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Harry Potter, tome 6 : Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé
Harry Potter, tome 6 : Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé
Joanne Kathleen Rowling
756 pages
Version poche. Couverture souple. 12,5 x 18 cm
Gallimard Jeunesse
10 ans et plus
Réf : 454520
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Disponible
Résumé
Dans un monde de plus en plus inquiétant, Harry se prépare à retrouver Ron et Hermione. Bientôt, ce sera la rentrée à Poudlard, avec les autres étudiants de sixième année. Mais pourquoi Dumbledore vient-il en personne chercher Harry chez les Durley ? Dans quels extraordinaires voyages au cœur de la mémoire va-t-il l'entraîner ?
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
Le 14 avril 2009
L'excellence pure !
A chaque mot, chaque phrase, chaque chapitre... c'est magique ;)!!! Je me sens transportée dans l'univers mystérieux, envoûtant, je découvre à chaque fois... Je suis triste qu'il ne reste qu'un livre...
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SEVERINE45
Le 15 janvier 2006
Mais à quand le tome 7
Je suis malheureuse ! Je viens de terminer "Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé" et je me désespère ! Combien de temps faudra-t-il attendre avant de connaitre le dénouement ? Y-a-t-il un moyen de le savoir ? Ce tome 6 est absolument formidable. Je regretterais presque de ne pas avoir attendu que toute la série soit publiée pour commencer à la lire. Je veux connaître la fin !
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Le 07 janvier 2007
Fantastique
Vraiment super.
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Joanne Kathleen Rowling est née en 1965 à Chipping Sodbury, dans le Gloucestershire en Angleterre. Elle a suivi des études à l'université d'Exeter et à la Sorbonne à Paris. Elle est diplômée en littérature française et en philologie. Elle a d'abord travaillé à Londres au sein de l'association Amnesty International.
C'est en 1990 que l'idée de Harry Potter et de son école de sorciers germe dans son imagination, lors d'un voyage en train. Elle voit alors une galerie de personnages envahir son esprit avec un réalisme saisissant. Cette même année, la mort de sa mère l'affecte profondément. L'année suivante, Joanne part enseigner l'anglais au Portugal. Puis, en 1992, elle épouse un journaliste portugais et donne naissance à une petite fille, Jessica. Après son divorce, quelques mois plus tard, elle s'installe à Édimbourg avec son bébé. Vivant dans une situation précaire, elle se plonge dans l'écriture de la première aventure de Harry et termine la rédaction de ce manuscrit qui l'avait accompagnée de Londres à Porto, jusqu'aux cafés d'Édimbourg. La suite ressemble à un conte de fées. Le premier agent auquel elle envoie son manuscrit le refuse, mais un deuxième le retient et, en 1996, une petite maison d'édition britannique décide de publier l'ouvrage.
Les droits du livre sont ensuite vendus aux enchères aux États-Unis pour la plus grosse avance jamais versée à l'époque à un auteur pour la jeunesse !
Le premier volume de Harry Potter a rencontré dès sa parution, grâce au bouche-à-oreille, un succès grandissant qui est devenu phénoménal, tant en Grande-Bretagne qu'à l'étranger. En France, il a reçu en 1999 le prix Tam-Tam et le prix Sorcières. Il a été traduit en soixante-sept langues et vingt millions d'exemplaires ont été vendus dans le monde entier en l'espace de dix-huit mois. Harry Potter à l'école des sorciers a remporté les prix les plus prestigieux dans tous les pays où il a été publié. Il est longtemps resté en tête des ventes « adultes » et « jeunesse » confondues en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Les volumes suivants ne cessent quant à eux de confirmer le succès du premier. La saga de Harry Potter est devenue une des œuvres littéraires les plus lues au monde.
C'est le septième et dernier volume qui apporte le dénouement d'une œuvre à laquelle l'auteur aura consacré dix-sept ans de sa vie.
J. K. Rowling s'est remariée en 2001 et a donné à Jessica un petit frère, David, en 2003, et une petite sœur, Mackenzie, en 2005. Elle vit toujours en Écosse, se tenant aussi éloignée que possible des médias et du succès étourdissant de ses livres.
Elle se consacre aujourd'hui à sa famille et à diverses actions caritatives qui lui tiennent à cœur.
