Au coeur des glaces
Au coeur des glaces
Roberto Masello
742 pages
Couverture cartonnée
Réf : 475871
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Au lieu de 19,90  (prix public)
Epuisé
Les amants maudits
Résumé
Année 2000. Une équipe de scientifiques du pôle Sud découvre un couple enchâssé dans un glacier. Elle est d’une beauté à couper le souffle, il porte un uniforme d’une autre époque. Une fois libérés de leur prison de glace, on découvre contre toute attente qu’ils sont vivants... Mais vampires, depuis la guerre de Crimée, en 1854. Tandis qu’elle compte sur la science pour guérir, son compagnon préfère l’errance macabre et la voie des ténèbres. 
Pourquoi on l'a choisi
Le récit fantastique d'une malédiction obscure qui séduira tout à la fois les amateurs d'histoire, d'aventures et d'amours romantiques. 
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :4
ADELE
Le 20 juillet 2010
Excellent
je suis en train de lire ce livre et j'ai vraiment du mal à m'arrêter. C'est vraiment prenant. Bien écrit. Il y a une bonne intrigue et l'histoire est originale. Bon, je continue ma lecture.
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HCA
Le 30 mai 2010
Une malédiction éternelle
Vous connaissez "La chose" de Stephen King, vous avez certainement lu "Terreur" de Dan Simmons, et bien maintenant je vous conseille "Au cœur des glaces" qui se révèle être tout aussi angoissant. Cette fois-ci vous découvrirez une première partie du livre consacrée à un journaliste d'une revue qui part pour une station polaire. Une deuxième partie relatant la découverte de deux amants prisonniers des glaces et qui s'avèrent être possédés par une malédiction (vampire ? à vous de voir). Ce livre retrace également la vie de ce jeune couple qui est issu d'un autre siècle où amour et guerre font partis de leur quotidien. Bref je viens de le terminer et il est vraiment à découvrir. Bonne lecture je vous retrouve pour un prochain résumé sur un autre livre à savoir "La scribe".
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Le 30 juin 2010
Rebondissant
Je suis scotchée, il y avait longtemps que je n'avais pas frissonné et imaginé aussi bien un livre, l'histoire est digne d'un film, et superbement racontée et décrite, sans étalage monocorde, excellent ! Lisez et fermez les yeux, vous y êtes !
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Casix
Le 02 septembre 2011
Une histoire frissonnante !!
Amateur d'aventure, cette histoire est écrite et racontée pour vous ! Vous n'allez pas vous ennuyer ! D'abord, vous serez transporté dans une station polaire auprès d'un journaliste de revue, puis vous allez très vite faire la connaissance d'un couple amoureux vivant à un autre siècle et se retrouvant prisonnier des glaces ! Je vous laisse frissonner par la découverte de cette belle histoire qui promet mystère et rebondissement !
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Robert Masello a reçu de nombreuses récompenses comme journaliste. Il a par ailleurs écrit des scénarios pour la télévision et de nombreux livres. Ses articles ont paru dans un grand nombre de publications : Los Angeles Times, New York et People. Son livre d'apprentissage de l'écriture, Robert's Rules of Writing, a été mis au programme de nombreuses universités. Pour la télévision, il a entre autres collaboré à Charmed.
Il vit à Santa Monica, en Californie.

Pour en savoir plus :
www.robertmasello.com
Extrait

PROLOGUE


À BORD DU BRICK LE COVENTRY,
DANS L'OCÉAN ANTARCTIQUE
LAT. 65 DEGRÉS 28 MINUTES S.,
LONG. 120 DEGRÉS 13 MINUTES O.

