Ce que je sais de Vera Candida
Grand Prix des lectrices de Elle 2010
Prix Renaudot des lycéens 2009
Ce que je sais de Vera Candida
Véronique Ovaldé
352 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 574167
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 19,00  (prix public)
Epuisé
Un conte pour adulte lucide
Résumé
Quand Vera Candida revient finir ses jours sur son île natale d’Amérique latine, elle retrouve un destin qu’elle avait fui quinze ans plus tôt. Celui de sa grand-mère, ancienne prostituée, et de sa mère disparue, des femmes qui ont dû cacher le nom du père de leur fille. Mais comment assumer cette liberté et encore croire au prince charmant dans un monde aussi dur ? 
Le choix de Patrick Poivre d'Arvor
« Les trois femmes de Véronique Ovaldé se nomment Rose, Violette et Vera Candida, trois couleurs d’un arc-en-ciel qui se termine en un blanc beaucoup moins candide et innocent qu’il n’y paraît. La première est la mère de la seconde et la grand-mère de la troisième. Toutes les trois se donnent volontiers aux hommes mais seule Vera Candida aura le courage de quitter son île. Avant d’y retourner, bien longtemps après. Très belle variation sur l’enchevêtrement de l’amour, Ce que je sais de Vera Candida se distingue aussi par une narration originale, sans dialogues mais non sans force. »

Patrick Poivre d’Arvor
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :13
DaLiDa
Le 25 mai 2010
Superbe !
C'est un roman magnifique. Vera Candida nous prend par la main du début à la fin. Sa vie pourrait être moche et glauque, mais toutes les phrases, petites expressions, images, descriptions, sont autant de clins d'œil tendres qui enveloppent le récit d'une douceur nonchalante. Il faut trois générations pour trouver l'amour... il n'y a plus qu'à compter !
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majanissa
Le 02 avril 2010
Une belle histoire de femmes
J'ai aimé la force et fierté de Vera Candida. Son amour pour sa fille m'a explosé le cœur. J'ai beaucoup apprécié la tournure du livre au niveau de son histoire d'amour avec Itxaga. J'ai bien cru qu'elle resterait trop fière pour s'accrocher à un homme considérant qu'ils sont décidément tous les mêmes. En effet, l'auteure n'est pas tendre avec la gente masculine. Les hommes sont des animaux qui font passer leur désir avant tout d'où le contraste avec les femmes qui luttent pour la survie de leur famille. D'un côté le plaisir, d'un autre le labeur. J'ai apprécié ces femmes fortes et indépendantes. Elles montrent que l'on n'a pas besoin des hommes pour survivre et ferment le caquet de ceux qui pensent qu'on est bonnes qu'à être entretenues et préparer leur repas. Il y a pourtant une petite chose qui a fait de l'ombre dans le livre et que je n'ai pas bien comprise, pourquoi avoir introduit des nazis en fuite ? L'évocation de l'enfance de Jeronimo aurait-elle du me donner de la pitié ? Une enfance délicate doit-elle excuser un comportement adulte ? La directrice du foyer pour jeunes mères doit-elle payer pour la position politique de son mari ? Alors qu'elle aide tant de jeunes filles faut-il ressasser son passé ? Itxaga doit-il être jugé pour les actions de son grand père ? Vera Candida et sa lignée sont-elles condamnées à suivre les traces de sa lignée ? Chacun a un passé douloureux, un passé à occulter pour aller de l'avant. "Ce que je sais de Vera Candida" est un mode d'emploi pour rayer le passé et avancer vers un avenir plus lumineux. Une lecture rapide composée de très courts chapitres dans 4 parties. Les femmes apprécieront sans doute ce petit bout de femme, les hommes pourront s'insurger sur le portrait qui est fait d'eux.
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Le 13 mai 2010
Un récit tonique et émouvant
Trois générations de femmes, dans un pays imaginaire d'Amérique de Sud, doivent affronter la même malédiction qui se nomme Jéronimo, voyou au charme démoniaque. D'abord Rose Bustament, la grand-mère, personnage pittoresque haut en couleur, pêcheuse de poissons volants, puis Violette,simple d'esprit et nymphomane, incapable de s'occuper de Véra Candida, sa fille. C'est donc Rose qui se chargera de sa petite-fille, tissant une relation très forte avec elle. Mais Véra devra affronter la même malédiction et trouver en elle la force de la briser. Une belle histoire de femmes qu'on lit d'une seule traite et qui mêle la réalité et la mythologie de l'Amérique latine. La construction du récit est en boucle puisqu'il commence par la fin, ce qui n'était peut-être pas nécessaire puisque le lecteur découvre le destin de Véra Candida dès les premières pages.
