Echanges virtuels
Echanges virtuels
suivi de L'arrière-boutique
Marie Godard
Nicolas Marssac
320 pages
Couverture souple
Réservé aux adultes
Réf : 417230
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Disponible
Résumé
Échanges virtuels
Nicolas est un auteur de romans libertins. Marie, sa femme appréciant elle aussi les plaisirs de la chair, se lance – c'est une première – dans l'écriture érotique guidée par Jacques, l'éditeur de Nicolas.
Jacques devient le maître à penser des fantasmes les plus inavouables de Marie... qui s'empresse de les réaliser avec son mari, furieusement excité face au jeu licencieux auquel s'adonnent son ami et sa femme...
Un roman sulfureux à la tension érotique d'une rare intensité.

L'arrière-boutique
À la fin de sa vie, un antiquaire de Montréal décide de livrer les secrets débridés de son arrière-boutique : de la jeune étudiante qu'il initie aux plaisirs de la chair en passant par de belles clientes en mal de sensations fortes, l'antiquaire répond aux attentes de chacune, faisant de sa boutique le théâtre de rencontres épicées...
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Marie Godard n'a que vingt-quatre ans lorsqu'elle recontre Nicolas Marssac. Ils ont douze ans d'écart, et la fascination qu'il exerce sur elle est immense. Ce sera le début d'une histoire d'amour, que la jeune femme relatera en partie, quelques années plus tard, dans son roman. Après avoir voyagé en Asie durant quinze ans, le couple s'installe au Canada. Nicolas réalise alors son rêve, devient antiquaire et écrit L'Arrière-boutique, son premier roman érotique qui sera publié en France. Lors de sa parution, l'éditeur demande à Marie ce qu'elle pense du livre de son compagnon et la met au défi d'écrire le sien. Quelques temps plus tard, elle lui propose Échanges virtuels...
Extrait

25 OCTOBRE


Bonjour Jacques,

Je ne suis pas certaine que vous vous souviendrez de l’échange de mails que nous avions eu lors de la parution du livre de Nicolas, L’Arrière-boutique. Vous m’aviez alors mise au défi d’écrire ma version féminine d’un roman érotique…

Les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaiterait et j’ai mis beaucoup plus de temps à relever le défi que ce que j’avais prévu.

C’est maintenant chose faite. Je viens d’en boucler la rédaction et vous me feriez un immense honneur en acceptant de le lire et de me donner votre avis.

Je l’ai intitulé Échanges virtuels et vous verrez pourquoi, si vous acquiescez à ma demande.

Avec mes remerciements anticipés,
Anne.

26 OCTOBRE


Bonjour Anne,

Je me souviens très bien de nos échanges de mails. Vous avez mis le temps, mais vous y êtes néanmoins parvenue, bravo !

Je serai très heureux de lire votre manuscrit et de vous donner mon sentiment.

Très bonne journée et à bientôt sans oublier mes amitiés à Nicolas.
Jacques.

16 JANVIER


Bonsoir Anne,

Comme promis, j’ai lu votre texte durant mes courts congés de fin d’année. Pour un coup d’essai ce n’est pas mal du tout et il y a en vous un potentiel, même si vous êtes encore empêtrée dans les clichés du genre.

Le récit des aventures érotiques de ce couple, Nicolas et Anne, rythmé de leurs découvertes sexuelles et ponctué de pauses tendres et amoureuses est bien mené. L’épilogue où l’on apprend que vous répondez aux provocations amicales de l’éditeur de votre mari en vous mettant en scène (ça donne d’ailleurs sacrément envie !) et que cela vous fait mouiller, est très amusant.

Mais, hélas, on n’est jamais vraiment surpris – ce qui est fondamental dans le rapport amoureux. Et c’est là que le bât blesse car il manque cette fougue, cette folie, ce lâcher prise qui fait basculer un texte certes excitant vers un texte littéraire sexuel et entêtant.

Alors bien sûr, il y a des pipes, des broute-minou, de la bisexualité, de la partouze, des bourgeoises saillies d’importance et des enculades, mais si tout cela peut provoquer une bandaison de la queue, la tête, elle, reste à la porte du délire.

En résumé, élève Anne, vous avez la moyenne car vos mots ont réussi à faire bander encore le vieil éditeur blasé que je suis, mais je vous invite à laisser exprimer sans contrainte votre for intérieur et fantasmatique.