28 décembre 1856


Sinclair se pencha sur la couchette basse où Eleanor était étendue. Emmitouflée dans sa veste et dans le moindre drap ou couverture sur lesquels il avait pu mettre la main, celle-ci claquait des dents et soufflait des nuages de buée. À la lumière vacillante de la lampe à huile, il vit ses yeux se révulser et ses paupières se fermer ; son visage était aussi blanc que la glace qui cernait le bateau depuis des semaines.
De ses doigts gourds, il balaya la mèche brune qui lui barrait le visage. Sa peau semblait inerte, aussi lisse et froide que la lame d'une épée, mais il percevait toujours en dessous la lente circulation du sang. Elle survivrait. Il lui fallait juste pourvoir à ses besoins, et vite. Il n'y avait plus moyen d'y échapper, maintenant ; il devait sortir de la cabine et descendre dans la cale.
— Repose-toi, dit-il doucement, je reviens vite, tu ne t'apercevras même pas de mon absence.
Peinant à remuer les lèvres, elle poussa un faible soupir de protestation.
— Essaye de dormir.
Il ajusta la coiffe de laine sur sa tête, déposa un baiser sur sa joue et se redressa autant que le plafond de la minuscule cabine le lui permettait. Tenant d'une main la lampe — couverte de taches, et ne contenant plus au fond qu'une fine couche d'huile de baleine —, il resta un instant à écouter à travers là porte avant de l'entrebâiller et scruter le couloir plongé dans le noir. Il entendait les hommes d'équipage discuter à voix basse dans l'entrepont. Il n'avait pas besoin de tendre l'oreille pour savoir de quoi ils parlaient. Depuis que le bateau s'était dérouté et qu'il dérivait vers le pôle Sud à cause du vent incessant et de la tempête, il avait surpris des malédictions à son encontre et vu l'hostilité grandir peu à peu dans leurs regards. Les marins étaient superstitieux, même quand tout allait bien, et il savait qu'ils en étaient venus à considérer leurs mystérieux passagers — Eleanor et lui-même — comme la cause du désastre actuel. Et Sinclair se demandait ce qu'ils comptaient faire à ce sujet. C'est pourquoi il n'aimait pas laisser Eleanor seule, fût-ce pour quelques minutes.
Il avait ôté depuis longtemps les éperons de ses bottes, mais il était impossible de se déplacer dans le couloir sans faire grincer les lattes du plancher. Sinclair essayait de profiter du craquement de la glace contre la coque, ou du claquement des voiles là-haut, dans le ciel nocturne ; mais au moment où il passait devant la cuisine, la lumière de sa lampe tomba sur Burton et Farrow penchés sur une bouteille de rhum. Le bateau gîta à tribord et Sinclair dut prendre appui contre le mur pour ne pas chuter.
— Où c'est qu'vous allez ? grogna Burton.
Dans sa barbe, des particules de glace scintillaient comme des diamants et il portait un grand anneau doré à l'oreille.
— Dans la cale.
— Pour quoi faire ?
— Ce n'est pas votre problème.
— Ça pourrait l'devenir, entendit-il Farrow murmurer tandis que le bateau se redressait dans un vacarme assourdissant.
Sinclair s'approcha de l'échelle qui menait à la cale. Ses montants étaient givrés, et il descendit en balançant sa lampe à huile au bout de sa main ; la lumière tremblante éclaira des bacs de porc salé, de morue séchée et d'amures — tous pratiquement vides — ainsi que les caisses de rhum chilien dont l'équipage n'avait pas laissé une goutte. Ses propres bagages, au fond, consistaient en un grand coffre fermé par une chaîne et un cadenas. À première vue, il paraissait intact.
Mais ; lorsque Sinclair se rapprocha et que le faible halo de la lampe se posa sur la malle, il aperçut des égratignures et de légères marques, comme si quelqu'un avait tenté de forcer le verrou ou d'entrouvrir le couvercle pour fouiller. Cela n'avait rien de surprenant. À vrai dire, il ne voyait qu'une seule raison pour que les matelots n'aient pas volé ses affaires : ils le haïssaient, mais avaient peur de lui. Il savait qu'ils le considéraient — lui, le cavalier vétéran et endurci de la campagne de Crimée, le spécialiste du maniement des pistolets, lances et autres sabres — comme un homme redoutable. Il remonta le col de son uniforme, puis sortit les clés de la poche de sa veste.
Après avoir jeté un coup d'œil derrière lui pour s'assurer qu'il était seul et que personne ne l'observait, il déverrouilla le cadenas, défit les chaînes et souleva le couvercle du coffre. À l'intérieur, sous du matériel d'équitation, des uniformes et plusieurs livres — les œuvres de Coleridge, Chatterton, George Gordon et lord Byron —, il mit la main sur ce qu'il cherchait. Deux douzaines de bouteilles portant l'étiquette MADEIRA — CASA DEL SOL, SAN CRISTÓBAL, emballées avec soin. Il en nettoya une avec un pantalon d'équitation, la glissa sous son bras et referma soigneusement la malle.
