Le cachot de Hautefaille
Marie-Bernadette Dupuy
432 pages
Couverture souple
Réf : 413512
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Disponible
Amour, secrets de famille...
Résumé
Diane, journaliste en vacances dans les Highlands, se lie d’amitié avec Sarah et Jérémie en voyage de noces. Alors qu’une mystérieuse série de meurtres ensanglante l’austère région écossaise, d’étranges visions hantent Sarah... qui dépérit. Aurait-elle déjà vécu au château de Highstone... Et séjourné dans son sinistre cachot ?
Pourquoi on l'a choisi
Marie-Bernadette Dupuy et le mélange des genres, c’est une vraie réussite ! Histoire d’amour, polar et fantastique se mêlent avec talent dans cette intrigue “bien ficelée”. Des neiges québécoises aux landes du Loch Ness, dépaysement et suspense garantis !
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :18
soso24
Le 04 novembre 2011
Génial
Ce livre est super, bien construit, bien raconté. Ca change du Moulin du loup, du Rossignol de Val Jalbert etc etc, mais je le conseile à tout le monde. Beaucoup de suspense, la naissance d'une belle amitié... On tombe de C** bien des fois, beaucoup de rebondissements. Tout simplement génial, je l'ai dévoré. Merci encore à MB Dupuy. Bonne lecture à tous !
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changan
Le 03 décembre 2011
une merveille
Superbe livre, a recommander, se lit sans interruption vraiment un régal il y a bien longtemps que je n'avais connu cette faim de lire, impossible de le lâcher quand on commence on le dévore, j'en redemande, bravo l'auteur.
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Lauren
Le 15 novembre 2011
J'adore !!
Superbement bien écrit !! J'ai adoré !! On est absorbé du début à la fin !! On tombe souvent de haut au fil de l'histoire !! Je l'ai dévoré en même pas 2 jours.
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JuJu84
Le 05 décembre 2011
Excellent
Super livre, l'intrigue est très bien construite, dévoré en 3 jours... 'aime beaucoup son style, on ressent les émotions des personnages, l'atmosphère lugubre parfois... A lire !
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rose44
Le 27 décembre 2011
Captivant
Comme toujours Marie Bernadette Dupuy nous surprend. Je dévores ses livres avec gourmandise. Avec cette nouvelle intrigue, je la suis jusqu'au bout sans une pointe de lassitude. Un livre que je recommande aux internautes qui sont passionnés de bons romans, de suspense. Un grand merci Marie Bernadette pour votre admirable travail.
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tipiaf
Le 13 décembre 2011
Géniallissime !!!
J'ai adoré et dévoré !!! Quand on commence, difficile de lâcher le livre : du suspense jusqu'à la fin !!!!
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Marjot
Le 25 décembre 2011
Passionnant !
Tout simplement passionnant avec des personnages attachants ! Une histoire bien racontée et où le dénouement vous laisse bouche bée !
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MAGALY
Le 03 janvier 2012
Suspense
J'ai adoré ce livre. Il est très bien écrit et on le lit très facilement. Il y a beaucoup de rebondissements tout au long de la lecture et le final est déconcertant. Il ne ressemble en rien à "L'enfant des neiges", mais c'est un livre que je recommande car vraiment très bien.
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sonia77
Le 28 janvier 2012
Génial !!
L'histoire est bien écrite et l'intrigue bien ficelée ! On a du mal à fermer ce livre pour se mettre au lit... J'ai adoré les expressions québecoises, le va-et-vient entre Ecosse et Québec, cette amitié qui va crescendo. Bref ce livre vous fait passer un bon moment.
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nonno67
Le 23 janvier 2012
Super génial
Ce livre est simplement génial, suspense jusqu'à la fin du livre... Je l'ai devoré en deux jours... Je le conseille à toutes les personnes qui aiment Marie Bernadette Dupuy... Extra !
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joliecoeur38
Le 20 janvier 2012
Superbe histoire !!
