne l'avait pas choisi, il ne lui était plus possible de continuer à vivre ainsi ; mais comment avait-il pu l'abandonner ? Il se sentait divisé contre lui-même. Tout en savourant sa liberté, il sentait le goût amer de la solitude, de la solitude extrême, sans être capable de déterminer s'il s'agissait de la sienne ou de celle de Vivacia. S'il avait existé un moyen de s'enfuir avec le navire, il n'aurait pas hésité. C'était peut-être ridicule, mais c'était vrai. Il avait besoin de sa liberté, elle le savait bien. Elle devait comprendre qu'il était obligé de se sauver.
Mais il l'avait abandonnée, prise au piège.
Il continua de marcher, déchiré. Vivacia n'était pas son épouse, ni son enfant ni sa bien-aimée ; elle n'était même pas humaine. Le lien qui les unissait leur avait été imposé par les circonstances et par la volonté de son père, rien de plus. Elle comprendrait et elle lui pardonnerait.
Au même instant, il se rendit compte qu'il avait l'intention de retourner un jour auprès d'elle - ni aujourd'hui ni demain, mais un jour. Un moment viendrait, dans quelque avenir encore indécis, peut-être lorsque son père aurait baissé les bras et rendu le navire à Althéa, où il pourrait revenir sans risque. Lui serait prêtre et elle serait comblée par un autre Vestrit, Althéa ou peut-être Selden, ou encore Malta ; ils vivraient chacun une existence bien remplie et, quand ils se retrouveraient, obéissant chacun à sa volonté propre, leur réunion serait parfaitement heureuse. Elle reconnaîtrait alors qu'il avait fait le bon choix. Ils auraient tous deux grandi en sagesse.
Sa conscience le tarauda soudain : ne se raccrochait-il pas à cette intention de la revoir uniquement dans le but d'apaiser ses remords ? Cela signifiait-il qu'à ses yeux sa décision n'était peut-être pas la bonne ? Mais comment cela se pourrait-il ? Il retournait à la prêtrise, afin de tenir les serments qu'il avait prêtés des années plus tôt ! Comment cela pouvait-il être mal ? Il secoua la tête, perplexe, et continua d'avancer d'un pas lourd.