Rumeurs et clapotis
Rumeurs et clapotis
Textes de radio
Laurent Gerra
Avec Albert Algoud et Eric Laugérias
320 pages
Couverture souple
Réf : 466719
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 16,00  (prix public)
Résumé
En cette année 2012 forte en promesses électorales de tous crins, rien de tel que de picorer le meilleur des chroniques radio de Laurent Gerra qui n’a pas son pareil pour nous replonger dans l'actualité politique de façon drôle, caustique et parfois un peu méchante. Stars, sportifs et autres personnalités médiatiques sont, tout comme les politiques, épinglés pour le plus grand plaisir des (é)lecteurs !
Laurent Gerra, né en 1967, est un humoriste et imitateur français. Il s'est fait connaître par ses nombreuses imitations de personnalités politiques et de célébrités du spectacle et de la télévision. À la mort de Morris, le créateur de Lucky Luke, il devient le scénariste de la bande dessinée.
Après avoir animé des émissions sur France Inter et Europe 1, il est maintenant tous les matins sur RTL pour commenter l'actualité. Il est selon un sondage récent l'humoriste préféré des Français.
Ses livres Bulles de campagne, Le Grand Juron et Sarko Story sont des best-sellers.
Extrait

Râleurs de rentrée



Jean-Marie Le Pen, vous confirmez vos déclarations faites sur RTL le 20 août dernier ?
LE PEN : Et pourquoi voudriez-vous que je me reniasse, que je revienne sur des déclarations qui, croyez-moi, n'étaient pas à mettre au compte de la chaleur de four, n'est-ce pas, qui plombait notre pays. Je persiste donc à redire aujourd'hui, comme je l'ai fait le 20 août, que « 90 % des faits divers sont le fait de personnes immigrées ou d'origine immigrée ».
Vous voulez des exemples ? Dans le sud-ouest de la France, par qui ont été attaqués de paisibles Français de souche ? Par des frelons asiatiques ! Le traître patenté Éric Besson et le factotum de la Place Beauvau, M. Brice Hortefeux, malgré toutes leurs rodomontades sur le contrôle de l'immigration, ont, depuis des mois et des mois, laissé entrer sur le territoire national ces frelons immigrés, ces voyous aux pattes jaunes, lesquels n'ont pas attendu pour nous envahir, faisant ainsi courir de très graves dangers aux vrais Français. Et le virus de la grippe porcine, d'où vient-il ? Non pas de la Lorraine de Jeanne d'Arc et de Maurice Barrès, non pas de la Bretagne de Du Guesclin, ou encore de Vichy et de Verdun, chers au maréchal Pétain... Non, ce sont des cochons rastaquouères qui nous l'ont refilé ! Mon seul souhait est que la fille de mon ami Dieudonné, ma filleule la petite Plume M'Bala M'Bala, ne tombe pas malade-malade.

Restons chez les extrémistes passionnés : Benoît XVI, comment s'est passé votre été ? Vous avez bien bronzé ?
BENOÎT XVI : Ach ! quel été de krotte ! Je me suis cassé le poignet ! On ne se rend pas compte quand on perd l'usage d'une main comme c'est handikapant... En plus, avec la chaleur, ça gratte sous le plâtre et tout devient kompliqué : pour faire le signe de croix, aïe ! Pour lacer mes pataugas, aïe ! Pour enlever ma chasuble, il fallait s'y mettre à deux, mon konnard de chauffeur et ma femme Ulla. Pour enfiler mon slip, même galère... Et être obligé de prendre sa douche sur le côté avec le bras tendu ! Heureusement qu'en matière de bras tendu je me suis bien entraîné dans ma jeunesse. Avec le poignet cassé, il y a des choses qu'on ne peut plus faire. Si vous voyez ce que je veux dire : j'ai eu du mal à secouer mon goupillon. Et puis je n'ai pas pu profiter de ma piscine de Castel Gandolfo. Y a moins de gonzesses qu'autour de celle de Berlusconi, mais c'est sympa quand même.
Seule consolation, on avait la garde de nos petits-enfants, vu que ma fille et mon gendre sont partis quinze jours en amoureux au cap d'Agde... Mes petits-enfants, Heinrich et Klaus, m'ont dessiné de jolies fleurs au feutre sur mon plâtre... Ach !
Je suis heureux quand ils sont là, mais il faut s'en occuper... Ils me prennent autant de temps qu'Ulla !

À La Rochelle, on ne vous a guère vu à l'Université d'été du PS, Lionel Jospin. Pourtant, vous auriez pu venir en voisin ?
LIONEL JOSPIN : Écoutez, pendant tout l'été, je suis resté dans ma maison d'Ars-en-Ré pour ne pas manquer un seul épisode de « Plus belle la vie » (sauf pendant les Championnats du monde d'athlétisme, où France 3 avait annulé le feuilleton, ce qui est un scandale). Alors, que les socialistes se réunissent à La Rochelle ou à Pétaouchnock, franchement, j'en ai plus rien à cirer, des socialos ! On ne sait toujours pas si... et vous voudriez que je me préoccupe de ce qu'ont dit la mère Aubry, Porcinet et sa bande, Valls avec sa tronche d'employé des pompes funèbres ou ce cabot de Montebourg...