J'ai un peu hésité à l'acheter mais au final, je ne regrette pas du tout !! C'est vraiment une super histoire, très très bien construite et qui nous tient en haleine jusqu'à la fin !!! Je l'ai dévorée en 1 jour tellement j'ai été prise dans l'intrigue !! Je le conseille vivement !!!
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ccindy
Le 23 janvier 2012
Excellent
Un livre que j'ai lu en une semaine. Du suspense jusqu'à la fin.
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mimi2
Le 09 février 2012
Un régal
Très bon livre avec une bonne histoire qui garantit un bon suspense et beaucoup de frissons et bien sûr, une touche d'amour. On dirait un Agatha Christie en plus moderne, sous le climat gris d'Ecosse.
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zoe
Le 15 mars 2012
Surprenant
Une Bernadette Dupuys surprenante qui change de style mais qui nous captive tout autant. Suspense garanti !
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DOM77
Le 21 février 2012
Mystérieux
J'étais sceptique au départ de cette lecture, et puis je suis rentrée dedans en voulant toujours savoir la suite, je le compare à un Agatha Christie, j'aime beaucoup, du suspense, mystérieux, on passe de l'Ecosse au Québec, personnage attachant, on se laisse prendre au jeu, essayez ça vaut le détour.
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manutella
Le 17 avril 2012
Un livre sans grand intérêt
Un livre écrit de façon très simple (trop simple ?) avec trop de ponctuation qui alourdit les dialogues. Une intrigue avec plusieurs rebondissements certes, mais rien de vraiment surprenant, on sent les choses arriver, et je n'ai pas eu de réelle surprise, d'autant plus que ça en devient limite exagéré. Les relations entre les personnages ne sont pas crédibles, avec un surdosage d'émotion. J'ai été très déçue en lisant ce livre qui pourtant a une bonne critique. Pour moi ce livre ne vaut même pas un roman de gare, qui lui serait beaucoup mieux écrit et travaillé, et ressemble plus à une tentative de premier roman pour un jeune auteur sans grand talent.
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Remarque de Mic du 27/04/12
J'aime quand un adhérent dit ce qu'il pense "sans langue de bois!". MIC.
Milka
Le 15 mars 2012
A lire
Un très bon livre, que je ne regrette pas d'avoir acheté par hasard. Très passionnant, rempli de secrets auxquels on ne s'attend pas. On voyage avec les personnages, qui deviennent vite attachants. Le tout très bien mené dans son intrigue.
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Mic
Le 01 mai 2012
Affligeant !
Ecrire un bon roman policier n'est pas si facile ! La tentative de Marie-Bernadette Dupuy (reine des sagas populaires), est là pour le démontrer de façon exemplaire. Le résultat, malheureusement n'est que sidérant de médiocrité. Un style d'écriture démodé, une histoire bourrée d'invraisemblances et de séquences ridicules, "Le cachot de Hautefaille" est un total ratage... Comme il est loin le temps des invectives contre un genre qu'on ne trouvait rien moins que vulgaire et dégradant !
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Née à Angoulême en 1952, Marie-Bernadette Dupuis est un auteur qui aime la diversité. C'est au décès de sa mère qu'elle décide de se consacrer à l'écriture et publie Femmes impériales. Elle a déjà écrit plus d'une vingtaine d'ouvrages, abordant avec la même aisance les biographies historiques, le mystère du surnaturel et les intrigues policières, sans oublier les romans d'amour.
Elle est également responsable de Promenades, un magazine qui a pour but la découverte et la mise en valeur du patrimoine charentais. Un département voisin ou presque, la Corrèze, la fascine. Marie-Bernadette s'est lancée dans le roman de terroir après avoir étudié de nombreux documents et fait des rencontres bouleversantes.
Parmi ses romans, citons :
    L'Orpheline du Bois des Loups
    La Demoiselle des Bories
    Les Enfants du Pas du loup
    Le Chant de l'océan
    Le Refuge aux roses
    Le Val de l'espoir
    Le Moulin du Loup (en 5 tomes)
    Le Chemin des falaises
    La Vallée des Eaux Claires
Les Marionnettes du destin est la suite des best-sellers L'Enfant des neiges, Le Rossignol de Val-Jalbert et Les Soupirs du vent.
