Ton tour viendra
Ton tour viendra
Gregg Hurwitz
496 pages
Couverture souple
Réf : 408144
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 20,50  (prix public)
Disponible
Le passé n'est pas mort. Il va te rattraper
Résumé
Mike, quatre ans, attend son père dans un parc. Ce dernier lui a promis qu’il reviendrait le chercher. Il n’a pas tenu sa promesse... Pourquoi ? Trente ans plus tard, Mike, marié et père d’une fillette de huit ans, ignore toujours qui il est et d’où il vient. Mais deux individus qui semblent tout savoir de lui commencent à le harceler, avant de s’en prendre à sa fille. Le passé de Mike l’a rattrapé...
Pourquoi on l'a choisi
Effet garanti, vous ne le lâcherez plus ! Un scénario à couper le souffle, un rythme haletant, une tension incessante. Sans oublier ce père et sa fille aussi attachants que bouleversants.
Les internautes ayant commandé Ton tour viendra ont également choisi
658
John Verdon
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :8
sinnamary74
Le 04 décembre 2011
A recommander !
Un fois attendri par les personnages, et ce dès les premières lignes, on est captivé par l'intrigue jusqu'à la dernière ligne !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
lili77
Le 30 décembre 2011
Génial!
N'hésitez pas à acheter ce livre! Une fois qu'on l'a entre les mains on ne peut plus le lâcher. La tension monte crescendo au fil de l'histoire. Beaucoup de suspense, de rythme pour cette histoire aux personnages très attachants !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
velourette
Le 10 mars 2012
Haletant
Livre hyper haletant. On a du mal à le lâcher.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
NKoncept
Le 05 mars 2012
A lire !
Un livre très rythmé qui vous prend dès le début dans sa course !! Difficile de le laisser trop longtemps sur une table fermé, l'envie d'avancer dans le livre est trop forte, il ne m'a pas fallu longtemps pour le terminer tellement je me suis fait prendre par son histoire. JE LE CONSEILLE VIVEMENT !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
liliso
Le 07 mars 2012
Lisez-le !
C'est un livre génial, on ne s'ennuie pas du début à la fin ! En plus, l'histoire nous tient en haleine tout du long, on se pose tout du long des questions comme Mike, le personnage principal. De plus, on voit le soutien de sa famille dans ce livre. Dès que l'on commence ce livre, on ne s'arrête plus tellement on veut savoir la suite ! Bref, génial !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
cara
Le 24 avril 2012
Excellent
Un très bon thriller, bien mené, qui tient en haleine et facile à lire.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
FRENARDES
Le 02 mars 2012
Excellent
Tient en haleine jusqu'au bout, super !!!!
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Zizibouille
Le 10 mai 2012
Re-mar-qua-ble
Tout simplement génial... J'ai adoré et ça, dès le début. On tourne les premières pages et on est plongés dans l'histoire jusqu'à la fin. Difficile d'ailleurs de s'en décrocher. Intrigue + Suspense = Une superbe histoire
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Gregg Hurwitz est un auteur de thrillers, plébicités par les critiques et le public du monde entier, parmi lesquels le best-seller Je te vois. Écrivain, producteur, scénariste, il écrit aussi bien pour des séries télévisées que pour le cinéma.
Lu, vu, entendu...
« Le rythme de ce livre est si incroyable qu'il devrait être vendu avec un airbag ! »

