Mon ange gardien m'a sauvée
Mon ange gardien m'a sauvée
400 pages
Couverture souple
Lecture confort : livre imprimé en gros caractères
Réf : 546579
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Au lieu de 21,30  (prix public)
Résumé
Un alpiniste sauvé dans sa chute par des mains invisibles, une mère décédée qui empêche sa fille de monter dans un ferry qui va faire naufrage... La célèbre médium britannique Dorothy Chitty a rassemblé des témoignages qui lui ont inspiré ces histoires fortes et émouvantes de personnes sauvées par leur ange gardien.

Un livre troublant sur les liens extraordinaires entre les vivants et les morts, sur les relations avec l’au-delà, et le flou de la frontière entre le monde réel et le monde spirituel.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
brigitte21
Le 17 décembre 2012
Etonnant
J'ai adoré ce livre. Il nous ouvre d'autres horizons et nous fait nous questionner sur notre vie, sur les gens disparus que nous aimons.
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jph
Le 18 septembre 2012
Mon ange gardien m'a sauvée
Un livre vrai de vérités. Ce livre m'a beaucoup touché et me conforte chaque jour dans ma vie. Il est une aide pour celui qui ne croit plus en rien. Merci pour avoir publié ce livre.
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buzzdene
Le 20 janvier 2013
Permet d'y réflechir
Qu'on y croit ou pas on se laisse porter par ces histoires touchantes.
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Extrait

