La fiancée de Bombay
La fiancée de Bombay
Julia Gregson
704 pages
Couverture cartonnée
Réf : 475123
Cet article ne rapporte pas de points
Au lieu de 22,00  (prix public)
Achat avec points impossible
Disponible
À la recherche de son destin au coeur de l'Inde coloniale...
Résumé
Automne 1928. Viva, jeune londonienne désargentée désirant ardemment retourner à Bombay, ville qui a vu mourir ses parents par le passé, se fait engager comme chaperonne de deux jeunes femmes fortunées rejoignant l’Inde elles aussi. Il y a Rose, la candide qui doit épouser un officier britannique sur place et sa meilleure amie, la fantasque Victoria, en quête d’un époux. Viva est aussi en charge du jeune Guy au comportement aussi déroutant qu’inquiétant. À bord du bateau, elle se rapproche peu à peu de Frank, un médecin...
L'avis du Club
Une vraie découverte !
« Quel souffle ! Ce roman foisonnant, initiatique et romantique, m’a emportée dès les premières pages. La modernité du personnage de Viva m’a entraînée : farouche indépendante, elle prend son destin en main, ce qui lui permettra enfin de se laisser gagner par l’amour. Je vous invite à vous lancer ! »

Anne-Laure Aymeric
Directrice éditoriale
Pourquoi on l'a choisi
L’Inde changera-t-elle Viva ? Réussira-t-elle, malgré une rupture douloureuse et un passé familial trop trouble, à ouvrir son cœur à Frank et à l’amour ? Quel est son lien avec Guy ? Et Rose pourra-t-elle trouver l’amour auprès d’un parfait inconnu ?
On suit avec passion leurs peurs, leurs blessures et leurs espoirs dans un pays fascinant.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :8
PAT333
Le 06 avril 2010
La fiancée de Bombay
Pour découvrir l'histoire de la population, le récit palpitant de 3 amies vous laissera en haleine jusqu'à la dernière ligne. J'ai beaucoup aimé ce roman et pourtant je ne l'aurai pas forcémént acheté s'il n'y avait pas eu l'offre de France Loisirs pour deux livres achetés. Je ne le regrette pas car je me suis laissée porter au fil des pages. Très agréable, j'ai passé un super bon moment.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 26 mai 2010
Voyage dans le temps
Ce roman nous transporte dans les années 1930 au cœur de la société britannique en Inde. Roman d'aventure par excellence. Bien écrit.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 05 octobre 2010
Mal écrit !
Je n'ai pas du tout aimé. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants. Et surtout le roman est très mal écrit. Il n' y a aucune description des personnages, des lieux. Je n'ai jamais terminé le livre.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Lancien Florie
Le 12 janvier 2011
Excellente lecture
J'ai adoré ce roman, exotique et romantique à souhait. Je l'ai ensuite prêté à ma mère qui l'a aussi beaucoup aimé. Un très bon souvenir de lecture.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
arlette12
Le 29 décembre 2010
Un bon divertissement
Elle s'appelle Rose et doit se rendre à Bombay pour se marier avec un officier de l'armée britannique. Sa meilleure amie,Tor qui est aussi sa demoiselle d'honneur, l'accompagne, mais il leur faut un chaperon car dans les années 30, on ne laisse pas des jeunes filles de la bonne société Anglaise voyager seule. C'est Viva, une jeune femme, qui se propose de le faire moyennant le prix de son billet. Nous sommes donc entraînés dans le sillage de ces trois jeunes femmes, dans le tourbillon de la vie trépidante de Bombay... Un livre frais, une histoire bien ficelée, très agréable à lire.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
natacha
Le 03 mars 2011
Pas intéressant
J'ai lu ce livre, et je n'ai pas aimé du tout. Cela nous parle de trois filles, qui n'ont aucun intérêt. J'ai été très déçu en le lisant.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
CHANTEBISE
Le 19 juillet 2011
Bon
Intéressant, dépaysant, bon moment de lecture.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
latornadeblonde
Le 09 novembre 2011
Bien écrit mais décevant
L'histoire nous permet de voyager mais finalement et bien que l'histoire de Rose soit passionnante, il manquait un petit quelque chose de passionnel pour en faire un livre plus intéressant. Ce n'est pas un livre que j'ai eu envie de lire d'une traite comme cela arrive de temps en temps.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Après avoir travaillé comme cuisinière dans une ferme australienne, puis comme mannequin, Julia Gregson est devenue correspondante étrangère au Vietnam, à New York et Los Angeles pour de nombreux magazines dont Rolling Stones. À cette époque, elle a passé quatre jours avec Mohammed Ali dans un camp d'entraînement de boxeurs, en Pennsylvanie, et a interviewé de nombreuses stars d'Hollywood et plusieurs criminels célèbres.