Extrait

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À la une


L’homme était tapi derrière une épaisse haie de buis, tel un fauve traquant sa proie. Depuis pas mal de temps déjà, toute son intelligence, son ingéniosité lui servaient à mettre au point des plans d’attaque. Il se voulait foudroyant, implacable, et surtout insaisissable.
Il n’avait que mépris pour la gent féminine. Après de longs jours de prudence, d’attente impatiente, il venait de repartir en chasse.
Le souffle court, il guettait. Le soleil du matin le gênait un peu. Il préférait les brumes de son pays ou l’isolement qu’offre un jour de pluie drue. Il n’aimait pas la lumière et les chants d’oiseaux. Ni les fleurs ni l’odeur des cuisines, mélange de graisse chaude, de café, de pâtisseries. Son regard se porta sur les toits de l’hôtel, sur le muret entourant la terrasse. L’élégant établissement abritait les derniers touristes de la saison estivale. Il eut un geste d’agacement.
Au même instant, une cliente attablée sous la treille couverte de rosiers grimpants releva la tête. Il crut qu’elle avait perçu sa présence. Mais non, elle reprit la lente dégustation de son thé. Il haussa les épaules, se désintéressant de cette femme entre deux âges.
Enfin, il la vit : une jeune serveuse blonde qui semblait danser d’une table à l’autre. La jupe noire qu’elle portait moulait ses cuisses, le corsage blanc mettait en valeur une poitrine provocante. Ce corps de femme l’agressait ! Il serra les poings. Il l’épiait depuis plusieurs jours. Elle terminerait bientôt son service. Il le savait. Il recula lentement. Son sang cognait à ses tempes. Il avait chaud. Très chaud. L’instant exaltant de l’exécution approchait.

*

Diane Beaufort, qui venait de siroter une dernière tasse de thé, observait discrètement les allées et venues de Julianne, la plus jeune des employées de l’hôtellerie, qui déambulait entre les tables de la terrasse d’une démarche légère. C’était un plaisir de la regarder. Ses gestes gracieux lui donnaient une sorte d’élégance, assortie à la fraîcheur matinale. Elle s’approcha :
« Vous avez terminé, madame ? » demanda-t-elle en étudiant ce qui restait du petit-déjeuner de Diane.
Son anglais était coloré par l’accent écossais, ce qui le rendait encore plus charmant.
« Laissez, laissez ! fit Diane, tout sourire. Il fait si bon que je prends mon temps. Pour une fois qu’il ne pleut pas…
— Vous avez raison ! répondit la jeune fille. Chez nous, il faut profiter du soleil quand il est là. »
Un coup de vent soudain agita les branches de la haie et la vigne vierge qui recouvrait la façade du bâtiment principal. Julianne s’éloigna. Diane leva le nez et vit, à l’ouest, une cohorte de nuages, des cumulonimbus. Elle reposa sa tasse.
« Si Jenny avait vécu, elle aurait peut-être ressemblé à Julianne ! » se dit-elle, avec au cœur ce pincement douloureux qu’elle connaissait bien.
Journaliste en congé sabbatique, Diane Beaufort était arrivée dans les Highlands depuis une semaine, après avoir quitté son Québec natal pour quinze jours de vacances absolues. C’était le terme qu’elle avait utilisé, afin de se convaincre elle-même qu’il lui faudrait se reposer au maximum. Après avoir atterri à Édimbourg, elle avait choisi sur la foi d’un site Internet cet établissement de qualité situé entre l’ancienne capitale du pays, Perth, et la petite ville de Greenfield. C’était en quelque sorte un lieu stratégique, à proximité du célèbre Loch Ness.
Le personnel, notamment Julianne, savait qu’elle était dans la région pour commencer un roman historique ayant l’Écosse médiévale pour cadre.
Quand elle avait annoncé ses projets à ses amis et collègues, Diane avait subi quelques plaisanteries sur le Loch Ness et son fameux monstre : « Diane, avoue que tu lâches tout pour traquer le terrible Nessie¹ !
