La bête
Roslund Anders
Börge Hellström 
Un thriller diabolique...
Le voyeur
Le voyeur
Les yeux du diable voient dans le noir
Brian Freeman
Disponible
528 pages
Couverture souple
Réf : 570592
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Résumé
Trente ans après le meurtre d’une jeune femme, apparemment massacrée à coups de batte de base-ball, l’enquête reprend...
Rarement un roman noir atteint ces sommets : suspense incroyable, construction diabolique, fausses pistes, tout y est, jusqu’au dénouement savamment orchestré... 
Pourquoi on l'a choisi
Un pur joyau ! L’intrigue et les personnages sont tellement vraisemblables que l’auteur promène et manipule son lecteur à sa guise. Un régal pour connaisseurs. Magistral, époustouflant ! Il y a fort à parier que ce roman fera l’objet d’une adaptation au cinéma !
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Les avis des internautes
Moyenne des avis :Nombre d'avis :7
Le 02 août 2010
28 adhérents sur 45 ont trouvé cet avis utile.
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Absolument génial !
C'est le meilleur livre que j'ai pu lire jusqu'à présent, et le conseille à tous ceux qui m'entourent ! Il est absolument génial, on est pris dans le livre, on ne veut pas le lâcher ! Il est vraiment excellent et c'est peu dire !..... N'hésitez plus, vous ne serez pas déçu !... Bonne lecture !
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MILLER STEPHANIE
Le 05 août 2010
13 adhérents sur 35 ont trouvé cet avis utile.
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Très bonne intrigue
Super roman, le suspense est maintenu jusqu'au bout et l'écrivain nous fait douter jusqu'à la fin, mais qui a donc tué Laura Starr ? C'est un livre que je recommande fortement !!
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Le 11 août 2010
12 adhérents sur 32 ont trouvé cet avis utile.
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Super
Dévoré en très peu de temps. On est rapidement pris par l'intrigue, les personnages sont très attachants et bien décrits. Génial.
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Le 29 août 2010
6 adhérents sur 11 ont trouvé cet avis utile.
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Suspense halletant !
Très bon bouquin, suspense jusqu'au bout, bonne intrigue. Une fois commencé, on ne le quitte plus. Brian Freeman est un auteur que je ne connaissais pas et que j'ai découvert grâce à France Loisirs. Je vais essayer de trouver ses autres romans, car "Le Voyeur" me donne envie de me plonger dans son univers.
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Le 24 août 2010
5 adhérents sur 12 ont trouvé cet avis utile.
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Très très prenant
Vraiment excellent, rapidement dévoré car l'intrigue est énorme !
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Le 24 août 2010
4 adhérents sur 9 ont trouvé cet avis utile.
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Epoustoufflant :))
Un super bouquin, bien écrit et très prenant ... On a envie d'aller jusqu'au bout et on découvre le "meurtrier" qu'à la fin du livre et en même temps que les personnages !! Excellent :))
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Le 30 août 2010
4 adhérents sur 7 ont trouvé cet avis utile.
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Déception!
J'avais lu les critiques sur France Loisirs et je m'attendais à lire un livre exceptionnel ! Hélas quelle déception ! L'intrigue est très commune avec peu de suspens, la fin est évidente. Rien à voir avec les romans de Harlan Coben et ceux de Ruth Rendell qui en plus ont l'avantage d'être bien écrits
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Après le succès mondial de Jamais je ne reviendrai, de Las Vegas Baby et du Prix du péché, romans publiés dans quarante-six pays, l'Américain Brian Freeman retrouve ses enquêteurs fétiches, Jonathan Stride et Serena Dial, pour un nouveau thriller sous haute tension.
Extrait
Qui a tué Laura Starr ?
— par Tish Verdure —


4 juillet 1977

Quand je suis arrivée à la maison vers minuit, je pouvais encore entendre les sifflements et les crépitements des feux d'artifice dans le voisinage. La pluie cinglante avait fini par se transformer en une sorte de crachin brumeux et, dans les rues alentour, les gens manifestaient leur joie dans la plus parfaite illégalité. Les bombes s'ouvraient comme des pétales de fleurs au-dessus des arbres. Les feux de Bengale scintillaient, les fusées s'élançaient en rugissant. Cette nuit d'été était imprégnée d'une odeur de friandises et d'allumettes brûlées tandis que j'observais depuis le jardin l'arc-en-ciel de lumières qui m'entourait. Un peu plus loin, des gamins poussaient des cris comme une bande d'Indiens sur le sentier de la guerre. J'étais trempée, et j'avais moi-même un peu l'impression d'être une sauvage.
En levant les yeux, je vis que la fenêtre de Laura à l'étage était sombre. Il n'y avait aucun signe de vie.
