La bête
La bête
Roslund Anders
Börge Hellström 
432 pages
Couverture souple
Réf : 579304
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 20,50  (prix public)
Disponible
Jusqu'où iriez-vous pour obtenir vengeance ?
Résumé
Stockholm, de nos jours. Bernt Lund, un pédophile en cavale, reprend la quête de ses proies pendant que deux policiers suivent sa trace en vain. Il viole et tue une nouvelle fois... une fillette.
Devant l’impuissance de la police, le père de la petite victime décide de se faire justice : l’enfer ne fait que commencer... 
Pourquoi on l'a choisi
L'histoire d'une vengeance qui tourne mal : Le paysage est enneigé mais dans ce thriller psychologique, noir c'est noir. Un chef-d'œvre du genre, effrayant, cru et sans concession, qui incite à réfléchir sur la justice, la prison, la vie qui tourne mal... 
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :2
Mic
Le 03 juillet 2010
Seul contre tous
Le premier titre d'une série de cinq romans. Nouveaux venus dans le monde du polar suédois, Roslund&Hellström évitent les clichés et réussissent un coup de maître avec ce premier roman noir bluffant, captivant et bien plus original qu'il n'y paraît. Un style percutant, une intrigue bien bâtie font qu'on ne lâche plus cette histoire. A la question : "Certains crimes méritent-ils vengeance?" Ce suspense d'une noirceur absolue répond par une réflexion magistrale sur la notion de justice - l'officielle et celle que l'on rend soi-même. "La bête" fait partie des deux ou trois meilleurs polars du catalogue France Loisirs en ce moment.
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ines54
Le 11 mars 2011
Trop bien
Un super livre avec un suspense surprenant. Je le conseille vivement aux personnes aimant les sensations fortes. Vraiment un livre exceptionnel !
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Anders Roslund a longtemps été journaliste avant de se consacrer à l'écriture. Il est considéré, avec Börge Hellström, comme une figure de proue de la nouvelle génération du polar suédois.
Victime d'abus sexuels sans son enfance, familier des institutions pénitentiaires pour y avoir fait plusieurs séjours, Börge Hellström est l'un des fondateurs d'une association de réinsertion d'anciens détenus.
Il est considéré, avec Anders Roslund, comme l'une des figures de proue de la nouvelle génération du polar suédois.
Lu dans la presse
« Ce roman est étonnant de réalisme. On va de surprise en surprise, et l'intrigue soulève de nombreuses questions éthiques, notamment autour de la justice, l'officielle et celle que l'on rend soi-même... »

Emmanuel Romer, La Croix


« Un nouvel archétype policier, cela se remarque. Surtout quand il est sobre, taciturne, légaliste et scandinave, et détonne, pour toutes ces raisons, avec des prédécesseurs américains réputés pour leur intempérance, leur gouaille et leurs petits arrangements avec les lois. Le calme enquêteur nordique serait-il sur le point de remplacer son bouillonnant homologue d'outre-Atlantique au panthéon du suspense ? »

