Le porte-bonheur
Le porte-bonheur
Nicholas Sparks
480 pages
Couverture souple
Réf : 455378
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 17,90  (prix public)
Article disponible dans les 8 jours
Résumé
Soldat en Irak, Logan trouve dans le sable la photo d’une femme. Pendant toute la guerre, il gardera toujours sur lui cette image qui semble le protéger de la mort et lui porter chance. De retour dans le Colorado, il cherche à retrouver la mystérieuse inconnue, Elizabeth, pour lui dire sa gratitude et comprendre son destin...
Un captivant suspense psychologique, délicieusement romantique.
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
joliecoeur38
Le 20 janvier 2012
Très belle histoire
Une belle histoire d'amour.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Linou
Le 29 février 2012
Le porte-bonheur
Un livre extraordinaire que je conseille fortement, l'histoire est tellement magnifique que je l'ai lu en 2 jours... ! A quand le prochain roman de Nicholas Sparks ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
angelina10
Le 22 février 2012
Super
Très belle histoire, je le conseille, que du bonheur...
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Nicholas Sparks est né à Omaha dans le Nebraska en 1965. Après des études universitaires et une carrière sportive stoppée par une blessure, il exerce différentes professions tout en se consacrant à l'écriture.
Les Pages de notre amour (1997), son premier roman, devient rapidement un best-seller dans le monde entier. Mais, c'est Une Bouteille à la mer, adapté au cinéma en 1999, qui va le consacrer comme l'écrivain romantique des États-Unis. Il est un des deux seuls auteurs (avec J. K. Rowling, l'auteur de Harry Potter) à être resté une année entière dans les listes des best-sellers du New York Times. L'écrivain a également publié :
    À tout jamais
    Les Rescapés du cœur
    Le Temps d'un ouragan
    Le Tournant de la vie
    Comme avant
    Premier regard
    Le Gardien de son cœur
    La Raison du cœur
Aujourd'hui, Nicholas Sparks vit avec sa femme Cathy et leurs cinq enfants en Caroline du Nord.

Visitez le site officiel de Nicholas Sparks.
Extrait

1
Clayton et Thibault



Le shérif adjoint Keith Clayton ne les avait pas entendus s’approcher et, de près, leur allure lui déplut autant que la première fois qu’il les avait vus. En partie à cause du chien. Il ne raffolait pas des bergers allemands et, même si celui-ci se tenait tranquille, il lui rappelait Panther, le chien policier, qui ne quittait jamais l’adjoint Kenny Moore et n’hésitait pas à mordre les suspects à l’entrejambe au moindre signal de son maître. La plupart du temps, Clayton prenait Moore pour un imbécile, mais celui-ci n’en demeurait pas moins ce qui se rapprochait le plus d’un ami au sein du service, et Clayton devait bien admettre que Moore racontait ces anecdotes de morsures comme personne, au point de le faire se plier de rire. Par ailleurs, Moore aurait à coup sûr apprécié la petite baignade à poil que Clayton venait d’interrompre en repérant deux étudiantes qui bronzaient nues au bord de l’eau. Il n’était là que depuis quelques minutes et n’avait pris que deux ou trois photos avec son appareil numérique, quand il vit une troisième naïade surgir de derrière des hortensias. Après s’être rapidement débarrassé de l’appareil dans les buissons, il s’écarta de l’arbre derrière lequel il se cachait, pour se retrouver l’instant d’après nez à nez avec l’étudiante.
— Tiens donc, qu’est-ce qui me vaut cet honneur ? minauda-t-il, essayant de mettre la fille sur la défensive.
Il ne supportait pas d’avoir été surpris, pas plus qu’il n’appréciait son entrée en matière passablement insipide. D’ordinaire, il avait plus de doigté. Beaucoup plus. Heureusement, la fille se révélait trop gênée pour y prêter attention, et elle faillit trébucher en reculant maladroitement. Elle bredouilla un semblant de réponse et tenta de se couvrir avec les mains. Pour un peu, on aurait dit qu’elle jouait toute seule au Twister.
