Chevalier de l'ordre du mérite
Top lecteur
Chevalier de l'ordre du mérite
Sylvie Testud
276 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 417109
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 17,00  (prix public)
Epuisé
Résumé
Sibylle Mercier est une femme active d’aujourd’hui. Chargée de communication, elle est obsédée par la propreté et présente un double visage. Au travail elle séduit, mais se moque complètement de plaire à la maison. Conséquence, ses relations avec son conjoint sont tendues mais vraiment burlesques...
Avis Top Lecteur
« Ce roman [...] est une perle [...] léger, drôle, agréable, accessible, réaliste [...] écrit comme on parle. On se retrouve facilement dans ces portraits [...] Le style de Sylvie Testud est fort, concis [...]. Sybille, c'est moi, c'est vous, c'est toutes les femmes de notre époque qui travaillent aussi dur que les hommes, et qui veulent tout gérer : carrière, maison, mari, enfants, amis et aspect physique, [...] les femmes aimeront forcément ce roman [...]. Il est d'autant plus accessible que l'on a l'impression de discuter avec une copine. »

Audrey Bourdoncle


« Un très bon moment de lecture ! […] C’est frais et moderne. […] On ne peut pas lâcher ce couple, on s’identifie forcément à l’un d’eux dans certaines situations de la vie quotidienne. On ressent presque la sensibilité de ces personnages qui transpire entre les lignes. […] Il y a beaucoup de sincérité dans cette histoire, on sent vraiment une quête vers une paix intérieure mais difficilement réalisable. C’est très touchant. »

Elisabete Fernandes
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Intuitions
Dominique Dyens
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :6
BULLEDOR
Le 17 janvier 2012
Déçue
Je n'ai vraiment pas aimé.
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JeudiProchain
Le 24 décembre 2011
Marrante !
Mais hélas pour moi, qui adore Sylvie Testud, sans plus... Je crois que j'en attends peut-être trop d'elle, qui m'émeut à chaque fois et me fait vibrer dans ses rôles, qui me fait rire et m'attendrit quand elle est elle-même. J'ai eu bien du mal à la retrouver dans ce roman, qui est pourtant drôle, et bien écrit, mais à qui il manque selon moi, cette dose d'originalité et de magie qui la qualifie pour tout le reste.
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halisse
Le 03 mars 2012
Peu d'intérêt
C'est l'histoire pas très intéressante d'une fille très exaspérante... je n'ai pas aimé.
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Lola28
Le 12 mars 2012
Ne le recommande pas à mon entourage !
Je viens de terminer ce livre et je suis déçue, aussi bien par l'histoire que par le style d'écriture. J'en avais une bonne impression quand j'ai lu l'extrait mais au final je trouve que l'histoire n'est pas intéressante... Dommage.
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ClemS
Le 04 mars 2012
Chevalier de l'ordre du mérite...
J'ai bien aimé le cours de l'histoire mais je suis déçue par la fin du livre...
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mari0n
Le 27 avril 2012
Décevant
Après en avoir en entendu parler, j'ai décidé de lire ce livre mais je n'ai vraiment pas aimé. Je cherche toujours l'intérêt... Dommage.
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Sylvie Testud est comédienne. En 2001, elle obtient le César du Meilleur espoir féminin pour Les Blessures assassines et, en 2004, le César de la meilleure actrice pour Stupeur et tremblements.
Parallèlement, Sylvie Testud s'est essayé avec succès à l'écriture. Elle est l'auteur de :
    Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir
    Le Ciel t'aidera
    Gamines
Extrait

1



Au premier coup sur le tambourin, il fallait commencer à tourner autour des vingt-deux chaises disposées en cercle dans la classe.
— Il manque une chaise.
— Oui, Sibylle.
La maîtresse m'adressait un sourire compatissant.
— Je vais en chercher une dans la classe à côté ?
— Non. C'est exprès, Sibylle.
Je n'étais pas une lumière.
— Pourquoi il n'y a que vingt-deux chaises ? On est vingt-trois !
— C'est le jeu, Sibylle.
— Le jeu, c'est que, y en a un, il ne pourra pas s'asseoir ?
A-t-on jamais enlevé une fourchette à l'un des invités au dîner ? Présente-t-on trois verres d'eau à quatre assoiffés ?
La maîtresse avait détourné la tête pour s'adresser aux autres élèves.
— Je vais jouer du tambourin.
Elle tenait l'instrument en l'air pour que tout le monde voie.
— Lorsque le silence se fera, vous chercherez à vous asseoir. Sans bousculade !
Elle avait insisté sur le terme.
L'enfant resté debout serait éliminé. Elle allait retirer une chaise à chaque tour. À la fin, il n'y en aurait qu'une pour deux.
— Celui qui gagne, c'est le plus malpoli ?
— Garde tes réflexions pour toi.
Fallait-il avoir les nerfs solides !
— J'ai pas envie de jouer !
Bérénice avait compris. Tout le monde allait la pousser, lui écraser les pieds pour un siège.
— Moi non plus.
Éloïse regardait les places à s'arracher avec terreur.
La patiente maîtresse prenait sur elle, on pouvait le voir à son soupir d'épuisement.
— Ce jeu s'appelle les chaises musicales. C'est amusant elle disait, sans rigoler.
Je ne comprenais toujours pas. Des chaises, il y en avait plein l'école. J'allais bientôt refuser de jouer, moi aussi. J'aime pas bouffer avec les doigts, j'aime pas rester debout quand tout le monde est assis.
— Les filles, vous vous êtes plaintes du ballon prisonnier. Alors il faudrait savoir.
— Les garçons lancent le ballon trop fort ! La dernière fois, j'avais une bosse !
Le but : viser la tête de Bérénice.
— Vous vous êtes plaintes des gendarmes et des voleurs. Vous ne voulez pas jouer au foot. Vous n'aimez pas la planche à savon, pas le jeu de massacre.
C'est vrai qu'elles n'aimaient rien, celles-ci, fallait quand même s'avouer.
— Tout le monde participe. On ne peut pas jouer qu'aux scoubidous.
La maîtresse a poussé les chouineuses au milieu des futurs estropiés.
— Prêts ?
Elle a levé la main. On allait bientôt s'amuser.
Je ne savais pas si je devais partir en courant. Où ? Quand ? Comment ? Et si je n'avais pas de chaise ? Quand allait-elle donner le signal ? Fallait-il garder les yeux sur les adversaires, sur les mains de la maîtresse ?
Le son du tambourin a retenti. Tu parles d'une musique... Les coups réguliers ajoutaient à la tension déjà forte. La maîtresse a écarté la main de la peau tendue. Silence.
C'était maintenant qu'il fallait courir !

