Un jour
Un jour
David Nicholls
704 pages
Couverture souple
Réf : 424920
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Au lieu de 22,00  (prix public)
Disponible
Résumé
Lui s’appelle Dexter, elle Emma. Il est séduisant, de bonne famille. Elle, modeste, ne se trouve pas jolie. Un soir de 1988, ils font l’amour ; ils ne le réalisent pas mais c’est le coup de foudre. Il va leur falloir 20 ans pour s’en rendre compte, chacun vivant de son côté, à Londres, en Inde ou à Paris. Ils se croisent, se cherchent, se retrouvent, se perdent, se disputent, se détestent... Ils s’aiment !

Une sublime histoire d’amour, adaptée au cinéma avec Jim Sturgess et Anne Hattaway.
Rose
Tatiana de Rosnay
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :9
trymmers
Le 22 janvier 2012
Merveilleux
Ce livre est génial. Je viens de fini "Un jour" de David Nicholls, une merveilleuse histoire d'amour des temps moderne, une fois plongé dedans on ne peut plus en sortir. On voyage, on tombe sous le charme des personnages et surtout savoir la suite. Bravo à l'auteur.
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Unjour
Le 19 février 2012
Génial
Je l'ai trouvé trop court, je n'avais pas envie de le finir il était vraiment beau. J'ai adoré, je le conseille fortement à ceux qui aiment les histoires d'amour.
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lolo38
Le 23 février 2012
Très beau roman
C'est effectivement un très beau roman, bien construit et d'une façon assez originale. On est vite absorbés par l'histoire de ces personnages mais ils ne restent pas longtemps des personnages de fiction tant le thème principal du livre - la vie qui passe, les occasions manquées, les décisions qui orientent toutes nos vies- nous ramène à nos propres vies. Par contre, j'ai personnellement mis quelques heures pour me remettre du dépit, (y'a pas d'autre mot !) qu'a représenté l'épilogue. L'auteur fait ce qu'il veut, mais j'ai reçu comme une douche froide le sort qu'il a réservé à l'un de ses protagonistes. C'est le seul bémol en ce qui me concerne, mais j'ai sûrement un coeur de midinette qui espérait une fin plus heureuse.
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lucie
Le 28 février 2012
Génial
J'ai adoré le livre et maintenant je vous conseille de regarder le film, "Préparez votre mouchoir" (le film est bien mais j'ai préféré le livre).
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flobouquine
Le 13 avril 2012
Belle histoire d'amour
Très belle histoire d'amour, roman bien ficelé qui nous donne envie de poursuivre. Il est vrai que cela peut faire résonance à notre propre vie et donc soulever quelques émotions enfouies. J'ai adoré. Fans des histoires d'amour; je vous le recommande vivement.
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leido
Le 19 avril 2012
Rien d'attrayant
Alors là, je n'ai pas aimé du tout. J'ai eu du mal à la finir. Pourtant, compte tenu de ce que j'avais entendu, j'ai persévéré.
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leido
Le 18 mars 2012
Bof
J'ai lu ce livre et, j'avoue, que j'ai eu beaucoup de mal à le finir. Je suis vraiment déçue. Je n'arrive pas à comprendre le "sublime" de cette histoire.
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lilie51260
Le 13 mai 2012
Fabuleux
En effet, une histoire qui peut nous remémorer notre propre expérience. Emouvant, réaliste... je conseille fortement. J'ai regardé également le film après avoir terminé le livre... très émouvant aussi.
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nicste
Le 21 mai 2012
Un jour
Cette belle histoire d'amour s'inscrit dans la lignée de love story. Ce roman, quoique dense, se dévore d'une seule traite. Un conseil, prendre un mouchoir à porter de main. j'espère que le film me rendra également la sublime émotion que j'ai ressenti à la lecture de ce livre.
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Né en 1966, David Nicholls a d'abord envisagé une carrière d'acteur avant de se tourner vers l'écriture. Il a été scénariste pour la télévision, signant notamment pour la BBC les adaptations remarquées de Beaucoup de bruit pour rien et de Tess d'Urberville, et pour le cinéma, en particulier, celle de la pièce de Sam Shepard, Simpatico. Un jour, son premier roman à paraître en France, lui a valu une reconnaissance critique, commerciale et internationale.
David Nicholls vit à Londres avec son épouse et leurs deux enfants.
Lu dans la presse
« On serait tenté de dire que ce roman va changer votre vie : il a, en tout cas, un petit peu changé la mienne... Les dialogues fusent, vous laissant bouche bée d'admiration. Pas un mot de trop, pas de baisse de rythme, tout fonctionne à tous les niveaux. Un jour est un roman nostalgique, brillant, émouvant, divertissant et tout sauf prétentieux. »

