Patricia Cornwell revient sur les lieux du crime !
22,50 €
Prix public*
L'instinct du mal
L'instinct du mal
Patricia Cornwell
Epuisé
650 pages
Couverture souple
Réf : 602602
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Résumé
Kay Scarpetta, experte en médecine légale sur CNN, est conseillère auprès du médecin en chef de l’institut médico-légal de New York. Le producteur de la chaîne TV souhaite que Kay lance une nouvelle émission. Cette notoriété grandissante semble cependant à l’origine d’événements aussi inattendus qu’inquiétants pour la vie de Kay... qui va se lancer dans une nouvelle enquête.
Pourquoi on l'a choisi
Scarpetta, la première femme légiste de l'histoire du polar, a su séduire au fil des années un public fidèle et exigeant. Bientôt, l’incroyable héroïne de Patricia Cornwell prendra les traits d’Angelina Jolie dans un film adapté de la série.
Les avis des internautes
Moyenne des avis :Nombre d'avis :1
AURIOL CAROLINE
Le 18 juin 2010
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L'instinct du mal = grosse déception
J'adore la façon d'écrire de Patricia Cornwell et je suis les aventures de Scarpetta depuis ses débuts ! Je suis une fan ! Mais ce livre m'a énormément déçue, il est creux, il y a peu d'action, on n'est pas habitués à ça... J'espère que ce n'est pas celui-là qui sera porté à l'écran !
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Patricia Cornwell est née à Miami, en Floride. Chroniqueur judiciaire, elle fut informaticienne au bureau du médecin légiste (Chief Medical Examiner) de l'État de Virginie, où elle assiste à ce titre à un nombre considérable d'autopsies. Elle a participé à la création de l'Institut des sciences médico-légales de Virginie dont elle préside le conseil d'administration. Devenue policier volontaire, elle suit les cours du FBI, expérience qu'elle met à profit dans ses romans.
Elle s'est lancée dans le roman criminel en 1990 avec Postmortem qui a remporté l'Edgar Poe Award, le prestigieux Prix de littérature policière américain, et en France, le Prix du Roman d'Aventures.
Depuis, Patricia Cornwell exploite son expérience de façon remarquable dans ses romans :
    Mémoires mortes
    Et il ne restera que poussière...
    Une peine d'exception
    La Séquence des corps
    Morts en eaux troubles
    Mordoc
    La ville des frelons
    Combustion
    Dossier Benton
    Baton rouge
    Signe suspect
Pour son personnage Kay Scarpetta, médecin légiste, Patricia Cornwell a obtenu le Sherlock Award en 1999, qui récompense le meilleur détective créé par un auteur américain. Ses œuvres sont publiées dans plus de trente-cinq pays. Fox 2000 vient d’obtenir les droits audiovisuels pour un film adapté de la série, avec Angelina Jolie dans le rôle de Kay Scarpetta.
Les enquêtes de Kay Scarpetta se sont vues décerner, entre autres prix, le Gold Dagger, le Creasey, le Macavity.

Grâce à la fondation qu'elle a créée, Patricia Cornwell apporte son soutien à diverses causes charitables comme l'éducation, la lutte contre l'illetrisme, l'aide et le soutien aux victimes.
Elle réside la plupart du temps dans le Massachusetts.
Lu dans la presse
« En matière de sciences légales, nul n’égale Cornwell !! »

New York Times Book Review
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Trompe-l'oeil
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Scarpetta
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Tolérance zéro
Patricia Cornwell
Extrait

1


Un vent glacial soufflait en bourrasques de l'East River, soulevant les pans du manteau du Dr Kay Scarpetta comme elle avançait d'un pas rapide le long de la 30e Rue.
Plus qu'une semaine avant Noël, et pourtant nul signe festif ne s'étalait dans ce qu'elle avait baptisé le « Triangle tragique » de Manhattan, trois sommets que liaient le désespoir et la mort. Derrière elle s'élevait Memorial Park, une vaste tente blanche qui hébergeait les restes humains non réclamés ou non identifiés retrouvés à Ground Zero, conditionnés sous vide. Plus loin devant elle, sur la gauche, se dressait l'ancien hôpital psychiatrique Bellevue, une bâtisse gothique de brique rouge transformée en refuge pour les sans-abri. Juste en face, la baie de déchargement de l'institut médico-légal. Une porte d'acier, évoquant celle d'un garage, était ouverte. Un camion reculait et de nouvelles palettes de contreplaqué étaient transbahutées. La morgue avait été bruyante tout le jour, l'écho des marteaux emplissant les couloirs dans lesquels le son se propageait avec autant d'efficacité que dans un amphithéâtre. Les techniciens s'affairaient à clouer des cercueils de pin brut, pour enfants ou adultes, peinant à ne pas se laisser déborder par la demande croissante d'enterrements en fosse commune. Une des conséquences de la situation économique. Comme tout le reste.