Alexis Brocas, Le Figaro magazine
Extrait
IL N'AURAIT PAS DU.
Elles arrivent par là-bas. Elles sont presque là. Par-dessus la colline, devant le mur d'escalade.
A vingt mètres de lui, peut-être trente. Près des fleurs rouges, des fleurs qu'il a déjà vues devant l'entrée de l'hôpital de Säter, des fleurs qu'il a longtemps prises pour des roses.
Il n'aurait pas dû.
Il n'éprouve plus la même sensation. Elle est beaucoup moins forte. S'est émoussée.
Elles sont deux. Elles avancent côte à côte, bavardent, elles sont copines, les copines se parlent d'une façon bien particulière, avec des gestes.
La brune paraît mener la conversation. Elle est extrêmement impatiente, veut tout raconter à la fois. La blonde écoute la plupart du temps. Elle est peut-être fatiguée. Ou bien elle n'est pas le genre de fille à parler sans arrêt, à vouloir prendre toute la place pour prouver qu'elle existe. C'est peut-être comme ça entre elles : l'une domine et l'autre est dominée.
Il n'aurait pas dû se branler.
Mais ça fait déjà douze heures. Peut-être que ça ne changera rien. Peut-être qu'il ne le remarquera même pas.
Il a su dès le matin, à son réveil, que cette soirée serait la bonne. Jeudi. La dernière fois aussi, c'était un jeudi. Le soleil brille, il ne pleut pas, comme la dernière fois.
Elles portent la même veste. Fine, blanche, dans une sorte de nylon, à capuche. Depuis lundi, il a vu de nombreuses vestes de ce type. Elles ont chacune un sac à dos sur les épaules. Ces sacs à dos où l'on fourre tout pêle-mêle, il ne comprend pas, ne comprendra jamais. Elles sont maintenant près de lui, tout près, il les entend parler, entend leurs rires, elles rient en chœur, la brune plus fort, la blonde avec un brin d'hésitation. Ce n'est pas qu'elle ait peur, mais elle n'a pas besoin d'autant de place.
Il a mis beaucoup de soin à s'habiller. Jean, tee-shirt, casquette à l'envers ; tout le monde porte sa casquette à l'envers, cela il l'a vu dans le parc qu'il fréquente depuis lundi.
— Salut !
Elles sursautent, s'arrêtent devant lui. Le silence se fait. Comme si un bruit insignifiant avait brusquement cessé et que l'on se sentait obligé de tendre l'oreille. Il devrait peut-être parler avec un accent scanien. Il y arrive bien. Certains l'écoutent alors plus attentivement, parce que cela lui donne un air important. Depuis trois jours, il s'entraîne à déguiser sa voix. Pas de scanien. Pas de norrlandais.
Quelque chose qui s'approche du suédois standard. Pas de diphtongues, le moins d'argot possible. Monotone. Il joue avec sa casquette, la fait tourner, l'enfonce un peu plus sur sa nuque, la visière toujours à l'arrière.
— Salut, les filles. Vous avez la permission de vous promener si tard dehors ?
Elles le regardent, se regardent. Veulent poursuivre leur chemin. Il essaie d'avoir l'air décontracté, se laisse aller contre le dossier de son banc. Quel animal choisir ? Un écureuil ? Un lapin ? Ou alors une voiture ? Des bonbons ? Il aurait dû mieux se préparer.
— Ecoute, on rentre à la maison, là. Et on a la permission.

Elle sait qu'elle ne doit pas lui parler.
Elle n'a pas le droit de parler aux adultes qu'elle ne connaît pas.
Elle le sait.
Mais ce n'est pas un adulte. Enfin, pas vraiment. Il n'en a pas l'air. Pas vraiment. Il a une casquette. Et il n'est pas assis comme un adulte. Les adultes ne s'assoient pas comme ça.
Elle s'appelle Maria Stanczyck. Un nom polonais. Ils viennent de Pologne. Pas elle, mais ses parents. Maria, elle, est née à Mariefred.
Elle a deux sœurs. Diana et Izabella. Elles sont plus âgées, presque mariées, n'habitent plus à la maison depuis longtemps. Elles lui manquent, ce serait tellement bien d'avoir deux sœurs à la maison, mais, au lieu de ça, elle est seule avec ses parents qui lui demandent tout le temps où elle va, chez qui, et à quelle heure elle rentre.
Ils devraient arrêter. Elle a quand même neuf ans.

C'est la brune qui parle. Celle dont les cheveux sont attachés avec un élastique rose. Elle lui répond. Une étrangère. Prétentieuse. Qui regarde la blonde avec suffisance. C'est la brune qui mène la barque, ça se voit.
— De si petites filles ? Je ne peux pas le croire. Qu'est-ce que vous pouvez bien avoir de si important à faire à cette heure ?
C'est la petite blonde un peu grosse qui lui plaît le plus. Elle a des yeux si prudents. Ce n'est pas la première fois qu'il en voit de pareils. Maintenant, elle ose jeter un regard furtif sur la brune, puis sur lui.
— On était à l'entraînement.

En général, il n'y a que Maria qui parle. Elle veut toujours dire ce qu'elles pensent.
Mais maintenant, c'est son tour. Elle aussi veut dire quelque chose.
Il n'a pas l'air dangereux. Ni méchant. Sa casquette est rigolote, c'est la même que celle de Marwin, son grand frère. Elle s'appelle Ida, parce que son frère trouvait ce prénom super. Alors sa maman et son papa ont décidé de l'appeler Ida. C'est moche. Enfin, c'est ce qu'elle trouve. Sandra aurait été plus marrant. Ou bien Isidora. Mais Ida !
Elle a faim. Cela fait longtemps qu'elle n'a pas mangé, et aujourd'hui à la cantine, il y avait de nouveau une espèce de ragoût écœurant. Elle a toujours faim après l'entraînement. D'habitude, elles se précipitent chez elles pour dîner, pas comme aujourd'hui où Maria ne fait que bavarder et l'homme à la casquette leur poser des questions.

