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Anita Blake, tueuse de vampires, tomes 1 & 2
Plaisirs coupables / Le cadavre rieur
Laurell K. Hamilton
768 pages
(série en 12 tomes)
Couverture souple. 12,5 x 20 cm
Réf : 433796
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Article disponible dans les 8 jours
Résumé
Cela fait deux ans que le vampirisme est légal aux États-Unis. Mais ne croyez pas que les vampires se sont tous transformés en gentlemen. Ils restent des monstres assoiffés de sang. Anita Blake dispose d’un mandat fédéral pour exécuter ceux qui dépassent les bornes. Anita a un don avec les morts-vivants. Et un sacré compte à régler.
Pourquoi on l'a choisi
Buffy au pays des zombies : Saint-Louis, son quartier chaud, ses cimetières pleins de goules et ses pratiques vaudou sert de cadre sulfureux aux enquêtes vampirico-policières d'Anita. De la "bit lit" noire et un brin perverse pour frissonner de plaisir !
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :12
Athenadora
Le 31 mars 2010
Longue vie à Anita
Grande fan de LKH , qui d'ailleurs nous a fait la joie de venir au Salon du Livre cette année, j'en suis au tome 11 et merci à France Loisirs de joindre les aventures d'Anita Blake à votre catalogue ! Plus je lis, plus j'aime ! Bonne lecture à tous ceux qui ne connaissent pas et qui vont découvrir l'univers envoûtant de la bit lit =)
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laradelia
Le 21 janvier 2010
Vivement la suite ...
Un pur moment de bonheur, une magnifique intrigue et quand on sait qu'il y a encore pas mal de livres dans cette collection, ça fait rêver... encore, encore, encore !
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Demettra
Le 12 mai 2010
Une série excellente
Je les conseille aux lecteurs et lectrices de bit-lit, et/ou de fantasy urbaine. Le 1er tome est plutôt long, mais il vaut le coup car les tomes suivants sont un pur régal. J'adore LKH que j'ai d'ailleurs rencontrée lors de sa venue au Salon du Livre à Paris. Merci à France Loisirs de les avoir mis dans le catalogue.
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cristal
Le 02 novembre 2010
A lire
Très bon livre. On oscille entre rire et action j'adore.
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liloubx
Le 09 janvier 2011
Un livre qu'on ne lâche pas...
Je viens de découvrir Anita Blake et déjà, je ne peux plus m'en passer !!! Voilà une héroïne qui a du répondant, un humour plus que sarcastique et surtout qui ne s'en laisse pas compter face aux monstres et autres réjouissances qui l'entourent ! Je n'espère qu'une chose... pouvoir retrouver l'intégralité de ses aventures chez France Loisirs ! Je recommande cet ouvrage ainsi que tous les autres de la collection à tous ceux qui aiment la bit-lit ou tout simplement les bons livres !
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demonoa
Le 20 avril 2011
Indispensable
Une intrigue qui démarre des les premières pages, j'ai adoré l'héroïne, on arrive pas à décrocher du livre, je vous le conseille vivement. On y rencontre tout un tas de créatures et pas seulement du vampire.
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Le 06 avril 2011
Tout simplement génial
J'ai acheté ce livre juste comme ça et franchement la plupart des livres que j'achète, j'en suis déçue mais là, houlala, submergée par le livre, c'est tellement passionnant et prenant... J'en suis au tome 6, vivement la suite :)
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EVA17
Le 08 mai 2011
Très bon livre
J'ai acheté le 1er livre : tomes 1&2 et j'ai déjà hâte de lire la suite, je viens de commander les tomes suivants, une fois qu'on a mis le nez dedans on ne s'ennuie pas, je le conseille vraiment.
