Eco l'érudit
Complot, arnaque, trahison, mensonge, haine sont les maîtres mots de ce roman. Les romans de M. Eco sont toujours d'une grande érudition, celui-ci n'échappe pas à la règle et nous dépeint une Italie et un Paris de la fin du 19° siècle magnifique. Le héros (anti-héro) est un faussaire doublé d'un schizophrène qui va nous faire découvrir la montée de l'antisémitisme de ce siècle. Le récit se développe par le biais du journal intime du "héros" (Simon Simonini) et de sa "moitié" ('abbé dalla Piccola) ainsi que l'intervention d'un narrateur qui vient mettre de l'ordre dans le récit quelquefois décousu de cette personnalité fragmentée. Le héros est le spectateur et acteur de l'ombre dans les grands événements qui secouent le 19° siècle, tel la guerre d'indépendance Italienne (Garibaldi), la chute du Second Empire, la Commune, l'affaire Dreyfus, et j'en oublie. Le récit nous fait plonger dans un période troublée où la politique, l'espionnage, la haine (l'antisémitisme pur et dur) ont façonné notre époque. Umberto Eco n'a pas son pareil pour amener le lecteur dans une ambiance brumeuse, sombre et ténébreuse, confuse. Le récit l'est justement, un peu long voire lourd, mais les rencontres et aventures de Simonini restent agréables à lire. A noter, la présence d'illustration (ce qui est malheureusement peu courant dans les romans de nos jours) qui viennent, à mon sens, renforcer l'ambiance du récit.
Voilà ce que je cherche !
Sorti en 2010, je me suis immédiatement jeté dessus et il est venu compléter ma collection Eco. Car c'est un auteur que j'apprécie beaucoup. Il faudrait nous en sortir plus souvent, des oeuvres de ce genre. Vous avez certainement remarqué que je suis devenu un fidèle client de Chapitre.com. Salutations.