Ses nouvelles, publiées dans la Literary Review, et The Times ont fait l'objet de lectures radiophoniques, à la BBC.
Elle vit avec sa famille au Pays de Galles.
Extrait

1


LONDRES, SEPTEMBRE 1928
Jeune femme responsable, vingt-huit ans, aimant les enfants et ayant vécu aux Indes, propose de servir de chaperon, de Tilbury à Bombay, en échange de la moitié du prix du billet.
Viva Holloway avait payé trois shillings et six pence pour faire paraître son annonce dans le numéro de septembre de Madame. Lorsqu'elle se retrouva, à peine cinq jours plus tard, dans un restaurant de Londres, attendant Mrs Jonti Sowerby, sa toute première cliente, elle pensa qu'une influence bénéfique avait dû jouer en sa faveur.
En vue de cet entretien ; elle avait abandonné sa tenue habituelle — soieries fluides empruntées ou achetées d'occasion dans des ventes de charité —, pour ressortir le tailleur de tweed gris qu'elle détestait, mais qui lui avait rendu service quand elle avait travaillé temporairement comme dactylo. Sa chevelure ; sombre, épaisse et plutôt rebelle avait été humidifiée puis domptée en un strict chignon.
Elle pénétra dans le brouhaha élégant du salon de thé, où un pianiste jouait quelques notes décousues. Une petite femme maigre comme un oiseau, coiffée d'un chapeau extraordinaire (sorte de cage de laquelle jaillissait, à l'arrière, une plume bleue qui retombait vers l'avant), se leva pour l'accueillir. À son côté se tenait une jeune fille grassouillette et silencieuse qu'elle présenta, à la grande surprise de Viva, comme étant sa fille, Victoria.
Toutes deux étaient entourées d'un monceau de bagages. Une tasse de café fut proposée, malheureusement sans accompagnement solide. Viva, qui n'avait rien mangé depuis le petit déjeuner, lorgnait sous une console de verre quelques scones et un appétissant gâteau aux noix.
« Elle semble extrêmement jeune ! s'exclama immédiatement Mrs Sowerby en parlant à Victoria, comme si la nouvelle venue n'était pas là.
— Maman ! » protesta sa fille d'une voix étranglée. Viva remarqua aussitôt les yeux magnifiques qui se tournaient vers elle : immenses et d'un bleu sombre inhabituel, virant au violet. Excusez-la, je n'y peux rien, clamaient-ils en silence.
« Je suis désolée, ma chérie, mais c'est le cas, insista Mrs Sowerby, faisant la moue sous son extravagante coiffe. Oh, mon Dieu, quel tracas ! »
D'un ton compassé, elle s'adressa enfin à Viva. Victoria se rendait aux Indes, expliqua-t-elle, pour assister, en tant que demoiselle d'honneur, au mariage de Rose, sa meilleure amie, qui devait épouser à la cathédrale St Thomas de Bombay — ici, un frémissement vaniteux fit vibrer sa voix — le capitaine Jack Chandler, du troisième régiment de cavalerie.
Un chaperon avait été engagé, une certaine Mrs Moylett, qui s'était désistée à la dernière minute, arguant soudain d'un engagement vis-à-vis d'un homme âgé.
Ayant posé sa tasse, Viva adopta l'expression d'une personne éminemment responsable ; elle devinait dans l'attitude de son interlocutrice un sentiment d'urgence, une impatience de voir l'affaire résolue.
« Je connais très bien Bombay, déclara-t-elle, ce qui était vrai jusqu'à un certain point : elle avait traversé la ville dans les bras de sa mère à l'âge de dix-huit mois ; puis de nouveau, à l'âge de cinq ans, époque à laquelle elle se souvenait d'avoir mangé une glace sur la plage ; et enfin à dix ans, pour la dernière fois. Jamais elle n'y était retournée depuis. « Victoria sera en de bonnes mains », crut-elle bon d'ajouter.
