L'île de tous les dangers
Natasha Cooper
432 pages
Couverture souple
Réf : 570340
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Au lieu de 19,50  (prix public)
Disponible

Un enfant disparaît...
Résumé
Une famille est sauvagement assassinée lors d’un pique-nique sur la petite île de Wight. Très rapidement, la police arrête un jeune homme au comportement étrange. Une psychologue, Karen Taylor, est envoyée sur place pour évaluer le suspect. Elle réalise que ce coupable idéal est peut-être innocent et décide, malgré les pressions, de lui venir en aide…
Pourquoi on l'a choisi
Une atmosphère oppressante règne dans cette sombre histoire. Peu à peu de lourds secrets remontent à la surface tandis que l’héroïne se débat dans un environnement étranger et hostile. Les amateurs de suspense et de psychologie seront comblés.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :10
elmem
Le 26 juillet 2010
Prenant !!!
Ce livre est très prenant, à peine entré dedans, plus aucune envie de le lâcher !!!! A lire d'urgence.
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Le 10 août 2010
Suspense
C'est un très bon livre avec un réel suspense psychologique ! Il se lit très vite et une fois rentré dans l'histoire on a du mal à en sortir !! J'ai passé un très bon moment en lisant ce livre !
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Geocaro
Le 15 septembre 2010
Prenant
Une fois ouvert, ce livre se dévore !! Une histoire qui tient en haleine, une héroïne attachante grâce à ses faiblesses. Un bon moment en perspective.
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COCO81
Le 14 octobre 2010
A lire absolument !!!
Tout simplement excellent... On a qu'une envie : c'est de le lire jusqu'à la fin lorsqu'on le commence. Merci à l'auteur pour ces agréables moments de suspense et vivement un prochain récit...
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doberhell
Le 27 janvier 2011
Faut avoir du temps à perdre
Un suspense inexistant les 250 première pages !!!! Quel ennui. Il faudra attendre les 200 autres pages pour avoir un peu d'action et encore... Une fin largement devinée à la moitié du livre, un final pathétiquement écrit ! J'ai hesité plus d'une fois à passer à un autre livre. La seule chose qui m'a poussé à le finir est de donner mon avis ici, et certainement pas de découvrir la fin !
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Remarque de Al du 18/07/11
Exactement, quel ennui !
Keops
Le 15 mars 2011
Enfin un de pas mal
Voilà qui change un peu ! Avec tous les livres que je lis, je désespère d'en trouver un bien. Celui-là tient sa promesse ! Mais la fin est évidente aussi, comme beaucoup d'autres, quand on n'a pas l'esprit comme tout le monde !
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RIEFFEL NATHALIE
Le 13 janvier 2011
Un bon livre
J'ai vraiment apprécié ce livre, agréable à lire et intéressant.
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Astrid57
Le 01 mars 2011
Un très bon roman !
Un roman qui tient en haleine, un livre qu'on dévore ! Ca fait du bien de tomber sur une pépite comme ça ! Petite cerise sur le gateau pour moi, l'action se passe en Angleterre (et oui, toutes les intrigues ne sont pas US !)... Alors oui, il n'y a pas énormément d'action, mais on est plus dans un thriller psychologique que dans un policier traditionnel. Les personnages sont complexes, attachants pour certains et le fait qu'ils évoluent quasiment en huis clos sur cette île rajoute de la profondeur et de la noirceur au roman. Enfin bref, je suis plus que ravie d'avoir lu ce livre et le conseille à tous ceux qui veulent passer un bon moment ! Mon seul regret : l'avoir lu trop vite parce qu'il va falloir que je m'en trouve un autre pour aller à la maternité ! :)
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Favorite
Le 06 juillet 2011
Pas mal
Loin d'avoir un suspense insoutenable, ce livre bénéficie néanmoins d'une intrigue intéressante qui mêle enquête criminelle et analyse psychologique d'un tueur. J'ai passé un bon moment en lisant ce roman bien que la fin soit un peu bâclée et très prévisible.
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aline05
Le 18 juillet 2011
Pas terrible
Sans plus, long, une histoire qui a eu du mal à me tenir en haleine !!!
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Natasha Cooper est née et vit à Londres. ELle a travaillé dix ans dans l'édition avant de se consacrer à l'écriture. Après six romans historiques publiés sous un pseudonyme, elle a trouvé sa voie dans le roman policier. L'Île de tous les dangers est son premier livre traduit en français.
Extrait

Prologue


Ils se trouvaient sur Chillerton Down, au bord de la carrière de craie désaffectée. Dan laissait le soleil d'août réchauffer son visage. Allongé sur la couverture, il caressait de sa main libre l'herbe tendre. L'autre main servait d'anneau de dentition à Jake, son fils de deux ans. Sentir les petites quenottes le mordiller et un filet de bave couler le long de son bras ajoutait un charme particulier à une journée déjà parfaite.
