Le faux pas
Le faux pas
Frédérick d'Onaglia
464 pages
Couverture cartonnée
Lecture confort : livre imprimé en gros caractères
Réf : 504141
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Au lieu de 19,50  (prix public)
Disponible
Une saga âpre et belle comme les Cévennes !
Résumé
À l'occasion des funérailles de Jean Chavanel, son beau-père, Chloé revient à la Commanderie, qu'elle avait quittée dix ans plus tôt après la mort accidentelle de son mari. Les choses ont bien changé au domaine : les manigances de Gérald, le neveu de Jean, ont fait sombrer la fabrique familiale. Chloé décide de redresser la barre. Elle peut compter sur l'aide de Johann, le chef d'atelier, un colosse aussi séduisant que mal embouché...
En savoir plus
Dans la même veine que Le secret des cépages ou L’invitée de Fontenay, ses deux grands succès, Frédérick d’Onaglia effectue avec Le faux pas un “retour aux sources”. En effet, avant qu’il ne se consacre exclusivement à sa passion, l’écriture, il travaillait dans l’entreprise familiale, une célèbre fabrique de chaussures fondée en 1959.
Pourquoi on l'a choisi
Rivalités, crimes et élans du cœur s'enchaînent sans temps mort dans cette saga familiale joliment ancrée en terre cévenole.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :2
Le 11 mai 2010
Un beau roman pour l'été
A lire si l'on a du vague à l'âme car rien n'est jamais perdu pour qui sait attendre ! Chloé, une jeune veuve revient avec un de ses enfants dans une région qu'elle avait fui après la mort de son mari pour assister aux funérailles de son beau-père, décédé dans des circonstances bien étranges... Etait-ce un suicide...? Nous le découvrirons avec elle dans cette saga pleine de rebondissements, amour, meurtres, rivalités, tout y est. Avec le beau et bourru Johann, Chloé luttera aux côtés de sa famille pour garder la manufacture de chaussures dont elle a héritée avec ses deux beaux-frères qui feront tout pour se débarrasser d'elle... Chloé passera par de bien pénibles moments et des bonheurs aussi, heureusement pour nous ! Les nombreux personnages de cette histoire de famille qui se passe dans les Cévennes sont dépeints avec justesse, humour, tendresse et sincérité à croire qu'ils ont vraiment existé... On les aime, on les déteste. Quelle famille ces Chavanel ! J'ai eu un coup de coeur pour la malheureuse Estelle qui trouvera... chaussure à son pied avec un homme plus jeune qu'elle... La fin surprenante est digne d'un grand polar, l'auteur nous raconte magistralement l'escalade vers la folie meurtrière d'un amour trop passionnel. Frédérick d'Onaglia, à l'aise dans un domaine qu'il connaît bien puisqu'il a travaillé dans la chaussure, nous montre qu'il peut entrer maintenant dans la cour des grands... A lire très vite, vous ne le regretterez pas. Bravo !
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fanfan
Le 24 février 2010
Le faux pas
Pour cette histoire, l'auteur nous emmène dans un univers qu' il connaît bien , le monde de la chaussure. Un roman où le destin d'une famille sera bouleversé par des secrets enfouis et la soif du pouvoir. Sans oublier les sentiments. Un livre magnifique que je vous recommande tout particulièrement. A lire absolument.
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Né à Rillieux-la-Pape dans le Rhône, Frédérick d'Onaglia écrit depuis l'âge de douze ans et se passionne pour toutes formes de fiction. Ses aspirations littéraires le poussent à suivre des études de communication qui le mènent au poste de responsable marketing qu'il exerce à Lyon.
La Provence, où il séjourne régulièrement, est souvent le cadre de ses romans. En 2004, il publie Le Secret des cépages, finaliste du prix Carrefour-Savoirs et lauréat du prix Lion's Club International, lequel constitue également le premier volet d'une trilogie à succès, complétée par L'Invitée de Fontenay puis par L'Héritière des Montauban.
En 2007, paraît L’Honneur des Bastide, puis sa suite, La Mémoire des Bastide, en 2008. Faux Pas (2009) remporte lui aussi un grand succès.
Présent dans de nombreux salons du livre, dont Metz, Nancy, Besançon, Saint-Étienne, Nice, Toulon ou Brive, l’auteur a su conquérir un public toujours plus nombreux.
Lu dans la presse
« Un bon récit, bien charpenté dans le décor cévenol senti, autour d'un problème économique d'actualité. »