Pas d'animal. Pas de voiture. Pas de bonbons. Ce n'est pas nécessaire. Elles lui parlent. Maintenant, il sait que ça va marcher. Quand elles parlent, ça marche. Il regarde la petite blonde un peu grosse. Celle qui a osé sortir une phrase. Il ne l'aurait jamais cru.
Il rit. Il le fait toujours. Ça leur plaît. Quand il rit, elles lui accordent leur confiance. Quand il rit, elles rient aussi. Seulement la petite blonde un peu grosse. Seulement elle.
— Alors comme ça vous étiez à l'entraînement ? Et je peux savoir à quoi vous vous entraînez ?
La petite blonde un peu grosse rit. Il le savait. Elle le regarde. A l'air de regarder quelque chose derrière lui. Il sait quoi. Il saisit sa casquette et la remet à l'endroit. Il s'incline, la saisit par la visière et la tient en l'air, au-dessus de sa tête.
— Elle te plaît ?
Elle fronce les sourcils, lève les yeux sans bouger la tête. Comme si elle risquait de se cogner à un plafond invisible. Elle se fait toute petite.
— Oui. Elle est jolie. Marwin a la même.
Elle. Seulement elle.
— Marwin ?
— Mon grand frère. Il a douze ans.
Il baisse la casquette. Ça y est. Le plafond invisible est brisé. D'un geste rapide, il caresse ses cheveux blonds. Ils sont lisses et assez doux. Il lui met la casquette sur la tête. Des cheveux lisses, doux. Le rouge et le vert lui vont bien.
— C'est joli. Elle te va très bien.
Elle ne répond pas. La brune semble vouloir dire quelque chose, c'est pourquoi il poursuit en hâte.
— Je te l'offre.
— A moi ?
— Oui, si tu la veux. Elle te va si bien.
Elle regarde dans une autre direction. Prend la brune par la main. Elle a envie de l'emmener ailleurs, loin du banc, loin de celui qui, il y a quelques instants encore, portait une casquette rouge et vert.
— Tu ne la veux pas ?
Elle ne bouge pas, lâche la main de la brune.
— Si.
— Bon.
— Merci.
Elle fait une révérence. C'est rare de nos jours. Autrefois, toutes les filles la faisaient. Plus aujourd'hui. De nos jours, hommes et femmes veulent tous se ressembler, personne ne fait plus de révérence, personne ne s'incline plus.
La brune s'est tue plus longtemps qu'à son habitude, maintenant elle saisit énergiquement la main de la petite blonde un peu grosse. Elle la lui arrache presque, toutes deux trébuchent.
— Viens. On y va. C'est juste un crétin.
La petite blonde un peu grosse regarde d'abord la brune, puis lui, ensuite de nouveau la brune, avec un air de défi.
— Attends.
La brune élève la voix.
— Non. Viens.
Elle se tourne vers lui. Passe la main dans ses longs cheveux.
— Franchement, elle est moche. Je n'ai jamais vu un truc aussi moche.
Elle désigne la casquette rouge et vert. Enfonce son doigt dans le tissu.
Un animal. Bientôt. Un chat. Peut-être un chat mort. Elles ont neuf ou dix ans au grand maximum. Oui, un chat fera l'affaire.
— Vous ne m'avez toujours pas dit ce que vous faites comme sport.
La brune met les poings sur les hanches. Comme une vieille dame, une vieille dame qui vous fait des reproches. Comme celle qui s'est occupée de lui à l'hôpital psychiatrique de Säter, la première fois. Qui voulait l'éduquer et le changer. On ne peut pas le changer. Il ne veut pas changer. Il est comme il est.
— De la gymnastique. On fait de la gymnastique. On en fait presque tous les jours. Maintenant, on y va.
Elles repartent, la brune devant, la petite blonde un peu grosse derrière, pas aussi vite, pas aussi convaincue. Il les suit en courant, les dépasse, leur barre le chemin, tend les bras.
— Qu'est-ce que tu veux, idiot ?
— Où ?
— Quoi, où ?
— Où est-ce que vous allez vous entraîner ?
Deux dames d'un certain âge arrivent par la colline. Elles ont presque atteint les fleurs qui ne sont pas des roses. Il les observe. Puis il baisse les yeux, compte rapidement jusqu'à dix et relève la tête. Les dames sont toujours là, mais elles prennent l'autre chemin, celui qui mène au jet d'eau.
— Qu'est-ce que tu fais ? Tu pries ?
— Où est-ce que vous allez vous entraîner ?
— Ça ne te regarde pas.
Furieuse, la petite blonde un peu grosse dévisage son amie. Encore une fois, Maria prend la parole à sa place. Elle ne trouve pas ça juste. A son avis, elles n'ont pas à être méchantes avec l'homme.
— On s'entraîne dans le gymnase de Skarpholm. Enfin, tu sais. Il est là-bas.
Elle montre la colline, dans la direction d'où elles viennent.
Le chat. Le chat mort. On s'en fout, des animaux.
— Il est beau, ce gymnase ?
— Non.
— Il est encore plus dégueu que toi.
Toutes deux ont mordu à l'hameçon. Même la brune ne peut plus la fermer.
Il se tient toujours devant elles. Baisse les bras. Passe une main sur sa moustache noire. Comme s'il la caressait.
— Je connais un nouveau gymnase. Un tout nouveau gymnase. Il se trouve près d'ici, là où il y a la grande maison. Juste à côté, le bâtiment blanc et plat, vous le voyez ? Je connais le propriétaire. J'y vais régulièrement moi-même. Peut-être que vous pourriez vous entraîner là-bas ? Avec tout le club, je veux dire.
Avec empressement, il tend le bras en direction du gymnase, leurs regards suivent son doigt, celui de la petite blonde un peu grosse curieux, celui de la brune toujours hautain.
— C'est pas vrai, là-bas il n'y a pas de gymnase, idiot.
— Tu y es déjà allée ?
— Non.
— Alors ! Il y a un gymnase. Tout neuf. Et celui-là n'est pas dégueu.
— Tu mens.
— Je mens ?
— Oui, tu mens.