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JeudiProchain
Le 28 mai 2010
Sublime :-)
Oh, comme j'ai aimé ce livre !!! Véronique Ovaldé m'a entraînée par les hauts et les bas de ce que ça représente d'être une femme de la trempe des Bustamente, et m'a montré les bonheurs et violences d'être fille et mère. Merci :-)
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LDV
Le 18 juillet 2010
Une lignée de femmes très belles au destin particulier...
Ce roman se déroule au Mexique, il raconte la vie et décrit le caractère de 3 femmes, Rose, Violette et Vera Candida, respectivement grand-mère, fille et petite-fille, toutes 3 confrontées à la violence des hommes. Rose incarne la femme magnifique, forte, indépendante et pêcheuse de poissons volants ; Violette, c'est la fille facile, très belle mais insouciante et sans aucun sens des responsabilités ; et enfin Vera Candida, la splendide jeune femme à la force tranquille, tant aimée de sa grand-mère et débordante d'amour pour sa fille Monica Rose. Afin d'échapper à la fatalité qui semble frapper les femmes de sa lignée, Vera Candida s'enfuit très loin lorsqu'elle tombe enceinte à 15 ans. Là, elle démarre une nouvelle vie, pleine de courage, d'honnêteté et en faisant preuve de sagesse dans toutes ses décisions malgré son jeune âge ; cependant, son passé sera toujours présent dans son esprit, douloureux, glauque et gluant... et c'est tout naturellement qu'elle y retourne le jour où elle apprend qu'elle est condamnée, pour régler ses comptes. C'est un roman très émouvant entremêlant l'amour, la sagesse, la violence et la folie.
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SAMUEL
Le 17 juillet 2010
Bon livre
J'ai passé un très bon moment en lisant ce roman ! A conseiller !
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indianbook
Le 15 janvier 2011
Destins de femmes
Passionnée par les histoires de femmes hors du commun, ce roman m'a époustouflée ! Si vous désirez suivre le destin de Rose, Violette et Vera, alors ouvrez ce livre et plongez-vous dans cette fresque familiale magnifique. Bonne lecture à tous !
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Sandy4988
Le 03 février 2011
Une histoire prenante !
Véronique Ovaldé nous relate la vie de Vera Candida, petite-fille de Rose Bustamente. Les personnages positifs sont émouvants et attachants. On espère de tout cœur que la fille de Véra, Monica Rose, arrivera enfin à s'en sortir grâce aux études. L'histoire est exemplaire et symbolique à la fois. J'ai passé un très bon moment avec ces générations de femmes bien qu'il n'y ait rien de vraiment gai. Un très beau conte moderne, une leçon d'humilité aussi.
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lara
Le 08 mars 2011
Belle leçon de courage
Très bon livre ! Des femmes qui se battent malgrè la misère et la fatalité ! Il y a quand même une histoire d'amour (inhabituelle ).
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NANCHEN bénédicte
Le 07 avril 2011
Un récit âpre et touchant
Destins de trois générations de femmes... Véronique Ovaldé semble avoir inventé le discours direct libre qui donne à son récit, pourtant âpre, beaucoup de fluidité; et à la voix de ses personnages une profondeur intime mêlée à une forme de naïveté touchante.
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pommereau delphine
Le 08 septembre 2011
Très bon
Je l'ai lu d'une seule traite...
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Zabou25
Le 24 octobre 2011
Du bonheur
J'ai beaucoup aimé ce livre, passionnant du début à la fin. On entre dans la vie de ces trois femmes et on n'en sort plus. Très bien écrit.
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lolaleuf
Le 22 décembre 2011
Une belle histoire de femmes
Un livre sur et pour les femmes, j'ai adoré...
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Née en 1972 au Perreux-sur-Marne, Véronique Ovaldé travaille dans l'édition et vit à Paris avec ses deux enfants. Écrivaine à l’imaginaire particulièrement vif, elle participe régulièrement à des performances avec des artistes.
De livre en livre, Véronique Ovaldé s’impose comme une des figures incontournables de la jeune scène littéraire française. Après des succès critiques et publics avec des romans comme Toutes choses scintillant et Les hommes en général me plaisent beaucoup, elle a définitivement séduit un plus large public avec Et mon cœur transparent, prix France Culture-Télérama 2008, et reçu plusieurs prix prestigieux, dont le Grand Prix des lectrices de Elle 2010, le prix France Télévision 2009 et le prix Renaudot des lycéens 2009 pour Ce que je sais de Vera Candida.
Autres titres de Véronique Ovaldé
Des vies d'oiseaux
Véronique Ovaldé
Extrait
I

Vatapuna



Les deux métiers de Rose Bustamente



Rose Bustamente, la grand-mère maternelle de Vera Candida, avant de devenir la meilleure pêcheuse de poissons volants de ce bout de mer, avait été la plus jolie pute de Vatapuna.
