Hunger games, tome 1
Suzanne Collins
400 pages
(série en 3 tomes)
Couverture souple. 14 x 22,5 cm
Pocket Jeunesse
13 ans et plus
Réf : 454399
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 18,15  (prix public)
Disponible
Le livre dont vous ne sortirez pas indemne
Résumé
Chaque année, à Panem – une société reconstruite sur les ruines des États-Unis – deux adolescents sont choisis pour participer au Jeu de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer. 12 districts, 24 candidats. Seul le gagnant survivra ! Les caméras tournent, le jeu infernal commence, la télé-réalité fait rage...

Hunger games, le roman qui a fasciné Stephenie Meyer et Stephen King !
Les internautes ayant commandé Hunger games, tome 1 ont également choisi
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :20
ZoolRck
Le 18 octobre 2009
Une idée déjà vue...
Le film japonais "Battle Royale" sorti en 2000 mettait en scène une histoire quasi-identique sauf que là, ce sont les USA. Donc, ça n'est en rien original : ce livre n'est pour moi qu'une ré-écriture d'un thème vieux de 10 ans. Très dommage.
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Remarque de Alexis Mangonot du 30/08/11
Cela n'a strictement rien à voir avec Battle Royal, ici on ne voit pas les meurtres, Battle Royal n'est qu'un film sanguinaire de meurtre, là, dans Hunger Games, il y a une histoire.
Remarque de marcelle joseph du 31/10/11
Je suis tout à fait d'accord avec toi. Mais avant d'être un film, c'était aussi un livre et l'histoire était plus développée dans celui-ci donc pour moi Hunger Games n'est qu'une banale copie tout de même. Je ne vois pas où l'originalité se trouve !
emma
Le 13 octobre 2009
Une bombe !
Passionnant, terrifiant, haletant, les qualificatifs ne manquent pas ! J'ai été scotchée, j'ai littéralement dévoré ce livre. Le personnage féminin, Katniss, est particulièrement fort, je dirai même puissant. Une fois commencé, vous ne pourrez plus le lâcher, l'histoire vous prend aux tripes et vous ne pensez qu'à une seule chose, à quand la suite !
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JeudiProchain
Le 19 octobre 2009
Intense
J'ai vraiment aimé ce roman. Katniss fait partie de ces personnages qu'on n'oublie pas. Le principe de l'histoire fonctionne à merveille, d'abord la partie "spectacle" qui plonge le lecteur dans les coulisses de la téléréalité, puis la partie "survie", haletante, tendue, qu'on ne peut lire qu'à toute vitesse. Un livre vraiment prenant que je recommande à ceux qui ont aimé "Les âmes vagabondes", et "L'alliance des trois". En plus, il y aura UNE SUITE dont on peut lire le premier chapitre à la fin du livre !
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Le 26 novembre 2009
A lire
Ce livre est vraiment extra, je n'arrivais pas à le lâcher. C'est vrai que ça ressemble un peu à Battle Royal, mais l'histoire est beaucoup plus travaillée. Ce livre est vraiment à lire. Le seul bémol est qu'il faut attendre la dernière page pour savoir qu'il aura une suite, j'aurais preferé le savoir avant.
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liline22
Le 11 janvier 2010
Troooop génial
J'ai adoré ce livre, il est troop génial, je l'ai lu en une journée, impossible de le lâcher.
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eloude
Le 13 janvier 2010
Captivant !!!
Il est vrai que l'histoire au départ fait beaucoup penser au film japonais "Battle royale" mais en lisant ce livre, j'ai réellement été captivée. En dehors d'être une histoire sur les jeux de la faim, c'est aussi une histoire sur les difficultés de la vie pauvre, la survie en général et aussi une petite touche de sentiments amoureux naissants (ou pas :D. Je recommande absolument ;)
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DOUCET aurélie
Le 02 février 2010
Je suis accro
Je l'ai dévoré en une journée. Il m'était impossible de m'en détacher tellement j'étais absorbée par l'intrigue. Il fallait que je sache. Je ne regrette absolument pas de l'avoir acheté. Bien au contraire, j'attends le tome 2 avec vraiment beaucoup d'impatience (mai 2010 apparemment). Et pour terminer, c'est sans doute l'un des meilleurs livres que j'ai pu lire. Il dépasserait peut-être même Fascination...