— Je t'ai pris en photo, papa, na-na-na-nère !
Dan ouvrit les yeux pour regarder sa fille. Sous cet angle, son visage offrait les rondeurs d'un chérubin sur la voûte d'une église toscane.
— Anna, laisse papa dormir, gronda Izzie, une pointe d'amusement dans la voix. Il est épuisé après avoir mangé tous ces biscuits au chocolat !
Dan tourna la tête vers sa femme et contempla ses traits à la beauté parfaite. Le ton à la fois protecteur et moqueur de sa voix donnait toujours à Dan l'envie irrésistible de l'attirer contre lui.
— Qu'est-ce que je ferais sans toi ?
— Tu serais vissé à ton bureau, accablé par ta conscience professionnelle et ton ambition démesurée !
D'un mouvement gracieux, elle releva une mèche noire tombée sur son front.
— Je t'ai pris en photo, coccinelle, na-na-na¬nère !
Anna mitraillait la pelouse en chantonnant gaiement.
— Izzie, tu remercieras ta sœur pour moi...
Dan suivait du regard sa fille qui s'éloignait vers les arbres à la lisière du champ, sa robe rose ajoutant un point de couleur vive à la verdure du paysage.
— ... de transformer nos vies en un interminable diaporama ! J'ai bien compris qu'elle voulait se débarrasser de son vieil appareil photo mais franchement...
Izzie referma le bocal dans lequel elle avait apporté la vinaigrette, avant de récupérer d'un doigt les quelques gouttes qui s'étaient échappées sur le côté.
— Allez, Anna s'en lassera vite. Tout comme elle a complètement oublié de chercher les fossiles pour lesquels nous sommes venus ici. Et puis, si elle réussit une photo sans mettre son doigt sur l'objectif, on pourra la faire tirer et effacer le reste en douce.
— Pourquoi ne pas imprimer les autres ? proposa Dan, extirpant délicatement ses doigts de la bouche de son fils qui entreprit de sauter de tout son poids sur l'estomac de son père. Ouille ! Ah les charmes de la vie de famille...
Izzie avait fini de ranger les affaires du pique-nique et s'empressa de mettre Jake hors d'état de nuire, le maintenant contre elle d'un bras.
— Tu l'adores cette vie-là, avoue. Ton ventre tient le coup ?
— Pas de problème. Même si je pense que ça ira mieux après une année de rééducation intensive des abdos...
— Petite nature !
Izzie déposa un baiser sur le front de son mari. Il n'en revenait pas de sa capacité à contenir sans effort le trop-plein d'énergie de leur petit garçon tout en poursuivant ses activités. Elle donnait toujours l'impression de mener une existence facile et que son rôle de mère était d'une simplicité déconcertante. Il n'aurait pu imaginer sa vie sans elle.
— Où est Anna ? demanda-t-elle, soudain tendue.
— Elle harcèle les vers et les moucherons, je suppose.
Il se redressa sur un coude pour regarder dans la direction où la fillette était partie.
Un coup de feu résonna à travers les arbres, déchirant l'air chaud.
— Anna !
Izzie reposa brutalement Jake sur la couverture et se précipita vers le long taillis au bout du champ.
— Quelqu'un doit tirer sur des lapins, cria Dan, étonné de la réaction excessive de sa femme.
Un autre tir interrompit le calme de l'après-midi. Il paraissait plus proche. Dan tendit l'oreille. Rien que le chant des oiseaux et le bourdonnement silencieux de la campagne. Aucune voix humaine.
Le calme qui suivit les coups de feu l'alarma. En quelques secondes, il se leva, prenant au passage son fils dans ses bras. Dans le même mouvement il se mit à courir vers le taillis, hurlant les noms de sa femme et de sa fille.
Le martèlement de sa course, les battements de son cœur et les pleurs de Jake étouffèrent le bruit de pas lourds qui venaient vers lui.
Il posa Jake sur l'herbe et fourra sa main dans la poche de son pantalon pour prendre son téléphone portable. Il avait l'impression que ses doigts avaient gonflé, et la transpiration l'empêchait de composer le numéro des secours. Il poussa un juron en effaçant le premier numéro qu'il avait composé et recommença.
— Papa ! Papa ! Monstre !
Jake trépignait, agrippant le pantalon de son père et pointant son doigt devant lui.
Dan regarda dans la direction que lui indiquait son fils et vit une silhouette cauchemardesque recouverte d'un pardessus usé avancer vers eux. Sa tête était camouflée par une cagoule en laine noire. Il tenait dans sa main gantée une carabine à canons sciés, braquée sur lui.
— Qui êtes-vous ? demanda Dan, alors qu'une douleur vive lui transperçait le torse.
