Campus, tome 4 : Confessions
Campus, tome 4 : Confessions
Kate Brian
288 pages
(série en 10 tomes)
Couverture souple
14 ans et plus
Réf : 452155
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 11,50  (prix public)
Disponible
Résumé
Josh Hollis, soupçonné d'avoir assassiné Thomas est placé en garde à vue. Effondrée, Reed décide de tout mettre en œuvre pour prouver son innocence. Pour cela, elle doit trouver le vrai coupable, ou au moins un alibi solide pour Josh...
De leur côté, Noëlle, Ariana et kiran sont convaincues de la culpabilité de Josh. Déprimée, Reed prend ouvertement des distances avec elles. Dans son enquête pour trouver le meurtrier de Thomas, Reed va aller de surprise en surprise.
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :1
Elsinka
Le 27 janvier 2012
Tout simplement parfait !
Après un tome un peu mou, du moins au début, Kate Brian revient en pleine forme avec un opus trépidant. L'histoire est tissée avec minutie, avant d'arriver à la révélation finale, à la fois crédible et surprenante. L'héroïne continue de gagner en caractère, ce qui n'est pas pour me déplaire, car je lui reprochais d'en manquer au début de la série. Les autres personnages, quant à eux, continuent d'être approfondis, et à ce jeu-là, l'auteur a vraiment du talent. Qu'attendez-vous donc pour vous plonger dans cette série à la fois relaxante et passionnante ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Kate Brian est américaine. Elle publie ses livres sous un pseudonyme. Après des études d'anglais et de journalisme, elle a travaillé quelques années dans une maison d'édition avant de se consacrer à l'écriture.
Elle est l'auteur d'une dizaine de romans aux États-Unis.
Extrait