Midi libre


« Un sujet très d'actualité, et non dénué d'émotion et de tendresse, et d'un certain suspens. Un roman ancré au plus profond du terroir. »

Le Progrès
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Retour aux sources
Frédérick d'Onaglia
Extrait

1


Le soleil régnait sur le cimetière de Saint-Jean-du-Gard où une foule nombreuse était venue rendre un dernier hommage à Jean Chavanel. Une semaine plus tôt, la population locale avait été profondément choquée d'apprendre le suicide du fondateur de la célèbre marque de chaussures. Selon la rumeur, il n'aurait pas supporté la perspective d'une délocalisation de son entreprise à l'étranger.
Chloé ouvrait le cortège. La belle-fille du défunt contenait son émotion, sa colère, aussi, envers ceux qu'elle tenait pour responsables du geste de son beau-père. Ils étaient là, les coupables, parmi les collaborateurs, les confrères, les politiques, les fournisseurs, amis ou ennemis de longue date. Peut-être même dans les rangs de la famille Chavanel. Tous, à leur manière, avaient conduit le vieil homme à appuyer sur la détente. En suivant le corbillard, Chloé sentait leurs regards inquisiteurs posés sur elle. Ils l'épiaient, à l'affût d'un signe trahissant les séquelles de l'accident qui l'avait brisée dix ans plus tôt, se demandant si elle allait retourner sagement à Ramatuelle juste après l'enterrement ou si elle attendrait l'ouverture du testament. Peut-être auraient-ils aimé la voir se déplacer en fauteuil roulant... Chloé ne leur ferait pas ce plaisir, ils ne devineraient rien.
Le convoi s'immobilisa devant le caveau des Chavanel. Raides dans leurs uniformes, quatre employés des pompes funèbres présentèrent le cercueil devant la fosse tandis que le prêtre se recueillait pour une dernière bénédiction. Intérieurement, Chloé était accablée. Face à elle, sous les couronnes de fleurs, reposait la dépouille d'une personnalité hors du commun, qui, jusqu'à son dernier souffle, avait prouvé que les hommes étaient maîtres de leur destin. Elle s'estimait chanceuse d'avoir côtoyé de si près cet être d'exception. Il lui avait tant appris. Bien sûr, leurs caractères affirmés les avaient parfois opposés, mais un profond respect les avait toujours liés. Chloé pouvait se vanter d'avoir été la seule personne capable de tenir tête au chef de clan, la seule aussi à l'avoir aimé sans le craindre. Sous l'écorce, elle avait sondé le bois tendre, et cette complicité avait attiré des jalousies au sein de la famille. Elle n'en avait tenu aucun cas, sa relation avec son beau-père ne regardait qu'elle.
Malgré la luminosité, Chloé gardait les yeux fixés sur le cercueil. Jean Chavanel allait rejoindre ses ancêtres en terre camisarde après l'avoir marquée de son empreinte. Elle se souvenait de leur première rencontre. Elle venait de terminer ses études à l'école de chaussures de Romans, et Chavanel, impressionné par son parcours et sa créativité, l'avait immédiatement recrutée dans son équipe de stylistes.
— Dites-vous bien une chose, mademoiselle, lui avait-il annoncé, pour l'instant, vous ne savez rien. Votre apprentissage débute maintenant.
Elle n'avait pas cillé et s'était juré de relever ce défi : s'imposer dans l'entreprise Chavanel au seul mérite de son travail. Chloé avait toujours préféré les actes aux beaux discours. À cette époque, elle passait pour une jeune femme distante, d'une beauté froide, et elle s'était distinguée très vite de ses collègues par le sérieux qu'elle inspirait. Mais elle s'était surtout forgé une carapace afin de mieux se protéger. Peu à peu, la jeune diplômée avait réinterprété les lignes traditionnelles en y adjoignant une touche d'originalité. Jean Chavanel, « l'Ancien », comme le surnommaient affectueusement les employés, s'était montré ouvert à toutes ses propositions, témoignant d'un bel esprit novateur. À son contact, Chloé avait appris la perfection, assimilant l'enseignement de son patron avec une rapidité confondante. Trois ans après son embauche, il lui avait offert le titre convoité de responsable du bureau de style. À cette fonction, elle avait exprimé sa créativité, dynamisé l'image de marque et permis à l'entreprise de voler de succès en succès pendant une décennie.
Chavanel était aussi connu pour ses colères homériques. Il lui suffisait, en traversant les ateliers, de repérer un pied défectueux ou de se heurter à la mauvaise foi d'un opérateur pour entrer dans une rage folle. Chloé le revoyait improviser « ses remises à niveau », debout sur une chaise, inculquant à ses techniciens les bons gestes après avoir ordonné l'arrêt brutal de la chaîne de fabrication. Intransigeant sur la qualité, il pouvait se permettre ce genre de débordements car tout le monde, à l'usine, respectait ce meneur d'hommes capable de superviser tous les postes. Jean avait le métier dans le sang, un véritable don qui lui permettait de réaliser un pur chef-d'œuvre avec un simple outil. Chloé partageait ce goût de l'excellence qui avait imposé la marque Jean Chavanel dans l'univers du luxe à la française.

