Petits meurtres entre voisins
Petits meurtres entre voisins
Saskia Noort
336 pages
Couverture cartonnée
Réf : 596190
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :7
iderea
Le 28 avril 2011
Prenant
Du suspense jusqu'au bout. La question posée : "Connait-on vraiment ses amis ?". Plein de secrets donc plein de rebondissements.
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Nennette
Le 03 août 2011
Génial !
Un livre génial ! Plein de suspense, d'intrigue jusqu'au dernier moment !
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MIMIZO
Le 03 août 2011
Beau livre
Bien raconté. Sexe, mensonge, trahison : tout ce qu'il faut pour faire un bon livre. Je vous le conseille.
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kinsey4
Le 05 février 2012
Difficile à lâcher
Très prenant, j'aurais pu le lire d'une traite ! Excellente étude psychologique des personnages, auteur à relire...
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sabrina
Le 25 janvier 2012
Super livre
Très bonne intrigue ! Dès qu'on le commence on ne peut plus le lâcher, il y a du suspense jusqu'au bout! Je ne connaissais pas l'auteur j'ai un peu hésité mais je ne regrette pas du tout mon choix !!
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nanoue
Le 23 mai 2012
Accrocheur
J'ai été prise dès le début de l'histoire. Intrigue et suspense, tout ce qu'il faut pour faire un livre super ! je le conseille vivement.
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T60
Le 22 mai 2012
Super !!
Livre génial !! Lu en une seule fois tellement j'avais envie de savoir la fin. Du suspense, des rebondissements, une intrigue super !!
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Pourquoi on l'a choisi
Imaginez Desperate housewives revu et corrigé par Patricia Highsmith, et vous aurez une idée de l’atmosphère décapante de ce thriller décalé dans lequel Saskia Noort fait grincer la mécanique bien huilée de la bonne société hollandaise.
Meurtres à la hollandaise
Résumé
Membres d’un “club” constitué de leurs voisins et amis, Karen et Michel apprécient la vie dans la petite communauté hollandaise dans laquelle ils viennent de s’installer. C’est agréable de se sentir entouré et en confiance. Cependant, lorsque la villa de leur ami Evert flambe et que celui-ci trouve la mort, et qu’une autre membre de leur club se défenestre, ils sont sous le choc. Il n’y a alors plus de doute possible : un assassin sévit au sein de leur petit cercle...
Saskia Noort est née au Pays-Bas en 1967. Journaliste indépendante, elle collabore aux éditions néerlandaises de Marie-Claire, Playboy ou encore Santé Magazine.
Saskia Noort est l'auteure de :
    Retour vers la côte
    Petits meurtres entre voisins
    D'excellents voisins
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Intuitions
Dominique Dyens
Extrait
Il se servit un autre verre de vin, en renversa un peu, puis il jura et essuya la tache du revers de sa manche, un geste qui ne lui correspondait pas. Alors qu'il était d'habitude si soigné, il semblait à présent se moquer qu'il y ait des taches sur sa veste grise ou sur la table en chêne. De toute façon, sa vie, leur vie, était brisée. Il aurait aussi bien fait de foncer à toute allure dans un mur de béton, de débarrasser les autres du poids de sa présence inutile dans ce monde. D'ailleurs, il avait toujours su qu'il finirait ainsi. Qu'un jour, il perdrait tout ce qu'il avait construit, mais il avait choisi de courir ce risque.
Il tentait de se souvenir qui il avait été avant qu'elle ne fasse irruption dans sa vie. Il ne le savait plus. Un zombi solitaire qui passait son temps à trimer. Une personne de ce genre. Économe, vivant sobrement. En quête de quelque chose, certes ! Jusqu'au jour où une jeune blonde à queue de cheval avait déboulé dans son magasin, l'avait subjugué par son charme, aveuglé par sa passion, et s'était installée chez lui en l'espace de quelques semaines. Et cette même jeune femme qui autrefois, inquiète et en larmes, venait se blottir sur ses genoux, celle qu'il voulait protéger, celle à qui il souhaitait tout donner et qui s'était montrée prête à être sienne, à devenir la mère de ses enfants, voulait, à présent, lui prendre tout ce qu'il possédait.
Ses paupières étaient lourdes, si lourdes qu'il avait besoin de toutes ses forces pour les garder ouvertes mais, malgré son épuisement, il n'avait aucune envie d'aller se coucher. Il ne voulait plus se retrouver seul dans le lit de ce grenier poussiéreux, en proie à ses insomnies et désirant ardemment ressentir la chaleur de la femme qu'il aimait. Son corps n'aspirait qu'à dormir, mais il resterait là, assis à la table de la cuisine, à fumer et à boire, jusqu'à ce qu'il ait trouvé une solution. Il ne pouvait vivre sans ses garçons. L'idée de se réveiller, de se lever le matin en étant privé de leur joyeux tapage, de leurs sourires encore ensommeillés au petit déjeuner, de ne pas pouvoir les prendre sur ses genoux, l'angoissait tant qu'il avait du mal à respirer. Plus rien n'aurait d'importance, il partirait lentement à la dérive et finirait par sombrer dans la folie. II en était certain.
Il s'assoupissait, se réveillait en sursaut, puis la situation s'imposait de nouveau à lui. C'était un cauchemar et il n'arrivait pas à croire que c'était à lui que cela arrivait, après tout ce qu'il avait supporté. Il se leva en titubant, mais ses jambes se dérobèrent sous lui, il glissa et se cogna la tête contre un coin de la table. Manifestement, il était ivre. Il sentit du sang tiède couler le long de sa joue. La mort le guettait. Elle ne lui faisait pas peur, moins en tout cas que la vie qui l'attendait. La douleur lancinante dans sa tête était agréable, réconfortante même, comparée à celle qu'éprouvait son cœur. Ses paupières se fermèrent, il aurait voulu s'allonger, dormir et ne plus jamais se réveiller. Mais il ne pouvait tout de même pas lui faciliter ainsi les choses. Ne devai-elle pas, elle aussi, payer pour tout le mal qu'elle lui avait fait ? Souffrir au point d'avoir envie d'en finir, comme lui en ce moment ? Il se recroquevilla de douleur, tant il avait le cœur lourd, et se sentit plus minable et solitaire que jamais. Pourquoi ne pas partir, tous les deux ? Disparaître. Puis, il eut la vision d'une mer bleu d'azur, d'une plage de fin sable blanc, d'une modeste embarcation en bois sur laquelle ses fils, le corps bronzé, luisant, se hissaient avec agilité pour sauter à nouveau dans l'eau, rayonnants de bonheur. Il les entendit appeler son nom. C'était ce qu'il avait vécu, il n'y avait pas si longtemps, sur une plage thaïlandaise. C'était ce à quoi il aspirait. Sa famille réunie, envers et contre tout. Il sentit l'odeur du feu. Les garçons riaient aux éclats. Quant à lui, il ravivait les flammes à l'aide d'un bâton. Elles jaillirent d'un coup. Il humait la bonne odeur de bois brûlé. C'était ça le bonheur, le vrai bonheur, et c'est ainsi que les choses auraient toujours dû être !