Maria ne fait que parler. Rien que parler. Elle ne doit pas parler à sa place. Elle ne doit pas être si méchante. Elle fait ça juste parce qu'elle n'a pas eu de casquette.
Ida le croit, elle. Il lui a offert sa casquette rouge et vert. Il connaît le propriétaire du gymnase. Elle déteste le gymnase de Skarpholm, il pue les ordures, et l'odeur des tapis lui donne à chaque fois la nausée.
— Je te crois. Marwin m'a dit aussi qu'il y avait un nouveau gymnase. Je préférerais sûrement m'entraîner là-bas.

Ida croit qu'il y a un nouveau gymnase là-bas. Elle gobe tout, l'idiote. Juste parce qu'elle a eu cette casquette.
Elle sait à quoi ressemble un nouveau gymnase. Elle en a vu un à Varsovie, quand elle y est allée avec ses parents.
— Je sais qu'il n'y a pas de nouveau gymnase là-bas, débilos ! Je sais que tu mens. Et s'il n'y a pas de gymnase quand on arrive là-bas, je le dirai à mes parents.

C'est une belle journée. Un jeudi de juin, chaud et ensoleillé. Deux petites putes marchent devant lui sur le sentier du parc. La brune est la pute de tout le monde. La petite blonde un peu grosse est sa pute à lui. Putes. Putes. Putes. Avec leurs cheveux longs, leurs vestes fines, leurs pantalons moulants. Il n'aurait pas dû se branler.
La petite pute blonde se retourne et le regarde droit dans les yeux.
— Il faut qu'on rentre bientôt. Pour manger. Maman, Marwin et moi. J'ai faim, j'ai toujours faim après l'entraînement.
Il rit. Ça leur plaît toujours. Il tend la main pour toucher la casquette sur sa tête, ajuste un peu la visière.
— Pas de problème, ça prendra juste une minute. Promis. On y est presque. Vous verrez bien si ça vous convient. Si vous avez envie de vous entraîner là-bas. Ça sent encore le neuf, tu connais sûrement cette odeur, non ?
Ils entrent. Il a passé là les trois dernières nuits. C'était facile de faire sauter le verrou. Un sous-sol partagé en caves individuelles dans lesquelles on trouve des cartons de livres, des poussettes, des étagères IKEA, des tapis en patchwork, quelques lampes. Que des vieilleries. Mais tout au fond, au numéro 33, il y avait un vélo d'enfant, noir à cinq vitesses, il l'a vendu deux cent cinquante balles. Une cave et un putain de vélo d'enfant.
Il les attrape par le bras en descendant. Il les saisit fermement, une dans chaque main, elles crient, et comme elles continuent à crier, il resserre encore son étreinte. C'est lui qui décide. Il décide et les putes crient. Il a passé trois nuits ici et sait pertinemment que personne ne viendra, ni le soir ni pendant la nuit. A deux reprises seulement, il a entendu des voix dans l'une des caves le matin, en traversant le couloir, puis le silence est revenu. Qu'elles crient donc, ces putes.

