Un été à Savannah
Un été à Savannah
Beth Hoffman
378 pages
Couverture cartonnée
Réf : 570020
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Au lieu de 20,00  (prix public)
Disponible
Le coeur des femmes
Résumé
1967. CeeCee, 12 ans, vient de perdre tragiquement sa mère. Elle est recueillie à Savannah par Tootie Caldwell, sa mystérieuse grand-tante. Entre l’atmosphère magique de la maison, Violene et Thelma, les voisines excentriques, sa tante et Oletta, la cuisinière noire débordante de tendresse, CeeCee va peu à peu reprendre goût à la vie. Parviendra-telle à faire son deuil et à retrouver enfin l’insouciance d’une enfant de son âge ?
Pourquoi on l'a choisi
Leçon de bonheur : Beth Hoffman nous livre ici, entre fous rires et larmes, un conte initiatique bouleversant sur les forces insoupçonnées de l’amitié féminine.
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :6
indianbook
Le 28 juillet 2010
Solidarité féminine
Un grand moment d'évasion pour ce roman joliment écrit, décrivant l'histoire bouleversante d'une enfant qui essaie tant bien que mal de gérer le quotidien, avec une mère aimante mais dépassée par sa maladie, et d'un père fuyant délaissant ses responsabilités. Grâce à des femmes remarquables, Ceecee va découvrir une vie riche et pleine d'amour. Un très bon moment passé avec ces femmes au grand cœur !
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Frednoe13
Le 04 septembre 2010
Sublime et émouvant !
J'ai dévoré ce roman rempli de plein d'émotions, avec des personnages très attachants et plus vrais que nature. C'était ma sélection du trimestre et ne sachant pas quoi commander, j'ai opté pour ce livre, franchement je ne l'ai pas regretté, au contraire ! Je le recommande à toutes et tous. Un livre plein d'humanité avec des vraies valeurs ! J'en redemande ! Sublimissime !!!
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lolo38
Le 27 août 2010
Une histoire qui réchauffe le coeur
Très belle histoire que celle de Cee Cee que la vie n'a guère épargnée durant ses 12 premières années. Une enfance privée d'insouciance, subissant les désastreuses frasques d'une maman bien malade et l'absence douloureuse d'un père démissionnaire. Mais le destin va mener Cee Cee auprès d'une assemblée de femmes dont la présence, la générosité, l'amour et l'attention vont bouleverser le cours de sa vie et lui donner enfin toutes les chances de s'épanouir et d'être enfin heureuse. Très beau moment de lecture, une écriture pleine de délicatesse et beaucoup d'émotion.
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BULLEDOR
Le 31 décembre 2011
Extra !
Ce livre se hisse sans aucuns doutes parmi mes livres préférés ! C'est un livre frais, émouvant, prenant, que l'on dévore très rapidement. Cette histoire, très touchante, est merveilleusement racontée ! Bravo, bravo, bravo !
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Nalaa
Le 25 janvier 2012
Fabuleux
J'ai adoré lire ce livre ! Très belle histoire touchante, des personnages qu'on aurait envie de connaitre... Le livre est bien écrit et se livre très vite tellement l'histoire est passionnante.
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croquecouleur
Le 06 mai 2012
Emouvant
Je l'ai commencé aujourd'hui et on est tout de suite dans l'histoire. Il me tarde d'être à ce soir pour continuer la suite. On pleure et on rit. La vie quoi ?
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Née dans un ascenseur pendant une tempête de neige, Beth Hoffman grandit dans une ferme de l'Ohio. Elle dirige un prospère cabinet d'architecture intérieure quand en 2004, à la suite d'une grave maladie, elle décide de tout quitter pour se consacrer à l'écriture. Cette passionnée d'antiquités, d'Histoire et de jardinage, vit aujourd'hui à Queen Ann, Kentucky, en compagnie de son époux et des animaux abandonnés qu'ils recueillent. Elle est aussi membre de différentes sociétés de préservation du patrimoine historique de Savannah et de Charleston.
Un été à Savannah est son premier roman.
Lu dans la presse
« Un été à Savannah a tous les ingrédients pour devenir un best-seller et le premier roman dont tout le monde parlera en 2010. Ce livre est tout simplement le meilleur avec lequel commencer une nouvelle année. »

Jamie Layton, Bookreporter


« Un été à Savannah est un petit bijou d'histoire, magnifiquement racontée. »

Trisha Ping, Bookpage


« Un premier roman d'une grâce peu commune, qui éclaire magnifiquement la force de l'amitié féminine. Il vous fera rire tout haut et vous laissera la gorge serrée... Pour votre plus grand plaisir. »