La jeune fille l'observa, le regard plein d'espoir.
« Vous pouvez m'appeler Tor, si vous voulez, dit-elle. Tous mes amis le font. »
Lorsque le garçon apparut de nouveau, Mrs Sowerby insista théâtralement sur le fait de boire une tisane au lieu d'un « thé anglais normal ».
« Je suis à demi française, vous comprenez », précisa-t-elle avec une moue boudeuse, considérant que cela justifiait son exigence.
Pendant qu'elle cherchait quelque chose dans son petit sac en crocodile, sa fille se tourna vers Viva et leva les yeux au ciel. Cette fois, elle articula en silence « Désolée » avant de sourire et de croiser les doigts.
« Vous y connaissez-vous en malles-cabines ? demanda Mrs Sowerby en rétractant les lèvres pour contempler ses dents dans le miroir de son poudrier. Mrs Moylett devait nous aider à choisir. »
Par miracle, Viva pouvait répondre : la semaine précédente, alors qu'elle parcourait les offres d'emploi du Pionnier, elle avait lu une réclame très visible pour la firme Tailor Ram.
« La Viceroy est excellente, affirma-t-elle en fixant Mrs Sowerby. Chaque tiroir de toile est renforcé par un socle d'acier. Vous pouvez l'acheter au magasin de l'armée. Je ne me rappelle pas le prix exact, mais je crois qu'il est d'environ vingt-cinq shillings. »
Le cliquetis des couverts s'interrompit alors que les murmures enflaient tout à coup. Une séduisante femme d'âge mûr, vêtue de tweed usagé et coiffée d'un chapeau plus confortable qu'élégant, se dirigeait vers elles en souriant.
« C'est Mrs Wetherby » Tor se dressa avec un sourire rayonnant et étreignit la nouvelle venue. « Asseyez-vous, dit-elle en tapotant la chaise voisine. Maman et moi avons une conversation passionnante à propos de jodhpurs et de casques coloniaux.
— C'est cela, Victoria, railla Mrs Sowerby, assure-toi que tout le restaurant est au courant de nos affaires. » Elle expliqua à Viva. « Mrs Wetherby est la mère de Rose, qui va épouser le capitaine Chandler aux Indes ; c'est une jeune fille exceptionnellement ravissante.
— J'ai hâte que vous la rencontriez, s'écria Tor, brusquement rayonnante. Elle est la perfection incarnée ! Tout le monde en tombe amoureux. Je la connais depuis son plus jeune âge. Nous sommes allées à l'école ensemble, nous avons fait du poney... »
Viva éprouva un pincement familier. Quel privilège merveilleux que d'avoir une amie qui vous connaît depuis toujours !
« Victoria ! » La plume bleue au-dessus des sourcils de Mrs Sowerby lui donnait l'air d'un oiseau au plumage gonflé de colère. « Je ne suis pas sûre que nous devions raconter tout cela à Miss Holloway pour l'instant. Nous n'avons pas encore pris notre décision. Au fait, où donc est notre chère Rose ?
— Chez le médecin, répondit Mrs Wetherby, l'air embarrassé. Vous savez... » Elle sirota son café avec un regard appuyé en direction de son interlocutrice. « Mais nous avons eu une matinée passionnante avant que je ne la dépose, poursuivit-elle d'un ton mesuré. Nous avons acheté des robes et des raquettes de tennis. Je la retrouve dans une heure chez Beauchamp, où elle essaie son trousseau. La pauvre enfant sera absolument morte ce soir ; je ne crois pas avoir jamais acheté autant de vêtements en une seule journée. Maintenant, dites-moi, qui est cette charmante jeune personne ? »
Viva fut présentée à Mrs Wetherby sous la désignation de « chaperon professionnel ». La mère de Rose, qui avait un sourire très agréable, mit ses mains dans les siennes et déclara qu'elle était ravie de la connaître.
« J'ai déjà fait l'entretien, souligna Mrs Sowerby. Elle connaît les Indes comme sa poche et a résolu la question de la malle-cabine. Selon elle, nous devrions choisir la Viceroy.