J’ai été très heureux de vous lire pour ce premier essai et ne désespère pas de lire prochainement une nouvelle tentative.

Très affectueusement à vous,
Jacques.

17 JANVIER


Cher Jacques,

La nuit porte conseil. Vous avez bien évidemment raison. Ce manuscrit n’est pas abouti. Il m’est impossible de me satisfaire d’avoir obtenu la moyenne. Contrairement à ce que je pensais lorsque je vous l’ai envoyé, je ne suis pas encore arrivée au bout de ce défi.

Merci beaucoup de vos conseils précieux.
Avec toute mon amitié,
Anne.

25 MARS


Très cher Jacques,

Vous êtes très fort, mais vous en avez sûrement conscience. Vous avez réussi à me donner, en trois leçons, un cours sur les fantasmes. Trois petits mails à l’air de rien qui ont frappé dans le mille !

Vos petites phrases anodines n’ont pas cessé de me tourner dans la tête. Je suis flattée. Cela amuse Nicolas qui pense que vous flirtez avec moi.

Vous verrez à la lecture de cette nouvelle version de mon manuscrit que je me suis vengée. J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop et que vous vous en amuserez autant que moi.

Je me suis mise à nu, ou devrais-je dire, foutue à poil ? Cela n’a pas été facile au début, mais savez-vous, on y prend goût. Ma nature profondément exhibitionniste a vite pris le dessus.
Voilà, je crois bien que j’y suis.

Je vais me mettre en hibernation jusqu’à ce que je reçoive de vos nouvelles car je ne me sens pas la patience d’attendre… La balle est maintenant dans votre camp. Ne me faites pas trop languir…

Avec toute mon amitié,
Anne, votre élève.

17 AVRIL


Très chère Anne,

J’ai mis du temps à réagir à votre manuscrit car il m’a fallu beaucoup réfléchir à ce que j’allais vous écrire.

Il m’a beaucoup plu. Vous avez fait des pas de géant entre la première et la deuxième version. Vous vous êtes dévoilée comme jamais je n’aurais osé l’espérer, et je tiens à vous dire, une fois de plus, que je suis admiratif devant votre courage et votre pugnacité.

J’ai été bien sûr très ému à la lecture de certains passages. Ai-je besoin de vous dire lesquels ? Je me suis branlé à leur lecture, et, comme vous l’espériez, j’ai fougueusement déchargé sur votre prose en pensant à vous…

Mais cela n’est rien en comparaison de l’effet qu’a produit sur moi le film qu’a réalisé Nicolas de votre dernière nuit dans le Sud-Ouest. Il est impossible que vous n’ayez pas imaginé ce que serait ma réaction lorsque je vous découvrirais en train de vous livrer à vos fantasmes exhibitionnistes devant sa caméra.

Nicolas dont on entend la voix, rauque d’excitation, vous donnant ses instructions. Et de le voir ensuite vous sodomiser, pendant que vous vous branlez avec ce godemiché…

Mais le plus émouvant a été d’assister à la montée de votre orgasme sans que je puisse y apporter ma contribution.

Vous l’aurez compris, votre récit a eu sur moi l’effet escompté, et plus encore…

Et c’est bien là que se trouve mon problème, très chère Anne. Malgré l’indiscutable qualité de votre manuscrit, j’ai décidé de ne pas le publier. Je sais que cela vous semblera incompréhensible après l’éloge que je viens d’en faire, mais laissez-moi tenter de vous dire pourquoi.

La raison tient en quelques mots : votre récit me touche de trop près. Vous avez si bien réussi à vous amuser en faisant de moi l’un de vos protagonistes, vous avez visé si juste, que je ne souhaite pas que soit exposée au regard des lecteurs l’intensité des fantasmes qui nous lient désormais.

À mon tour de revendiquer le droit à ce jardin secret. J’ai besoin que cette magnifique aventure épistolaire qui nous a unis tous les trois, reste à tout jamais notre secret. Si je devais publier votre roman, ce ne serait évidemment plus le cas.

Ne craignez rien, vous n’aurez aucun mal à trouver un autre éditeur qui se fera une joie de publier votre premier roman, et lorsque ce sera chose faite, vous arriverez peut-être à me comprendre et à me pardonner.

Avec toute ma tendresse,
Jacques, votre amant virtuel.