Extrait

1

L'AUTRE MINISTRE



Il était près de minuit et le Premier Ministre, assis seul dans son bureau, lisait un long rapport dont les mots lui traversaient l'esprit sans qu'il parvienne à en saisir le moindre sens. Il attendait un coup de téléphone du président d'un pays lointain en se demandant à quel moment ce satané personnage allait enfin l'appeler ; si on ajoutait à cela la longue semaine, épuisante et difficile, qu'il venait de passer, il ne restait plus guère de place dans sa tête pour songer à autre chose. Il avait beau essayer de se concentrer sur la page qu'il lisait, il ne pouvait s'empêcher de voir surgir devant ses yeux les visages réjouis de ses adversaires politiques. L'un d'eux en particulier était passé au journal télévisé le soir même, non seulement pour énumérer tous les événements tragiques qui s'étaient produits au cours de la semaine (comme s'il était nécessaire de les rappeler à qui que ce soit) mais également pour expliquer en quoi le gouvernement était entièrement responsable de chacun d'eux.
Le rythme cardiaque du Premier Ministre s'accéléra à la seule pensée de ces accusations, injustes et fausses. Comment son gouvernement aurait-il pu empêcher ce pont de s'écrouler ? Il était scandaleux d'entendre quelqu'un suggérer que les pouvoirs publics ne dépensaient pas assez d'argent pour l'entretien des ponts. Celui-ci avait été construit moins de dix ans auparavant et les meilleurs experts s'étaient révélés incapables d'expliquer pourquoi il s'était tout à coup cassé en deux, précipitant une douzaine de voitures dans les profondeurs de la rivière qu'il enjambait. Et comment pouvait-on insinuer que ces deux crimes atroces dont la presse avait abondamment parlé étaient la conséquence d'un manque d'effectifs de la police ? Ou que le gouvernement aurait dû être capable de prévoir l'ouragan exceptionnel qui s'était abattu sur le sud-ouest du pays et avait provoqué tant de dommages matériels et humains ? Enfin, était-ce sa faute si l'un de ses secrétaires d'État, Herbert Chorley, avait choisi cette même semaine pour se comporter si étrangement qu'il aurait désormais beaucoup plus de temps à consacrer à sa famille ?
« Une atmosphère sinistre s'est répandue dans le pays », avait conclu son adversaire en parvenant difficilement à masquer un large sourire.
Malheureusement, c'était la pure vérité. Le Premier Ministre le ressentait lui-même ; les gens semblaient manifestement plus abattus qu'à l'ordinaire. Le temps lui-même était déprimant ; cette brume glacée en plein mois de juillet... quelque chose n'allait pas, ce n'était pas normal.
Il tourna la deuxième page du rapport, vit tout ce qui restait à lire et en conclut qu'il s'agissait d'un mauvais travail indigne de son attention. Étirant les bras au-dessus de sa tête, il jeta un regard morne autour de lui. Son bureau était élégamment décoré, avec une cheminée de marbre fin qui faisait face aux longues fenêtres à guillotine, hermétiquement closes pour lutter contre cette fraîcheur hors de saison. Avec un léger frisson, le Premier Ministre se leva et regarda au-dehors, contemplant la fine brume qui se collait contre les carreaux. Ce fut au moment où il tournait le dos à la pièce qu'il entendit derrière lui une toux discrète.
Il se figea, nez à nez avec son visage soudain apeuré qui se reflétait dans la vitre sombre. Il connaissait cette toux. Il l'avait déjà entendue. Très lentement, il se tourna vers la pièce vide.
— Bonjour..., dit-il en essayant d'afficher plus de courage qu'il n'en ressentait.
Pendant un instant, il se laissa aller à espérer que personne ne lui répondrait. Mais une voix s'éleva aussitôt, tranchante, décidée, comme celle de quelqu'un qui s'apprête à lire une déclaration écrite. Elle appartenait – comme le Premier Ministre l'avait su dès qu'il avait entendu tousser – à un petit homme à la silhouette de grenouille, coiffé d'une longue perruque argentée, représenté dans un tableau ancien et poussiéreux accroché à l'autre bout de la pièce.
— Message au Premier Ministre des Moldus : « Devons nous rencontrer de toute urgence. Veuillez répondre immédiatement. Sentiments distingués, Fudge. »
L'homme du tableau adressa au Premier Ministre un regard interrogateur.
— Heu..., répondit le Premier Ministre, écoutez... ce n'est pas le meilleur moment pour moi... J'attends un coup de téléphone, voyez-vous... du président de...
