Eternalis
Eternalis
Raymond Khoury
544 pages
Couverture souple
Réf : 726044
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Au lieu de 21,50  (prix public)
Sur les traces d'une mère en danger...
Résumé
Mia a à peine le temps de faire connaissance avec sa mère Evelyn, archéologue émérite et passionnée, que celle-ci est enlevée sous ses yeux. Ce rapt est-il lié au mystérieux ouvrage gravé d’un ouroboros – le serpent qui se mord la queue – qu’un antiquaire venait de lui remettre ? Mia va fouiller la vie d'Evelyn, et l'Histoire, pour lui sauver la vie...
Le coup de foudre de Guillaume Musso
« Une femme à la recherche de ses origines, une course contre la mort à travers le monde, Raymond Khoury ne nous laisse pas un instant de répit ! Comme dans Le Dernier Templier, il nous plonge dans les mystères de l'Histoire sur les traces d'un des secrets les mieux gardés de l'humanité. Et je sais que, comme moi, vous aurez du mal à refermer le livre avant la fin ! »

Guillaume Musso
En bref...
Après l'extraordinaire succès du Dernier Templier (une parution dans près de 40 pays, plus de 3,5 millions d'exemplaires vendus à travers le monde) et l'accueil chaleureux et enthousiaste que vous lui avez réservé, Raymond Khoury revient enfin avec son nouveau roman. Vous étiez nombreux à l'attendre et à l'espérer, le Club réalise votre souhait !
Bon voyage, et bonne lecture !
Raymond Khoury est né à Beyrouth en 1960. Lorsque la guerre civile éclate en 1975, il part pour les États-Unis. Il retourne plus tard au Liban pour mener des études d'architecture mais, la guerre s'intensifiant, il quitte définitivement son pays en 1984 et gagne Paris, où il étudie la finance, puis s'installe à Londres. Après une carrière dans le monde des affaires dans lequel il s'ennuie, il se lance dans l'écriture de scénarii pour la télévision et le cinéma (notamment la série MI-5 sur les services secrets britanniques).
En 2002, il publie son premier roman, Le Dernier Templier, qui devient un best-seller mondial. Après Eternalis et Le Signe, La Malédiction des Templiers est son quatrième roman.
Autres titres de Raymond Khoury
Extrait
PROLOGUE