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Sandy4988
Le 24 février 2010
Une lecture prenante qui nous plonge dans un futur probable
Le récit est captivant, mené avec brio : le rythme est soutenu, la tension et l'émotion omniprésentes, les personnages ont une réelle épaisseur, ils évoluent, il doutent, se découvrent - au lecteur autant qu'à eux-même -, l'univers fantastique suffisamment approfondi pour dépasser son rôle de toile de fond. J'attends avec impatience le deuxième volet prévu en mai et aussi une probable adaptation au cinéma ! Bonne lecture à tous.
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Remarque de Bénédicte Legrand du 24/02/10
Moi aussi, j'ai vraiment beaucoup aimé, et j'attends avec impatience le tome 2. En attendant, j'ai ici le lien vers la page officielle en français de Hunger Games : http://www.hungergames.fr/
Diddlina
Le 30 mars 2010
Extra !!!
J'ai beaucoup aimé ce livre. Il vous tient du début à la fin ! Les personnages sont tous très attachants... En plus il y a une suite... Vivement...
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liliseve
Le 23 février 2010
Vivement la suite !!
Un livre duquel on ne peut se détacher. Malgré des scènes un peu dures, l'histoire est passionnante. Vivement la suite.
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Le 13 avril 2010
Accrochant
C'est un livre que vous lirez d'une traite, jour et nuit, tant il vous accrochera. A lire absolument !
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hg
Le 17 avril 2010
Prenant
Lecture très aisée et prenante. L'histoire est bien ficelée, on se laisse facilement "prendre au jeu". La suite est attendue avec impatience !
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doberhell
Le 09 octobre 2010
A lire absolument
Très facile à lire, les fans de Harry Potter et Twillight seront ravis de lire une trilogie pareille. Difficile de se détourner de ce livre, il ne m'a fallu que 5 jours pour le lire. Je recommande sans réserve ce livre qui nous entraine dans l'arène où il faut tuer pour vivre...
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ppauline
Le 19 mai 2011
Incroyable
J'ai passé un super moment avec ce livre ; on rentre dans l'histoire et on s'attache immédiatement à Katniss. Je le recommande absolument ! Vivement 2012 pour voir ce que donne le film...
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elfy
Le 08 août 2010
A lire d'urgence
Je trouve ce livre vraiment prenant, je l'ai lu en 2 jours, quand on le commence, on a plus envie de le lâcher.
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cydonia51
Le 07 septembre 2010
Excellent
Hunger Games. Les jeux de la faim. Ce livre m'a passionnée, de la première à la dernière page. Certains personnages sont très attachants, d'autres plutôt détestables. Le "gouvernement" qui organise ces "Hunger games", les "Tributs" qui y participent, les épreuves qu'ils doivent traverser, gagner, ou perdre... Tout est superbement ficelé et imaginé. Ce roman est tout simplement passionnant, et révoltant. Toutes sortes d'émotions contradictoire m'ont traversées en le lisant. Je recommande vivement ce livre, et ai hâte de lire le Tome 2.
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Gerry
Le 14 janvier 2011
Sympa
Je suis heureuse d'avoir dépassé mes a priori sur l'histoire un peu "brute" au départ, et dès le 1er chapitre je suis "rentrée" dedans comme on dit. Les descriptions étaient juste comme il fallait, très précises, sans trainer en longueur. L'atmosphère lourde du départ est telle qu'on ne peut que s'attacher au personnage de Katniss, gentille rebelle, pleine de dévotion pour sa petite soeur Prim. Les 100 premières pages "lancent" le récit et plantent le décor. Dès lors, il devient impossible de lâcher le livre, car il me fallait connaitre la fin... telle une locomotive lancée à cent à l'heure, ce récit est très bien dosé, tant côté suspense que ralentissements. Jamais le soufflé n'est retombé durant cette lecture. Chaque fin de chapitre donne envie de découvrir le suivant par une manière habile de l'auteur de relancer la machine en dévoilant un énorme rebondissement.
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menlila
Le 21 août 2011
Super histoire
Difficile une fois plongé dedans de relever le nez. Très bonne lecture, à dévorer rapidement !