Scarpetta regrettait déjà d'avoir opté pour un cheeseburger accompagné de frites. Depuis combien de temps patientait-il dans le caisson chauffant de la cafétéria dévolue à la faculté de médecine de l'université de New York ? Il était quinze heures, un peu tardif pour un déjeuner, et elle avait peu d'illusions sur le goût qu'auraient ces aliments. D'un autre côté, elle n'avait guère le temps de passer une commande ou d'attendre au bar à salades, bref de manger de façon un peu saine ou, à tout le moins, quelque chose de savoureux. Elle avait vu défiler quinze cas depuis le matin, des suicidés, des accidentés, des victimes d'homicides, sans oublier les indigents décédés sans le secours d'un médecin ou, encore plus affligeant, seuls.
Décidée à prendre un peu d'avance, elle avait débuté sa journée de travail à six heures du matin et terminé ses deux premières autopsies à neuf heures. Elle avait gardé le pire pour la fin : une jeune femme présentant des blessures et des artefacts post mortem déroutants, dont Scarpetta savait qu'ils allaient nécessiter un temps fou. De fait, elle avait consacré plus de cinq heures au cadavre de Toni Darien, établissant de méticuleux diagrammes, prenant une multitude de notes et des dizaines de clichés, fixant l'encéphale entier dans une solution de formaldéhyde en prévision d'autres examens, prélevant bien plus de tubes à essai, de coupes d'organes qu'à l'accoutumée, s'obstinant et relevant le moindre détail de ce cas étrange, non pas parce qu'il était inhabituel mais en raison de ses contradictions.
La cause ayant entraîné le décès de cette jeune femme de vingt-six ans était d'une déprimante banalité. Sa compréhension n'avait pas occasionné une longue autopsie. Les réponses aux questions les plus rudimentaires s'étaient bien vite imposées. Il s'agissait d'un homicide, provoqué par un coup violent assené à l'arrière du crâne, à l'aide d'un objet dont une des surfaces était peinte de plusieurs couleurs. En revanche, tout le reste relevait de l'aberration. Lorsque son cadavre avait été découvert, peu avant l'aube, aux abords de Central Park, à une dizaine de mètres de la 110e Rue Est, on avait d'abord pensé qu'elle avait été agressée sexuellement, puis assassinée alors qu'elle faisait son jogging à la nuit tombée. Une nuit pluvieuse. Son pantalon de survêtement et sa culotte avaient été descendus sur ses chevilles. Son haut et son soutien-gorge de sport relevés sous son menton dénudaient ses seins. Une écharpe de Polartec, nouée d'un nœud double, enserrait son cou. À première vue, la police, tout comme les enquêteurs médico-légaux présents sur la scène de crime, avait pensé qu'elle avait été étranglée avec.
Tel n'était pourtant pas le cas. Lorsque Scarpetta avait examiné le corps à la morgue, elle n'avait rien découvert qui indique que l'écharpe en question ait causé ou même contribué à la mort : aucun signe d'asphyxie, aucune réaction vitale telle qu'une rougeur ou des traces de contusions, juste une sorte d'éraflure sèche pouvant impliquer que l'accessoire avait été noué post mortem autour de son cou. Certes, il était possible que le tueur l'ait frappée à la tête pour l'étrangler plus tard sans se rendre compte qu'elle était déjà morte. Dans ce cas, combien de temps avait-il passé avec elle ? Si l'on en jugeait par la contusion, la tuméfaction et l'hémorragie au niveau du cortex cérébral, elle avait survécu un moment, peut-être plusieurs heures. Pourtant fort peu de sang souillait la scène de crime. La blessure à la tête n'avait été remarquée qu'après que le corps eut été retourné, une lacération d'environ quatre centimètres dont le gonflement était visible. En revanche, l'écoulement de sang de la plaie était plutôt modeste, ce qui avait été attribué au lavage du sol par la pluie.
