Le roman de Sissi
Le roman de Sissi
Élisabeth Reynaud
272 pages
Couverture cartonnée. Photos
Réf : 423401
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Au lieu de 19,90  (prix public)
Disponible
Résumé
Des générations de petites filles se sont rêvées en Sissi, mais qui était la véritable Elisabeth d’Autriche ? Portrait d’une amoureuse tragique, d’une souveraine rebelle, indifférente aux fastes de la cour et rétive au protocole, d’une cavalière émérite, d’une passionnée de poésie... Une héroïne peut en cacher une autre !
Pourquoi on l'a choisi
Loin des clichés surannés, Elisabeth Reynaud retrace le destin d’une femme à la modernité insoupçonnée et à la personnalité complexe. Les extraits de journaux intimes de proches donnent à ce portrait très romanesque un éblouissant éclat de vérité.
Les internautes ayant commandé Le roman de Sissi ont également choisi
Balzac
Gonzague Saint Bris
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
klimenko amelie
Le 18 janvier 2012
Sissi pour toujours dans nos coeurs
Ce livre sur Sissi est vraiment différent des autres, on la découvre sous un autre jour et on l'aime toujours autant ! J'ai adoré lire ce livre sur l'impératrice d'Autriche si belle, si fragile et envoûtante en même temps. Je recommande vivement ce livre !
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Clacla67
Le 14 février 2012
A lire
Livre très intéressant, très agréable à lire. J'ai appris beaucoup de choses sur Sissi. Je vous le conseille.
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Mic
Le 17 mars 2012
INSRUCTIF ET LUDIQUE.
Il est des personnages auxquels on s'attache malgré la distance : Sissi est de ceux-là. Le récit est vivant, limpide et clair. Rapide à lire et loin d'être "assommant", j'ai été emballé.
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Peintre à ses heures perdues, Élisabeth Reynaud écrit depuis toujours et publie également d'autres romanciers. Elle est présidente du Prix Bel Ami, qui récompense l'auteur d'un ouvrage retraçant un destin de femme à travers une biographie, un essai ou une fiction romanesque.
Après Thérèse d'Avila ou le divin plaisir, Jean de la Croix, fou de Dieu ou Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI, Élisabeth Reynaud nous livre un nouveau portrait d'Histoire, vivant et passionné.
Lu dans la presse
« ... Élisabeth Reynaud, dont on connaît le talent de biographe avertie et de conteuse (...), nous emmène aujourd'hui sur les traces de l'Impératrice d'Autriche-Hongrie, femme que l'on découvre sous sa plume, moderne, indépendante et rebelle. »

Cécilia Dutter, Le Magazine des livres
Extrait

Impératrice de conte de fées



Le soir du grand bal donné à la Cour de Vienne pour le mariage de Charles-Théodore, le frère préféré de Sissi, en 1864, le succès remporté par la jeune souveraine est éclatant. L'archiduc Louis-Victor écrira : « Elle était éblouissante de beauté, rendant les gens comme fous. Je n'ai vu personne produire un tel effet. »
Dans sa robe de taffetas blanche, elle est couverte de diamants : diamants étoilés dans ses cheveux et sur le diadème de sa coiffure, ou brodés sur la soie de sa robe. Elle étincelle comme une divinité impassible sous les joyaux qui la parent. On la retrouve telle dans les trois célèbres portraits que fit d'elle le peintre Winterhalter.
Sa soeur Hélène, également en robe étoilée ce soir-là, fait pâle figure à ses côtés. On ne songe plus à la mariée, tous les regards sont tournés vers Elisabeth. Au cours de la cérémonie, elle portait une robe lilas rehaussée de trèfles d'argent, une cape en dentelle et une couronne de diamants sur la lourde parure de cheveux.