Il ne fit aucun effort pour détourner le regard. Au contraire, il souriait en faisant semblant de ne pas remarquer le corps de la fille, comme s’il croisait couramment des femmes nues dans les bois. Il savait d’ores et déjà qu’elle n’avait pas vu l’appareil photo.
— Bon, calmez-vous. Qu’est-ce que vous fabriquez ? demanda-t-il.
Il le savait fort bien. Ça se produisait deux ou trois fois par été, mais surtout en août… Avant la rentrée des classes, les étudiantes de Chapel Hill ou de l’université de Caroline du Nord se rendaient à la plage pour un long week-end de la dernière chance à l’île d’Émeraude. Il n’était pas rare qu’elles fassent un détour par un vieux chemin sinueux et cahoteux sur deux ou trois kilomètres dans la forêt domaniale, avant d’atteindre l’endroit où la Swan Creek formait un coude pour se jeter dans la South River. Le lieu accueillait une plage de galets réputée idéale pour le bronzage intégral – pourquoi et comment ? il l’ignorait –, et Clayton se faisait souvent un devoir d’y passer… juste au cas où. Deux semaines plus tôt, il avait vu six belles de jour ; aujourd’hui, elles étaient trois, et les deux qui se prélassaient jusque-là sur leur serviette récupéraient déjà leur tee-shirt. Si l’une d’elles se révélait un peu grassouillette, les deux autres – dont la brune qui se tenait devant lui – possédaient le genre de silhouette à rendre fous les étudiants. Et les shérifs adjoints.
— On savait pas qu’il y avait du monde ! On pensait que ça poserait pas de problème ! Elle affichait un air suffisamment innocent pour qu’il songe : Papa serait-il fier de savoir ce que fabrique sa chère petite ? Ça l’amusait de s’imaginer ce qu’elle répondrait à cela, mais puisqu’il portait son uniforme, il devait conserver un ton officiel. En outre, il savait qu’il prenait des risques ; si la rumeur se répandait que le bureau du shérif patrouillait dans le coin, plus aucune étudiante ne s’y hasarderait, et il ne pouvait envisager pareille perspective.
— Allons parler à vos amies.
Il la suivit comme elle regagnait la plage, tout en se régalant de la voir tenter, mais sans succès, de se couvrir les fesses. Lorsqu’ils sortirent des feuillages et parvinrent à la clairière près de la rivière, les deux autres filles avaient renfilé leur tee-shirt. La brune rejoignit ses amies en se trémoussant, puis s’empara sur-le-champ d’une serviette, tout en renversant deux ou trois canettes de bière dans la foulée. Clayton indiqua un arbre voisin.
— Z’avez pas vu le panneau ?
Elles tournèrent aussitôt la tête dans cette direction. Les gens étaient de vrais moutons, toujours prêts à obéir, songea-t-il. La pancarte, petite et partiellement cachée par les branches basses d’un vieux chêne vert, avait été plantée sur l’ordre du juge Kendrick Clayton, qui se trouvait être son oncle. L’idée d’installer des panneaux émanait de Keith ; il savait que l’interdiction au public ne ferait que renforcer l’attraction du lieu.
— On l’a pas vu ! s’écria la brune en se retournant vers lui. On savait pas ! Ça fait deux ou trois jours à peine qu’on a entendu parler de cet endroit !
Elle continua à protester tout en bataillant avec sa serviette ; les autres semblaient trop terrifiées pour faire quoi que ce soit, hormis essayer d’enfiler leur culotte de bikini.
— C’est la première fois qu’on vient !
La fille pleurnichait presque, et cela lui donnait des allures d’enfant gâtée. Ce qu’elles étaient sans doute toutes les trois. Ça se voyait dans leur regard.
— Savez-vous que la nudité en public est un délit dans ce comté ?
Il vit leur visage juvénile blêmir de plus belle à l’idée de voir inscrite cette transgression mineure sur leur casier judiciaire. C’était marrant à regarder, mais autant éviter d’aller trop loin, se rappela-t-il.