Book of the Month Club
Extrait

1

Maman avait laissé ses chaussures en satin rouge au milieu de la route. C'est ce que trois témoins oculaires ont rapporté à la police. Mon premier souvenir de ma mère avec des chaussures rouges remonte à une matinée enneigée de décembre 1962, l'année de mes sept ans. En entrant dans la cuisine, je la trouvai assise à la table. Les lumières n'étaient pas allumées, mais, dans l'aube légèrement brumeuse qui perçait à travers la fenêtre mangée de givre, j'aperçus des escarpins à talons rouges qui pointaient sous l'ourlet de sa robe. Elle n'avait pas préparé mon petit déjeuner, ni pendu à la poignée de la porte du sous-sol mon uniforme repassé. Elle était assise là, fixant la fenêtre d'un regard vide, les mains mollement posées sur les genoux. Elle avait laissé refroidir son café sans y toucher.
Je m'approchai d'elle et respirai la douce odeur de talc parfumé à la lavande qui s'était accrochée dans les plis de sa robe.
— Qu'est-ce qu'il y a, maman ?
J'attendis, attendis. Elle finit par se détourner de la vitre pour me regarder. Sa peau était aussi fragile que du papier de soie et sa voix à peine plus forte qu'un murmure lorsqu'elle passa la main sur ma joue en disant :
— Cecelia Rose, je t'emmène en Géorgie. Je veux que tu apprennes la vraie vie. Les femmes sont toutes élégantes, là-bas. Et les gens sont gentils, accueillants... C'est tellement différent d'ici. Dès que je me sentirai mieux, nous organiserons un voyage... toi et moi.
— Et papa, il viendra aussi ?
Elle ferma les yeux et ne répondit pas.