La reine Marie de Saxe, soeur de l'archiduchesse Sophie, écrit de son côté : « Tu ne peux avoir idée de l'enthousiasme suscité ici par la beauté et la gentillesse de l'impératrice. Je n'ai encore jamais vu mes paisibles Saxons dans un si grand émoi ! Toutes les conversations, toutes les rumeurs ne parlent que d'elle. »
La beauté de Sissi est célèbre dans l'Europe entière et même au-delà. L'ambassadeur américain à Vienne écrit à sa mère, la même année : « L'impératrice est une merveille de beauté. Grande, mince, magnifiquement modelée, une abondante chevelure châtain, des yeux vifs, des lèvres rouges qui sourient de façons exquises, des sourcils majestueux, une voix douce et harmonieuse, des manières à la fois timides et gracieuses. »
Comme beaucoup, comme la plupart des étrangers, il est un peu amoureux car un an plus tard, ayant été son voisin de table au cours d'un repas, il écrit à nouveau : « Laisse-moi te dire qu'elle est tout simplement ravissante. Sa beauté s'est encore accrue cette année. Elle est devenue encore plus rayonnante, étonnante, s'il était possible. » Sissi a renversé un verre de punch sur la table, elle rougit et s'excuse comme une enfant prise en faute. L'empereur François-Joseph, se précipite pour l'aider et en renverse un autre. On répare les dégâts. L'ambassadeur n'a vu que l'« adorable » trouble qui s'est emparé de Sissi. Il aurait composé de si beaux sonnets sur sa beauté pourvu qu'il fût poète !
Déjà en 1862, la princesse héritière de Prusse, fille de la reine Victoria, écrivait à sa mère à propos de Sissi : « Je suis sidérée par l'impératrice d'Autriche. Sa beauté est incomparable. Je n'en ai jamais vu d'aussi éclatante, d'aussi piquante. Les traits de son visage ne sont pas aussi réguliers que le montrent les tableaux, mais toute sa personne produit un charme qu'aucune peinture ne pourrait faire voir, et de loin. Elle semble corsetée de façon terriblement serrée, ce qui n'est sûrement pas nécessaire vu sa magnifique silhouette. Personne ne saurait se montrer plus aimable, ni plus courtois qu'elle ne l'est. Il est impossible de ne pas l'aimer. »
Même le général prussien Moltke, adversaire politique de l'empereur, s'incline devant le charme ravageur de Sissi : « La rumeur n'était pas exagérée, écrit-il à son épouse, l'impératrice est ravissante, plus encore attirante que belle, d'une manière singulière et difficile à décrire. Elle parle doucement et n'est pas aisée à comprendre. Après le repas, les convives ont fait cercle autour d'elle et elle faisait l'effort de leur répondre aimablement. Mais soudain, gracieusement, elle a fait une profonde révérence pour signifier son congé. »
Cette renommée de beauté devient de plus en plus pesante. À chaque apparition publique, elle est dévisagée avec insistance. Chacun veut vérifier les rumeurs sur ce charme incroyable. Elle subit les commentaires interminables, comme les critiques incessantes sur ses toilettes, ses parures, ses coiffures. Elle doit être parfaite pour ne pas prêter le flanc aux commérages. La farouche jeune fille des montagnes de Possenhoffen est devenue la première dame de la Cour d'Autriche et voici qu'elle est aussi la plus fascinante.
L'archiduchesse Sophie, sa redoutable belle-mère, n'a pas manqué de lui faire remarquer dès leur première rencontre, à Ischl l'été 1853, qu'une impératrice se doit d'avoir des dents impeccables. Même si elle est à peine âgée de seize ans et non encore couronnée. Depuis Sissi parle en écartant les lèvres le moins possible, ose à peine sourire la bouche ouverte et gardera toute sa vie la honte d'une dentition imparfaite. Est-ce par malice ou par angoisse qu'elle ne cherche pas à se faire comprendre de ses interlocuteurs ? On pencherait pour la première hypothèse.