Scarpetta était plus que dubitative. Une telle plaie crânienne aurait dû saigner à profusion et il était fort peu probable que des averses intermittentes et, somme toute, assez modérées aient lavé la presque totalité du sang qui maculait les longs cheveux épais de Toni. Après lui avoir fracturé le crâne, son agresseur avait-il passé un long moment avec elle, dehors, dans la nuit pluvieuse ? Puis, afin de s'assurer qu'elle ne révélerait rien, l'avait-il étranglée à l'aide d'une écharpe nouée très serré ? Ou alors cette forme de ligature faisait-elle partie d'un rituel sexuel ? Pourquoi la rigidité et les lividités cadavériques assenaient-elles une version bien différente de celle qu'offrait la scène de crime ? Il semblait que Toni fût morte dans le parc, tard dans la nuit, et que son décès remontât à trente-six heures. Ce cas plongeait Scarpetta dans la perplexité. Peut-être se faisait-elle des idées. Elle était stressée, en hypoglycémie, n'ayant avalé que du café depuis le matin. Beaucoup de café.
Elle allait être en retard pour la réunion prévue à quinze heures. Il fallait qu'elle soit rentrée à dix-huit heures afin de se rendre au gymnase et dîner en compagnie de son mari, Benton Wesley. Ensuite, elle devrait foncer à CNN, et elle s'en serait volontiers dispensée. Jamais elle n'aurait dû donner son accord pour passer dans l'émission The Crispin Report. Pourquoi donc avait-elle accepté d'apparaître aux côtés de Carley Crispin, afin d'évoquer les altérations post mortem des cheveux, l'intérêt de la microscopie et d'autres techniques et disciplines des sciences légales, mal comprises justement en raison de ce à quoi elle avait accepté de participer : l'industrie du spectacle ? La boîte de son repas à la main, elle traversa le quai de déchargement, encombré de piles de cartons et de caisses de fournitures de bureau ou de morgue, de chariots et de planches en contreplaqué. Pendu au téléphone dans sa guérite en plexiglas, l'employé de la sécurité lui jeta à peine un regard.
Parvenue en haut de la rampe d'accès, elle introduisit la carte magnétique qu'elle portait autour du cou, pendue à une cordelette. La lourde porte en métal s'entrouvrit et elle pénétra dans un univers qui lui évoquait des catacombes, carrelé d'un blanc qui semblait parfois tirer sur le verdâtre et sillonné de guides qui menaient on ne savait trop où. Elle s'était souvent perdue lorsqu'elle avait commencé à travailler ici à temps partiel en tant que médecin expert. Elle atterrissait dans le labo d'anthropologie quand sa destination était celui de neuropathologie ou de cardiopathologie, ou dans le vestiaire des messieurs au lieu de celui des dames, ou dans la pièce de décomposition au lieu de la salle d'autopsie, dans la mauvaise chambre froide, devant un escalier qui n'était pas celui qu'elle cherchait. Il lui arrivait même de se tromper d'étage lorsqu'elle empruntait le vieux monte-charge en acier.
Elle avait vite compris la topographie des lieux, agencés selon une logique circulaire dont le point d'origine n'était autre que la baie de déchargement, protégée, tout comme le quai, par une épaisse porte de garage. Lorsqu'un cadavre était amené par l'équipe de transport de l'institut médico-légal, la civière était déchargée dans la baie. Elle passait alors sous un détecteur de radiations installé au-dessus de la porte. Si aucune alarme ne se déclenchait, indiquant la présence de matériel radioactif, comme par exemple les substances médicamenteuses prescrites dans le traitement de certains cancers, l'arrêt suivant était la balance de sol où le corps était pesé et mesuré. Sa destination dépendait ensuite de son état. Si ledit état était préoccupant ou considéré comme dangereux pour le personnel, le corps était alors poussé dans la chambre froide attenante à la salle de décomposition, salle dans laquelle se déroulerait ensuite l'autopsie en conditions d'isolement et avec un surcroît de précautions, dont une ventilation particulière.
Si l'état du corps était jugé correct, la civière était poussée le long d'un couloir qui partait de la droite de la baie. Au cours de ce voyage, différents arrêts étaient possibles en fonction des circonstances et de la condition du défunt : la pièce de radiographie, celle réservée au stockage des échantillons histologiques, le laboratoire d'anthropologie médico-légale, deux autres chambres froides dans lesquelles patientaient les corps non décomposés en attente d'examens, l'ascenseur pour ceux qui allaient être passés au crible et identifiés dans les étages, les armoires où étaient conservés les indices, les laboratoires de neuropathologie et de cardiopathologie, sans oublier la salle principale d'autopsie. Lorsque tous les examens avaient été réalisés et que le corps était prêt à être emporté, la boucle se complétait, revenant à son point de départ : la baie. Il attendait alors dans une dernière chambre froide, celle dans laquelle aurait dû se trouver Toni Darien, enveloppée d'une housse, allongée sur un rayonnage.