Maman resta triste jusqu'à la fin de l'hiver. Juste quand je pensais qu'elle ne sourirait plus jamais, le printemps arriva. Lorsque les lilas fleurirent en énormes grappes violettes, elle en fit des bouquets pour toute la maison. Elle se peignit les ongles en rose vif, arrangea ses cheveux et se glissa dans une robe à fleurs. Elle courut d'une pièce à l'autre, ouvrant les rideaux et les fenêtres. Elle monta le volume de la radio et m'entraîna dans une danse à travers la maison.
Nous tourbillonnions dans le salon, dans la salle à manger et autour de la table. Au beau milieu d'une pirouette, maman s'arrêta brusquement.
— Ça alors ! s'exclama-t-elle en prenant une profonde inspiration et en indiquant le miroir près de la porte. On se ressemble tellement. Quand est-ce arrivé ? Quand t'es-tu mise à grandir ?
Nous étudiâmes notre reflet dans le miroir. Je vis deux visages souriants en forme de cœur, des yeux bleus, et de longs cheveux châtains — ceux de maman retenus par un bandeau et les miens coiffés en queue de cheval.
— C'est incroyable, dit-elle en ramenant ses cheveux en arrière et en les tenant d'une main. Regarde-nous, CeeCee. Je parie que quand tu seras plus grande, les gens nous prendront pour des sœurs. Est-ce que ce ne sera pas amusant ?
Avec un petit rire, elle me prit par les mains et me fit tourner jusqu'à me soulever du sol.
Elle était si heureuse qu'elle m'emmena en ville et m'acheta quantité de vêtements neufs et de rubans pour les cheveux. Elle s'offrit tellement de paires de chaussures que le vendeur éclata de rire.
— Madame Honeycutt, vous avez plus de chaussures que toutes les danseuses du Bolchoï réunies.
Ni maman ni moi ne savions ce qu'il voulait dire, mais il avait l'air drôlement content de sa sortie. Nous rîmes donc avec lui pendant qu'il nous raccompagnait à la voiture en nous aidant à porter nos paquets.
Après avoir entassé sacs et boîtes dans le coffre, nous traversâmes la rue en courant pour aller nous installer au comptoir d'un snack et partager un cheeseburger, une assiette de frites et un milk-shake au chocolat.
Ce printemps-là fut vraiment mémorable. Je n'avais jamais vu maman si heureuse. Chaque jour était prétexte à une fête. Quand je rentrais de l'école, elle s'était faite belle et m'accueillait avec un grand sourire. Elle attrapait son sac à main, me poussait dans la voiture, et nous partions dépenser un peu plus d'argent dans les boutiques.
Puis papa rentra d'un voyage d'affaires de trois semaines. Maman et moi étions attablées dans la cuisine, elle devant un magazine, moi avec un coloriage. En ouvrant la penderie pour ranger sa veste, il manqua être assommé par l'avalanche de boîtes de chaussures qui s'abattit sur lui.
— Bon Dieu ! aboya-t-il en se tournant vers maman. Combien as-tu dépensé ?
Comme elle ne répondait pas, je posai mon crayon de couleur et souris.
— Papa, on fait les magasins depuis des semaines, mais tout ce qu'on a rapporté à la maison était gratuit.
— Gratuit ? Qu'est-ce que tu me chantes ?
Je hochai la tête d'un air entendu.
— Mais oui. Il suffisait que maman montre au vendeur un rectangle de plastique, et il nous laissait prendre tout ce qu'on voulait.
— Nom de Dieu !
Papa traversa la cuisine d'un pas lourd, fit main basse sur le sac à main de maman, pendu au crochet près de la porte, et en sortit ledit rectangle de plastique.
— Bon sang, Camille, lança-t-il en le découpant avec une paire de ciseaux. Combien de fois devrai-je te le répéter ? Il faut que ça cesse. Finies les cartes de crédit ! Continue comme ça et tu nous mettras à la rue. Tu m'entends ?
Maman humecta son index et tourna une page de son magazine. Il se pencha vers elle.
— As-tu pris tes comprimés ?
Elle l'ignora et continua de feuilleter son magazine.
— Camille, je te parle.
La brusquerie de son ton chassa tout éclat des yeux de maman. Il prit une bière dans le réfrigérateur en secouant la tête et quitta la pièce, flanquant des coups de pied dans les chaussures qui encombraient le passage. Je l'entendis s'affaler dans le fauteuil du salon en grommelant, comme il le faisait chaque fois qu'il était de mauvais poil. Ce qui, à ma connaissance, était presque toujours le cas.
Mon père ne souriait et ne riait pas souvent, et il avait un talent infini pour me donner le sentiment d'avoir autant de valeur qu'une pièce de monnaie égarée sur un trottoir. Chaque fois que je lui montrais un de mes dessins ou que j'essayais de lui raconter ce que j'avais appris à l'école, il s'impatientait :
— Je suis fatigué, on en parlera une autre fois.
Cette autre fois n'arrivait jamais, naturellement.
Il était représentant en machines-outils et passait la majeure partie de son temps dans des endroits comme le Michigan et l'Indiana. En règle générale, il était absent toute la semaine et ne rentrait à la maison que pour le week-end. Et, la plupart du temps, son retour provoquait une tension insupportable qui éclatait le samedi soir.
Maman, qui s'était pomponnée, entrait dans le salon et le suppliait de sortir.
— Viens, Carl, disait-elle en le tirant par le bras, allons danser comme autrefois. On ne s'amuse plus jamais.
Son visage se refermait et il répondait :
— Non, Camille. Je ne t'emmènerai nulle part tant que tu ne seras pas rétablie. Maintenant, va prendre tes médicaments.
Elle pleurait et disait qu'elle n'avait pas besoin de comprimés, il se mettait en colère et montait le volume de la télévision en enchaînant les bières, et moi, je me réfugiais dans ma chambre. À l'époque déjà, il était rare qu'ils se parlent gentiment, plus rare encore qu'ils se touchent. Bientôt, ils n'eurent plus aucun échange, et progressivement mon père déserta la maison.
Maman semblait se réjouir de ses déplacements de plus en plus fréquents. Un jour que j'étais assise par terre, dans sa chambre, à découper des poupées en papier, elle s'installa devant sa coiffeuse pour se maquiller.
— Qui a besoin de lui, de toute façon ? demanda-t-elle en se penchant vers le miroir pour appliquer son rouge à lèvres carmin. Laisse-moi te dire quelque chose, Cecelia Rose, les nordistes sont à l'image de leur climat : froids et ennuyeux. Et, crois-moi, aucun d'entre eux n'a le moindre sens de l'étiquette ou des convenances. Te rends-tu compte que personne dans cette ville paumée ne sait que j'ai remporté un concours de beauté ? Une vraie bande de rabat-joie, comme ton père.
— Tu n'aimes plus papa ?
— Non, me répondit-elle en se tournant vers moi. Je ne l'aime plus.
— Il rentre rarement à la maison. Où est-il, maman ?
Elle tamponna ses lèvres avec un mouchoir.
— Ce vieil imbécile ? Il est au cimetière, un pied dans la tombe. C'est une autre leçon à tirer de mon expérience. N'épouse jamais un homme plus âgé. Je suis sérieuse, CeeCee. Si un homme plus vieux te fait perdre la tête, retrouve-la et prends tes jambes à ton cou aussi vite que possible.
Je posai mes ciseaux.
— Il a quel âge, papa ?
— Cinquante-sept ans, répondit-elle en frottant une tache de rouge sur sa joue. Regarde ce qu'il m'a fait, ajouta-t-elle en observant son reflet d'un air inquiet. Je n'ai que trente-trois ans et déjà des rides. Ton père n'est rien qu'un menteur de Yankee. Je ne saurais te dire tout ce qu'il m'a promis pour que j'accepte de l'épouser et de venir m'installer dans cette saleté de ville, qui d'ailleurs n'en est même pas une. Et je me retrouve avec un gros tas à l'haleine de chacal.
Comme j'allais lui demander ce qu'elle voulait dire, une étrange expression glaciale traversa son visage. Elle baissa les yeux sur la photo de son mariage et la souleva lentement. Avec son tube de rouge à lèvres, elle dessina une énorme croix sur le visage de mon père. Ensuite, avec un rire strident, elle fit bouffer ses cheveux et sortit de la pièce.