Vous avez l'air grognon, Eugène Saccomano ?
EUGÈNE SACCOMANO : Je passais des vacances paisibles, entre pastis et sudoku, et puis, patatras ! Le soir du 4 août, je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai regardé le match France-îles Féroé ! Un score minable ! Un scandale ! Une honte ! Notre ramassis de pieds de plomb, toujours entraînés par cet incapable de Domenech, n'a pas été foutu de mettre plus d'un ballon dans les cages de ces mangeurs de phoques !
J'ai fait mes calculs ! La Fédération française de foot, avec ses deux millions deux cent mille et des... licenciés, compte quatre cent cinquante-six fois plus de footeux que la Fédération des îles Féroé, qui en compte cinq mille. Donc, ce n'est pas par 1-0 que l'équipe de France aurait dû l'emporter, mais par quatre cent cinquante-six buts à zéro ! Mais le pire, c'est que cet âne bâté de Domenech nous a déclaré après le match : « Il fallait marquer plus de buts. » Mais c'est à sa bande de culs-de-jatte qu'il devait dire ça, cet abruti congénital, pas à nous ! Pas à nous ! Et meeerde !

Comment s'est passé votre été, José Bové ?
JOSÉ BOVÉ : Après la formidable campagne des Européennes, je comptais prendre un peu de repos dans ma ferme de Montredon, mais ça n'a pas été de tout repos. Comme vous le savez, en écolo conséquent, j'ai des toilettes sèches : je fais caca dans la sciure et je récupère le mélange pour faire du compost pour mon potager bio. Seulement voilà : mi-août, quand la canicule a frappé, la chaleur a accéléré la décomposition du mélange caca-sciure, ce qui a entraîné des émanations de méthane d'une puissance inhabituelle. Le 18 août, à peine j'étais entré dans mes cagoinces, j'ai pas eu le temps de baisser mon bénard en velours côtelé (celui que je portais déjà pendant les Européennes) que je suis tombé dans les pommes, complètement asphyxié par les émanations, pires que celles provoquées par les algues vertes en Bretagne. Pour un écolo, ça la fout vraiment mal ! J'ai failli valdinguer dans le trou. Dany m'a rattrapé in extremis...
Heureusement, l'écologie est désormais un élément incontournable de la vie politique française. Dany et moi, on est vraiment décidés à préserver notre spécificité. Et, pour bien insister sur cette spécificité, Dany et moi, nous avons décidé de pas changer les chemises qu'on portait cet été à Nîmes, pendant l'Université d'été des Verts. C'était en pleine canicule, et j'aime mieux vous dire que ça a été les championnats d'Europe de rillettes sous les bras !


Peter Pan tripoteur



Comme tous les jours depuis deux mois, on parle encore de... devinez qui ? Michael Jackson... Il en a même été question au dernier Conseil des ministres. Nos micros étaient là...
SARKOZY : Bien, mesdames, messieurs, c'est la rentrée hein, y a du pain sur la planche. Voici l'ordre du jour, j'ai la feuille de route... mais c'est plein de fautes, c'est encore Chatel qui l'a rédigée. Bon, dans un premier temps...
FRED MITTERRAND : Bâsoir !
SARKO : Ah non ! Ça va pas recommencer ! Pourquoi il s'est levé, le neveu ?
MITTERRAND : Bâsoir ! Ô mort ! Éloigne-toi donc un moment de notre pensée et laisse-nous tromper la violence de notre douleur en nous remémorant Michael Jackson. D'abord, je le revois enfant...
SARKO : Il va quand même pas nous refaire toute la vie de Michael Jackson ?
MITTERRAND : Bâsoir ! Petit Poucet d'une fratrie prometteuse, les Jackson Five, semant à chaque pas de danse ses premiers tubes comme autant de cailloux sur le chemin d'une gloire sans pareille... Protégé par la bonne fée Diana Ross, il allait se muer en ce Peter Pan tripoteur qui finirait un jour par s'envoler à jamais dans un ciel où la gloire n'est plus qu'une apparence...
SARKO : C'est bon ? J'peux en placer une ? On peut commencer ?
MITTERRAND : Adieu, Ted Kennedy, Petit Poucet d'une fratrie irlando-catholico-américaine promise au plus grand et au plus tragique destin... Fils de Rose et de Joseph, frère de John Fitzgerald Kennedy, amant de Marilyn assassiné à Dallas, et de Bob, amant de Marilyn assassiné à l'hôtel Ambassador à Los Angeles, Edward alias Ted Kennedy, oncle de John John, disparu tragiquement dans un accident d'avion en 1999...
SARKO : Oh ! Hé ! Oh ! Il va pas nous faire toute la nécro des Kennedy ! On est là jusqu'à ce soir : ils ont tous passé l'arme à gauche... Ah ! le pansement ! qu'est-ce qui m'a pris d'aller le chercher à la villa Médicis ?
FRED MITTERRAND : Baâsoir...
SARKO : Oui, c'est ça, baâsoir.