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cinderella191
Le 28 juin 2011
Anita T1
Un livre qui me tentait depuis un petit moment, mais j'avais peur qu'il y ait trop de tomes. Mais ça tombe bien France loisirs a sorti des éditions intégrales, j'ai donc acheté le premier et le second tome. Je ne pensais pas me lancer dans sa lecture tout de suite mais vu que Sookie avait mise en place sa LC, j'en ai profité et je ne suis pas déçue du tout ! J'entame donc une nouvelle série Bit-lit, avec Anita qui est un personnage charismatique comme je les aime, une jeune femme qui n'a pas sa langue dans sa poche, qui se bat physiquement et moralement contre le mal. Elle a un sens aigu de la justice et de la vie. Elle se bat pour ses valeurs et j'aime ça. De plus son caractère lui joue parfois des sales tours, mais elle n'hésite pas à se défendre. Anita est surnommée L'Exécutrice, pourquoi ? Car elle exécute les vampires pour le gouvernement en plus de son job de réanimatrice (elle relève les morts). Dans ce monde, les vampires, les goules, les zombis et les garous sont connu de tous et la population s'accommode à cette nouvelle vérité. Anita à donc un rôle important à jouer, en plus de cela elle sert de conseillère pour la division surnaturelle de la police. Elle a de quoi être occupée ! Elle possède un grand courage qui lui permet de faire face aux dangers, mais ce qui m'a le plus marqué c'est son humanité. Anita n'est pas sans faiblesses, loin de là, on partage ses peurs et ses réflexions sur le danger, l'avenir et la vie. Un point positif pour ma part, qui m'a surprise dans un premier temps, vu que moi si j'étais à sa place je me cacherais sous mon lit avec mes pingouins en peluche :D Dans ce premier tome on rentre directement dans l'histoire, où les relations entre humains et vampires sont plusieurs fois abordées. En effet on peut voir d'un côté les esclaves de sang, prêts à tout pour approcher les vampires et d'un autre les Humains militant contre les vampires. Au milieu de tout ça, Anita doit trouver le tueur en série de vampires ou sinon la maitresse vampire de la ville va surement lui couper la tête ou encore pire l'asservir.... Des personnages secondaires très peu approfondi dans ce premier tome. Omission faite de Jean-Claude le puissant vampire propriétaire du club de strip-tease : Plaisirs Coupable, qui montre un certain intérêt à notre héroïne. Je dois dire que ce personnage m'a beaucoup intrigué, j'ai hâte d'en apprendre plus sur lui et de voir comment évoluera sa relation avec Anita. Gros point négatif !!! Je m'excuse déjà pour les Jean-Claude, mais je dois dire que ce nom ne colle pas du tout au personnage... :( Je pense que l'auteure a fait une grosse boulette ici, car pour ma part ça baisse mon entrain pour lui, même si c'est l'un des personnages secondaires les plus prometteurs. J'espère pouvoir m'y faire avec le temps. La plume de Laurell.K.Hamilton est claire et concise sans détails superflus. Un récit dynamique avec des rebondissements, de l'action, du suspense et de la sensualité. En bref un très bon premier roman qui me donne une grande envie de commencer le second tome !!! Et voilà une nouvelle série dans ma biblio ;)
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Djtachou
Le 23 juillet 2011
Anita Blake
Je conseille ce livre à tous ceux qui veulent une histoire surnaturelle mais dans un style totalement diffèrent. J'ai passé un agréable moment de lecture grâce à cet ouvrage.
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mlleanie
Le 10 janvier 2012
Simplement génial !!!!
J'adooooore cette collection. Franchement je vous le recommande à tous !
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Alexb40
Le 26 décembre 2011
Super !!!
J'ai tout d'abord trouvé ce livre un peu long, mais on s'attache aux personnages au fil de l'histoire, on rit à l'humour décalé d'Anita, on apprécie son côté garçon manqué, son franc parler. C'est un livre génial, les 2 histoires sont prenantes. A recommander !!
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Laurell K. Hamilton est née en 1963 dans une petite ville de l’Arkansas. Après des études d’anglais et de biologie, elle se tourne vers l’écriture. C’est en 1993 qu’elle crée le personnage d’Anita Blake, auquel elle consacrera un roman chaque année, parallèlement à des novélisations pour séries comme Star Trek. Portées par le bouche-à-oreille, les aventures de sa tueuse de vampire sont devenues aujourd’hui d’énormes best-sellers.
Extrait

CHAPITRE PREMIER


Déjà longtemps avant sa mort, Willie McCoy était un abruti. Qu'il ait rendu l'âme ne changeait rien à l'affaire. Il était affublé d'une veste écossaise voyante et d'un pantalon vert criard, et ses cheveux noirs coupés court et lissés en arrière mettaient en valeur son visage osseux triangulaire.
Il m'a toujours fait penser aux seconds rôles des vieux films de gangsters. Le genre de type qui vend des renseignements à la police, qui fait les courses pour tout le monde et dont on n'hésite pas à se débarrasser le moment venu.
