La louve blanche
La louve blanche
Theresa Révay
592 pages
Couverture souple
Réf : 704880
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Résumé
Chassée de Saint-Pétersbourg par la révolution bolchevique, Xénia, jeune beauté russe, a vu son père mourir sous ses yeux. Seule pour s’occuper des siens, elle prend le chemin de l’exil et entame un long périple à travers l’Europe qui la conduit à Paris. Elle vit alors modestement grâce à ses talents de couturière, avant de devenir mannequin...
Sa rencontre avec Max, séduisant photographe allemand, va de nouveau bouleverser son destin, car leur amour passionné sera douloureusement mis à l’épreuve par les heures sombres de l’Histoire qui se profilent...
Mot de l'auteur
Chères lectrices, chers lecteurs,

Chez un romancier, l’inspiration demeure toujours un mystère. Une grâce impérieuse. Un jour, Xénia et Max ont surgi dans mon esprit. D’eux, je ne savais rien, excepté que le héros était un photographe berlinois et l’héroïne une Russe blanche exilée à Paris dans les années 20 et devenue mannequin pour survivre.
Pourquoi Berlin, où je n’étais encore jamais allée ? Ou la Russie, bien que ce pays me fascine depuis mes lectures d’Henri Troyat ? Je l’ignore, mais le vingtième siècle demeure ma période de prédilection et l’Europe un thème inépuisable. Ainsi, je suis partie à leur rencontre pendant plus de deux ans, à l’écoute de leur passion orageuse.
Ce fut une formidable aventure que je vous invite désormais à partager. Comme Xénia, suivez ce périple à travers une Europe tourmentée. Que chaque étape vous procure un moment d’émotion.
La plus belle des récompenses serait pour moi que cette histoire trouve grâce à vos yeux.
Amicalement,

Theresa Revay
Pourquoi on l'a choisi
Passion orageuse dans une Europe tourmentée ! De Paris à Berlin, d’une guerre à l’autre, suivez le destin mouvementé d’une jeune femme amoureuse prête à tout pour triompher de l’adversité !
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :1
arlette12
Le 02 janvier 2011
Un très bon roman
J'ai beaucoup aimé ce livre, qui m'a permis d'avoir un éclairage sur les évènements qui se sont passés pendant la révolution russe, en Allemagne et bien sûr en France. Une histoire super, bien écrite. Je vous recommande de lire la suite.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Theresa Révay est née à Paris en 1965. Après des études de lettres, elle s’oriente vers la traduction de romans anglo-saxons et allemands, et publie deux romans : L’Ombre d’une femme (1988) et L’Ouragane (1990). Son premier roman historique, Valentine ou le temps des adieux, paraît en 2002, suivi en 2005 de Livia Grandi ou le souffle du destin, pour lequel elle sera finaliste du prix des Deux-Magots. Tous les rêves du monde est le prolongement de La Louve blanche parue en 2007.
Publiée dans de nombreux pays, dont l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Russie, Theresa Révay s’impose aujourd’hui comme l’une des romancières majeures de grandes fresques historiques.
Extrait

PREMIÈRE PARTIE



Petrograd, février 1917.

La chance n'aime pas les tièdes. Elle se provoque et se conquiert, en un mot, elle se mérite, telle la croix de saint Georges sur le champ de bataille, et Xénia Féodorovna Ossoline ne s'imaginait pas autrement qu'en conquérante.
Alors que la guerre s'éternisait depuis près de trois ans et que les Russes mouraient par centaines de milliers de la Baltique au Danube, l'espoir de voir apparaître un certain jeune officier de la Garde impériale à son dîner d'anniversaire était mince, mais elle n'avait pas hésité à lui envoyer une invitation et à téléphoner chez lui lorsqu'elle n'avait pas obtenu de réponse, afin de s'assurer qu'il était bien en permission. Sa mère aurait été horrifiée de l'apprendre.
Le nez collé à la fenêtre, Xénia souffla sur la double vitre comme lorsqu'elle était enfant, puis y dessina un visage. La patience s'apprenait-elle en vieillissant ?
Ce n'étaient tout de même pas les quelques manifestants qui s'agitaient autour de Notre-Dame-de-Kazan qui allaient lui gâcher sa fête.
La porte d'entrée claqua et la voix profonde de son père résonna dans le vestibule. Elle en connaissait chaque nuance et elle comprit aussitôt qu'il était contrarié, peut-être même en colère. Elle l'imagina se débarrassant de son épais manteau et s'ébrouant comme un ours, puis l'écouta traverser la pièce de son pas inégal pour se rendre à son cabinet de travail, sa botte droite raclant le parquet, souvenir d'une blessure de guerre.
Elle pivota sur ses talons et embrassa d'un coup d'œil le salon. Elle n'avait allumé aucune lampe et se tenait, dans l'obscurité de cette fin d'après-midi, droite et tranquille dans sa longue jupe en lainage gris et son chemisier blanc au col plissé, un châle autour des épaules. Elle respirait encore l'odeur piquante des antiseptiques de l'hôpital où elle se rendait pour aider à soigner les blessés. On ne lui confiait pas de tâches délicates, considérant qu'à quinze ans, elle était encore trop jeune pour suivre une formation d'infirmière et affronter des plaies purulentes ou indiscrètes, mais on ne refusait pas son aide pour préparer les pansements, désinfecter les instruments des chirurgiens ou remonter le moral des soldats.
La pendule égrenait les minutes. Les contours réconfortants des divans et des fauteuils se laissaient deviner dans la pièce. La jeune fille ferma les yeux et dessina de mémoire l'emplacement des tapis persans et des miroirs, de la console à têtes de sphinx, des guéridons en bois de rose et d'amarante, des chaises aux décors ciselés. Aux murs, des toiles de maîtres, une collection réputée parmi la haute société de la ville. Fantôme fugace, elle aurait pu se glisser entre les meubles clairs en bouleau de Carélie, effleurer les cadres émaillés posés sur le piano à queue ou la collection de tabatières. Elle connaissait le grand salon par cœur, de même qu'aucune des pièces en enfilade de cette demeure à la fois chaleureuse et protocolaire n'avait de secret pour elle. Dans ce silence de velours, il lui sembla percevoir le pouls paisible de la maison qui se répandait dans ses veines et l'emplissait tout entière. Le cœur de sa demeure natale qui ouvrait sur un canal pris par les glaces, à mi-chemin entre deux cathédrales, battait à l'unisson avec le sien.