Une chaleur incandescente s'empara de tout son corps. Les genoux vacillants, il se tourna pour protéger Jake, mais tomba à terre. La dernière image qu'il vit fut celle de l'arme pointée droit sur les yeux de son fils.



1


Plic. Ploc. Plic. Ploc.
Après avoir traversé le toit en bardeaux vermoulus et le plancher du grenier, la pluie venait frapper le fond des bassines que Karen avait disposées un peu partout dans la cuisine, depuis son arrivée, hier en fin d'après-midi. En voyant les flaques, elle s'était à l'instant souvenue de ces récipients à l'émail ébréché qu'elle avait sortis du seul placard de la cuisine.
En revanche, ses dix-huit années d'absence avaient effacé de sa mémoire l'état délabré du petit chalet de vacances situé dans le coin le moins touristique de l'île de Wight. La dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était à travers un rideau de larmes, lorsqu'elle était revenue sur l'île à quinze ans pour l'enterrement de sa grand-mère chérie.
Plic.
Sa grand-mère avait eu recours à cette méthode pour recueillir la pluie jusqu'à ce que le toit soit réparé, deux ans avant sa mort. Karen ne s'attendait pas à ce que de nouveaux travaux fussent nécessaires si vite.
Ploc.
Elle se prépara à affronter le bruit des prochaines gouttes comme elle avait supporté, les dents serrées, chaque rafale des ronflements de Peter, son mari, et leur enchaînement horripilant : sept ronflements qui allaient crescendo jusqu'à l'explosion finale, suivie d'un silence d'au moins deux minutes... et tout recommençait. Au début, elle restait allongée, hurlant en silence. Ensuite pendant la guerre de cinq ans qu'avait été leur mariage, elle s'était assise dans le lit et avait regardé le visage transpirant et bouffi de Peter, se retenant de l'étouffer avec son oreiller pour le faire taire à jamais.
Plic. Ploc. Plic. Ploc.
Un beuglement au loin interrompit le fil de ses souvenirs douloureux. On l'avait prévenue : son voisin le plus proche dans ces bois étranges et boueux, se prenait pour un pachyderme et accueillait la pluie d'un barrissement triomphal. Selon la rumeur, il avait été envoyé ici des années plus tôt, quand sa famille qui vivait sur la partie la plus chic de Wight n'avait plus supporté la honte qu'il leur infligeait.
Plic.
— Il est tout à fait inoffensif, lui avait garanti Jan Davies, une autre voisine, qu'elle connaissait depuis l'enfance. Il est seulement doté d'une mémoire exceptionnelle, et sa peau toute ridée fait des plis bien qu'il soit plutôt corpulent. Et puis il a cette étrange habitude de barrir quand il pleut à verse. Ça mis à part, il ne te dérangera pas.
Ploc.
À présent le clapotis des gouttes rappelait à Karen les vieux films de guerre, où de jeunes hommes anxieux surveillent leurs sonars pour repérer les sous-marins ennemis et les torpilles assassines.
Elle finit par retourner à son ordinateur portable et au mail qu'elle était en train d'écrire à son petit ami pour ne plus penser à tous les dangers éventuels. Dans le chalet, elle n'avait pas accès à Internet – il n'y avait même pas le téléphone –, mais elle enregistrerait le message sur une clé USB qu'elle emporterait demain dans un cybercafé après sa visite à la prison.
Parler à Will, même de façon indirecte, la mettait toujours de bonne humeur. À vrai dire, parfois, elle préférait ce mode de communication. Cela lui permettait de tout lui raconter y compris ce qu'elle ne lui dirait jamais, des paragraphes entiers qu'elle supprimait avant d'envoyer son mail.
J'essaie constamment de me rappeler que dans ma famille on ne commet pas d'erreurs. Jamais. Parfois, simplement, nos projets ne tournent pas comme on l'aurait souhaité, mais cela ne fait qu'ouvrir la voie à de nouveaux projets et de nouveaux succès.
Le problème, c'est que ça ne fonctionne pas toujours. Si je devais dresser la liste de tout ce que j'ai raté, hormis (peut-être) revenir ici, j'en aurais pour des siècles.
— Merde, tu es franchement pitoyable, ma pauvre fille. Arrête-toi là !
Elle s'empara de son téléphone, monta dans sa voiture et emprunta le sentier goudronné qui menait hors de la forêt. Elle s'arrêta à mi-chemin, là où pouvait capter le réseau, et pressa la touche de raccourci pour appeler Will.
— Salut. Tu es occupé ?
— Jamais quand je t'entends, assura-t-il et elle perçut le sourire dans sa voix. C'est comment ?
— Sinistre, humide et rempli de souvenirs dont je me passerais bien en ce moment.
Elle s'interdit d'ajouter : « C'est pour cela que j'ai décidé d'appeler mon brillant petit ami toujours si sûr de lui. » Et toi, ta journée ?