Répudiée à quatorze ans par sa mère parce qu'elle n'était plus vierge, Rose Bustamente avait vécu chez des cousins sur les hauteurs de Vatapuna. Les cousins en question étaient ceux dont les fils avaient fréquenté d'un peu trop près Rose Bustamente. On n'avait pas su si c'était pour cette raison qu'ils l'avaient accueillie chez eux. Ils l'hébergèrent pendant quelque temps avec une sorte d'indifférence fruste comme si elle avait été une biquette de plus.
Rose Bustamente avait fini par descendre à Vatapuna et faire ce que sa mère avait prédit qu'elle ferait : elle s'était mise à son compte dans la cabane, aujourd'hui transformée en snack miteux. Ses clients pouvaient baiser avec elle pour une somme raisonnable en écoutant la mer qui toussotait sur la plage tout devant, à l'abri derrière la portière en capsules plastique multicolores.
À quarante ans, se considérant trop vieille pour continuer son ministère, Rose avait cessé d'être pute. Elle ne se voyait pas travailler exclusivement de nuit pour ne pas effaroucher le chaland et n'imaginait pas se faire toute petite sur sa paillasse afin que ses rondeurs amollies passent pour des plis du drap. Elle s'était acheté une barcasse, une épuisette et un chapeau à large bord et s'était mise à pêcher les poissons volants (ou plutôt à les attraper comme s'ils avaient été des papillons) pour les vendre sur les marchés le mercredi et le samedi. Elle était habile, délicate et dure à la tâche, toutes qualités qui lui avaient fort servi dans ses deux métiers.
Jusque-là Rose n'avait pas eu d'enfant parce qu'elle ne le pouvait pas, ce qui avait été bien pratique. Elle trouvait le monde assez instable et violent pour se réjouir ouvertement de n'avoir pu enfanter.
Très peu pour moi, disait-elle, assise à son étal sur le marché, à une ou deux vieilles commères près d'elle qui lui enviaient ses poissons volants et les bracelets qu'elle portait au poignet. J'ai le ventre sec et la vie plus simple. Et les vieilles acquiesçaient en la plaignant et en la jalousant tout à la fois, causant dès qu'elle avait son joli dos tourné, Elle fanfaronne mais elle est bien malheureuse, la pauvresse, personne ne s'occupera d'elle dans ses vieux jours, ni mari ni enfants, oubliant, les vieilles, combien leurs maris étaient choses volatiles et que leurs enfants avaient eu tôt fait de quitter la cabane pour tenter de voler de leurs propres ailes, s'abstenant de retourner auprès de leur vieille maman même dans ses dernières heures.
Rose n'avait jamais été importunée à cause de son premier métier, ni pendant qu'elle l'exerçait ni après qu'elle l'avait abandonné. Les femmes avaient été assez naïves pour penser qu'avec une Rose au village leurs hommes n'iraient jamais chercher plus loin et elles étaient assez rouées pour lui être reconnaissantes de faire ce qu'elles-mêmes ne voulaient plus faire aussi souvent et avec d'aussi jolies simagrées qu'au début de leur mariage.
Rose avait donc eu la paix pendant des années et sa vie ne se compliqua qu'avec l'arrivée de Jeronimo à Vatapuna.



Blanche avec des ailerons


Rose connaissait déjà deux trois choses à propos de Jeronimo quand elle apprit qu'il approchait du village. Sa réputation l'avait précédé comme c'est le cas pour tous les brigands, les joueurs professionnels ou les play-boys aux yeux verts. Même dans cet endroit reculé du monde, à l'extrémité ouest de l'île, dans le village de Vatapuna, on avait eu vent de Jeronimo.
Ce fut au marché que Rose fut informée de son arrivée. On avait l'impression d'entendre parler d'un cyclone, trajet, force des vents, espoir d'y échapper, certitude de finalement se retrouver pile au centre de son œil. Rose vendait ses poissons volants sans se préoccuper outre mesure de la rumeur, elle avait mis au point des techniques d'évitement, l'air d'être là sans y être, le sourire entendu, le hochement de tête, une absence étudiée et bienveillante comme si tout cela ne l'affectait pas directement, elle aurait bien aimé certes être concernée, mais, allez savoir pourquoi, les rumeurs ne réussissaient jamais à la passionner ou à la faire sortir de ses gonds.
Dans le cas de Jeronimo, on parlait beaucoup d'argent volé, de morts suspectes et de frasques chet-set (personne à Vatapuna ne parvenait à prononcer « jet-set » et d'ailleurs aucun de ceux qui employaient ce drôle de mot ne savait véritablement ce qu'il recouvrait, ils avaient dans l'idée qu'il s'agissait essentiellement de gens qui passaient leur temps à sillonner les ciels du monde entier à bord de leur jet privé ; en définitive le terme englobait à Vatapuna une sorte d'ennui de richard et une vie désespérante et sans contraintes).