— Comment vous appelez-vous ?
— Amy, dit la brunette en manquant s’étrangler. Amy White.
— D’où venez-vous ?
— Chapel Hill. Mais je suis originaire de Charlotte.
— Je vois de l’alcool qui traîne dans les parages. Vous avez toutes vingt et un ans ?
Pour la première fois, les deux autres répondirent en choeur :
— Oui, monsieur.
— OK, Amy. Voilà ce que je propose. Je vais vous croire sur parole quand vous me dites que vous n’avez pas vu le panneau et que vous êtes en âge de boire de la bière. Je vais donc passer l’éponge pour cette fois. Et même faire comme si je ne vous avais pas vues. Tant que vous me promettez de ne pas répéter à mon chef que je vous ai tirées d’affaire toutes les trois.
Elles ne savaient pas trop si elles devaient le croire ou pas.
— Vraiment ?
— Vraiment. Moi aussi, j’ai été étudiant dans le temps. (Totalement faux, mais il savait que ça sonnait juste.) Vous feriez peut-être mieux de vous rhabiller. On ne sait jamais… il se peut que des gens rôdent dans le coin. (Il les gratifia d’un sourire en ajoutant :) Veillez à ramasser toutes vos canettes, OK ?
— Oui, monsieur.
— J’apprécie.
Il tourna les talons pour s’en aller.
— C’est tout ?
Il leur décocha un nouveau sourire.
— C’est tout. Tâchez de faire attention à vous.
Clayton s’enfonça dans le sous-bois, tout en baissant la tête pour éviter certaines branches, tandis qu’il regagnait sa voiture de patrouille en songeant qu’il s’était débrouillé comme un chef. Amy lui avait même souri et, en se détournant, il avait caressé l’idée de revenir sur ses pas pour lui demander son numéro de téléphone. Non, il valait mieux qu’il s’en aille. À tous les coups, elles reviendraient en disant à leurs amies que, même si le shérif adjoint les avait surprises, il ne leur était rien arrivé. Le bruit circulerait alors que les forces de l’ordre étaient cool dans le coin. Et puis, il espérait que les photos seraient bien nettes. Elles compléteraient à merveille sa petite collection.
L’un dans l’autre, sa journée s’était plutôt bien déroulée. Clayton allait récupérer son appareil lorsqu’il entendit siffloter. Il suivit le bruit en direction du chemin forestier et découvrit l’étranger avec le chien ; celui-ci marchait lentement et évoquait une espèce de hippie sorti tout droit des années 1960.
L’étranger n’était pas avec les filles. Aux yeux de Clayton, ça ne faisait pas l’ombre d’un doute. Pour commencer, le gars était trop vieux pour aller à la fac ; il avait au bas mot dans les trente ans. Sa longue tignasse était tout emmêlée, et Clayton reconnut les contours d’un sac de couchage qui dépassait de son sac à dos. L’étranger ne partait pas à la plage pour la journée ; il avait plutôt l’apparence d’un randonneur, voire d’un campeur. Difficile de savoir depuis combien de temps il traînait dans le coin ou ce qu’il avait vu…
Clayton en train de prendre des photos, par exemple ?
Non. Impossible. On ne pouvait voir Clayton depuis la route principale ; le sous-bois était dense, et il aurait entendu quelqu’un marcher, pas vrai ? Toutefois, c’était un endroit bizarre pour la randonnée. Ils se trouvaient au beau milieu de nulle part, et Clayton n’avait franchement pas envie qu’un loser à moitié hippie lui gâche son petit repère à étudiantes.
Entre-temps, l’étranger était passé devant lui. Il avait presque atteint la voiture de patrouille et se dirigeait vers la jeep des filles. Clayton s’avança sur la route et s’éclaircit la voix. L’étranger et le chien se tournèrent en l’entendant tousser.
