L'héritière de Jacaranda
L'héritière de Jacaranda
Tamara McKinley
500 pages
Couverture souple
Réf : 411532
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Au lieu de 22,00  (prix public)
Disponible
Résumé
Veuve de Jock, Cornélia, 90 ans, refuse de vendre l’empire viticole de Jacaranda. Pour convaincre sa petite-fille de sauver le domaine, elle entraîne la jeune avocate dans un voyage à travers la brousse australienne, en quête de leurs origines et des amours perdus. Cupidité, secrets et malédictions, la famille se déchire autour de ces deux femmes passionnées.
Pourquoi on l'a choisi
Une captivante saga australienne. Tamara McKinley nous transporte dans la vie d’une famille de pionniers. Du Sussex de 1830 à l’Australie moderne, une épopée au souffle romantique qui nous tient en haleine jusqu’au stupéfiant dénouement... !
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Retour aux sources
Frédérick d'Onaglia
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :2
zoe
Le 15 mars 2012
Relaxant
Quand une femme va au bout de ses ambitions malgré son grand âge, on ne peut être que subjugué.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
lolo38
Le 06 mai 2012
Dépaysant
Encore une belle épopée australienne que nous livre Tamara McKinley. Elle sait merveilleusement bien nous décrire les magnifiques paysages de son pays natal avec toujours la juste dose de descriptions : on s'y croirait. L'histoire est peut-être parfois un peu dure à suivre, entre les parcours anciens et contemporains des différents personnages, mais l'auteure a le talent de nous tenir en haleine jusqu'à l'épilogue. C'est un bon livre, lu avec beaucoup de plaisir et que je recommande pour passer un agréable moment.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Née en Tasmanie, Tamara McKinley est adoptée par sa grand-mère et rejoint très jeune la Grande-Bretagne. Elle est l'auteur de La Dernière Valse de Mathilda, traduit dans vingt pays, et d'Éclair d'été.
Résidant sur la côte Sud de l'Angleterre, Tamara McKinley retourne souvent dans son pays natal pour rendre visite à ses enfants et y puiser l'inspiration de ses romans.
Lu dans la presse
« Une saga australienne qui vous emporte, des personnages qui ne vous quittent plus. »

Women's Weekly
Extrait

1


— Au revoir, Sophie, prends soin de toi.
La voix de Christian et son accent bourgeois furent quasiment noyés sous l'annonce du vol Qantas pour Melbourne.
Dans la chaleur de ses bras, Sophie regretta que les choses aient mal tourné pour eux. On se mariait pour la vie, pas pour trois petites années. Pourtant, ils avaient vite compris leur erreur et, quand la situation était devenue catastrophique, ce fut Sophie qui affronta la vérité avec courage et dit stop. Finalement, leur séparation fut un soulagement pour tous les deux.
Elle s'écarta de son ex-mari et le dévisagea. Son sourire désarmant et ses yeux gris sexy ne lui faisaient plus tourner la tête, mais elle ne pouvait nier que cet homme séduisant allait lui manquer.
— Amis ? murmura-t-elle.
Ses cheveux blonds lui cachèrent les yeux quand il hocha la tête.
— À jamais. Je suis désolé que cela n'ait pas marché, Sophie. Mais, au moins, nous nous sommes séparés avant de nous détester.
Comme les larmes lui montaient aux yeux, Sophie tourna la tête.
— Ce n'est la faute de personne, Chris, marmonna-t-elle. On commet tous des erreurs.
Elle s'alluma une cigarette, la dernière avant Dubayy. Ces douze heures de vol lui offraient l'occasion de tester sa volonté et, bien que son bras fût couvert de patchs, elle se demandait comment elle allait tenir le coup.
— Il serait temps que tu arrêtes la clope, Sophie. Tu peux t'en passer pendant des semaines, pourquoi pas aujourd'hui ?
Elle prit une longue bouffée tandis qu'elle regardait les passagers s'affairer dans la salle des pas perdus.
— Je suis stressée. Ça m'aide de fumer.