Maintenant que Willie était un vampire, plus question de l'éliminer. Mais il continuait son boulot d'indic, rendant de petits services à l'occasion. Bref, la mort n'avait pas réussi à le transformer. Mais je préférais éviter de le regarder dans les yeux, au cas où...
C'est la procédure habituelle quand on traite avec un vampire. Willie McCoy était jadis un individu douteux. À présent, c'était un individu douteux et un mort-vivant. Une catégorie encore inconnue pour moi.
Nous étions installés dans mon bureau, où le climatiseur ronronnait tranquillement. Les murs bleu pastel, une couleur que mon patron, Bert, juge apaisante, conféraient à la pièce une certaine froideur polaire.
— La fumée te dérange ? demanda Willie McCoy.
— Oui.
— Bon Dieu, tu n'as pas l'intention de me faciliter la tâche, pas vrai ?
Je le fixai un instant. Ses yeux étaient toujours du même marron qu'avant. Quand il s'aperçut que je le regardais, je baissai la tête.
Willie s'esclaffa. Un son curieux proche de l'éternuement. Sa façon de rire n'avait pas changé non plus.
— Ça, ça me plaît. Tu as peur de moi.
— Je n'ai pas peur, je suis prudente, c'est tout.
— Rien ne t'oblige à l'admettre, mais je sens sur toi l'odeur de la peur, comme si elle me chatouillait les narines. Et tu as peur de moi parce que je suis un vampire.
Je haussai les épaules. Qu'ajouter à ça ? Comment mentir à quelqu'un qui est capable de renifler la trouille ?
— Pourquoi es-tu venu me voir, Willie ?
— Bon Dieu, j'aimerais vachement m'allumer une clope.
À la commissure de ses lèvres, un repli de peau tressauta.
— J'ignorais que les vampires avaient des tics nerveux.
Il passa une main sur le coin de sa bouche et sourit.
— Certaines choses ne changent jamais, fit-il en dévoilant ses canines.
J'eus envie de lui demander de préciser quelles choses changent. Quel effet ça fait d'être crevé ?
Je connaissais d'autres vampires, mais Willie était le premier type que je revoyais après sa mort. Une impression très particulière...
— Qu'est-ce que tu veux ?
— Je suis venu t'offrir de l'argent. Pour devenir ton client.
Évitant de croiser son regard, je levai les yeux vers lui. La lumière du plafonnier se reflétait sur son épingle de cravate. De l'or massif ! Avant, Willie n'aurait jamais possédé un bijou pareil. Pour un cadavre ambulant, il se débrouillait pluiôt bien.
— Je gagne ma vie en relevant les morts. Pourquoi un vampire aurait-il besoin de ranimer un zombie ?
Il secoua la tête.
— Rien à voir avec ces machins vaudous ! Je veux t'embaucher pour que tu retrouves des assassins.
— Je ne suis pas détective privé.
— Mais tu bosses souvent avec la police, non ?
— Exact, mais tu pourrais louer directement les services de Mlle Sims. Inutile de me demander de jouer les intermédiaires.
Encore un bref mouvement de la tête.
— Elle ne connaît pas les vampires aussi bien que toi. Je soupirai et jetai un coup d'œil à la pendule murale.
— Willie, on pourrait peut-être s'en tenir là, il faut que je parte dans un quart d'heure. Je déteste que mes clients poireautent seuls dans un cimetière. Ils finissent par perdre patience.
Il éclata de rire. Malgré les canines, je trouvais son rire narquois rassurant. Mais les vampires ne devraient-ils pas avoir un rire riche et mélodieux ?
— Ça ne m'étonne pas. Ça ne m'étonne pas du tout !
Comme si une main invisible avait effacé sa gaieté, Willie redevint sérieux.
La peur me noua l'estomac. Les vampires passent en un éclair d'une expression à l'autre, comme s'il leur suffisait d'appuyer sur un bouton. S'il pouvait faire ça, de quoi d'autre était-il capable ?
— Tu dois avoir entendu parler des vampires qui se font massacrer dans le District ?
Il m'avait posé une question ; je lui répondis.
— Je suis au courant.
Quatre vampires avaient été égorgés dans le quartier des nouveaux clubs réservés à leurs semblables. On leur avait arraché le cœur et coupé la tête.
— Tu travailles toujours pour les flics ?
— On m'a nommée auprès du nouveau groupe d'intervention.
Il éclata encore de rire.
— Ah ouais, la fameuse Brigade du Surnaturel... Celle qui manque d'argent et d'hommes ?