Elle pense à Marwin. Elle pense à Marwin. Elle pense à Marwin. A la chambre de Marwin. Est-ce qu'il y est en ce moment ? Elle espère qu'il y est, dans sa chambre. A la maison. Avec maman. Il est sûrement sur son lit en train de lire. Il le fait tous les soirs. Surtout des BD de Donald. Depuis toujours. Récemment, il a lu Le Seigneur des anneaux. Mais il préfère les BD de Donald. Il est sûrement en train de les lire, elle le sait.

Salaud. Salaud. Salaud.
Elle n'a pas le droit de parler à ce genre de types. Ses parents le lui rappellent sans arrêt, et elle dit à chaque fois qu'elle ne parle jamais à ce genre de types. Elle ne l'a d'ailleurs jamais fait. Elle se contente de leur lancer des piques. Ida n'ose pas. Mais elle, si. Ses parents ne seront pas contents quand ils apprendront qu'elle a adressé la parole à un de ces types. Elle ne le veut pas, elle ne veut pas qu'ils se fâchent.

Le numéro 33 est la meilleure des caves. C'est là qu'il a trouvé le vélo. C'est là qu'il a dormi.
Elles ne crient plus. La petite pute blonde pleure, la morve coule de son nez, elle a les yeux rouges. La petite pute brune le fixe d'un air de défi, de haine. Il leur attache les mains à un tuyau qui court le long du mur gris. Le tuyau est chaud, il leur brûle les bras. Elles lui donnent des coups de pied, et il leur rend chaque coup. Jusqu'à ce qu'elles comprennent enfin. Alors elles ne donnent plus de coups de pied.
Elles restent sagement assises. Les putes doivent rester sagement assises. Les putes doivent attendre. Ici, c'est lui qui décide. Il se déshabille. Tee-shirt, jean, caleçon, chaussures, chaussettes. Dans cet ordre. Il fait ça devant elles. Si elles ne le regardent pas, il leur donne des coups de pied. Les putes doivent regarder. Il est debout devant elles. Nu. Il est beau. Il sait qu'il est beau. Un corps athlétique. Des jambes musclées. Un cul ferme. Pas de bide. Beau.
— Comment vous me trouvez ?
La pute brune pleure.
— Salaud !
Elle pleure. Ça a pris du temps, mais à présent elle est comme toutes les autres putes.
— Comment vous me trouvez ? Beau ?
— Salaud ! Je veux rentrer à la maison !
Son pénis est en érection. C'est lui qui commande ici. Il s'approche d'elles, tend son membre devant leurs visages.
— Joli joujou, hein ?
Il n'aurait pas dû se branler. Il l'a fait deux fois ce matin. Il n'y arrive plus que deux fois. Il se masturbe devant elles. Il respire avec difficulté, donne un coup de pied à la petite blonde un peu grosse quand elle lui tourne le dos un instant. Il se vide sur leurs visages, sur leurs cheveux tout poisseux maintenant, parce qu'elles n'arrêtent pas de secouer la tête.
Elles pleurent. Pourquoi les putes pleurent-elles toujours autant ?
Il les déshabille. Les pulls, il est obligé de les déchirer puisqu'elles ont les mains attachées au tuyau brûlant. Elles sont plus jeunes qu'il ne le pensait. Elles n'ont même pas de poitrine.
Il leur enlève tout, sauf les chaussures. Pas les chaussures. Pas encore. La pute blonde a des chaussures roses. Presque des chaussures vernies. La pute brune a des tennis blanches.
Il se penche sur la petite pute blonde. Embrasse ses chaussures vernies roses, près des orteils. Les lèche en commençant par les doigts de pied, jusqu'au talon. Enlève les chaussures. Son pied de pute est si joli. Il le soulève, elle tombe en arrière. Il lèche sa cheville, chacun de ses orteils. Il jette un coup d'œil à son visage de pute, elle pleure en silence, un désir violent s'empare de lui.