I

Michel me secoua doucement au beau milieu de la nuit pour me dire, dans un demi-sommeil, que le téléphone sonnait. Je poussai un gémissement et enfouis ma tête dans l'oreiller en espérant que cette sonnerie allait cesser, jusqu'au moment où je compris qu'un coup de téléphone à une heure pareille n'annonçait généralement rien qui vaille. J'allumai ma lampe de chevet et jetai un coup d'œil sur le réveil. Trois heures. La sonnerie s'interrompit. Michel marmonna que nous pouvions nous rendormir. Sans doute un dérangé, une erreur, quelque chose de ce genre.
Juste à ce moment-là, le téléphone se remit à sonner. Plus fort cette fois, plus insistant, comme une sirène. Le cœur de ma belle-mère a lâché ! Ma sœur vient de perdre son bébé ! Je bondis hors de mon lit et dévalai l'escalier en attrapant ma robe de chambre au passage, suivie de Michel, nu comme un ver. En bas, je mis la main sur l'appareil qui traînait sur le canapé et continuait à sonner rageusement. Mon cœur cognait fort. Je répondis en regardant Michel qui, les bras croisés sur la poitrine, tentait de se réchauffer.

À l'autre bout du fil, j'entendis des cris et des grésillements. Un homme hurla « Patricia ! » d'une voix affolée. Je perçus des pas et une respiration haletante, le couinement aigu et étouffé de quelqu'un qui a du mal à respirer, puis une voix basse chuchotant :
« Karen ! Désolée de vous réveiller...
– Patricia ? Que se passe-t-il ?
– ... C'est affreux. Viens vite. La maison d'Evert et Babette est en feu... Il faut essayer de sauver ce qu'on peut... Tout le monde va venir ici. Je les ai tous prévenus.
– Oh, mon Dieu !
Michel me prit la main et me regarda d'un air interrogateur.
« Evert et Babette... Les garçons... Ils vont bien ?
– Luuk et Beau sont indemnes. Babette est blessée... On n'a pas encore trouvé Evert... »