— Tu viens de décrire la situation de la plupart des forces de police de cette ville.
— C'est possible, mais les flics pensent comme toi, Anita. Un vampire mort de plus ou de moins, qu'est-ce que ça représente ? Aucune loi, même nouvelle, ne changera ça.
Deux ans s'étaient écoulés depuis l'affaire Addison-Clark. Le procès avait accouché d'une définition révisée de ce qu'était la vie... et de ce que la mort n'était pas. Dans nos bons vieux États-Unis d'Amérique, le vampirisme était désormais légal.
Un des rares pays à le reconnaître... Contraints de refouler les vampires étrangers qui voulaient s'installer chez nous par troupeaux entiers, les employés des services de l'immigration s'arrachaient les cheveux.
Dans les tribunaux, on débattait d'une multitude de questions. Les héritiers étaient-ils tenus de rendre les biens qu'ils avaient récupérés ? Si une femme mariée bénéficiait du statut de morte-vivante, fallait-il considérer que son mari était veuf ? Tuer des vampires était-il un meurtre ? Un mouvement populaire prétendait même leur donner le droit de vote. Comme l'a si bien dit Bob Dylan, « les temps changent » !
Fixant le mort-vivant assis en face de moi, je haussai les épaules. Si j'estimais qu'un vampire mort de plus ou de moins n'avait aucune importance ? Peut-être, oui...
— Si tu crois que c'est ce que je pense, pourquoi t'adresser à moi ?
— Parce que tu es la meilleure dans ta catégorie. Et nous avons besoin de ce qui se fait de mieux en la matière. La première fois qu'il utilisait le « nous »...
— Pour qui travailles-tu, McCoy ?
Un sourire finaud apparut sur le visage de Willie, comme s'il savait quelque chose que j'aurais dû savoir aussi.
— Ça ne te regarde pas. Il y a beaucoup de fric en jeu. Pour enquêter sur ces meurtres, nous cherchons un oiseau de nuit.
— J'ai vu les cadavres, Willie. Et j'ai donné mon avis à la police.
— Ton analyse ?
Les mains posées à plat sur mon bureau, il se pencha en avant. Ses ongles étaient blancs, presque exsangues.
— J'ai fait un rapport complet, que j'ai remis aux flics.
Je levai les yeux vers lui, toujours sans le regarder en face.
— Et ces quelques renseignements, tu ne me les donneras pas ?
— Je ne suis pas autorisée à parler avec toi de ce qui concerne les forces de police.
— Je leur avais dit que tu refuserais leur offre.
— Quelle offre ? Tu ne m'as encore rien expliqué...
— Nous voulons que tu enquêtes sur l'assassinat de ces vampires, pour découvrir qui, ou quoi, en est responsable. Nous sommes prêts à te payer le triple de tes honoraires habituels.
Ça expliquait pourquoi Bert, le mercenaire type, avait arrangé cette rencontre. Il connaissait mon aversion pour les vampires, mais mon contrat m'obligeait à recevoir tous les clients qui lui avaient versé des honoraires. Pour de l'argent, mon patron accepterait tout et n'importe quoi. Le problème, c'est qu'il pense que je devrais en faire autant.
Nous n'allions pas tarder à avoir une petite explication...
Je me levai.
— La police est sur l'affaire et je lui fournis toute l'aide dont je suis capable. En un sens, je suis déjà en train de bosser sur cette enquête. Ne gaspille pas ton argent.
Les yeux rivés sur moi, Willie me regardait sans bouger. Pas la raideur caractéristique des cadavres déjà anciens, mais ça y faisait penser.
Un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale, et je luttai contre l'envie de sortir le crucifix caché sous ma chemise, histoire de chasser Willie de mon bureau. Hélas ! expulser un client en me servant d'un article consacré semblait fort peu professionnel. Je conservai mon calme, attendant que le client en question se décide à bouger.
— Pourquoi refuses-tu ?
— Willie, on m'attend. Navrée de ne pas pouvoir t'aider, crois-le bien.
— Dis plutôt que tu ne veux pas nous aider.
— Comme il te plaira.
Faisant le tour de mon bureau, je le raccompagnai à la porte.
Willie bougeait avec une rapidité et une fluidité dont il n'avait jamais fait preuve auparavant, mais j'anticipai son mouvement et reculai d'un pas pour éviter sa main tendue vers moi.
— Je ne suis pas une de ces jolies idiotes qu'on couillonne avec quelques tours de magie à trois ronds !