— Surtout, si tu le croises, le monstre, dis-lui bonjour de notre part, les Québécois ! »
Diane préférait en rire. À cinquante-cinq ans, dotée d’un esprit aventureux et curieux, elle était toujours avide de mouvement. Ce trait de caractère l’avait d’ailleurs poussée, dans sa jeunesse, à intégrer la police criminelle. Cela n’avait pas été une décision facile, mais elle croyait, à l’époque, prendre la voie de la justice, assortie d’une assurance contre la monotonie qu’elle détestait.
Mais il y avait eu cet accroc dans son existence trépidante. Bien notée par ses supérieurs, Diane était de toutes les missions et on lui reprochait parfois son zèle. Cela lui avait coûté cher, très cher. Ses pensées revinrent à Julianne, dont le rire résonnait deux tables plus loin, avant de s’attacher à nouveau au souvenir de Jenny.
« C’était sans doute ma seule chance d’être mère ! » pensa-t-elle encore, mordillant le bout de son crayon.
Diane regrettait soudain d’être venue en Écosse. La veille, elle s’était promenée dans la campagne, mais ces sombres collines, que les bruyères roses ne parvenaient pas à égayer, avaient distillé en elle une dangereuse mélancolie.
D’un geste machinal, elle toucha l’une de ses joues. Elle se savait toujours séduisante et d’allure assez jeune, mais se dessinaient quelques rides qu’elle acceptait sans enthousiasme. Pourtant le temps l’épargnait. Elle gardait des traits harmonieux que mettait en valeur une chevelure d’un brun roux, coupée court, en dégradé. Son visage fin était animé par un regard vif, d’un noir velouté, où se devinait une intelligence teintée de lucidité.

Il y avait cependant des jours où la tristesse prenait le dessus. En Écosse, le silence, la solitude l’avaient assaillie. Ils faisaient renaître des souvenirs amers.
« Bilan de ma vie ! songea-t-elle. Qu’est-ce que je fais ici ? Je déprime, loin de mes racines… Je n’ai pas connu le grand amour. J’ai bossé dur, pour me retrouver seule ! J’aurais dû rester flic, et prendre une balle perdue. Plus de problèmes dans ce cas-là. »
Elle se revit après « l’épreuve Jenny », comme elle appelait cet épisode noir. Renonçant à devenir inspecteur de police, elle avait réussi, grâce à des relations, à entrer dans la presse. Là encore, son énergie avait fait merveille. Elle avait gagné ses galons de reporter sans frontières. Trois fois, Diane avait débarqué, cachant son anxiété, dans des pays en guerre. Un jour, l’écœurement – trop de sang, trop de cadavres, trop de violence incompréhensible – l’avait saisie à la gorge. Depuis elle avait choisi, pour s’exprimer, les colonnes d’un magazine féminin. Elle voulait maintenant écrire un livre. Cela lui avait semblé facile, évident, mais à présent, le doute s’installait.
Julianne, qui l’observait discrètement, revint la voir.
« Je vous apporte le journal, madame ! Vous pouvez rester sur la terrasse. Je vous débarrasse. »
Diane ne put s’empêcher de suivre la jeune serveuse des yeux tandis qu’elle garnissait son plateau.
« Cette fille est vraiment jolie ! pensa-t-elle. Et tellement aimable. »
Ouvrant le quotidien local plié en deux, elle dit gentiment : « Merci, Julianne ! Alors, vous avez bientôt fini votre service ?
— Oui, je rentre chez moi. Ma mère m’attend pour mettre des confitures en pots. Au revoir, madame… »
Diane fit un petit signe de tête, étouffant de son mieux le sentiment de jalousie qui montait en elle. Elle eut une vision peut-être idyllique, d’une grande cuisine rustique, dallage rouge et meubles en chêne, dans laquelle Julianne et une femme à l’air épanoui s’affairaient autour d’un chaudron de cuivre. Elle sentait presque la fragrance délicate du sucre chaud, des fruits en marmelade tiède. À peine avait-elle imaginé la scène qu’elle se mit à la place de la mère, pour créer une Jenny de vingt-deux ans, aux yeux bleus, aux cheveux brun-roux.
