Interprète né en 1921, mort en 1991, Yves Montand, le petit Italien émigré à Marseille, a été l'un des plus grands chanteurs de variétés et une vedette du cinéma et du music-hall.
À peine âgé de vingt ans et après avoir exercé différents petits métiers, il débute à Marseille avec un répertoire emprunté à Charles Trenet et à Maurice Chevalier, auquel il ajoute Dans les plaines du Far West. Il rencontre Edith Piaf, qui le conseille et, surtout, le fait passer en vedette américaine de son spectacle de 1944.
Le succès est rapide : le jeune Montand a une voix veloutée, chatoyante, capable de nuance et de modelé, un physique de séducteur et beaucoup d'aisance.
À la Libération, son spectacle à l'Etoile est un triomphe. Il élargit son répertoire avec des oeuvres de Prévert et Kosma, d'Henri Crolla et de Francis Lemarque. Désormais, il tient l'affiche des mois d'affilée.
Commencent alors sa carrière cinématographique, sa célébrité médiatique, que renforcent encore l'image du couple qu'il forme avec la comédienne Simone Signoret et leur engagement comme "compagnons de route" du parti communiste.
En 1955, il fait des Feuilles mortes, le chef-d'œuvre de Prévert et Kosma, une des trente chansons les plus populaires du monde. Son répertoire s'étend de la chanson engagée (Le Chant des partisans, Quand un soldat, C'est à l'aube) et de la poésie (Sanguine, Barbara) à la bluette populaire (Grands Boulevards, Luna Park) et à la fantaisie douce ou féroce (Une demoiselle sur une balançoire, Planter café, Le chat de la voisine).
Mais c'est dans le registre amoureux et mélancolique que la voix veloutée et les inflexions charmeuses de ce grand séducteur font merveille : Les Feuilles mortes, J'aime à t'embrasser et Le Temps des cerises, dont il est, avec Mouloudji, le meilleur interprète.
Travailleur infatigable il règle minutieusement le moindre détail de ses récitals, où, en grand artiste de music-hall, il chante, danse, mime, fait des claquettes. Le public en redemande et les spectacles de Montand battent des records de longévité : dans les années 50, il tient souvent six mois d'affilée les scènes parisiennes.
À partir des années 60, il se consacre plus à sa brillante carrière cinématographique, sans jamais abandonner complètement la scène, jusqu'à sa mort.