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Guizmo2000
Le 30 août 2011
Très bien
Ce livre est vraiment génial, les premières pages vous embarquent déjà dans le monde fantastique des Hunger Games, l'écriture simple et compréhensible de tous permet à toute personne de pouvoir le lire sans réelle difficulté. Il y a tellement d'action dans ce livre qu'on y prend goût et on le lit sans même apercevoir le temps, je l'ai lu en 3 jours mais souvent je ne me suis pas endormie de la nuit tellement j'étais imprégnée dans l"histoire. NOTE : 19/20 Je le conseille.
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Gwenn92
Le 13 janvier 2012
Génial ! A lire absolument !
Tout simplement fabuleux ! Je l'ai lu en deux jours et maintenant je n'attends qu'une chose : acheter le suivant. Katniss est un personnage attachant, avec un caractère de battante que l'on comprend, on ne peut l'adorer. Je le conseille vivement !
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Suzanne Collins écrit depuis près de vingt ans des scénarios de programmes de télévision pour la jeunesse. C'est la rencontre d'un auteur de livres pour enfants qui l'a poussée à se lancer elle aussi dans cette voie. Après plusieurs livres de fantasy, elle connaît un immense succès international avec le premier tome de sa série Hunger Games. Elle travaille à présent à l'écriture du troisième tome et au script d'une adaptation de la trilogie au cinéma.
Suzanne Collins vit aux États-Unis, dans le Connecticut, avec sa famille et plusieurs chats un peu sauvages, trouvés dans son jardin.
Lu dans la presse
« Lire Hunger Games est aussi addictif que de jouer à un jeu vidéo, vous savez que ce n’est pas la réalité, mais vous n’arrivez pas à décrocher, comme si votre vie en dépendait. »

Stephen King


« J’étais tellement captivée par ce livre que j’ai dû le prendre avec moi et le cacher sous la table pendant le dîner, pour pouvoir continuer ma lecture. (…) Hunger Games est incroyable. »

Stephenie Meyer
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Extrait

1


À mon réveil, l'autre côté du lit est tout froid. Je tâtonne, je cherche la chaleur de Prim, mais je n'attrape que la grosse toile du matelas. Elle a dû faire un mauvais rêve et grimper dans le lit de maman. Normal : c'est le jour de la Moisson.
Je me redresse sur un coude. Il y a suffisamment de lumière dans la chambre à coucher pour que je les voie. Ma petite sœur Prim, pelotonnée contre ma mère, leurs joues collées l'une à l'autre. Dans son sommeil, maman paraît plus jeune, moins usée. Le visage de Prim est frais comme la rosée, aussi adorable que la primevère qui lui donne son nom. Ma mère aussi était très belle, autrefois. À ce qu'on dit.
Couché sur les genoux de Prim, protecteur, se tient le chat le plus laid du monde. Il a le nez aplati, il lui manque la moitié d'une oreille et ses yeux sont couleur de vieille courge. Prim a insisté pour le baptiser Buttercup — Bouton-d'Or —, sous prétexte que son poil jaunâtre lui rappelait cette fleur. Il me déteste. En tout cas, il ne me fait pas confiance. Même si ça remonte à plusieurs années, je crois qu'il n'a pas oublié que j'ai tenté de le noyer quand Prim l'a rapporté à la maison. Un chaton famélique, au ventre ballonné, infesté de puces. Je n'avais vraiment pas besoin d'une bouche de plus à nourrir. Mais Prim a tellement supplié, pleuré, que j'ai dû céder. Il n'a pas si mal grandi. Ma mère l'a débarrassé de sa vermine, et c'est un excellent chasseur. Il lui arrive même de nous faire cadeau d'un rat. Parfois, quand je vide une prise, je jette les entrailles à Buttercup. Il a cessé de cracher dans ma direction.
Des entrailles. Pas de crachats. C'est le grand amour.
Je balance mes jambes hors du lit et me glisse dans mes bottes de chasse. Le cuir souple épouse la forme de mes pieds. J'enfile un pantalon, une chemise, je fourre ma longue natte brune dans une casquette et j'attrape ma gibecière. Sur la table, sous un bol en bois qui le protège des rats affamés et des chats, m'attend un très joli petit fromage de chèvre, enveloppé dans des feuilles de basilic. C'est mon cadeau de la part de Prim pour le jour de la Moisson. Je le range dans ma poche en me glissant dehors.