Linwood Barclay
Extrait

Chapitre 1

Couché dans le noir, Mike fixait le Babyphone dressé sur la table de chevet. Le réveil ne devait sonner que trois heures plus tard, mais comme souvent, le sommeil se faisait prier. Une mouche survolait le lit à intervalles réguliers, comme pour s'assurer que Mike gardait les paupières ouvertes.
À en croire sa mère et les rares souvenirs qu' il avait d’elle, une mouche dans la maison signifiait que le diable rôdait autour de la famille. Il chercha dans sa mémoire des propos plus riants, mais pour l’essentiel, il ne conservait de ses premières années que des sensations fugaces. L’odeur d’encens à la sauge dans la cuisine aux carreaux jaunes ; le bain dans les bras de maman, à la peau toujours hâlée et qui sentait bon la cannelle.
L’interphone cracha et s’illumina d’un train de carrés rouges. Des parasites, sans doute. Ou alors, Kat avait toussé.
Mike baissa le volume, mais trop tard. À son côté, Annabel se retourna :
— Pourquoi tu crois qu’on appelle ça un Babyphone ? grommela-t-elle.
— Désolé, je pensais avoir entendu un truc.
— Elle a huit ans, Mike, et elle est déjà plus mûre que toi et moi. Si elle a besoin de quelque chose, elle viendra nous chercher.
La querelle ne datait pas d’hier et Annabel avait raison, bien sûr. Mike coupa le son et surveilla un appareil muet, incapable d’éteindre ce boîtier où se cristallisaient toutes ses angoisses de père. Étouffement, maladie, rapt… En général, on captait surtout des interférences extérieures – un champ électromagnétique, les reniflements du fiston du voisin –, mais parfois, au milieu de la friture, on croyait distinguer des voix, comme des fantômes du passé. Ce joujou était en quelque sorte une fenêtre sur l’inconscient, il permettait d’entendre à peu près tout ce que l’on voulait.
N’empêche. Imaginons qu’ils l’éteignent pour de bon et que ce soit justement cette nuit-là que Kat ait besoin d’eux. Qu’elle fasse un sale cauchemar et reste tétanisée pendant des heures, terrassée par la trouille ou par les maléfices de la mouche. Comment peut-on jamais se résoudre à prendre un tel risque ?
Dans les petites heures du matin, la logique et la raison s’endormaient toujours les premières. Après quoi, tout devenait possible.
Alors qu’il commençait enfin à sombrer, la mouche fit un nouveau passage et quelques instants plus tard, les témoins de l’interphone frémirent à nouveau.
Mike s’assit et se frotta la figure.
— Elle va bien, soupira Annabel.
— Je sais, je sais, dit-il avant de gagner le couloir.
Kat dormait comme une souche, la bouche entrouverte, étouffant d’un bras gracile son ours polaire en peluche. La fillette avait les yeux écartés de sa mère. Elle avait aussi son nez mutin, sa lèvre inférieure charnue et sa vivacité d’esprit, au point qu’on ne savait pas très bien si Kat était une Annabel de huit ans ou Annabel une Kat de trente-six. L’unique – mais remarquable – caractéristique héritée de son père était la couleur de ses yeux : l’un marron, l’autre ambre. Vairons, comme on dit. Quant à ses bouclettes châtain clair, nul n’en connaissait l’origine.
Mike se pencha pour l’écouter respirer. Puis il s’installa dans le fauteuil à bascule et la contempla avec fierté. Cette petite se sentait en sécurité. Ils lui offraient une belle enfance.
— Chéri…
Annabel se tenait dans l’embrasure de la porte, en débardeur Gap et boxer d’homme. Dix ans après leur lune de miel, les caleçons de son mari lui allaient toujours aussi bien.
— Viens te coucher, chou. Une grosse journée t’attend.
— J’arrive.
Elle l’embrassa et repartit se coucher.
Malgré le mouvement hypnotique du siège, les soucis professionnels revinrent l’embêter. Comprenant qu’il ne dormirait plus, il se rendit à la cuisine pour préparer du café. De retour dans le fauteuil, une tasse fumante à la main, il laissa ses pensées divaguer sur les murs jaune clair, sur l’étagère de poupées, sur le visage d’ange de sa fille. Le calme eût été parfait, presque magique, sans les bourdonnements de la mouche qui l’avait suivi dans le couloir.