The Times

b « Un petit bijou d'humour narquois, une comédie chaplinesque ou les cœurs battent à retardement, sous la bourrasque des désillusions. »

André Clavel, L'Express


« Un roman à mi-chemin entre la comédie et le drame. On pleure, on rit, on souscrit, on est désolé que ce soit terminé. »

Pascale Frey, Elle
Extrait
1
L'avenir

VENDREDI 15 JUILLET 1988


Rankeillor Street, Édimbourg

« JE CROIS QUE... CE QUI COMPTE, c'est de faire bouger les choses, dit-elle. D'arriver à les changer.
— Comment ça ? Changer le monde, tu veux dire ?
— Pas le monde tout entier, mais celui qui t'entoure... Si tu pouvais y changer quelque chose, ce serait déjà pas mal, non ? »
Le jour allait bientôt se lever. Allongés l'un contre l'autre dans le petit lit, ils marquèrent un silence, puis se mirent à rire d'une voix rauque, cassée par leur longue nuit blanche.
« J'y crois pas, gémit-elle. Comment j'ai pu dire un truc pareil ? C'est ringard, non ?
— Un peu.
— J'élève le débat, au moins ! J'essaie d'élargir ton horizon, de préparer ton âme infâme à la grande aventure qui l'attend. Quoique... » Elle se tourna vers lui. « Tu n'as pas besoin de conseils, j'imagine. Ton avenir est sûrement tout tracé... Je parie que t'as même l'organigramme qui va avec !
— Pas vraiment, non.
— Qu'est-ce que tu vas faire, alors ? C'est quoi, ton plan ?
— Mes parents vont venir chercher mes affaires. On va rentrer à Londres et je passerai quelques jours chez eux. J'en profiterai pour voir des potes, puis j'irai faire un tour en France...
— Pas mal pour...
— Ensuite, j'irai peut-être en Chine, histoire de voir à quoi ça ressemble, puis en Inde. Je voyagerai là-bas un moment et...
— Ah, les voyages ! soupira-t-elle. Ce que tu peux être prévisible !
— Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à voyager !
— Dis plutôt que tu cherches à éviter la réalité.
— La réalité ? Personnellement, je trouve ça très surfait », répliqua-t-il en espérant passer pour un type mystérieux et torturé.
Elle haussa les épaules.
« Si tu peux te le permettre... Mais pourquoi ne pas avouer que tu t'offres deux ans de vacances ? Ça revient exactement au même !
— Parce que les voyages ouvrent l'esprit. » Il se dressa sur un coude pour l'embrasser.
« Pff. Tu es déjà bien assez large d'esprit comme ça ! » railla-t-elle en se dérobant - pour l'instant, du moins. Ils retombèrent sur l'oreiller. « De toute façon, je ne parlais pas du mois prochain, mais de ton avenir avec un grand A. Disons, quand tu auras... » Elle marqua une pause avant de reprendre avec emphase, comme si elle évoquait la cinquième dimension : « Quarante ans, par exemple. Tu t'imagines comment, à quarante ans ?
— À quarante ans ? » Cette perspective lui paraissait manifestement inconcevable, à lui aussi. « Aucune idée. Riche, ça te va ?
— Bof. Affreusement superficiel.
— Bon... Disons "Célèbre", alors. » Il enfouit son visage dans son cou. « C'est un peu morbide comme question, non ?
— Non. C'est... exaltant.
— "Exaltant" ! » répéta-t-il en singeant son accent du Yorkshire.
Ce genre de mecs - des fils à papa issus d'un milieu bourgeois - lui faisaient souvent le coup. Ils s'amusaient à l'imiter, comme si son accent était un phénomène insolite. Elle constata de nouveau, avec un certain soulagement, qu'il avait aussi la capacité de l'agacer. Et s'écarta, suffisamment pour sentir la surface fraîche du mur dans son dos.
« Oui, exaltant, persista-t-elle. On est censés être exaltés, non ? Maintenant, tout est possible ! Rappelle-toi, le président de la fac nous l'a dit hier soir : "Les portes du succès vous sont grandes ouvertes..."
— "Vos noms seront dans les journaux..."
— Ça, ça m'étonnerait.
— Franchement, tu trouves ça exaltant, toi ?
— Moi ? Pas du tout. J'en fais dans mon froc.
— Moi aussi. Putain... » Il tendit brusquement la main vers son paquet de cigarettes posé au pied du lit, comme s'il avait besoin d'en griller une pour se calmer. « Quarante ans. Qua-rante-ans. Tu te rends compte ? »