Je me faufilai à l'intérieur par la porte grillagée, laissant sur le carrelage de la cuisine l'empreinte humide de mes pieds nus. Je ne faisais aucun bruit. Je ne voulais pas que mon père m'entende et commence à me poser des questions sur l'endroit où j'étais allée et ce que j'avais fait ce soir. Ma bouche pouvait mentir, mais pas mon visage. S'il me voyait, il me poserait aussi des questions sur Laura. Où était-elle ? Avec qui ? Je ne voulais pas courir le risque de voir se répéter la scène du soir précédent. Papa et Laura. Des disputes sans fin.
Je montai l'escalier quatre à quatre et me précipitai dans ma chambre, refermant aussitôt la porte derrière moi. J'avais l'impression d'être dans un rêve. C'était peut-être ce qu'on ressentait quand on prenait de la drogue. Sans allumer la lumière, je me déshabillai complètement pour me débarrasser de mes vêtements mouillés. J'avais des bleus aux cuisses, et elles étaient endolories. Elles étaient un peu poisseuses aussi, là où ça avait coulé. J'avais mal à l'intérieur, mais c'était un mal qui me faisait du bien. Un mal de la première fois.
La fête de mon indépendance à moi.
Ah, bon sang, la pilule ! Il ne fallait pas que je l'oublie, surtout pas ce soir. Je fouillai dans mon tiroir à sous-vêtements et trouvai le petit tube rose en plastique que je cachais tout au fond. J'eus un instant la tentation d'en prendre deux, histoire d'être tout à fait tranquille, mais c'était idiot. L'envie me vint aussi d'ouvrir tout grand ma fenêtre et de clamer au monde entier : « CINDY STARR N'EST PLUS VIERGE ! » Complètement idiot.
Je mis une culotte propre, puis j'enfilai mon pantalon de pyjama et un tee-shirt Fleetwood Mac. Je ne pris pas de douche et je ne me brossai pas les dents. Je m'allongeai sur la couverture en gardant les yeux ouverts. Il n'était pas question que je dorme cette nuit. Je sentais trop Jonny en moi.
Je l'avais laissé devant chez lui après avoir quitté le parc. Sa mère l'attendait. Elle ne m'aime pas, mais je sais bien ce qu'elle a dû endurer depuis qu'elle a perdu le père de Jonny. C'était la même chose pour mon père, il y a trois ans, quand maman est morte. Mme Stride est terrorisée à l'idée de perdre son fils, comme si Jonny était la dernière chose qui lui rappelle son mari. Et je suis une menace. Elle sait que je l'aime. On va se marier, je ne sais pas quand, mais on va se marier. Je vais lui prendre son fils.
Ça se bouscule trop dans ma tête !
Je me suis redressée dans mon lit et j'ai repoussé mes longs cheveux noirs derrière mes oreilles. J'avais besoin de parler à quelqu'un. Je n'ai pas des centaines de copines, parce qu'il y a toujours trop à faire dans la maison pour que j'aie le temps de sortir avec des amies. J'ai pensé un instant descendre pour rappeler Jonny, rien que pour entendre sa voix encore une fois, mais il devait être au lit, maintenant, et c'est sa mère qui aurait répondu, et ça, ce n'était vraiment pas une bonne idée.
Je décidai finalement de parler à Laura. À dire vrai, je ne le fais pas très souvent.
Il faut que vous compreniez que Laura et moi, nous avons toujours été proches, mais pas vraiment proches, vous voyez ? J'ai dix-sept ans, et elle en a dix-huit. Il n'y a que nous deux, mais nous sommes comme deux aimants qui se repoussent. Je suis la fille drôle, la sportive, celle qui flirte, tandis que Laura est renfermée, mystérieuse, et elle a peur des garçons. Ce n'est pas génial quand on est deux sœurs avec des caractères aussi opposés.
La vie n'a pas été facile pour Laura depuis la mort de maman. Papa et elle se disputent tout le temps. Le plus souvent, c'est à propos de Dieu. Laura a arrêté d'aller à l'église après l'accident de maman, comme si c'était la faute de Dieu si on l'avait perdue. Papa lui dit qu'elle ira en enfer parce qu'elle a tourné le dos à Jésus. Oui, il dit vraiment des trucs comme ça. Papa a toujours été un chrétien du genre rigide, et encore plus après toutes ces années sans maman. Il dit que Dieu l'a puni pour ses péchés. Je crois plutôt que c'était simplement un chauffard ivre.