Chapitre 2

Kat déboula dans la cuisine, les cheveux noués en une queue lâche et tordue. Annabel releva les yeux de sa poêle à frire.
— C’est papa qui t’a coiffée ?
La fillette fourra l’ours polaire dans son sac à dos et grimpa sur un tabouret de bar à côté de son père. Annabel lui servit une part d’omelette, avant de rectifier sa coiffure en un tour de main. Cela fait, elle plongea sa poêle dans l’eau mousseuse, poussa du pied une feuille d’essuie-tout sous la fuite de l’évier, et paracheva le déjeuner de Kat en coupant la croûte du sandwich au beurre de cacahuètes sans confiture.
Sifflant bruyamment son troisième café d’affilée, Mike avait l’impression de tourner au ralenti.
— Je réparerai la fuite ce soir, promit-il.
Annabel leva le pouce. Puis il repéra la patte blanche qui dépassait du sac de Kat.
— Je peux savoir pourquoi tu emmènes un nounours à l’école, ma fille ?
— J’ai un exposé.
— Encore ? Tu n’es pas en CE2 ?
— C’est pour l’atelier découverte, après la classe. Je vais parler du réchauffement climatique.
— Voyez-vous ça ! dit Annabel en riant.
— Et puis ce n’est pas n’importe quel ours polaire.
— Ah bon ? fit Mike en haussant les sourcils.
Kat attrapa la peluche et la tint dans ses mains, comme pour présenter un produit-miracle.
— Il ne s’agit plus de Boule-de-neige-l’ami-d’enfance, mais de Boule-de-neige-l’ours-polaire-en-voie-d’extinction. (Elle chaussa ses petites lunettes rouges pour se donner encore plus de sérieux.) Saviezvous que les ours polaires auront certainement disparu d’ici à ce que je sois grande ?
— Bien sûr, répondit Mike. C’était dans le film d’Al Gore. La fonte des glaces et les ours qui se noient. Tu as pleuré pendant deux jours.
— Mange ton omelette, ordonna Annabel. Un brin vexée, Kat chipota du bout de sa fourchette.
— Je t’emmène à l’école à pied ? proposa Mike en lui passant la main dans la nuque.
— J’ai huit ans, papa !
Mike reprit sa main et dégaina son téléphone portable. Il ouvrit le journal d’appels, sélectionna la première ligne. Le directeur de l’agence décrocha au bout de quelques sonneries.
— Bonjour, c’est encore Mike Wingate. Le virement est arrivé ?
— Un instant, monsieur Wingate.
L’homme tapa sur son clavier.
Tandis que Kat et Annabel négociaient le nombre de bouchées à avaler, Mike patientait en pianotant sur le comptoir.
Il lui avait fallu treize ans pour passer de simple ouvrier à entrepreneur, via les cases charpentier et contremaître, et il était sur le point d’encaisser ses premiers bénéfices de promoteur. Il avait risqué maints ulcères pour y parvenir, hypothéquant la maison et multipliant les emprunts afin d’acquérir une portion de canyon en marge de la ville. Située à cinquante kilomètres du centre de L.A., la commune de Lost Hills possédait de nombreux atouts, le principal étant que le prix du foncier n’y atteignait pas encore des niveaux complètement obscènes. Mike avait divisé le terrain en quarante parcelles de belle taille afin de créer un lotissement de maisons écologiques, qu’il baptisa sans grande originalité Green Valley. Mike n’avait rien d’un écoactiviste radical, mais sa fille s’intéressait depuis quelques années à la question de l’environnement, et puis pourquoi le nier, toutes ces simulations par ordinateur d’un Manhattan sous les eaux lui flanquaient la chair de poule.
Les subventions vertes de l’État avaient aidé les maisons à se vendre rapidement, et c’est ce matin que la société de vérification des titres de propriété devait lui virer la recette des transactions. Cette somme allait lui permettre de solder l’intégralité de ses dettes, et pour la première fois depuis trois ans et demi, il pourrait inviter sa femme au restaurant sans être obligé de vérifier l’état du compte.
Les crépitements de clavier cessèrent et le directeur souffla dans le combiné.
— Non, monsieur Wingate, nous n’avons toujours rien.
Mike le remercia, referma le portable et s’essuya le front de l’intérieur du poignet. « Et s’il y avait un pépin ? susurrait la petite voix de la peur. Et si toutes ces années d’efforts se retrouvaient réduites à néant ? ».
Voyant qu’Annabel l’observait, il lâcha :
— J’aurais dû attendre avant d’acheter ce foutu pick-up.
— Et tu aurais fixé la transmission de ton vieux bahut avec du Scotch ? Relax, Mike. Après tout le boulot que tu as abattu, tu méritais de te faire plaisir. L’argent sera là d’un instant à l’autre.
— Mais qu’est-ce que j’avais besoin de mettre 800 dollars dans un costume ?
— C’est pour ta séance photo avec le gouverneur, rappela Annabel. Tu ne comptais quand même pas y aller en jean troué ? Et puis il te resservira pour la remise des trophées. Ce qui me fait penser… (Elle claqua des doigts.) J’irai le récupérer au pressing en fin de matinée, après mes cours. Au fait, Kat a sa visite médicale annuelle, juste avant l’école. Tu peux la conduire ? Et on se retrouve ici pour le déjeuner ?
L’emploi du temps de la famille devenait de plus en plus acrobatique. Vu que le CE2 de Kat s’engageait sous les meilleurs auspices, Annabel s’était réinscrite à l’université de Northridge pour préparer un diplôme d’enseignement. Les frais d’inscription dans le public demeuraient abordables, moyennant quelques sacrifices par-ci, par-là.
Mike rouvrit son téléphone pour vérifier l’écran, au cas où il eût manqué un appel de la banque. Ce qui n’était pas le cas, bien entendu. Il se massa les cervicales, tendues comme des cordes de piano.
— Je ne vois pas ce que tu reprochais à mon ancienne veste, insista-t-il.
Kat se chargea de répondre :
— Plus personne ne porte de vestes écossaises, papa.
— Ce n’est pas écossais mais prince-de-galles !
Écossais, mima Annabel pour donner raison à sa fille.
Mike ne put s’empêcher de sourire. Dans la foulée, il s’efforça de respirer à fond. Le fric était d’ores et déjà enregistré par la société de vérif. Il n’y avait normalement plus rien à craindre.
La vaisselle terminée, Annabel ôta ses bijoux et s’enduisit les mains de crème. Sa bague de fiançailles, un bout de diamant jaune qui avait coûté à Mike deux mois de salaire, émit un éclat terne. Il adorait cette pierre, comme il adorait leur maison. Le rêve américain en trois pièces et cent quarante mètres carrés. Cette importante rentrée d’argent allait certes soulager les finances du ménage, mais ils ne l’avaient pas attendue pour mesurer leur chance. La vie les avait gâtés.
Annabel lui prit les mains :
— Tiens, j’ai trop de crème.
La lumière de la fenêtre baignait ses fines épaules, trouvait des reflets cuivrés dans ses longues mèches brunes. Soulignés par son chemisier bleu glacier, ses yeux paraissaient translucides.
Mike rouvrit son téléphone pour la photographier.
— Qu’est-ce qui t’arrive ? réagit-elle.
— Tes cheveux, tes yeux…
— Pitié ! gémit Kat. Embrassez-vous une bonne fois, qu’on en finisse !