Son anxiété la fit sourire. « Alors, insista-t-elle pour l'attiser, qu'est-ce que tu feras, quand t'auras quarante ans ? »
Il alluma pensivement sa cigarette. « Eh bien, ma chère Em...
— Em ? De qui tu parles ?
— De toi. C'est comme ça qu'on t'appelle, non ?
— C'est comme ça que mes amis m'appellent.
— Je peux le faire aussi, alors ?
— OK, Dex. Continue.
— Eh bien, j'ai longuement réfléchi au problème du temps qui passe. Et j'en ai conclu qu'en vieillissant j'aimerais rester exactement tel que je suis aujourd'hui. »
Dexter Mayhew ! Abritée sous sa frange, elle coula un regard vers lui. Même sans lunettes, elle comprenait aisément pourquoi il espérait rester le même. Ce type avait le don de se mettre en scène, comme s'il posait perpétuellement sous l'objectif d'un photographe. Et ce matin, la photo était particulièrement réussie : adossé à la tête de lit - pourtant recouverte d'un tissu en polyester capitonné du plus mauvais effet -, une cigarette nonchalamment collée à sa lèvre inférieure, les yeux clos, il offrait son visage aux premières lueurs de l'aube qui filtraient à travers les rideaux rouges. Emma Morley s'était toujours moquée de l'expression « bel homme », qu'elle jugeait démodée, tout droit sortie d'un roman du XIXe siècle. C'était pourtant la seule qui lui venait à l'esprit. À moins de s'en tenir à l'adjectif « attirant », elle ne voyait pas d'autres mots pour le décrire. Il appartenait à cette catégorie d'hommes si séduisants qu'on remarque la forme des os qui courent sous leur peau, comme si même leur crâne était charmant. Ce matin, son nez fin était légèrement luisant. De grands cernes presque noirs ombraient ses yeux, vibrant hommage au tabac et aux nuits blanches passées à perdre délibérément au strip poker avec des filles de Bedales, le pensionnat le plus progressiste du pays. Il y avait quelque chose de félin dans la ligne gracile de ses sourcils, dans sa moue un peu trop calculée. Ses lèvres pleines, un tantinet trop sombres, étaient sèches, gercées et rougies de vin bulgare. Les cheveux étaient son seul défaut - il fallait bien qu'il y en eût un ! songea-t-elle avec satisfaction. Coupés court sur la nuque et les côtés, ils formaient une sorte de houppette sur son front. Le gel qui la plaquait en arrière ayant disparu au cours de la nuit, elle avait pris ses aises et rebiquait sur sa tête comme un petit chapeau ridicule.
Les yeux toujours clos, il exhala la fumée de sa cigarette par le nez. Manifestement conscient d'être observé, il glissa une main sous son bras, ce qui fit avantageusement ressortir ses pectoraux et ses biceps. D'où venaient ces muscles ? Certainement pas d'une pratique sportive : à part le billard et la baignade (sans maillot, bien sûr), elle ne lui connaissait aucune activité physique. Il avait sans doute reçu sa belle santé en héritage, en même temps qu'un paquet d'actions, d'obligations et de meubles anciens. Par un heureux concours de circonstances, ce bel homme - superbe, même, dans son caleçon à motifs cachemire porté bas sur les hanches - était maintenant couché dans le lit à une place de sa chambre d'étudiante, au terme de leurs quatre années d'études à l'université d'Édimbourg. Ce bel homme ! songea-t-elle en retenant un petit rire. Tu te prends pour Jane Eyre, ou quoi ? Du calme. T'as plus quinze ans, maintenant. T'emballe pas.
Elle s'empara de sa cigarette pour en tirer une bouffée. « Moi, je t'imagine très bien à quarante ans, dit-elle avec une pointe de malice. Je t'y vois déjà... Tu veux savoir à quoi tu ressembles ? »
Il sourit sans ouvrir les yeux. « Vas-y. Je t'écoute.
— Bon, alors... Tu es dans une voiture de sport, commença-t-elle en tirant sur la couette pour la coincer sous ses aisselles. Tu as baissé le toit ouvrant, bien sûr. T'es dans un quartier chic, genre Kensington ou Chelsea, et le truc dingue, c'est que ta voiture ne fait aucun bruit, puisque toutes les voitures seront silencieuses en... 2006, c'est ça ? »