J'eus l'impression que tout se figeait : le temps, mon sang, mon cœur. Michel, paniqué, me demanda ce qui se passait. Où, mais où fallait-il donc aller ?
  Il y a le feu chez Evert et Babette... »
Il lâcha un juron. J'aperçus la plus jeune de nos filles, Sophie, assise sur l'escalier, qui nous observait en suçant son pouce, les yeux écarquillés.
« Il faut y aller. Tout le monde est sur place. Nous pourrons peut-être faire quelque chose... »
J'entendais des sirènes au loin. Je pris conscience que je les avais déjà entendues dans mon sommeil.
Je grimpai l'escalier quatre à quatre pour enfiler des vêtements, puis je fis demi-tour : nous ne pouvions pas laisser les enfants seuls et encore moins les emmener. J'appelai Ineke, la voisine, qui me dit qu'elle avait été réveillée par les sirènes elle aussi. Mais oui, bien sûr, elle viendrait volontiers garder les enfants. Le combiné encore dans la main, je courus ouvrir les rideaux. Je sentis une odeur de brûlé et j'aperçus au loin le rougeoiement des flammes derrière les arbres.
En toute hâte, nous nous habillâmes sous les regards attentifs de Sophie et Annabelle qui nous assaillaient de questions : pourquoi allions-nous voir l'incendie ? pourquoi n'avaient-elles pas le droit de venir ? les jouets de Luuk et Beau allaient-ils tous brûler ? où iraient-ils habiter ? ou encore, étaient-ils morts ? J'étais tellement absorbée par l'idée du spectacle qui nous attendait probablement, que je réagis avec humeur. Sophie se mit à pleurer.
« J'ai peur ! dit-elle dans un sanglot. Vous aussi vous allez mourir brûlés ! N'y allez pas ! »
Je l'embrassai sur les cheveux, j'essuyai les larmes qui coulaient sur ses joues et je lui dis que je voulais aider nos amis, que si nous faisions tous de notre mieux, nous arriverions peut-être à sauver les jouets de Luuk et Beau.

Ineke, chaussée de ses pantoufles roses, attendait en bas de l'escalier. Elle avait passé un imperméable sur son pyjama. Je la rejoignis précipitamment, toujours suivie des deux filles en pleurs, je l'embrassai et je saisis mon manteau. Ses cheveux gris hérissés, l'air soucieux, elle me regarda de ses yeux bleus humides.
« Tout le monde est dehors, dit-elle. C'est un gigantesque incendie ! »
Elle prit les filles par les épaules.
« Vas-y vite, je m'occupe de tout », puis, sur un ton faussement enjoué, elle demanda pourquoi ces deux coquines n'étaient pas couchées. Nous enfilâmes nos manteaux, Michel et moi, avant de refermer la porte derrière nous et d'enfourcher nos bicyclettes. Une fine couche de neige recouvrait le sol. Un croissant de lune se dessinait dans un ciel sans nuage et, si nous n'avions pas été en route vers une catastrophe, l'un de nous aurait sans doute remarqué que la nuit était splendide.

Des flammes à hauteur d'homme s'échappaient de la couverture de chaume, les murs, blancs d'ordinaire, étaient entièrement calcinés. D'épais nuages de fumée gris foncé s'échappaient des fenêtres et du toit. Des voisins couraient en tous sens, traînant derrière eux leurs enfants en pleurs et s'interpellant, tandis que d'autres, retenant leur souffle, scrutaient de leurs yeux rougis l'incendie qui engloutissait la propriété. La rue était barrée et les pompiers s'affairaient, déroulant les lances, et, munis de leurs masques de protection, pénétraient dans la maison enfumée. Les flammes, comme si elles ne cessaient d'être alimentées, résistaient aux trombes d'eau qui jaillissaient des lances.
C'est dans cette même maison qu'une semaine plus tôt, nous avions fêté le septième anniversaire de leur fils aîné, Beau. Assis autour de la cheminée, nous dégustions un bon vin fruité, tandis que les enfants couraient dans la maison. À présent, le feu était en train de dévorer tout ce qu'Evert et Babette avaient construit ensemble.
Nous nous frayâmes un chemin à travers l'assistance, à la recherche de visages connus. Nous éprouvions le besoin d'agir tout en sachant qu'il n'y avait plus rien à faire. Un policier se dirigea vers nous et nous demanda de libérer le passage pour l'ambulance qui, sa sirène allumée, avançait au pas derrière lui. Tout le monde recula. Michel prit ma main glacée dans la sienne et nous suivîmes des yeux le gyrophare jusqu'à ce qu'il disparaisse au coin de la rue. À la vitesse où l'incendie se répandait, retrouver le moindre survivant relèverait du miracle, d'autant qu'il était tard, chuchotait-on autour de nous. Personne ne pouvait nous dire ce qui s'était passé exactement. Seul Evert se trouvait encore à l'intérieur.

Des policiers nous crièrent encore une fois de dégager le passage et une deuxième ambulance se faufila à toute allure. Patricia courait derrière, avec ses boucles roux foncé effilées qui pendaient de chaque côté de son visage légèrement noirci par la fumée. En nous voyant, elle s'arrêta. Les commissures de ses lèvres tremblaient nerveusement et son regard, tel celui d'un animal traqué, était partout à la fois. Elle m'embrassa à la hâte et je remarquai qu'elle sentait le soufre. Elle fit un signe de tête en direction de sa Range Rover noire, mal garée entre les arbres.
« Je vais à l'hôpital avec eux, Babette et les garçons sont dans une de ces ambulances. Les autres sont là-bas. »
Haletante, elle indiqua un car de police près duquel s'était rassemblé un groupe de personnes qui avaient l'air effondrées.
« Il n'y a plus rien à faire. Nous n'avons plus qu'à espérer et à prier qu'ils parviennent à sauver Evert... »
En prononçant son nom, elle bafouilla. Elle savait qu'il était peu probable qu'il ressorte vivant de cette maison en flammes. On mettait trop de temps à le trouver.