Tel n'était pas le cas. Elle avait été placée sur une civière poussée devant la porte en acier inoxydable d'une chambre froide. Une des techniciennes de l'identification arrangeait un drap bleu autour d'elle, qui la couvrait jusqu'au menton.
— Que se passe-t-il ? demanda Scarpetta.
— On a eu un petit branle-bas de combat là-haut. On vient la voir.
— Qui cela et pourquoi ?
— Sa mère est dans le hall d'accueil et refuse de partir tant qu'elle ne l'aura pas vue. Ne vous cassez pas la tête. Je vais m'en occuper.
La technicienne, Rene, âgée d'environ trente-cinq ans, avait une chevelure brune et bouclée et des yeux d'ébène. Surtout, elle possédait un don peu commun pour entourer les familles. Si elle rencontrait une difficulté, cela signifiait qu'il y avait un gros problème. Rene savait désamorcer presque n'importe quelle situation potentiellement explosive.
— Je pensais que le père l'avait déjà identifiée ? insista Scarpetta.
— Il a rempli tous les formulaires et je lui ai montré ensuite la photo que vous m'aviez transférée par e-mail juste avant que vous ne partiez à la cafétéria. La mère est arrivée quelques minutes plus tard et ils ont commencé à se disputer dans le hall, et je peux vous dire qu'ils ne faisaient pas semblant. Du coup, il est parti en trombe.
— Ils sont divorcés ?
— Et ils semblent se détester cordialement. Elle insiste pour voir le corps et rien ne la fera changer d'avis.
D'une main gantée de nitrile mauve, Rene repoussa une mèche humide qui barrait le front de la jeune femme morte et arrangea ses cheveux derrière les oreilles, s'assurant ainsi que les sutures laissées par l'autopsie ne seraient pas visibles.
— Je sais que vous devez assister à une réunion dans quelques minutes, reprit-elle. Je vais m'en occuper. (Elle jeta un regard au carton qui contenait le cheeseburger et commenta :) En plus, vous n'avez pas encore mangé. D'ailleurs qu'est-ce que vous avez avalé de la journée ? Sans doute rien du tout, comme d'habitude. Combien de kilos avez-vous perdus ? Vous allez finir dans le labo d'anthropologie et on vous confondra avec un squelette !
— À quel sujet se disputaient-ils ?
— Les entreprises de pompes funèbres. La mère désire faire appel à l'une d'entre elles située à Long Island. Le père veut avoir recours à un concurrent du New Jersey. La mère veut qu'elle soit enterrée, le père opte pour la crémation. Bref, ils se bagarrent à son sujet, résuma Rene en frôlant à nouveau le corps de la défunte comme s'il s'agissait d'un argument dans la conversation. Ensuite, ils se sont balancé à peu près n'importe quoi à la figure. Ils faisaient un tel tapage que le Dr Edison est sorti.
Il s'agissait du médecin expert en chef, donc du patron de Scarpetta lorsqu'elle travaillait à l'institut médico-légal de New York. Ayant eu le même grade que lui ou ayant exercé dans son cabinet privé la majeure partie de sa vie, elle éprouvait toujours quelques difficultés à ce qu'on la supervise. Toutefois jamais elle n'aurait souhaité être à sa place, non qu'on le lui ait demandé. Au demeurant, elle doutait fort qu'on lui fasse un jour une telle proposition. Les charges pesant sur le maire d'une grande métropole n'étaient pas sans évoquer celles que supportait le directeur d'un institut médico-légal de cette importance.
— C'est-à-dire, vous savez comment les choses s'enchaînent, observa Scarpetta. Une dispute et le corps est coincé ici. Nous allons le garder jusqu'à ce que le département juridique nous donne le feu vert. Vous avez montré la photo à la mère, et ensuite que s'est-il passé ?
— J'ai essayé, mais elle a refusé de la regarder. Elle a déclaré qu'elle voulait voir sa fille et qu'elle ne partirait pas avant.
— Elle est dans la salle réservée aux familles ? s'enquit Scarpetta.
— C'est là que je l'ai laissée. J'ai posé le dossier sur votre bureau, avec toutes les photocopies des formulaires.
— Merci. J'y jetterai un œil lorsque je remonterai. Bien, conduisez-la à l'ascenseur et je prends la suite, déclara Scarpetta. Ce serait bien que vous avertissiez le Dr Edison que je vais manquer la réunion de quinze heures. D'ailleurs elle a déjà commencé. Avec un peu de chance, il aura le temps de me mettre au courant avant de rentrer chez lui. Nous devons discuter ensemble de cette affaire.
Rene posa les mains sur la barre de la civière et promit :
— Je vais lui dire. Bonne chance pour l'émission de ce soir.