Sa dépendance à la cigarette énervait Chris, tout comme son penchant pour les autres femmes agaçait Sophie.
Christian plongea les mains dans les poches de sa veste en tweed. Grand et mince, c'était l'ancien militaire dans toute sa splendeur.
— Ta famille ne devrait pas te traiter ainsi. Ton grand-père était peut-être un salaud mais il est mort maintenant. Il ne dirige plus ta vie.
Elle haussa les sourcils.
— Vraiment ? C'est grâce à son argent que j'ai fait mon droit, grâce à ses relations que je suis entrée chez Barrington. Il est mort mais nous dépendons encore de lui à cause de sa saloperie de testament et du merdier qu'il a laissé derrière lui.
Elle écrasa son mégot dans le cendrier qui débordait.
— Et puis tu peux parler ! Tu ne serais jamais allé à Sandhurst s'il n'y avait pas eu cette tradition familiale. Tu n'aurais pas repris ce vieux tas de gravats pourri en pleine campagne que ta mère aime appeler le siège familial. Tu aurais été bien plus heureux à bricoler des voitures.
Elle soupira. Toujours les vieilles querelles.
— Ne nous disputons pas, Chris. La vie est trop courte.
Il la serra à nouveau dans ses bras et l'embrassa sur le front.
— Prends soin de toi, vieille branche. J'espère que tu trouveras ce que tu cherches. Il t'attend quelque part, tu sais.
Sophie se figea.
— Une erreur me suffit. À partir d'aujourd'hui, je me concentre sur ma carrière. Les hommes ne font plus partie de mon vocabulaire.
Il la tint à bout de bras pour mieux plonger son regard dans le sien.
— Tu te crois forte, mais tu n'es pas faite pour vivre seule. Retrouve Thomas. Parle-lui. Vois si tu ne peux pas recoller les morceaux. Tu l'aimes encore, je le sais.
— Thomas appartient au passé, marmonna-t-elle. Je ne t'aurais pas épousé sinon.
Un sourire triste aux lèvres, il l'enlaça une dernière fois.
— Prends soin de toi, trésor, et écris-moi de temps en temps.
Sophie ramassa son bagage à main et après lui avoir envoyé un baiser se dirigea vers le contrôle des passeports. Son cœur battait à toute allure. Cela faisait dix ans qu'elle avait quitté l'Australie. Douze ans qu'elle n'avait pas vu Thomas – son premier amour – et, même si leur séparation était un déchirement, Chris se doutait qu'une partie d'elle-même pensait encore à son ancien petit ami.
Une lumière vive éclairait la salle d'embarquement, les boutiques duty free fourmillaient de monde et, au-dehors, la pluie de janvier tombait sans interruption. « Tu as trente ans, pensa-t-elle. Tu es avocat-conseil dans l'un des plus prestigieux cabinets de Londres. »
Elle redressa le menton et regarda par la fenêtre. Elle avait conservé sa place grâce à ses propres mérites. Jacaranda n'avait été qu'une promesse de tremplin. La vie était dure là-bas, surtout pour une femme, et elle avait prouvé qu'elle était aussi bonne, voire meilleure que ses collègues masculins.
Le numéro de la porte d'embarquement s'afficha et elle rassembla ses affaires. « Je suis une femme promise à un avenir brillant, décida-t-elle. Une femme qui ne se retourne pas sur son passé. »
Pourtant, quand elle s'installa à sa place et attendit le décollage, tandis que la pluie zébrait le hublot, elle repensa à Thomas et à leurs années de lycée à Brisbane. « Où es-tu Thomas ? Penses-tu encore à moi ? »

Cornelia Witney avait raccroché mais sa main demeurait sur le combiné tandis qu'elle ruminait la conversation qu'elle venait d'avoir avec son frère Edward et les conséquences que cela aurait sur le domaine de Jacaranda.
— Un problème ?
Jane devinait toujours quand quelque chose la contrariait  elles se connaissaient depuis tant d'années.
— On pourrait croire que l'opinion d'une femme de quatre-vingt-dix ans serait traitée avec respect. Mais Edward semble décidé à contrecarrer mes projets.