1

LES ANGES DANS MA VIE



« Allons, viens, petite rêveuse ! », me disait papa au moins vingt fois par jour, pour me persuader de venir m’asseoir à table, ou d’enfiler ma chemise de nuit avant d’aller au lit. « Toi, tu vis dans un autre monde. »
Et il avait raison – je vivais dans un monde à part. Je ne me rendais pas compte à cette époque-là que mon univers était différent de celui des autres. Je savais seulement que j’étais en permanence entourée de personnages qui n’étaient pas des membres de notre famille, et j’ai constaté cela dès l’époque où je dormais encore dans mon lit d’enfant. C’était un bon vieux lit en bois, et l’un de mes premiers souvenirs est celui de la présence de cinq personnes penchées sur moi, me regardant avec amour. Bien sûr, à cet âge-là, je ne savais pas compter, mais j’avais en tête l’idée qu’ils étaient cinq. Ces êtres avaient l’air si gentil qu’avoir peur ne m’effleura même pas. Auprès d’eux, je me sentais en sécurité, protégée et ce n’est que bien plus tard que je me rendis compte, en y resongeant, que c’étaient des anges. Et que j’étais la seule à les voir.
J’avais un frère qui avait six ans de plus que moi, et une sœur de trois ans mon aînée, mais j’étais une enfant très solitaire. Ma propre compagnie – et celle des anges qui m’entouraient – me satisfaisait pleinement. Certaines de mes déclarations surprenaient parfois les adultes. Un jour où je me promenais avec maman, je montrai du doigt une femme de l’autre côté de la route.
« Cette dame va bientôt mourir, dis-je.
— Grands dieux ! s’écria maman. Qu’est-ce qui te fait dire ça ? »
Je n’avais que trois ou quatre ans, j’étais donc encore un peu jeune pour savoir ce qu’est la mort.
« Je le sais, c’est tout », répondis-je en fronçant les sourcils.
La dame mourut effectivement peu de temps après et j’entendis les adultes dire que des œufs de cane étaient responsables de cette intoxication mortelle. Cela m’a fait tellement peur que, depuis, j’ai toujours évité de consommer des œufs de cane !
À l’âge de cinq ans, j’ai commencé à fréquenter l’école catholique et, tous les matins, les élèves assistaient à une cérémonie à l’église. À côté de moi était généralement assis un homme plein de bonté, portant un costume marron fait d’une étoffe grossière, qui m’expliquait la signification du sermon en latin, et j’écoutais, fascinée par la beauté de tout ce cérémonial. Il ne m’a jamais dit son nom mais, dans mon esprit d’enfant, je supposais que c’était Dieu, et c’est en ces termes que j’en suis venue à penser à lui. Mal m’en a pris d’avoir dit un jour à l’une des religieuses que Dieu s’adressait régulièrement à moi ! J’eus tôt fait d’apprendre à ne plus mentionner mon ami au costume marron car, dans cette école, les sœurs faisaient généreusement usage de la lanière de cuir, particulièrement en cas de blasphème supposé.
Quelquefois, l’homme en costume marron me sortait de l’école et m’emmenait dans un parc tout proche. J’adorais monter sur le vieux manège de bois, mais comme j’étais trop petite pour y arriver toute seule, il me soulevait, m’y installait et faisait tourner le manège… Pour rejoindre le parc, il fallait traverser plusieurs routes où le trafic était intense, néanmoins, rien de mal ne m’est jamais arrivé. Un jour, je m’arrêtai devant la boutique d’un marchand de bonbons pour regarder tout cet étalage alléchant de sucreries. Je compris soudain que je ne voyais pas le reflet de mon ami sur la vitre de la devanture, alors que je voyais clairement le mien.
« Oui, c’est vrai, dit-il, lisant dans mes pensées, tout le monde ne me voit pas. »
Au fil du temps, je compris qu’il ne fallait parler de lui à quiconque à l’école, pour éviter les taquineries. « C’est celle qui parle à Dieu », disaient les autres filles, d’un air moqueur. J’étais exclue de leurs jeux dans la cour de récréation, car on me considérait comme quelqu’un de bizarre, de différent.
Cependant, je n’avais pas encore appris à me censurer tout à fait, et il m’arrivait parfois de transmettre des messages de la part d’un ange. Un jour, une petite fille du nom de Carol était en train de pleurer. J’ai toujours eu des élans envers ceux qui étaient tristes, je m’approchai donc d’elle. Je savais que son père avait été blessé à la guerre et que ses poumons étaient atteints – je savais aussi qu’il ne lui restait que peu de temps à vivre.
« Tout le monde prétend qu’il va s’en sortir, disait Carol entre deux sanglots.
— Non, il ne s’en sortira pas, lui répondis-je d’un ton neutre.
— Tu es abominable ! souffla-t-elle.
— Mais, une fois mort, tout ira bien pour lui, dis-je, parce qu’il deviendra un ange et alors il sera tout le temps avec toi. »
Elle me posa des questions sur les anges – voulait savoir de quoi ils avaient l’air et comment on faisait pour leur parler. Elle sembla rassurée par mes réponses – selon lesquelles on n’arrive pas toujours à les voir, mais on les entend parler dans sa tête. Je lui conseillai de dire à son papa qu’elle l’aimait, parce que je sentais qu’elle avait un peu peur de lui et qu’elle n’avait encore jamais vraiment prononcé ces mots, et elle promit de le faire.
Peu de temps après, le père de Carol est mort, et nous sommes devenues et restées très amies jusqu’à la fin de notre scolarité. Mais je commençais à me rendre compte que, la plupart du temps, il vaut mieux taire les mauvaises nouvelles. On peut être bien plus utile aux gens en leur transmettant des messages positifs plutôt que des messages négatifs.
Dans mon enfance, mes parents étaient très compréhensifs quand je leur disais que je parlais à Dieu et que je voyais des anges. Mon père me dit même un jour : « Tu es une petite fille qui a beaucoup de chance. » Mais je crois que toute la famille ressentit un malaise quand je commençai à transmettre des messages de l’oncle Charlie, qui s’était suicidé au gaz en glissant la tête dans le four de la cuisinière quand j’avais dix ans. (Ce n’était pas vraiment un oncle, mais un ami de la famille que nous traitions comme tel.)
La première fois que Charlie m’apparut, il avait, comme sans doute au moment de sa mort, les traits convulsés et la langue pendante, mais je n’eus pas peur. Tout me semblait parfaitement normal. Charlie me dit qu’il s’était tué parce qu’il avait découvert que sa nouvelle femme s’apprêtait à le quitter pour un autre homme et qu’il n’arrivait pas à envisager la vie sans elle, mais qu’il voulait que la famille sache que tout allait bien pour lui maintenant. Il revenait dans un esprit d’amour et non de haine ou de ressentiment. C’était un homme doux, un être plein de délicatesse.
Nous allions souvent déjeuner le dimanche chez la mère de Charlie, que nous appelions mamie Watts, et Charlie me transmettait des messages au beau milieu du repas, ce qui mettait tous les adultes présents très mal à l’aise.
Mais les choses se gâtèrent pour de bon à l’école, le jour où je fus accusée d’avoir triché. J’avais écrit sur ma copie ce que m’avait indiqué mon ami « Dieu » en costume marron comme étant la bonne réponse à une question. La religieuse, après avoir lu ma copie, s’approcha de moi, furieuse, et me gifla.
« Où as-tu copié ça ? me demanda-t-elle. Ces mots ne viennent pas de toi, c’est l’expression d’un adulte.
— Non, répondis-je, ils viennent de Dieu. »
La religieuse au visage bouffi me toisa. « Écoute-moi bien, petite, dit-elle d’un ton rageur, tu ne peux pas entendre Dieu. C’est impossible. »
J’eus droit à une bonne réprimande ce jour-là, et mes parents furent informés que je trichais dans mes devoirs et que, mise au pied du mur, je perturbais le cours en répondant insolemment. Avant même de comprendre ce qui m’arrivait, rendez-vous fut pris pour une consultation chez un psychiatre.
Le psychiatre était un homme brun à lunettes, d’allure austère, qui me posait des rafales de questions et gribouillait sur son bloc-notes. En baissant les yeux, je vis, là, au pied de son bureau, un petit garçon blond qui me dit s’appeler Peter. C’était un très bel enfant, et il semblait nimbé de lumière. Il me dit que le psychiatre était son père. Il était mort de leucémie l’année précédente, et il mentionna que son papa avait mis un ours en peluche dans son cercueil. « Dis à mon papa que je suis là », me dit-il. Ce que je fis.
« Mais qu’est-ce que tu racontes ? », dit-il d’un ton brusque. Alors je décrivis Peter, et j’indiquai tous les détails qu’il m’avait donnés concernant sa mort – y compris le nounours. Le psychiatre était tout à fait décontenancé, mais il me posa quelques questions à transmettre à Peter et je me retrouvai bientôt à faire circuler l’information entre eux avec le plus grand naturel.
Le psychiatre dit finalement à mes parents : « Cette petite fille est tout à fait normale. Elle a des PES (perceptions extrasensorielles). »
Je n’avais aucune idée de ce qu’il voulait dire, et je lui demandai si c’était contagieux, ce qui fit rire tout le monde.
« Tu as un don spécial, me dit-il. Tu peux parler à des gens qui sont morts. Mais il ne faut le dire à personne parce que les autres n’ont pas ce don. »