À cette heure de la matinée, notre quartier du district Douze, surnommé la Veine, grouille généralement de mineurs en chemin pour le travail. Des hommes et des femmes aux épaules voûtées, aux phalanges gonflées, dont la plupart ont renoncé depuis longtemps à gratter la poussière de charbon incrustée sous leurs ongles ou dans les sillons de leurs visages. Mais, aujourd'hui, les rues cendreuses sont désertes, les maisons grises ont les volets clos. La Moisson ne commence pas avant deux heures. Autant dormir jusque-là pour ceux qui le peuvent.
Notre maison se trouve presque à la limite de la Veine. Je n'ai que quelques porches à passer pour atteindre le terrain vague qu'on appelle le Pré. Un haut grillage surmonté de barbelés le sépare de la forêt. Il encercle entièrement le district Douze. En théorie, il est électrifié vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour éloigner les prédateurs — les meutes de chiens sauvages, les pumas solitaires, les ours — qui menaçaient nos rues, autrefois. Mais, comme on peut s'estimer heureux quand on a deux ou trois heures d'électricité dans la soirée, on le touche généralement sans danger. Malgré ça, je prends toujours le temps de m'assurer de l'absence de bourdonnement révélateur. Pour l'instant, le grillage est plus silencieux qu'une pierre. Dissimulée par un buisson, je me couche sur le ventre et rampe à travers une déchirure de soixante centimètres, que j'ai repérée il y a des années. Il existe d'autres entailles dans le grillage, mais celle-ci est la plus proche de chez nous, et c'est presque toujours par là que je me faufile dans les bois.
Une fois sous les arbres, je récupère mon arc et mon carquois dans un tronc creux. Électrifié ou non, le grillage tient les carnassiers à distance du district Douze. Dans la forêt, en revanche, ils abondent, et leur menace s'ajoute à celle des serpents venimeux, des animaux enragés ainsi qu'à l'absence de sentiers. Mais on y trouve aussi de la nourriture, si on sait où chercher. Mon père savait, et il me l'a appris avant d'être pulvérisé par un coup de grisou. Il ne restait plus rien à enterrer. J'avais onze ans à l'époque. Cinq ans après, je me réveille encore en lui criant de s'enfuir.
Même si pénétrer dans les bois est illégal et que le braconnage est puni de la façon la plus sévère, nous serions davantage à prendre le risque si les gens possédaient des armes. Mais la plupart n'ont pas le courage de s'aventurer à l'extérieur rien qu'avec un couteau. Mon arc, confectionné par mon père, comme quelques autres que je dissimule dans les bois, soigneusement enveloppés dans de la toile imperméable, est une rareté. Mon père aurait pu en tirer un très bon prix, mais, si les autorités l'avaient découvert, on l'aurait exécuté en public pour incitation à la rébellion. En règle générale, les Pacificateurs ferment les yeux sur nos petites expéditions de chasse parce qu'ils apprécient la viande fraîche autant que les autres. En fait, ils comptent parmi nos meilleurs clients. Cependant ils n'auraient pas toléré que l'on puisse armer la Veine.
En automne, quelques courageux se hasardent dans les bois pour cueillir des pommes. Mais toujours en vue du Pré. Toujours suffisamment près pour regagner au pas de course la sécurité du district Douze en cas de mauvaise rencontre.
— Le district Douze : on y meurt de faim en toute sécurité, je grommelle.
Puis je jette un rapide coup d'œil autour de moi. Même ici, au milieu de nulle part, on s'inquiète constamment à l'idée que quelqu'un nous entende.
Quand j'étais plus petite, je terrorisais ma mère par mes propos sur le district Douze, sur les gens qui dirigent nos vies depuis le Capitole, la lointaine capitale de ce pays, Panem. J'ai fini par comprendre que cela ne nous attirerait que des ennuis. J'ai appris à tenir ma langue, à montrer en permanence un masque d'indifférence afin que personne ne puisse jamais deviner mes pensées. À travailler en silence à l'école. À me limiter aux banalités d'usage sur le marché, à ne discuter affaires qu'à la Plaque, le marché noir d'où je tire l'essentiel de mes revenus. Même à la maison, où je suis moins aimable, j'évite d'aborder les sujets sensibles. Comme la Moisson, la disette ou les Hunger Games — les Jeux de la faim. Prim risquerait de répéter mes paroles, et nous serions dans de beaux draps.