Il plissa les yeux en faisant le calcul.
« 2004, rectifia-t-il.
— Tu descends King's Road à toute allure - la voiture plane à quinze centimètres au-dessus du sol -, ton petit ventre bien calé sous le volant en cuir. Tu portes des gants de conduite, tu commences à te dégarnir et t'as plus de menton. En fait, tu ressembles à ces gros types trop bronzés engoncés dans des petites voitures...
— Ça t'ennuierait de changer de sujet ?
— Il y a une femme à côté de toi, poursuivit-elle. Elle a des lunettes de soleil. C'est ta troisième - non, quatrième épouse. Elle est mannequin, ou plutôt ex-mannequin, elle a vingt-trois ans ; tu l'as rencontrée dans un salon automobile, à Nice, je crois. Elle était allongée sur le capot d'une voiture. Elle est absolument magnifique, totalement idiote, et...
— Pas mal. J'ai des enfants ?
— Non, juste trois ex-femmes. C'est un vendredi de juillet, vous partez à la campagne, tu as mis tes raquettes de tennis et ton jeu de croquet dans le coffre, avec un panier à pique-nique plein de bons vins, de raisin sud-africain, d'asperges et de pauvres petites cailles. Le vent plaque tes cheveux en arrière, tu es très, très content de toi, et ta femme numéro trois - non, quatre - te sourit de ses belles dents bien blanches, et tu lui rends son sourire en essayant d'oublier que vous n'avez rien, strictement rien à vous dire. »
Elle s'interrompit brusquement. Stop. Tu as l'air d'une folle. Essaie de ne pas avoir l'air d'une folle. « Bien sûr, tu peux toujours te consoler en pensant que la guerre atomique nous aura tous tués d'ici là ! » conclut-elle d'un ton enjoué. Qui ne servit à rien : il la toisait en fronçant les sourcils, l'air courroucé.
« Je devrais peut-être y aller. Si je suis aussi superficiel et dépravé que...
— Non, reste ! protesta-t-elle un peu trop vivement. Il est 4 heures du matin. »
Il se redressa. Son visage vint frôler le sien. « Je ne sais pas d'où tu sors tout ça. Tu me connais à peine.
— J'les connais, les mecs dans ton genre...
— Quel genre ?
— Le genre à traîner près des amphis de lettres modernes, à braire sur tes amis et à les recevoir en tenue de soirée...
— Je n'ai même pas de cravate. Et je peux t'assurer que je ne brais pas...
— À faire le tour de la Méditerranée en yacht pendant les grandes vacances, hip hip hip...
— Attends un peu, reprit-il en posant une main sur la hanche d'Emma. Si je suis aussi antipathique que tu le prétends...
— Tu l'es.
— ... peux-tu m'expliquer pourquoi tu couches avec moi ? »
La main s'aventura vers la peau douce et chaude de sa cuisse.
« Eh bien, justement, je n'ai pas couché avec toi.
— Ça dépend... » Il l'embrassa sur la bouche. « ... de ce que tu entends par là. » Il frôla son dos du bout des doigts et glissa une jambe entre les siennes.
« Au fait..., marmonna-t-elle contre ses lèvres.
— Quoi ? » Elle avait enroulé sa jambe sur la sienne pour resserrer leur étreinte.
« Tu ferais mieux d'aller te laver les dents.
— Moi ?
— Oui, toi. C'est vraiment atroce ! Tu sens le vin et la clope.
— Et alors ? Toi aussi. »
Elle s'écarta vivement, rompant leur baiser. « Ah bon ?
— T'en fais pas. J'aime ça, le vin et les clopes.
— Je reviens tout de suite. » Elle repoussa la couette et le chevaucha pour descendre du lit.
« Où tu vas ? s'enquit-il en posant une main au creux de son dos.
— Aux chiottes », répondit-elle en récupérant ses lunettes, posées sur une pile de bouquins. Il reconnut la monture épaisse, en plastique noir, remboursée par la Sécurité sociale.
« "Aux chiottes" ? répéta-t-il d'un air faussement pincé. Désolé, ce genre d'expression ne m'est pas familier... »
Elle se redressa en plaquant un bras sur sa poitrine. « Bouge pas », ordonna-t-elle. Elle traversa la pièce en tirant sur l'élastique de sa culotte pour la remettre en place. « Et n'en profite pas pour t'amuser sans moi ! » ajouta-t-elle avant de s'éclipser.