Jane sirota son sherry puis posa le verre sur la table à côté d'elle.
— Tu aurais dû suivre mon conseil et vendre tes parts de la compagnie. Ces histoires ne t'ennuieraient plus aujourd'hui !
Jane utilisait toujours ce ton supérieur quand elle pensait que les autres avaient tort  cette discussion revenait sur le tapis depuis vingt ans et Jane la reprenait à la moindre occasion.
Cornelia refusa de mordre à l'hameçon. Les lunettes perchées sur le bout du nez, elle s'adossa à son fauteuil en cuir et regarda par la fenêtre. Jacaranda Towers, l'immeuble de la compagnie, n'était peut-être pas aussi haut que le Rialto mais les murs de verre de l'appartement-terrasse offraient une vue à 360° sur Melbourne et, grâce à ses nouvelles lunettes, elle appréciait à nouveau le panorama.
Comme les débuts modestes de la famille lui paraissaient loin. Elle n'avait pas pu rester au château mais, progressivement, elle s'était habituée à vivre ici et en était même satisfaite.
— Tu m'as entendue ? insista Jane.
— Inutile de crier ! Je ne suis pas sourde !
Cornelia se retourna. Face à elle se tenait une femme à l'allure impeccable qui partageait son appartement depuis deux décennies. Jane avait presque soixante-quinze ans mais les bons jours, sous la bonne lumière, elle paraissait bien plus jeune. Sa santé de fer repoussait les marques du temps quand un régime strict et des exercices réguliers maintenaient une silhouette que les femmes enviaient et les hommes admiraient.
« Pas étonnant que mon mari soit tombé amoureux d'elle, remarqua Cornelia sans rancune. Notre relation est si étrange. Qui aurait cru que nous nous apprécierions après toutes ces épreuves que nous avons traversées ? Nous sommes si différentes, Jane et moi. Elle est le champagne quand je suis le vin ordinaire. Et pourtant il y a toujours ce lien qui nous unit. »
— Il t'est facile de gloser sur les avantages et les inconvénients de ma décision, Jane. Tu n'as jamais compris l'importance de Jacaranda. Tu n'as jamais daigné apprendre son histoire.
Jane haussa ses élégantes épaules puis lissa les revers de sa veste de créateur.
— Tu as toujours préféré le passé, Cornelia. Je ne comprends pas ton entêtement. Pourquoi ne renonces-tu pas à la compagnie maintenant que Jock est enfin mort ? Qu'ils vendent cette fichue boîte et laissent les autres se battre comme des vautours ! Tu es riche. L'avenir appartient à tes enfants et tes petits-enfants. Laisse-les décider.
— Je suis peut-être vieille mais je ne suis pas sénile. La disparition de Jock ne signifi e pas que je sois incapable de prendre des décisions.
Jane sortit un poudrier en or de son sac et vérifia son apparence d’un œil critique. Elle effleura du bout des doigts son menton et son cou déridés à coups de bistouri, lissa un sourcil très fin et referma le poudrier dans un claquement.
— Quel est le sujet de la discorde cette fois-ci ?
— Je peux m’en occuper, affirma Cornelia.
Des lentilles de contact bleu vif durcissaient le regard de Jane.
— Tu aimes bien agir en secret, pas vrai ? marmonna Jane. Quand vas-tu me faire confiance ?
— Tu te trompes, soupira Cornelia. Ne nous disputons pas à cause de cela.
Le visage de Jane trahissait son impatience.
— Il s’agit de la compagnie, lui confia Cornelia afin de l’apaiser. Même si je te fais confiance, je ne peux pas en parler ailleurs que dans la salle du conseil d’administration.
Jane se leva et lissa sa jupe en lin sur ses cuisses minces.
— Comme tu veux. Je vais faire du shopping.
Les boutiques représentaient la solution à tous les problèmes de Jane. Le cliquetis décidé de ses talons cubains sur le parquet en dit plus que de longs discours et le claquement de la porte d’entrée mit un terme à leur querelle.