Dans la forêt m'attend la seule personne avec laquelle je peux être moi-même. Gale. Les muscles de mon visage se détendent, et je presse le pas en grimpant la colline vers notre point de rendez-vous, une corniche rocheuse surplombant une vallée. D'épais buissons de mûres la mettent à l'abri des yeux indiscrets. En découvrant Gale, je souris. Gale prétend que je ne souris jamais, sauf dans la forêt.
— Salut, Catnip, me dit-il.
En réalité je m'appelle Katniss — le nom indien du Sagittaire —, seulement, à notre première rencontre, je l'ai dit trop bas. Il a cru entendre Catnip — herbe aux chats. Et puis, un cinglé de lynx s'est mis à me suivre dans la forêt pour récupérer les restes, et le surnom est devenu officiel. Plus tard, j'ai dû abattre le lynx, qui faisait fuir le gibier. Je l'ai un peu regretté, car sa compagnie n'était pas désagréable ; mais j'ai quand même négocié sa fourrure un bon prix.
— Regarde ce que j'ai tiré ! triomphe Gale en brandissant une miche de pain traversée par une flèche.
Je ris. C'est du vrai pain de boulanger, pas l'un de ces pains plats et trop denses que nous préparons avec nos rations de blé. Je le prends, je retire la flèche et j'approche la croûte de mon nez afin de humer l'odeur qui s'échappe du trou. J'en ai tout de suite l'eau à la bouche. Du bon pain comme ça, c'est pour les occasions spéciales.
— Miam, encore chaud, dis-je. (Il a dû se rendre à la boulangerie à l'aurore.) Qu'est-ce que ça t'a coûté ?
— Juste un écureuil. J'ai eu l'impression que le vieux était d'humeur sentimentale, ce matin, ajoute Gale. Il m'a même souhaité bonne chance.
— Oh, on se sent tous plus proches les uns des autres aujourd'hui, non ? dis-je sans même me donner la peine de lever les yeux au ciel. Prim nous a laissé un fromage.
Je le sors de ma poche. Le visage de Gale s'illumine quand il le découvre.
— Hé, merci, Prim ! On va se régaler. (Il prend soudain l'accent du Capitole pour imiter Effie Trinket, l'irréductible optimiste qui vient chaque année lire à haute voix les noms pour la Moisson.) J'allais presque oublier ! Joyeux Hunger Games ! (Il rafle quelques mûres sur un buisson voisin.) Et puisse le sort...
Il lance une mûre dans ma direction. Je la rattrape au vol et la crève entre mes dents. Son acidité sucrée m'explose sur la langue.
— ... vous être favorable ! dis-je avec une verve identique.
Nous préférons en rire plutôt qu'avoir une frousse de tous les diables. Et puis, l'accent du Capitole est si outré que la moindre phrase devient comique avec lui.
Je regarde Gale sortir son couteau et découper des tranches. Il pourrait être mon frère. Mêmes cheveux bruns et raides, même teint olivâtre et mêmes yeux gris. Pourtant nous ne sommes pas apparentés, du moins pas directement. La plupart des familles qui travaillent à la mine se ressemblent plus ou moins.
C'est pourquoi maman et Prim, avec leurs cheveux blonds et leurs yeux bleus, ont toujours paru déplacées. Elles le sont. Les parents de notre mère appartenaient à cette classe de petits commerçants qui fournit les représentants de l'autorité, les Pacificateurs et quelques clients issus de la Veine. Ils tenaient une pharmacie dans le meilleur quartier du district Douze. Comme personne ou presque n'a les moyens de s'offrir un médecin, ce sont les pharmaciens qui nous soignent. Mon père a connu ma mère parce que, au cours de ses chasses, il ramassait parfois des herbes médicinales, qu'il venait vendre à sa boutique. Elle devait être très amoureuse pour quitter son foyer et venir s'installer dans la Veine. Je m'efforce de m'en souvenir quand je vois la femme qu'elle est devenue, apathique et indifférente, pendant que ses filles mouraient de faim sous ses yeux. Je tente de lui pardonner, au nom de mon père. Mais, en toute franchise, le pardon n'est pas une chose qui me vient facilement.