Imaginez comme Rose Bustamente, née pute de première main, reconvertie dans la pêche aux poissons volants, pouvait bien s'en tamponner de cette histoire de Jeronimo le détrousseur de casinos.
Jeronimo atteignit donc Vatapuna sans que Rose Bustamente eût la moindre intuition ou le moindre rêve prémonitoire. Il arriva en voiture et il aurait tout aussi bien pu débarquer en chemin de fer, tout seul dans une locomotive avec des types pour poser les traverses et les rails juste trois mètres avant la loco, et avancer comme ça pas à pas au rythme du travail de ses esclaves. Ça n'aurait pas été plus bizarre. La voiture dans laquelle il fit son entrée à Vatapuna était radicalement incongrue. Elle était blanche avec des ailerons, c'était une vraie voiture de caïd, de star de Hollywood (de celles qui mouraient étranglées par leur écharpe de mousseline dans leur décapotable) ou de gars de la chet-set.
Comment elle avait parcouru le trajet jusque-là, mystère. Mais le fait est que tout le monde la regardait, plantée au milieu du village, rutilante comme si elle venait de se prendre une averse, avec ses chromes et sa blancheur de vierge. On tournait autour, on s'approchait, les plus audacieux la touchaient, et le fils Marquez, qui était un pitre, s'adossa même à la portière du conducteur en prenant l'air désinvolte du propriétaire, cela exaspéra sa mère qui vint droit vers lui pour lui assener un coup sur le crâne, et le fils Marquez s'éloigna en riant et en hurlant kaï kaï. Pendant ce temps, Jeronimo était reçu par le maire et, on le saurait si vite qu'on se demanderait si ce n'était pas les moustiques qui diffusaient les nouvelles, donnait à celui-ci une bonne liasse de billets pour s'octroyer le droit de planter une maison sur les hauteurs de Vatapuna, le plus bel endroit du monde, tout en haut de la liste des plus merveilleux sites de la planète.
Ainsi parlait Rose Bustamente après coup.
Elle, bien entendu, était restée sur son quant-à-soi, elle avait remballé son étal sur le marché vu que la population locale avait déserté les lieux pour s'extasier devant la voiture de maquereau de l'affreux Jeronimo. Et elle était rentrée chez elle afin de se préparer une petite friture qu'elle grignoterait, les pieds sur son tabouret, son joli cul confortablement installé dans son bon fauteuil en osier, installée sur ce qu'elle appelait sa terrasse (trois lattes de bois qui isolait sa maisonnette du sable de la plage), le nez au vent et les yeux fixés sur l'horizon. Elle ne s'attendait pas à ce que Jeronimo vînt la solliciter si vite. Elle pensait pouvoir éviter les ennuis. Rose Bustamente était un peu trop sûre d'elle. Elle s'imaginait que, puisqu'elle ne dérangeait personne, personne ne viendrait lui chercher noise. Comment une fille qui avait si longtemps percé l'âme humaine depuis sa paillasse pouvait-elle avoir encore ce genre de naïveté ?
Elle fut donc fort surprise quand quelques jours après l'arrivée de la voiture blanche (qui maintenant siégeait devant chez le maire puisque c'était lui qui hébergeait Jeronimo), le maire en question et quelques élus fantoches vinrent la trouver pour lui expliquer que sa maisonnette gâchait la vue depuis la colline où Jeronimo avait décidé de planter sa Villa, et que, comme il était riche, impressionnant, capricieux et censément puissant, il lui proposait une grosse somme d'argent pour qu'elle acceptât de quitter l'endroit. On raserait sa maisonnette mais on lui en reconstruirait une autre un peu plus loin, plus spacieuse et plus confortable, dans un endroit qui ne gênerait pas Jeronimo quand il prendrait son petit déjeuner le matin, en robe de brocart, sur sa terrasse (une vraie celle-ci), ou qu'il se relaxerait en contemplant l'océan sans rien de perturbant entre ses yeux et l'azur infini.
Évidemment Rose Bustamente refusa, elle répliqua que Jeronimo n'avait qu'à venir lui demander lui-même de déguerpir et qu'elle se ferait un plaisir de l'envoyer incontinent se faire tripatouiller ailleurs.
Toute cette histoire, Vera Candida la tenait directement de la bouche de sa grand-mère supposée stérile Rose Bustamente. C'était de l'information de première main. Et Vera Candida n'avait jamais mis en doute un seul instant ce que lui avait raconté Rose Bustamente la magnifique.