Neurochirurgien, Will exerçait au Brighton Hospital, où de nombreux patients attendaient leur tour, pleins d'espoir.
— Bien, rien de trop difficile. Mais on a un gosse de cinq ans avec un gliome inopérable. Je dois voir les parents demain pour leur expliquer pourquoi on ne peut rien faire...
— Quelle horreur ! Pour toi comme pour eux...
— Ça fait partie du boulot. D'une certaine façon, c'est plus facile que d'aller en prison interroger des psychopathes, comme tu le fais.
— Peut-être... Tu peux te libérer ce week-end pour venir dans mon refuge ? Je te préviens, ce n'est pas le Ritz, la cuisine fait office de salon, les chambres sont minuscules et la salle d'eau est en piteux état.
— J'espère, oui, répondit-il, d'une voix une nouvelle fois souriante. Je te le confirme dès que je le peux.
— Super. J'essaierai de réparer les fuites du toit d'ici là. Sinon, tu risques de te prendre les pieds dans des bassines remplies d'eau...
— Que ça ne t'empêche pas de te concentrer sur la raison de ton séjour là-bas, la sermonna-t-il gentiment, mais avec une pointe d'autorité qu'elle n'apprécia pas du tout.
Ils sortaient ensemble depuis trois mois, et parfois il arrivait à Will d'oublier qu'elle n'était pas une de ses étudiantes.
— Ces fuites n'ont aucune importance, contrairement à ton travail, ajouta-t-il.
— Depuis quand crois-tu en ce que je fais ? rétorqua-t-elle, sur un ton qu'elle voulait badin.
— Karen, là, tu n'es pas juste, se défendit-il. C'est vrai que je ne vois pas comment on peut élaborer un test de dépistage fiable sur les troubles de la personnalité à partir d'entretiens avec des détenus, mais...
Will s'interrompit et Karen songea que parfois le rationalisme scientifique pouvait être plus agaçant que les préjugés et les cris. Elle ne savait toujours pas pourquoi elle le trouvait si irrésistible : son assurance, son torse musclé et ses cheveux blonds coupés en brosse étaient à l'opposé de ce qui la faisait craquer chez un homme d'habitude.
— Attention, je ne dis pas que ça ne vaut pas la peine de tenter le coup, reprit-il. Ni qu'un autre psychologue ou qu'un légiste ferait mieux. Ton travail est aussi légitime que le leur, Karen.
— Ah, me voilà rassurée ! Toi, au moins tu sais comment parler aux femmes, plaisanta-t-elle. Allez, je te laisse, dors bien.
— Pour ça, pas de problème ! À plus.
Elle resta assise dans sa voiture, le téléphone à la main, songeant qu'ils avaient deux visions totalement différentes de leur travail.
Pour lui, le cerveau se résumait à un ensemble de masses aux formes variées et à la texture d'œufs brouillés. Un arrangement bien défini de régions aux noms curieux, inventés par ceux qui en avaient fait l'objet de leurs recherches : l'hippocampe (pour sa ressemblance avec l'animal marin), l'amygdale (qui tient son nom de sa forme en amande), le corps calleux, le cervelet, le ganglion nerveux... tous entourant le noyau cérébral pour envoyer à travers la colonne vertébrale les stimuli électriques qui commandent les mouvements, la parole et le comportement. Chaque partie était sujette aux lésions, aux maladies, ou aux tumeurs, que son scalpel pouvait exciser et soigner.
Pour elle, le cerveau était plutôt le repaire des angoisses et des délices, le réceptacle des souvenirs de punitions et de détresse, l'émetteur de l'excitation, de l'effroi, de l'espoir et de la peur. Et parfois un dédale terrifiant abritant un monstre qu'il fallait rechercher, cataloguer, et qu'on pouvait, si on avait beaucoup de chance et de courage, éradiquer, ou au moins neutraliser.
Revenant sur terre, elle se rendit compte que cela faisait plus de cinq minutes qu'elle fixait la pluie qui ruisselait sur son pare-brise. Elle posa son téléphone sur le siège passager et roula jusqu'au carrefour de la route principale, pour effectuer le demi-tour qui la ramènerait au chalet.
Quand elle ouvrit la porte, elle s'étonna de ne pas entendre le plic-ploc familier. Rien d'étonnant : l'eau débordait sur le carrelage. Elle allait devoir vider les bassines et éponger, puis monter au grenier s'occuper des seaux, car la pluie semblait devoir tomber toute la nuit. Ensuite, elle se préparerait pour sa visite du lendemain à la prison de Parkhurst et pour sa première rencontre avec Spike Falconer, qui avait froidement abattu à bout portant une famille de quatre personnes, dont deux enfants en bas âge, sans que personne jusqu'à maintenant ne puisse expliquer pourquoi.