— Ça peut s'arranger, interrompit le portrait.
Le Premier Ministre sentit son cœur se serrer. C'était la réponse qu'il avait redoutée.
— Mais j'espérais justement parler au...
— Nous nous débrouillerons pour que le président oublie de vous appeler. Il vous téléphonera demain soir, dit le petit homme. Veuillez répondre immédiatement à Mr Fudge.
— Je... heu... très bien, dit le Premier Ministre d'une voix défaillante. D'accord, je veux bien voir Fudge.
Il se dépêcha d'aller se rasseoir à son bureau et rajusta sa cravate. À peine avait-il repris place dans son fauteuil en donnant à son visage une expression qu'il espérait détendue et flegmatique que des flammes vertes et brillantes jaillirent dans le foyer vide de la cheminée, sous le manteau de marbre. Il regarda dans cette direction, s'efforçant de ne trahir ni surprise ni inquiétude, tandis qu'un homme corpulent apparaissait au milieu des flammes, tournant sur lui-même à la vitesse d'une toupie. Quelques secondes plus tard, il sortit de la cheminée et s'avança sur un assez beau tapis ancien, époussetant la suie collée aux manches de sa longue cape à rayures, un chapeau melon vert vif à la main.
— Ah... monsieur le Premier Ministre, dit Cornelius Fudge en marchant vers lui à grands pas, la main tendue. Je suis content de vous revoir.
Le Premier Ministre ne pouvait sincèrement lui retourner le compliment et il décida de ne rien répondre du tout. Il n'appréciait pas le moins du monde la visite de Fudge dont les apparitions occasionnelles, déjà peu rassurantes en elles-mêmes, signifiaient généralement qu'il allait apprendre de très mauvaises nouvelles. Par surcroît, Fudge paraissait manifestement soucieux. Il avait maigri, son front était un peu plus dégarni, ses cheveux avaient encore blanchi et son visage semblait fripé. Le Premier Ministre avait déjà vu des hommes politiques avec une mine semblable et c'était toujours un mauvais présage.
— En quoi puis-je vous être utile ? interrogea-t-il.
Il serra très brièvement la main de Fudge et lui fit signe de s'asseoir dans le fauteuil le plus inconfortable de son bureau.
— Difficile de savoir par où commencer, marmonna Fudge.
Il tira le fauteuil vers lui, s'installa et posa son chapeau melon vert sur ses genoux.
— Quelle semaine, quelle semaine..
— Pour vous aussi, elle a été mauvaise ? demanda le Premier Ministre avec raideur, espérant lui faire comprendre qu'il avait déjà suffisamment de pain sur la planche pour que Fudge n'en rajoute pas.
— Oh, oui, bien sûr, répondit Fudge qui se frotta les yeux d'un geste las puis posa sur son interlocuteur un regard morose. J'ai eu la même semaine que vous, monsieur le Premier Ministre. Le pont de Brockdale... Le meurtre de Bones et de Vance... sans parler de ces ravages dans le Sud- Ouest...
— Vous... heu... vous... Je veux dire, des gens de chez vous sont... sont impliqués dans ces... ces affaires ?
Fudge fixa le Premier Ministre d'un air sévère.
— Bien entendu, répliqua-t-il. Vous vous êtes sans doute rendu compte de ce qui se passait ?
— Je..., hésita le Premier Ministre.
C'était précisément ce genre d'attitude qui lui faisait tant détester les visites de Fudge. Il était quand même Premier Ministre et, à ce titre, n'appréciait guère qu'on le traite comme un écolier ignorant. Il en avait été ainsi, cependant, depuis sa toute première rencontre avec Fudge, le soir même où il était devenu chef du gouvernement. Il s'en souvenait comme si c'était hier et savait que ce souvenir le hanterait jusqu'à sa mort.
Ce jour-là, il se trouvait seul dans ce même bureau, savourant son triomphe après tant d'années passées à rêver de ce poste et à intriguer pour l'obtenir, lorsqu'il avait entendu tousser derrière lui, comme ce soir ; il s'était retourné et cet affreux petit portrait lui avait annoncé que le ministre de la Magie n'allait pas tarder à arriver et à se présenter lui-même.