Remonter l'échelle tout en jonglant avec la lanterne et la bouteille n'était déjà pas chose aisée, mais la présence de Burton louchant sur lui depuis l'ouverture ne l'aida pas.
— Z'avez trouvé ce que vous êtes venu chercher, lieutenant ?
Sinclair ne répondit pas.
— B'soin d'un coup de main ?
— Ça ira.
Mais Burton avait vu la bouteille.
— D'la liqueur, non ? Eh, on a tous b'soin d'un petit remontant.
— Vous êtes déjà assez remonté comme ça.
Sinclair émergea de la cale et passa devant Burton et Farrow — lequel se frappait des deux mains pour stimuler sa circulation —, et une fois hors de leur vue, il baissa la tête pour s'introduire dans la cuisine. Il tint la bouteille devant le poêle où un feu de charbon se consumait doucement afin de dégeler son contenu, puis il retourna à la cabine en priant pour que l'état d'Eleanor ne se soit pas aggravé.
Elle n'était plus seule. Un rai de lumière filtrait sous la porte et, lorsqu'il entra, Sinclair découvrit le médecin du bateau, le Dr Ludlow, qui s'affairait autour d'elle. Adipeux et presque bossu, Ludlow était un spécimen d'homme pour le moins répugnant, aux manières à la fois obséquieuses et arrogantes ; Sinclair ne l'aurait même pas laissé lui couper les cheveux (une autre des attributions du bon docteur), et il ne lui faisait aucune confiance en ce qui concernait Eleanor, pour laquelle il manifestait un intérêt déplacé depuis qu'ils étaient à bord. Il tenait son poignet et secouait la tête d'un air attristé.
— Le pouls est très bas, lieutenant, vraiment très bas. Je crains pour la vie de cette malheureuse.
— Pas moi, déclara Sinclair, autant à l'attention d'Eleanor que du misérable docteur.
Il enleva la main de la jeune femme de la pogne moite du médecin et la glissa sous les couvertures. Eleanor ne réagit pas.
— Même mes sangsues ont gelé, j'en ai peur.
C'était plutôt une bonne nouvelle. Sinclair était au moins sûr d'une chose : Eleanor n'avait pas besoin qu'on lui retire du sang.
— Quel dommage, commenta Sinclair, sachant fort bien que le docteur aimait tout particulièrement appliquer ces créatures sur la poitrine et les jambes d'Eleanor. Si vous voulez bien nous laisser, je me débrouille très bien tout seul.
Le Dr Ludlow s'inclina courtoisement, puis reprit :
— Je suis venu sur ordre du capitaine. Il souhaiterait s'entretenir avec vous sur le pont.
— Je le rejoindrai dès que possible.
— Je suis navré, lieutenant, mais il a insisté.
— Plus vite vous partirez, plus vite j'irai parler au capitaine.
Ludlow sembla hésiter, comme pour signifier que ce n'était pas Sinclair qui le congédiait, puis il quitta la cabine. Quand il fut parti, celui-ci cala un tabouret contre la porte et sortit la dague qu'il cachait dans son uniforme pour ouvrir la bouteille.
— Attends, dit-il à Eleanor, sans être certain qu'elle l'entendait encore, c'est presque prêt.
D'une main, il souleva sa tête de l'oreiller — des haillons fourrés dans un sac en toile de jute — et porta la bouteille à ses lèvres.
— Bois, dit-il.
Elle ne répondit pas. Il inclina le flacon jusqu'à ce que le liquide humecte ses lèvres et leur confère une nuance de rouge, apportant un semblant de vie à son visage.
— Bois, insista-t-il.
Sentant son haleine sur le revers de sa main, il pencha un peu plus la bouteille et ne s'arrêta que quand un mince filet rosé coula sur son menton et dégoulina sur la broche qui fermait son col. La pointe de sa langue apparut, comme pour traquer les dernières gouttes, et Sinclair lui sourit faiblement.
— Oui, c'est ça, l'encouragea-t-il. Prends-en encore. Encore un peu.
Elle s'exécuta. Au bout d'une minute ou deux, ses yeux s'ouvrirent. Elle regarda Sinclair, avec un air perdu où se mêlaient un profond regret et une soif encore plus profonde. Il tint fermement le flacon tandis qu'elle en tétait le goulot. Son regard retrouva une certaine substance, et sa respiration s'apaisa. Quand il estima qu'elle en avait eu assez, il reposa sa tête sur l'oreiller, remit le bouchon de liège à sa place, puis cacha la bouteille sous une pile de draps et de couvertures.
— Je dois aller voir le capitaine, dit-il. Je ne serai pas long.
— Non, protesta-t-elle d'une voix à peine audible. Reste.
Il lui serra la main. Était-elle déjà plus chaude ?
— Parle-moi, reprit-elle.
— Bientôt, bientôt... Je te parlerai de cocotiers aussi hauts qu'une cathédrale...
Un soupçon de sourire retroussa le coin de ses lèvres.
— Et d'un sable aussi blanc qu'à Douvres...
C'était une de ces phrases qui n'a de sens que pour les amoureux. Elle était tirée d'une chanson populaire qu'ils avaient souvent entonnée dans des circonstances moins éprouvantes que celles-ci.
Sinclair retira le tabouret qui barrait la porte, éteignit la lampe — il fallait économiser le peu d'huile qu'il restait — et la laissa dans la cabine. Seule une faible lueur tombait dans le couloir depuis le pont supérieur, mais c'était suffisant pour le guider jusqu'aux marches.