Un vacarme des plus assourdissants.
Les chaises se sont entrechoquées. Les pieds des enfants se sont entremêlés. Nous nous sommes jetés sans retenue. À s'en déplacer les vertèbres.
Bérénice regardait autour d'elle. Elle ne voulait pas se rendre à l'évidence. Tous les autres étaient assis.
Ben oui, pauvre tache, il n'y a pas assez de chaises pour tout le monde. Elle l'a bien expliqué, la maîtresse !
Les enfants hurlaient de joie, soulagés de ne pas être debout à sa place.
Une voix douce et bienveillante est venue consoler la première victime :
— Tu es hors jeu. Va te mettre contre le mur.
Bérénice a séché ses larmes lorsqu'une nouvelle chaise a disparu. La chouineuse ne resterait pas seule bien longtemps.
Elle guettait : qui allait devenir son ami de déveine ?
Les roulements de tambourin ont repris.
Nous tournions, ralentissions, accélérions. Au prochain tour, je serais assise. N'importe où, sur n'importe quelle chaise, mais j'en aurais une.
Silence.
Le cercle se réduisait de plus en plus. Nous nous bousculions. De plus en plus sauvages, de plus en plus égoïstes, nous nous jetions sur les chaises. Notre vie en dépendait. J'ai tourné, tourné.

Il ne restait plus que deux enfants. Mathieu et moi.
La maîtresse faisait monter la tension. Des coups réguliers sur le tambourin, des coups plus lents. Tatatatin ! Plus un geste dans l'assistance. Qui allait trépasser ? Elle faisait semblant d'arrêter, puis non, elle recommençait. Fausse alerte ! Superdrôle, les éliminés étaient hilares.
Mathieu était le plus fort de la classe, tout le monde le savait. Il courait plus vite que moi, tout le monde avait pu observer dans la cour.
Nous frôlions l'unique chaise dans l'espoir d'y poser nos fesses.
Mathieu a trébuché ! Il se déconcentrait ! Je sentais : j'allais gagner.
Le tambourin s'est arrêté.
Je me suis jetée sur la chaise. Aïe ! Je me suis tordu un orteil !
Peu importe d'avancer sur un pied, à genoux ou en rampant, le but : obtenir la marche du podium.
Alors que je prenais la place du vainqueur, Mathieu s'est éloigné.
Qu'est-ce qu'il fait, ce malade mental ?
La chaise n'a de valeur que si tout le monde la veut. La guillotine n'a d'intérêt que si le condamné veut vivre ! Pourquoi avait-il écarté les bras, en reculant ?
Mathieu laissait la partie se finir sans lui, ma parole !
La victoire m'était offerte comme une pièce à une mendiante, ou quoi ?
— C'est pas du jeu !
Je suis immédiatement allée le pousser. Le fumier s'octroyait mon trône.
Le pourri voulait qu'on comprenne : il n'avait pas besoin de cette gloire, il en avait tant d' autres.
— C'est de la triche ! Voleur !
J'en avais pas beaucoup, des victoires, moi ! Alors tu parles que celle-là, j'allais pas la laisser me passer sous le nez !
— J'aurais eu la place !
Je hurlais à l'injustice.
J'ai jeté un coup de pied dans la chaise. Plus de chaise, plus de perdant, plus de gagnant.
« L'important, c'est de participer. »
C'est ça qu'a dit la maîtresse quand elle m'a attrapé le bras ?
Si c'était ça l'important, je ne me serais pas fait écraser les pieds comme ça !
A-t-on jamais vu le vainqueur partager la couronne ? Qu'est-ce qu'elle racontait maintenant ?
— Ce n'est qu'un jeu.
La maîtresse était devenue folle.
Après avoir foutu une ambiance de mort avec son tambourin qui filait les jetons. Après avoir fait pleurer la classe au complet, elle expliquait : c'était pour rire.
— Personne n'a rigolé à part elle ! j'ai dit au directeur quand j'ai été conduite dans son bureau.
Le directeur a planté ses yeux dans les miens. Sa voix était dure comme de l'acier. Il voulait que ses paroles se gravent dans ma cervelle.
— Quelle que soit la règle, qu'elle te plaise ou non, tu dois la suivre. C'est comme ça qu'on arrive à vivre en collectivité. Tu imagines si tout le monde faisait comme bon lui semble ? Ce serait la jungle.
Si tout le monde faisait comme bon lui semblait, on n'aurait jamais joué à ça, je n'ai pas osé lui répondre.
— Ça ne sert à rien de se bagarrer, surtout pour une chaise, non ?
Je n'ai pas trouvé la réponse, je croyais que c'était ça le jeu, justement.
Il n'y avait qu'une seule chaise dans son bureau ; il était assis dessus.