— Tu m'as vu bouger.
— Non, je t'ai entendu. Tu es un tout jeune mort, Willie. Vampire ou non, il te reste beaucoup à apprendre.
Le bras à moitié déplié dans ma direction, il fronça les sourcils.
— Possible, mais aucun humain n'aurait pu réagir comme tu viens de le faire.
Il se rapprocha d'un pas, sa veste écossaise me frôlant. Tout près l'un de l'autre, il était facile de constater que nous faisions la même taille. Petits tous les deux !
Ses yeux étaient exactement à la hauteur des miens. Prudente, j'entrepris de contempler son épaule.
Au prix d'un effort démesuré, je réussis à ne pas m'écarter. Mort-vivant ou pas, c'était toujours Willie McCoy, et je n'avais pas envie de lui faire ce plaisir.
— Tu n'es pas plus humaine que moi, lâcha-t-il.
Je me décidai à ouvrir la porte.
Je ne m'étais pas écartée, j'étais allée ouvrir, nuance ! Enfin, je tentai d'ignorer la sueur que je sentais ruisseler dans mon dos. Mais la boule, dans mon estomac, prouvait que je ne trompais personne.
— Il faut vraiment que j'y aille. Merci de t'être adressé à Réanimateurs Inc.
Je lui fis mon plus beau sourire professionnel, parfaitement hypocrite mais éblouissant.
Il s'immobilisa sur le seuil de la porte.
— Pourquoi ne pas travailler avec nous ? Faut que je donne une explication en rentrant.
Je n'en aurais pas mis ma main à couper, mais il y avait comme de la peur dans sa voix. Aurait-il des problèmes à cause de mon refus ? J'étais désolée pour lui... et consciente que c'était idiot. Il s'agissait d'un mort-vivant, bonté divine !
Planté dans l'encadrement de la porte, il me dévisageait : c'était toujours Willie, avec ses vestes ringardes et ses petites mains nerveuses.
— Peu importe le nom de tes employeurs. Dis-leur que je ne travaille pas pour les vampires.
— Une règle à laquelle tu ne déroges jamais ?
— Une règle incontournable, oui...
— En béton !
Une ombre passa sur son visage et j'eus l'impression fugitive de revoir le bon vieux Willie. Je lui faisais presque pitié.
— J'aurais préféré que tu acceptes, Anita. Ces gens n'aiment pas qu'on leur dise non.
— Là, tu dépasses les limites de mon hospitalité ! J'ai horreur qu'on me menace...
— C'est pas une menace, Anita. Juste la vérité.
Il rajusta sa cravate, caressa du bout des doigts l'épingle en or toute neuve, se redressa de toute sa taille et sortit.
Je refermai la porte et m'adossai au battant. Mes genoux menaçaient de se dérober, mais je n'avais pas le temps de m'asseoir ou de trembler. Mme Grundick était probablement au cimetière, attendant avec son petit sac noir et ses grands fils que je relève son mari. Pour résoudre le problème que posaient deux testaments très différents, il fallait subir des années de procédures juridiques coûteuses ou ramener Albert Grundick à la vie et lui demander son avis.
Tout le matos était dans ma voiture, y compris les poulets. Je sortis le crucifix caché sous ma chemise et le mis bien en évidence. J'avais plusieurs armes et je savais m'en servir. Un tiroir de mon bureau contenait un Browning Hi-Power 9 mm qui pesait un peu plus d'un kilo, plus les balles en argent. L'argent ne suffit pas à tuer un vampire, mais ça le décourage, puisqu'il est ralenti par la cicatrisation de ses blessures, devenue aussi lente que chez les humains.
Essuyant mes paumes moites sur ma jupe, je sortis de mon bureau.
Craig, le secrétaire de nuit, pianotait frénétiquement sur le clavier de l'ordinateur. Il écarquilla les yeux en me voyant marcher d'un pas mal assuré sur l'épaisse moquette. Peut-être à cause de la croix qui se balançait au bout de sa longue chaîne. Ou du holster que je portais à l'épaule, exposant à la vue mon Browning 9 mm.
Il se garda de faire le moindre commentaire. Un homme intelligent.
Je passai un joli petit blouson en velours. Le vêtement ne dissimulait pas la bosse, sous mon aisselle, mais ce n'était pas grave.
Je doutais que les Grundick et leurs avocats soient en mesure de remarquer quoi que ce soit.