LES VAUTOURS



Confronté à un événement tragique, on a souvent tendance à rassembler le plus de monde possible autour de soi. À cette occasion, de vagues connaissances deviennent des amis, on fraternise avec l'ennemi... On s'entoure de gens à qui l'on pourra rappeler plus tard que l'on a traversé cette épreuve avec eux, et qui nous confirmeront que nos tourments étaient réels.
Ce samedi matin de début décembre ne faisait pas exception à la règle. Nous avions quitté nos chambres douillettes à l'heure où la brume grise de l'aube se dissipait, et chacun cherchait un groupe auquel se raccrocher. Une personne à prendre par le bras pour se sentir moins vulnérable, moins désemparé... pour effacer cette impression que le monde était au bord du gouffre.
Mon groupe m'avait trouvée. Les filles Billings s'étaient pressées autour de moi à la seconde où nous étions sorties du dortoir, et elles m'escortèrent pendant toute la traversée du campus jusqu'à la chapelle de l'Académie d'Easton. Noëlle, Ariana, Kiran et Natasha, mais aussi Cheyenne, Rose, London, Vienna et les autres, cheminaient lentement près de moi sur l'herbe gelée. Elles voulaient que je me sente en sécurité. Protégée. C'est en tout cas l'impression que cela devait donner au monde extérieur. Dans mon monde en revanche, dans ma tête, j'étais tout sauf rassurée.
Où les policiers avaient-ils emmené Josh ? Avait-il peur ? Avait-il froid ? À quoi pensait- il ? Je revoyais son visage. Son air bouleversé lorsqu'un agent l'avait menotté. Ses yeux implorants. Je l'entendais encore me dire qu'il n'aurait jamais fait de mal à Thomas. Pouvais- je le croire ? Pouvais-je encore me fier à quelqu'un, à Easton ?
« Quoi qu'elles te disent, n'en crois pas un mot, Reed, m'avait écrit Taylor. Ce ne sont que des mensonges. »
Un cri résonna dans le lointain. Une de mes voisines tressaillit. Notre petit groupe s'arrêta et nous nous retournâmes, mais il n'y avait rien à voir, hormis deux corbeaux qui passaient au-dessus de nous en croassant. Pendant un long moment, personne ne bougea. Nos haleines formaient de petits nuages dans l'air glacé. Le silence était de plomb.
— Allons-y ! ordonna soudain Noëlle en nous poussant du coude.
je croisai son regard pour la première fois de la matinée. Ses joues étaient rosies par le froid et ses yeux marron étincelaient ; elle était d'une beauté saisissante.
Le vent souffla une mèche de ses épais cheveux châtains devant son visage, et elle m'adressa un sourire qui se voulait réconfortant. Je restai impassible.
Un bruit de course précéda l'arrivée de Dash McCafferty et de Gage Coolidge. Parvenus à notre hauteur, les deux garçons calquèrent leur pas sur le nôtre.
— Salut ! fit Dash avant de déposer un baiser sur la tempe de Noëlle.
Avec ses cheveux blonds ébouriffés, il ressemblait plus que jamais à un mannequin Abercrombie. Noëlle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.
— C'était quoi, ce cri ? demanda-t-elle.
— Des vautours, grommela Gage entre les dents.
Une écharpe rayée lui couvrait partiellement le menton et ses cheveux étaient mouillés. Il devait être transi de froid, mais il était bien trop poseur pour le montrer.
— Des journalistes, traduisit Dash. Ils campent devant les grilles. Le doyen a fait barricader le lycée hier soir après le départ des flics. Il y a une heure, mon père a reçu un coup de fil de l'administration. Il paraît qu'ils ont renforcé les mesures de sécurité. Je suppose qu'ils ont appelé tous les parents.
— Génial ! dit Kiran. Ma mère a dû être ravie de recevoir ce genre de nouvelle au saut du lit.
— Il y en a quand même une qui a escaladé le portail, nous informa Gage. Pendant son footing, Trey a croisé Scat qui raccompagnait une poufiasse avec une caméra vidéo.
Il serra un poing ganté de cuir et l'abattit contre sa paume.
— Saletés de vautours !
Natasha, ma camarade de chambre, avait dû lire la question dans mes yeux, car elle précisa :
— Scat¹ est le chef de la sécurité.
J'avais déjà croisé l'homme : un grand escogriffe sans cou, perpétuellement de mauvaise humeur, mais j'ignorais son surnom.
- Donc, on est prisonniers, résuma Kiran.
Elle frissonna et releva son col de fourrure. Ses lunettes de soleil démesurées et ses cheveux bruns, qui masquaient en partie son visage, complétaient son look de starlette traquée par les paparazzi.
— Pour l'instant, admit Dash. Jusqu'à ce qu'ils décident de la suite des événements.
— Qu'est-ce qu'il y a à décider ? demanda Noëlle. Ils ont coffré l'assassin, non ?
je ne sais quel regard fut le plus meurtrier : celui que Dash lui décocha, ou le mien. Probablement le premier, car j'étais presque sûre que jamais Dash ne l'avait regardée ainsi depuis qu'ils se connaissaient – c'est-à-dire depuis toujours.
Nous étions arrivés devant la chapelle. M. Cross, le surveillant de la maison Ketlar, et M. Barber, mon professeur d'histoire, étaient postés de part et d'autre de la porte. Dash, La mâchoire crispée, entra dans l'édifice sans accorder un autre regard à sa bien-aimée.
— Qu'est-ce qui lui prend ? marmonna Noëlle.
— je crois que tu as oublié un détail qui s'appelle la présomption d'innocence, expliqua Natasha.
Noëlle roula les yeux. Pour elle, la culpabilité de Josh était évidente.
— Allons, allons, on se dépêche ! fit M. Barber en agitant la main.
Il nous dévisageait avec méfiance, à l'affût de je ne sais quelle menace invisible.
J'entrai dans la chapelle silencieuse et remontai l'allée centrale jusqu'aux bancs réservés aux élèves de seconde. Privée de la chaleur corporelle des filles Billings, je frissonnai. Mais je me sentis aussi soulagée, comme délivrée. Seule, j'allais enfin pouvoir réfléchir.
Soudain, une main glacée m'agrippa le poignet
— On est tout près, si tu as besoin de nous. Reed.
Ariana fixait sur moi ses yeux bleus limpides. je tentai de lui reprendre mon bras, mais elle le tenait fermement.
— Je sais.
C'étaient mes premiers mots de la journée.
— Bien.
Elle me lâcha avec un sourire angélique et je lui tournai le dos pour aller m'asseoir.
« Ce ne sont que des mensonges, Reed, m’avait écrit Taylor. N'en crois pas un mot. »


1. Scat peut se traduire par « ouste ! ».