I

Naples - Novembre 1749


Un bruit à peine audible le réveilla. Cela n'aurait sans doute pas suffit à le tirer d'un sommeil profond, mais depuis des années il dormait mal.
Un raclement de métal contre la pierre.
Ce n'était peut-être pas grand-chose. Un son anodin, familier. Un serviteur entamant sa journée tambour battant.
Peut-être.
Il pouvait aussi signaler une menace imminente, comme une épée qui aurait heurté accidentellement un mur.
On vient.
Il s'assit, aux aguets. Un silence de mort plana un moment sur la chambre. Puis il entendit autre chose.
Des pas.
Montant furtivement l'escalier.
D'abord lointains, mais indiscutables.
Puis de plus en plus proches.
Il bondit hors du lit et se précipita vers la porte-fenêtre, qui donnait sur un petit balcon. Il écarta les lourds rideaux, actionna silencieusement la crémone et se faufila dehors dans la bise nocturne. L'hiver arrivait. Sentant sous ses pieds nus la morsure glacée du dallage, il se pencha au-dessus de la balustrade et regarda en bas. Un suaire de ténèbres enveloppait la cour de son palazzo. Il aiguisa son regard, guettant un reflet, un mouvement, un signe de vie. Pas de chevaux, ni d'attelage, ni de laquais. Le long du trottoir d'en face, les silhouettes des maisons étaient à peine visibles, effleurées par les premières lueurs de l'aube qui venaient de surgir derrière le Vésuve. Il avait assisté plusieurs fois au lever du soleil au-dessus de ce volcan à l'inquiétant panache de fumée grise. Un spectacle aussi grandiose que poétique qui, d'habitude, lui procurait ses rares moments de réconfort.
Mais, cette nuit, rien de tel. L'air lui semblait chargé d'ondes maléfiques.
Il se replia en hâte à l'intérieur, enfila sa culotte et une chemise qu'il ne prit même pas la peine de boutonner. Il y avait plus urgent à faire. Il se précipita vers la table de toilette et en ouvrit le tiroir supérieur d'un geste sec. À peine ses doigts eurent-ils trouvé le manche de sa dague que la porte de la chambre pivota violemment sur ses gonds. Trois hommes s1engouffrèrent dans la pièce, l'épée au poing. À la lueur rougeoyante des dernières braises de l'âtre, il vit briller un pistolet dans la main de celui qui se tenait au centre.
Il n'eut aucune peine à le reconnaître. Et comprit sur-le-champ le motif de l'irruption.
– Pas de geste inconsidéré, Montferrat ! tonna l'intrus au pistolet.
L'homme qui se faisait appeler le marquis de Montferrat leva calmement les bras et s'écarta de la table de toilette. Ses assaillants se déployèrent en éventail, pointant leurs lames vers son visage.
– Que faites-vous ici ? demanda-t-il.
Après avoir rengainé son épée, Raimondo di Sangro déposa son arme sur la table. Il saisit une chaise par le dossier et la poussa d'un coup de botte vers le marquis. La chaise buta sur un interstice du dallage et se renversa avec fracas.
– Asseyez-vous ! ordonna-t-il. Nous risquons d'en avoir pour un moment.
Les yeux toujours rivés sur di Sangro, Montferrat redressa la chaise et s'assit après un moment d'hésitation.
– Que me voulez-vous ?
Di Sangro se pencha sur la cheminée pour enflammer la mèche d'une chandelle qui lui servit ensuite à allumer une lampe à huile. Il plaça la lampe sur la table et récupéra son pistolet, qu'il agita distraitement pour congédier ses spadassins. Avec un signe de tête, ceux-ci se retirèrent en refermant la porte derrière eux. Di Sangro tira une deuxième chaise et s'assit à califourchon, face à sa proie.
– Vous savez très bien ce que je veux, Montferrat, répondit-il en braquant sur lui les deux canons de son pistolet à silex.
Il dévisagea quelques secondes son vis-à-vis avant d'ajouter, cinglant :
– Vous pourriez commencer par me donner votre vrai nom.
– Mon vrai nom ?
– Assez tourné autour du pot, marchese, riposta l'autre avec un rictus condescendant, en appuyant ironiquement sur le titre. J'ai fait vérifier vos lettres de noblesse. Elles sont fausses. Et d'ailleurs, de toutes les bribes d'information que vous avez daigné donner sur votre passé depuis votre arrivée, aucune ne semble avoir le moindre fondement de vérité.
Montferrat connaissait assez son accusateur pour savoir qu'il disposait de toutes les ressources nécessaires à une enquête de ce genre. Raimondo di Sangro avait hérité du titre de principe di San Severo - prince de San Severo - dès l'âge de seize ans, après le décès de ses deux frères ainés. Il comptait le jeune Charles VII, roi espagnol de Naples et de Sicile, au nombre de ses amis et fervents admirateurs.
Comment ai-je pu me méprendre à ce point sur cet homme et sur cette ville ? songea Montferrat avec un frisson d'horreur.
Après des années de tourments et de doutes, il avait renoncé à sa quête en Orient pour regagner l'Europe un peu moins d'un an plus tôt, ce qui l'avait mené à Naples, après un passage par Constantinople, puis par Venise. Jamais il n'avait eu l'intention de s'établir ici. Son projet consistait à poursuivre sa route jusqu'à Messine, d'où il pourrait cingler vers l'Espagne et, si possible, rentrer chez lui au Portugal.
Il s'arrêta un instant sur cette pensée.
Chez moi.
Une expression faite pour les autres, mais pas pour lui. Un terme vide, qui sonnait creux, son écho ayant été totalement absorbé par le passage des ans.
Naples avait mis un terme provisoire à ses idées de capitulation. Sous la houlette des vice-rois espagnols, la ville s'était épanouie jusqu'à devenir la deuxième d'Europe, derrière Paris. Elle symbolisait d'ailleurs une Europe nouvelle, bien différente de celle qu'il avait quittée. C'était la capitale d'un pays que la philosophie des Lumières semblait orienter vers un avenir neuf - une philosophie adoptée et appliquée à Naples par Charles VII, qui s'était érigé en protecteur de la raison, de l'enseignement et du débat culturel. Le roi avait créé une Bibliothèque nationale, ainsi qu'un musée archéologique destiné à accueillir les reliques récemment découvertes dans les cités ensevelies d'Herculanum et de Pompéi. Plus séduisante encore était l'hostilité du monarque envers l'Inquisition, qui, par le passé, avait été un fléau pour Montferrat. Inquiet de l'influence des Jésuites, Charles VII avait discrètement entrepris de les mettre à l'écart, ce qu'il avait réussi à faire sans s'attirer les foudres du pape.
Ainsi le faux marquis de Montferrat avait-il décidé de reprendre une identité déjà endossée à Venise bien des années auparavant. Il n'avait eu aucune peine à se fondre dans la masse des visiteurs de cette cité bouillonnante. Plusieurs pays avaient en effet fondé des académies à Naples pour héberger le flot régulier de savants venus étudier les cités antiques exhumées depuis peu. Montferrat y avait très vite rencontré des érudits originaires des quatre coins de l'Europe, des hommes comme lui, à l'esprit curieux.
Des hommes comme Raimondo di Sangro.
À l'esprit effectivement très curieux.
– Un tissu de mensonges, poursuivit di Sangro, observant Montferrat avec une lueur de convoitise au fond des yeux. Et pourtant, chose étrange, pour ne pas dire stupéfiante, cette chère vieille comtesse de Cergy affirme vous avoir connu sous le même nom - Montferrat - à Venise... il y a combien de temps ? Trente ans ? Davantage ?
La référence à la comtesse fit au faux marquis l'effet d'un coup de poignard. Il sait. Non, il ne peut pas savoir. Mais il se doute.
– Naturellement, notre amie n'a plus toute sa tête. Les ravages du temps finissent toujours par nous rattraper un jour ou l'autre, n'est-ce pas ? Mais, à votre propos, elle soutient, avec une telle constance, une telle clarté, une telle détermination, qu'elle ne peut vous avoir confondu avec un autre, que j'ai du mal à balayer ses dires comme les élucubrations d'une vieille femme gâteuse. Et, sur ces entrefaites, j'apprends que vous parlez l'arabe avec l'aisance d'un indigène. Que vous connaissez Constantinople comme votre poche et que vous avez sillonné l'Orient de fond en comble, en vous faisant passer - de manière très convaincante, me dit-on - pour un cheikh arabe. Tant de mystères pour un seul homme, marchese... Voilà qui défie la logique... ou la crédulité.
Montferrat se maudit en son for intérieur d'avoir pu voir en cet homme un esprit frère, un possible allié. De l'avoir discrètement sondé et mis à l'épreuve.
Oui, il l'avait entièrement méjugé. Mais, songea-t-il, peut-être était-ce un signe du destin. Peut-être était-il temps pour lui de se délivrer de son fardeau et d'informer le monde de son secret. Peut-être ses contemporains parviendraient-ils à l'assumer de manière noble et magnanime.