— Nos filles sont très raisonnables, intervint Mrs Wetherby avec anxiété. Il sera simplement plus rassurant pour nous de savoir que quelqu'un veille sur elles.
— Mais j'ai bien peur que nous ne puissions vous offrir que cinquante livres pour nos deux filles, spécifia Mrs Sowerby, pas un penny de plus. »
Viva entendit distinctement Tor retenir sa respiration ; elle vit sa bouche se tordre en une grimace juvénile et ses grands yeux la fixer dans l'attente de la réponse.
Elle se livra à un rapide calcul mental. L'aller simple de Londres à Bombay coûtait environ quatre-vingts livres : Elle avait économisé cent vingt livres et aurait besoin d'un peu d'argent à l'arrivée.
« Cela me paraît très raisonnable, déclara-t-elle avec calme comme si elle prenait chaque jour ce genre de décision.
— Dieu merci ! s'écria Tor en expirant bruyamment. Oh, quelle bénédiction ! »
Viva serra les mains autour d'elle et quitta le restaurant d'un pas joyeux ; tout irait comme sur des roulettes. La fille aux yeux bleus et à la mère étouffante voulait partir à tout prix ; son amie Rose, qui allait se marier, ne ferait pas marche arrière.
En chemin, elle s'arrêta à l'hôtel Army & Navy pour rencontrer une certaine Mrs Bannister au sujet d'une autre charge potentielle, un écolier dont les parents vivaient à Assam. Fourrageant dans son sac à main afin de vérifier le nom du garçon sur un morceau de papier, elle s'efforça de le mémoriser ; il s'appelait Guy Glover.

La femme irritable et nerveuse, aux dents proéminentes, qui se tenait en face d'elle — quarante ans environ, estima Viva, bien que peu douée pour deviner l'âge des personnes d'âge mûr —, commanda pour chacune d'elles une tasse de thé tiède, sans biscuit ni pâtisserie.
Mrs Bannister décréta qu'il fallait régler la question rapidement car elle devait attraper un train à trois heures et demie pour rentrer à Shrewsbury. Son frère, planteur de thé à Assam, et Gwen, son épouse, se trouvaient « face à un épineux dilemme ». Guy, leur fils unique de seize ans, avait été prié de quitter son école de façon abrupte.
« Mon neveu est un garçon plutôt difficile, mais on m'a dit qu'il avait un excellent fond, assura-t-elle. Il a passé dix ans à St Christopher sans retourner aux Indes. Pour diverses raisons que je n'ai pas le temps de vous expliquer, nous n'avons pas pu le voir aussi souvent que nous l'aurions voulu. Aujourd'hui, ses parents pensent qu'ils s'épanouira mieux auprès d'eux, finalement. Si vous pouvez le prendre en charge, ils sont prêts à vous payer votre billet entier. »
Viva sentit son visage s'empourprer de jubilation. Si tout son trajet était payé, les cinquante livres de Mrs Sowerby lui permettraient de souffler un peu après son arrivée.
« Y a-t-il d'autres détails que vous souhaiteriez connaître, en ce qui concerne mes références ou autre chose en particulier ? s'enquit-elle.
— Non... Peut-être, en effet, devriez-vous nous communiquer vos références ? Avez-vous des employeurs à Londres ?
— Mon employeur actuel est un écrivain, Mrs Driver. » Viva griffonna l'adresse pour son interlocutrice qui, visiblement impatiente de s'enfuir, tripotait nerveusement son sac à main en essayant d'accrocher le regard de la serveuse. « Elle vit en face du musée d'Histoire naturelle.
— Je vais vous envoyer un plan pour vous rendre à l'école de Guy ainsi que votre premier versement, dit Mrs Bannister. Mille mercis de ce que vous faites. »
Elle découvrit d'un seul coup la totalité de ses dents impressionnantes.
Observant cette femme qui montait dans un taxi, l'imperméable claquant sur les talons, Viva songea qu'il était scandaleusement facile de mentir aux autres, surtout quand on leur servait ce qu'ils avaient envie d'entendre. Elle n'avait pas vingt-huit ans, mais vingt-cinq, et en ce qui concernait les Indes, elle y avait simplement passé un peu de temps dans son enfance, avant la catastrophe : elle ne connaissait pas plus ce pays que la face cachée de la lune.