Elle finit par renoncer aux conversations et laisse agir cette beauté qui parle pour elle. Elle a compris pour toute sa vie que ce serait son plus grand atout. Au point que dix ans plus tard, l'épouse de l'ambassadeur de Belgique pourra écrire, après lui avoir été présentée : « Elle est excessivement jolie, d'une taille superbe, les cheveux lui tombent jusqu'aux talons, paraît-il, mais sa conversation est moins brillante que sa figure. »
Sissi n'en a cure. Si le public se repaît de sa beauté, fier de posséder une souveraine célèbre dans le monde entier, elle ne va cultiver ce don du ciel que pour elle-même. Elle est décidée à faire de son corps une oeuvre d'art qui ne regarde qu'elle. Lorsque Marie Festetics, sa dame de compagnie, lui assure : « Les gens sont heureux lorsqu'ils aperçoivent Votre Majesté », Elisabeth, déjà désabusée, répond: « Oh, ils sont plutôt curieux. Ils courent voir n'importe quoi, aussi bien le singe qui danse au son du piano mécanique que moi. Voilà ce que c'est que leur amour. »
Cependant, à cette époque, à peine âgée de trente ans, lorsqu'elle se montre aux grands bals de la Cour, c'est une apparition féerique. Les fameuses étoiles de diamants piquées dans sa splendide chevelure, sa mince silhouette drapée dans des robes de rêve, elle est comme isolée sur un rocher au bord de la mer tant son regard mystérieux échappe à chacun. Elle éclipse tout le monde par l'aura singulière qui l'environne. Un peu plus tard, lorsque le couple royal italien vient à Vienne, le journaliste Alexander Hübner écrit : « La pauvre reine Marguerite avait l'air d'une soubrette à côté d'une déesse. »
Quant à Marie-Valérie, la dernière fille chérie d'Elisabeth, elle écrira dans son journal : « Dîner : maman en tricot de perles noires, des plumes de jais dans les cheveux et une chaîne d'or autour du cou. Mon Dieu qu'elle était belle ! Semblant à peine plus âgée que moi. » Elisabeth a alors quarante-cinq ans et sa fille quatorze.
L'empereur d'Allemagne, Guillaume II, disait d'elle : « Elle ne s'assied pas, elle se pose. Elle ne se lève pas, elle se dresse... »
Marie Festetics, qui l'aimera toute sa vie, malgré les courses épuisantes que l'impératrice lui imposera au nom d'une hygiène spartiate, écrit dans son journal : « On ne se lasse pas de marcher avec elle. Que l'on soit à côté d'elle ou derrière, c'est délicieux. Il suffit de la regarder, elle est l'incarnation de la grâce. Parfois je pense à elle comme à un lys, comme à un cygne, puis elle m'apparaît comme une fée, comme un elfe... Non ! C'est une impératrice ! De la tête aux pieds c'est une femme royale ! Raffinée et noble en tous points. Alors me reviennent en tête tous les commérages qu'elle a endurés et je vois combien il y entre de jalousie. Elle est si ravissante par son charme et sa beauté... Pourtant, ce que je ne trouve pas en elle, c'est la joie de vivre. Elle est d'une réserve frappante pour son âge. »
Mais elles étaient nombreuses et terribles les raisons qui avaient si tôt sapé sa joie de vivre. Et bien d'autres suivraient encore. En une succession de tragédies sans fin.
Pour l'heure, son amie intime la reine et poétesse Elisabeth de Roumanie, qui avait pris Carmen Sylva comme nom de plume, lui écrivait : « Alors, toute ta beauté ne t'aide pas ? Elle ne t'ôte pas ta timidité ? » À quoi Sissi répondait: « Je ne suis pas timide, c'est seulement que tout cela m'ennuie ! On m'affuble de belles robes et d'un tas de bijoux, alors je sors, je dis quelques mots aux gens, après quoi je me hâte de rentrer dans ma chambre, j'arrache tout et je me mets à écrire ma rage contre tous ces gens qui me dévisagent. »
Elle se précipitait sur son poète favori, Heinrich Heine, pour qui elle nourrissait une véritable passion, et relisait ces vers qui la hantaient : « Car tout se retournera contre toi. Même ta beauté ne t'apportera que douleur. Et ton esprit élevé t'emmènera loin, si loin qu'il te fera trébucher. »
Après avoir mené nombre de guerres épuisantes à la Cour de Vienne, Elisabeth avait compris que seule son incroyable beauté lui permettrait de triompher des obstacles qui avaient failli la tuer.
Celle qui s'était prise pour l'impératrice d'Autriche avant l'arrivée de Sissi au sommet de l'Empire, sa belle-mère l'archiduchesse Sophie, très belle elle aussi, venait de lui faire vivre quatre années d'enfer.