Naturellement, il avait tout d'abord pensé qu'une longue campagne électorale et l'attente angoissante des résultats l'avaient rendu fou. Entendre un tableau lui parler l'avait proprement terrifié mais ce n'était rien comparé à ce qu'il avait ressenti quand un soi-disant sorcier avait bondi de la cheminée pour lui serrer la main. Il était resté sans voix tandis que Fudge lui expliquait aimablement que des sorcières et des sorciers vivaient encore en secret un peu partout dans le monde et qu'il ne devait pas s'inquiéter à leur sujet car le ministère de la Magie prenait en charge leur communauté tout entière et veillait à ce que la population non magique n'entende pas parler d'eux. C'était, disait Fudge, un travail difficile qui englobait les domaines les plus divers, depuis les règles d'utilisation des balais volants jusqu'au contrôle des dragons (le Premier Ministre se rappelait qu'à ce moment-là, il avait dû se cramponner à son bureau pour ne pas tomber à la renverse). Avec un geste paternel, Fudge avait alors tapoté l'épaule du Premier Ministre qui était resté muet de stupéfaction.
— Ne vous inquiétez pas, avait-il répété. Il y a tout à parier que vous ne me reverrez plus. Je ne viendrai vous embêter que s'il se passe quelque chose de vraiment grave de notre côté, quelque chose qui risque d'affecter les Moldus – ou plutôt la population non magique, devrais-je dire. Sinon, que chacun mène sa vie sans s'occuper des autres. Je dois reconnaître que vous prenez cela beaucoup mieux que votre prédécesseur. Lui a essayé de me jeter par la fenêtre, il pensait qu'il s'agissait d'un canular monté par l'opposition.
Le Premier Ministre avait soudain retrouvé sa voix.
— Alors, vous... vous n'êtes pas en train de me monter un canular ?
C'était le dernier espoir auquel il s'était désespérément raccroché.
— Non, avait répondu Fudge avec douceur. Non, j'ai bien peur que non. Regardez.
Et il avait transformé en gerboise la tasse de thé posée sur le bureau.
— Mais pourquoi, s'était indigné le Premier Ministre, le souffle coupé, en regardant sa tasse de thé ronger un morceau de son prochain discours, pourquoi personne ne m'a jamais dit...
— Le ministre de la Magie ne se révèle qu'au Premier Ministre en exercice, avait expliqué Fudge, rangeant sa baguette dans une poche intérieure de sa veste. C'est le meilleur moyen que nous ayons trouvé pour garantir le secret de notre existence.
— Dans ce cas, avait repris le Premier Ministre d'une voix chevrotante, pourquoi un ancien Premier Ministre ne m'a-t-il pas averti... ?
Fudge avait franchement éclaté de rire.
— Mon cher Premier Ministre, allez-vous, vous-même, raconter cela à quelqu'un ?
Pouffant de rire, Fudge avait alors jeté de la poudre dans la cheminée puis s'était avancé au milieu d'un jaillissement de flammes vert émeraude et avait disparu dans un bruit de bourrasque. Le Premier Ministre étai t resté là sans bouger en songeant que, en effet, jamais de sa vie il n'oserait évoquer cette rencontre devant qui que ce soit, car qui donc au monde aurait pu le croire ?
Il avait mis un certain temps à surmonter le choc. Pendant plusieurs jours, il avait essayé de se convaincre lui-même que Fudge n'était qu'une hallucination consécutive au manque de sommeil imposé par une campagne électorale éprouvante. Dans une vaine tentative pour effacer tout rappel de cette désagréable rencontre, il avait donné la gerboise à sa nièce, ravie de ce cadeau, et ordonné à son secrétaire privé d'enlever le portrait du petit homme repoussant qui lui avait annoncé l'arrivée de Fudge. Mais, à la grande horreur du Premier Ministre, on s'était aperçu qu'il émit impossible de décrocher le tableau. Lorsque plusieurs menuisiers, un ou deux entrepreneurs de travaux publics, un Historien d'art et le chancelier de l'Échiquier eurent essayé sans succès de l'arracher du mur, le Premier Ministre finit par abandonner et se contenta d'espérer que la chose resterait immobile et silencieuse jusqu'à la fin de son mandat. De temps à autre, il aurait juré avoir vu du coin de l'œil l'occupant du tableau bâiller ou se gratter le nez ; et même, à une ou deux reprises, quitter simplement son cadre et ne laisser derrière lui qu'un morceau de toile marron, couleur de boue. Il s'était cependant entraîné à ne pas regarder le tableau trop souvent et se répétait toujours avec conviction que ses yeux lui jouaient des tours chaque fois qu'un tel phénomène se produisait.