« Mais qu’est-ce que j’ai ce matin ! se reprocha-t-elle. Je me fais du mal pour rien. Un bébé mort, voilà ce qu’était ma fille… Un petit corps inerte, tout pâle. Allons, toujours cette vieille culpabilité. La ronde des « si » ! Si je n’avais pas été désignée pour cette enquête, si ce sale type ne m’avait pas foncé dessus avec sa voiture, je n’aurais pas accouché dans ces conditions pénibles. Et si j’avais été une femme moins indépendante, moins têtue, le père de mon enfant serait peut-être resté avec moi… Je pourrais continuer comme ça des heures. Les dés sont jetés depuis longtemps. À quoi bon ressasser ses échecs ! »
Jamais elle ne s’était autant apitoyée sur son sort. Elle suivit du regard la silhouette de Julianne qui entrait dans le hall de l’hôtellerie. Dans trois minutes environ, la serveuse ressortirait après avoir ôté son tablier blanc.
Comme Diane s’y attendait, Julianne réapparut au bout de trois minutes. Elle traversa la terrasse de son pas alerte. Ses boucles blondes captaient le soleil. Elle salua Diane d’un sourire, d’un au revoir silencieux. Son dernier sourire, son dernier au revoir. Mais ceci, la journaliste ne pouvait s’en douter.

*

Diane hésitait à monter dans sa chambre. Elle tenait toujours le journal. Pressée de s’occuper l’esprit, elle l’ouvrit enfin. C’était son univers, ces feuilles un peu souples, qui dégageaient encore une vague odeur d’encre.
La troisième page eut raison de son spleen. Un article attira son attention. Il annonçait : « Toujours aucune piste du tueur. » Diane parcourut les colonnes. La région était le théâtre de crimes inexpliqués. Un pêcheur avait découvert le corps d’une jeune femme égorgée près des ruines de l’Urquhart Castle, trois mois plus tôt. Et, récemment, une femme avait été retrouvée écrasée par un train dans la vallée de la Tay, mais après avoir été, elle aussi, égorgée. C’est ce qu’avait conclu la police scientifique. Le meurtrier avait écrit une injure sur le front de ses malheureuses victimes.
« Eh bien ! Quelle horreur ! Moi qui croyais séjourner dans un coin paisible ! » se dit Diane. Son regard balaya le décor qui l’entourait. Il se posa un instant sur le bosquet qui protégeait la terrasse du vent.
Diane se leva à regret et regagna sa chambre située au premier étage. Elle était partagée entre l’attrait qu’exerçait toujours sur elle des faits divers à sensation et la compassion naturelle qu’inspirait les morts violentes. En montant l’escalier, ses pensées se bousculaient encore.
Elle ouvrit grand une des fenêtres qui donnaient sur le parc. Un magnifique magnolia étalait ses feuilles vernissées, d’un vert brun. Quelques fleurs blanches subsistaient malgré l’approche de l’automne. Diane vouait déjà à l’arbre une sorte d’affection, comme si un ami se dressait là, pour lui rappeler la douceur de la nature apprivoisée.
« Hum…, soupira-t-elle. Je me demande jusqu’où il faut aller pour ne pas se heurter à la violence, au chagrin. Même dans ce pays, domaine des moutons et des fantômes, un criminel se promène en liberté. Ce salaud devrait être sous les verrous. Ce doit être un tueur du genre rusé et prudent ! »
Diane chassa ce constat amer d’un mouvement de tête, puis elle remit un peu d’ordre dans ses cheveux. Ensuite, nerveuse, elle s’installa à la petite table qui trônait entre deux fenêtres et se mit à écrire. C’était une de ses manies. En couchant ses idées et ses sentiments sur les pages d’un cahier, elle avait l’impression de garder les commandes de sa propre existence. Cela lui était devenu indispensable.

1. Le monstre du Loch Ness, souvent surnommé Nessie, aurait été aperçu pour la première fois au VIIe siècle par un moine.