Dans une sorte de ballet parfaitement synchronisé, les croque-morts soulevèrent le cercueil avant de le descendre dans le caveau avec d'infinies précautions. Chloé retint ses larmes. Elle devait maîtriser ses émotions. Jean avait toujours détesté les effusions publiques. Elle trouva un réconfort en contemplant la campagne environnante. Par-delà le mur du cimetière, les cigales stridulaient de toutes parts, la sarriette et la menthe sauvage des sous-bois embaumaient les collines de leur parfum épicé. « C'est le pays de la créativité, avait pour habitude de dire Jean lorsqu'il entraînait les siens dans de longues promenades. L'inspiration est partout présente, il suffit d'ouvrir les yeux et de laisser voguer son imagination. »
Chloé avait admiré ce visionnaire, mais plus encore aimé l'homme. Jean Chavanel appartenait à cette génération de patrons qui concevaient l'entreprise comme une grande famille, où chaque employé avait son utilité, ne faisant aucune distinction entre un intérimaire ou un directeur. « N'oublie jamais, répétait-il souvent à son fils Mathias lorsqu'il le formait à sa succession, notre prospérité perdure grâce aux bons ouvriers. Tu pourras tout leur demander si tu sais te montrer juste et honnête avec eux. Respecte-les, et tu seras respecté. » Tout au long de sa carrière, l'Ancien avait appliqué cet adage avec une remarquable générosité. Il s'était montré à l'écoute de ses salariés, instaurant un dialogue avec eux ou leur octroyant de nombreux avantages sociaux. Cette politique lui avait valu de ne rencontrer aucun problème avec les syndicats. Aloïs Dumazel, l'ancien chef d'atelier qui avait été leur délégué, le tenait d'ailleurs en grande estime. Ce matin-là, avec Jean Chavanel, la région enterrait une institution.
Le regard de Chloé se posa sur la pierre tombale. Le nom de son beau-père s'inscrivait en lettres dorées au-dessous de celui de son fils.
« Mathias... »
Chloé l'avait aimé dès leur première rencontre, lorsque Jean était venu lui présenter son successeur. Par la suite, les jeunes gens avaient été amenés à travailler souvent ensemble et ils s'étaient entendus à merveille. Deux ans plus tard, alors qu'ils s'étaient éternisés au bureau à une heure avancée de la nuit, leur relation avait pris une autre dimension. « Vous avez un talent fou ! Grâce à vous, je crois que nous tenons la collection printemps-été », s'était écrié Mathias qui, subjugué, l'avait observée avec intensité.
Chloé conservait l'image de ce regard où se mêlaient admiration et désir. Elle s'était sentie belle. À cet instant précis, ils n'avaient plus été de simples collègues de travail. Elle n'avait pas bougé lorsqu'il s'était avancé pour l'embrasser. Ce geste lui avait paru si naturel... Et durant les onze années de bonheur qui avaient suivi, elle s'était révélée passionnée et spontanée, vivant le grand amour au quotidien. De cette complicité étaient nés deux enfants, Guillaume et Manon. Mais le rêve s'était brisé tragiquement sur la route un soir de réveillon. Depuis, Chloé gardait de Mathias un souvenir inaltérable, le seul éclat de sa vie de femme. Pour se redresser après un tel drame, elle s'était réfugiée derrière un masque de glace.