Moi, c'est après la disparition de maman que j'ai découvert qui j'étais. Je sais que ça peut paraître bizarre, mais il a fallu que je prenne les choses en main, que je me mette à la cuisine et au ménage, que je tienne la maison en ordre. J'ai décidé qu'il fallait se choisir une direction dans la vie, et voilà tout. Je vais aller à l'université, je vais épouser Jonny, devenir kinésithérapeute et aider les gens à se remettre de blessures graves. Vous savez, comme ce que maman n'a pas eu la chance d'avoir. Laura est jalouse de me voir aussi certaine de ce que je vais faire.
Je me décidai à aller lui parler. Je me levai et me glissai dans le couloir menant à sa chambre. Il est impossible d'être parfaitement silencieux parce que les lames de parquet grincent comme de vieilles sorcières. Je frappai doucement à sa porte.
— Laura ?
En général, la lampe jaune près de son lit restait allumée jusque tard dans la nuit, et je la trouvais toujours le nez plongé dans un bouquin. Ce soir, il n'y avait pas de lumière sous la porte. Comme elle ne répondait pas, je tournai doucement la poignée et j'entrai.
— Laura ? répétai-je.
Elle n' était pas là. Elle n'était pas encore rentrée. J'allumai la lumière, ce qui m'éblouit un instant. Sa chambre était comme d'habitude. Laura était une vraie souillon. Des vêtements par terre. Des albums empilés sur sa commode à côté du tourne-disque. Des posters de Carly Simon et de Linda Ronstadt, collés un peu de travers sur le mur. Des livres partout. Virginia Woolf. Sylvia Plath. Gail Sheehy.
Où était-elle ?
Je repensai à cette soirée dans le parc. Laura et moi, nous y étions allées en voiture. Je devais retrouver Jonny après son match de base-ball, et on comptait aller tous les deux nager dans le lac. Je savais que ce soir, ce serait la première fois pour nous. Ça faisait des semaines que je m'y préparais.
Ce qu'il y a, c'est que Laura avait commencé à se comporter d'une façon bizarre avant l'arrivée de Jonny. Elle m'avait dit des trucs horribles que je ne comprenais pas, et puis elle m'avait demandé si j'étais capable de garder un secret. Bien sûr, avais-je dit, je pouvais garder un secret pour toujours, s'il le fallait. Ce qui était la vérité. Mais elle n'avait pas eu l'occasion de me dire ce que c'était. Elle était partie toute seule dans les sentiers. C'était le soir. Il tombait un vrai déluge.
Je n'aurais jamais dû la laisser partir.
Je me dis que tout était O.K., que Laura avait eu un rendez-vous avec un garçon, exactement comme Jonny et moi. C'était pour ça qu'elle était en retard ce soir. J'allais ressortir quand j'aperçus quelque chose sur le lit, et je sus aussitôt que je me trompais.
La lettre était exactement comme toutes les lettres anonymes qu'elle avait reçues au cours des deux derniers mois. Laura m'avait dit qu'elle avait arrêté d'en recevoir. Pourquoi m'avait-elle menti ? Je dépliai la feuille, je regardai fixement la photo en noir et blanc et ce qui était griffonné en rouge en travers de la page, et je faillis tomber à genoux et vomir.
Tout en tenant cette lettre à la main, je me souvins de quelque chose d'autre dans le parc. Avant que l'orage éclate, avant que Jonny nous retrouve, Laura n'arrêtait pas de dire que quelqu'un se cachait dans les bois.
Quelqu'un qui l'épiait.
Il fallait que j'y retourne.
J'attrapai mes clés de voiture et me précipitai en bas de l'escalier. J'étais encore en pantalon de pyjama et tee-shirt. Il était maintenant une heure du matin, et cela faisait longtemps que la plupart des feux d'artifice avaient fini de brûler en laissant des traces noires dans l'herbe. Je pris l'Opel Manta de papa. Les rues étaient désertes et je pus rouler rapidement dans la brume grisâtre. Il me fallut un quart d'heure pour retourner au petit refuge près de Tischer Creek. Je ne reconnus aucune des voitures garées sur l'herbe mouillée. Ce parc était immense, et j'étais sûre qu'il y avait des jeunes cachés dans l'ombre, occupés à faire ce que Jonny et moi avions fait un peu plus tôt.
Je n'avais aucune idée de l'endroit où je pourrais trouver ma sœur. Je me mis à crier :
— Laura !
Je crus entendre des chuchotements. Je commençais à avoir peur et à me dire que c'était complètement idiot d'être venue ici toute seule. Je courus vers le centre du terrain boueux où on jouait d'habitude au base-ball, et là, je me mis à tourner sur moi-même en essayant de distinguer quelque chose au milieu des arbres et dans les sentiers à travers la brume. J'entendais le chant de milliers de grillons. L'herbe sous mes pieds était trempée et spongieuse. En été, je ne portais pratiquement jamais de chaussures.
— Laura !