Clayton continua à les observer de loin. Sa soudaine apparition semblait laisser l’étranger de marbre, tout comme son chien, et ce gars avait quelque chose dans le regard qui dérangeait Clayton. Comme s’il s’attendait à le voir surgir. Même impression chez le berger allemand. Le chien paraissait se tenir à l’écart, tout en restant méfiant – intelligent, ou presque –, un peu comme l’était souvent Panther avant que Moore ne le lâche. Son estomac fit une pirouette. Pour un peu Clayton allait protéger ses parties génitales.
Pendant une interminable minute, ils continuèrent à se dévisager. Clayton avait appris depuis longtemps que son uniforme intimidait la plupart des gens. Tout le monde, même les innocents, devenait nerveux en présence des forces de l’ordre, et il s’imagina que ce gars ne faisait pas exception à la règle. C’était l’une des raisons pour lesquelles il aimait son job de shérif adjoint.
— Vous avez une laisse pour votre chien ? s’enquit- il d’un ton qui passait plus pour un ordre que pour une simple question.
— Dans mon sac à dos.
Clayton ne détecta aucun accent particulier. « Il parle comme à la télé », aurait dit sa mère.
— Mettez-la-lui.
— Ne vous inquiétez pas. Il ne bougera pas, sauf si je le lui demande.
— Mettez-la-lui quand même.
L’étranger détacha son sac à dos et farfouilla à l’intérieur. Clayton se dévissa le cou, dans l’espoir d’entrevoir quoi que ce soit qui puisse s’apparenter à de la drogue ou à une arme quelconque. L’instant d’après la laisse était fixée au collier du chien, et l’étranger le contemplait d’un air de dire : « quoi, maintenant ? »
— Qu’est-ce que vous faites dans le coin ? reprit Clayton.
— De la randonnée.
— Z’avez un sacré barda pour un randonneur.
L’étranger ne broncha pas.
— À moins que vous vous baladiez en douce, histoire de mater ?
— C’est ce que les gens font dans le coin ?
Clayton n’appréciait pas le ton employé, ni même ce qu’il sous-entendait.
— J’aimerais voir vos papiers.
L’étranger fouilla de nouveau dans son sac et en sortit un passeport. Il fit signe au chien de ne pas bouger, puis s’avança vers Clayton et lui tendit le document.
— Pas de permis de conduire ?
— Je l’ai pas pris.
Clayton lut le nom, en articulant lentement :
— Logan Thaï-Bolt ? Vous venez d’où ?
— Colorado.
— Ça fait une trotte. L’étranger resta muet.
— Vous avez une destination particulière ?
— Je me dirige vers Arden.
— Qu’est-ce qu’il y a de spécial là-bas ?
— J’en sais rien. J’y suis jamais allé.
Clayton fronça les sourcils. Trop facile, la réponse. Trop… provocatrice ? Trop… tout. Enfin, peu importe. D’un seul coup, il eut la confirmation que ce gars ne lui plaisait pas.
— Attendez, dit-il. Ça ne vous dérange pas si je procède à une petite vérification ?
— Je vous en prie.
Tandis que Clayton rejoignait sa voiture, il jeta un regard par-dessus son épaule et vit l’étranger sortir de son sac une gamelle, dans laquelle il vida une bouteille d’eau. Comme s’il n’avait aucun souci à se faire.
On va se renseigner, pas vrai ? Une fois dans la voiture, Clayton communiqua son nom par radio et l’épela avant d’être interrompu par la dispatcheuse.
— C’est Thibault, comme Tea Bow. Et pas Thaï Bolt. C’est français.
— Je me fiche de savoir comment ça se prononce, OK ?
— Moi, ce que j’en dis…
— Laisse tomber, Marge. Contente-toi de vérifier, tu veux ?
— Il a l’air français ?
— Comment veux-tu que je sache à quoi ça ressemble, un Français ?
— Simple curiosité. Ne prends pas la mouche. Je suis un peu débordée ici.
Ouais, tu parles, songea Clayton. Trop occupée à se goinfrer de doughnuts ! Elle en avalait une bonne dizaine par jour. Marge devait friser les cent quarante kilos.