La silhouette sombre d'un héron avec ses ailes immenses et ses drôles de pattes pendantes passa lentement au-dessus de ma tête. Je l'avais effrayé avec mes cris. Il se dirigea vers les eaux fraîches du lac et disparut. Je pris la même direction, cherchant des yeux la trouée dans les arbres qui menait à la plage au sud, là où Laura et moi avions attendu Jonny quelques heures plus tôt.
Je n'eus pas à aller jusque-là. Trente mètres plus loin, j'aperçus quelque chose dans l'herbe.
Une des chaussures de Laura. Une Converse Flyers rose.
Je la ramassai et cherchai l'autre des yeux, mais je ne vis rien. Je me mis à explorer les alentours au cas où je trouverais autre chose à elle, mais il n'y avait que des mégots de cigarette et des bouteilles de bière. J'allais devoir m'enfoncer dans les bois pour la trouver. Tenant toujours sa chaussure à la main, j'aperçus, non loin de là où j'étais, un chemin qui partait vers le nord en longeant la rive, au milieu des bouleaux. Il existe, dit-on, une sorte de lien mystérieux entre les sœurs. C'est peut-être lui qui me souffla qu'elle était partie par là.
Quand je m'y engageai, le chemin m'avala entièrement. La lune disparut. J'avançais prudemment, ne voulant pas faire de bruit alors que j'ignorais ce qu'il y avait plus loin devant moi. Je ne criais plus le nom de Laura. Le sentier était recouvert d'un tapis craquant d'aiguilles de pin. La pluie coulait goutte à goutte à travers les feuillages. Le vent sifflait entre les arbres et je sentais sur mon cou sa caresse chaude et humide.
De longues minutes s'écoulèrent. Je venais rarement par ici, et je ne connaissais pas ce sentier. Je me mis à imaginer toutes les choses horribles qu'il pouvait y avoir dans les bois autour de moi. Je n'avais aucune idée de la distance déjà parcourue, et je me demandais si je n'aurais pas dû prendre un des chemins de traverse qui remontaient du lac sur le flanc de la colline. S'il y avait eu quelqu'un à deux mètres de moi, je ne l'aurais même pas vu. C'était vraiment le genre d'endroit où les monstres semblent réels.
J'aperçus une faible clarté dans l'obscurité, là où les arbres étaient un peu moins denses. Quelque chose en moi me disait de rebrousser chemin. Je ne voulais pas voir cet endroit secret ni ce qui s'y cachait.
D'une certaine façon, je savais. Je suis sûre que je savais.
J'entendis de l'eau clapoter sur le sable humide. Je sortis du bois et me retrouvai dans une clairière large d'une vingtaine de mètres, une trouée dans la forêt où le lac venait lécher un bout de plage qui s'étendait jusqu'aux arbres à la lueur d'une demi-lune. Des rubans d'or scintillaient à la surface du lac. Je distinguais tout très clairement, après l'obscurité du sentier.
Je posai brusquement ma main sur ma bouche pour étouffer le cri qui me montait aux lèvres.
Je me mis à courir.
— Laura... murmurai-je d'une voix étranglée.
C'était pire que tout ce que j'aurais pu imaginer. Je vis la batte de base-ball en aluminium posée à côté de son corps, le métal brillant et poisseux. Je sentis une odeur de cuivre. Je tombai à genoux, les bras tendus et les mains tremblantes. Mes lèvres s'agitèrent comme si je récitais une prière, et un gémissement sortit du plus profond de ma poitrine.
— Oh, non, non, non...
Elle était toute rouge. Il y avait du rouge partout. Ses magnifiques cheveux blond doré avaient la couleur d'un rouge à lèvres criard. Des crocs écarlates coulaient des ailes du papillon tatoué sur son dos nu. Elle était couverte de moustiques, certains vivants et d'autres morts, piégés dans la flaque de sang et incapables de s'échapper de ce festin. Son visage était tourné vers moi, une joue dans la boue, mais en fait, il n'y avait plus de visage, plus de sourire, plus d'yeux noisette, plus rien qui ressemble à ma sœur. On lui avait arraché la vie à coups de batte. J'essayai d'imaginer la rage qui avait pu faire ça, mais je ne pouvais concevoir qu'il existe un cœur aussi noir.
Je tâtai sa peau du bout des doigts. Elle était déjà anormalement froide. Quand je retirai ma main, c'était comme si je l'avais plongée dans un pot de peinture.
C'est alors que je l'entendis. Un craquement de branches. Du mouvement. Une respiration. Ce n'était pas Laura, ça venait de la forêt sombre. Je ramassai la batte de base-ball et me relevai précipitamment. Mes ongles s'enfonçaient dans la poignée en cuir. Je me mis en position, prête à frapper.
Il y avait quelqu'un derrière moi...