Journal d'un vampire, tome 4
Journal d'un vampire, tome 4
L.J. Smith
578 pages
Couverture souple. 13,5 x 21,5 cm
12 ans et plus
Réf : 405746
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Au lieu de 16,50  (prix public)
Disponible
Un triangle amoureux d'une sensualité dangereuse
Résumé
Nouveau volet de cette saga mordante à l’atmosphère électrique et sensuelle... Mettant en scène – entre autres – Elena une lycéenne, et deux frères vampires, son amoureux, Stefan et le trouble Damon. Dans ce tome 4, Stefan est retenu prisonnier par un esprit démonique. Elena, aidée par Damon – de plus en plus ambigu avec elle – et par son ami d’enfance, sera prête à tout pour libérer son amour...
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Diplômée de l’Université de Californie en Psychologie Expérimentale, L.J. Smith a d’abord enseigné dans des écoles élémentaires, puis dans des établissements scolaires en tant qu’éducatrice spécialisée, avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Ses livres s’adressent à des jeunes adultes et mêlent avec adresse de nombreux genres littéraires : horreur, science fiction/fantasy et romance.
Extrait

1.

Elena sortit de la Jaguar en trombe et, par précaution, courut quelques mètres avant de se retourner pour voir ce qui était tombé sur la voiture.
C'était Matt.
Matt qui tentait péniblement de se relever.
— Matt, ça va ? Tu t'es fait mal ?
Il bafouilla, complètement paniqué :
— Elena... oh, c'est pas vrai ! La Jag n'a rien ?
— Mais qu'est-ce que tu racontes ? Tu t'es cogné la tête ou quoi ?
— Elle est éraflée ? Le toit ouvrant, il marche encore ?
— Il n'y a pas d'éraflures et le toit va très bien.
Elena voyait bien qu'il délirait complètement. Il essayait de descendre sans salir la Jag ; l'inconvénient, c'est qu'il avait de la boue plein les pieds. Plutôt difficile de descendre du toit d'une voiture sans se servir de ses jambes...
Elle jeta un œil autour d'elle. Un jour, il lui était arrivé de tomber du ciel (littéralement, oui), mais elle était nue et morte depuis six mois ; Matt ne répondait à aucun de ces critères. Non, elle avait une explication plus réaliste en tête.
D'ailleurs, l'explication était devant elle : appuyé paresseusement contre le tronc d'un virgilien, observant la scène avec un petit sourire malicieux.
Damon.
Il était massif ; pas aussi grand que Stefan, mais l'indescriptible aura de menace qu'il dégageait compensait largement. Comme toujours, sa tenue était impeccable : jean Armani, chemise, veste en cuir et bottes, le tout en noir pour aller avec ses cheveux bruns négligemment ébouriffés par le vent et ses yeux de jais.
En voyant son regard sur elle, Elena prit pleinement conscience du fait qu'elle était revêtue de la longue chemise de nuit blanche qu'elle avait emportée dans l'idée de pouvoir, si besoin était, se changer facilement en dessous pendant qu'ils campaient. Le problème, c'est que d'habitude elle s'habillait à l'aube ; mais aujourd'hui, tenir son journal l'avait distraite. Ce n'était pas le vêtement idéal pour se disputer de bon matin avec Damon. Le tissu n'était pas particulièrement fin, mais il avait des dentelles, notamment à l'encolure. D'après les dires de Damon, pour un vampire, un joli cou enveloppé de dentelle est comme une cape rouge agitée sous le nez d'un taureau déchaîné.
Elena croisa les bras. Pour plus de sûreté, elle essaya aussi de dissimuler convenablement son aura.
— Tu ressembles à Wendy, dit Damon.
Son sourire était non seulement malicieux, mais aussi éclatant, et incontestablement jovial. Il pencha la tête d'un air enjôleur.
Elena refusa de se laisser amadouer.
— Wendy qui ?
Mais, au même instant, elle se rappela le nom de la jeune fille dans Peter Pan et grimaça. Elle avait toujours été douée pour ce genre de joutes verbales. Malheureusement, Damon était meilleur qu'elle à ce jeu.
— Darling, voyons..., répliqua-t-il d'une voix caressante.
Elle frissonna. Damon avait promis de ne pas l'influencer, autrement dit de ne pas utiliser ses pouvoirs télépathiques pour embrouiller ou manipuler son esprit. Mais, parfois, elle avait l'impression qu'il se rapprochait dangereusement des limites. C'était lui, le fautif. Elle n'éprouvait rien pour lui ; enfin, rien que des sentiments fraternels. Mais Damon ne renonçait jamais, quel que soit le nombre de fois où elle le repoussait.
Un bruit sourd ; puis de pataugeage, se fit entendre derrière Elena, signe indubitable que Matt était finalement descendu du toit de la Jag. Il intervint aussitôt :
— Ne l'appelle pas darling ! cria-t-il en se tournant vers Elena. Je te parie que Wendy est le nom de sa dernière conquête ! Tu sais ce qu'il a fait ? Comment il m'a réveillé ce matin ?
Matt tremblait d'indignation.
— Il t'a attrapé et balancé sur le toit de la voiture ? hasarda Elena.
Elle répondit sans se retourner, préférant garder un œil sur Damon car une petite brise matinale avait tendance à plaquer sa chemise de nuit contre ses cuisses.
— Non ! enfin, si ! Oui et non, en fait. Mais il ne s'est même pas fatigué à le faire à mains nues, tu sais ! Il ajuste fait ça...
Matt agita le bras.
— ... et je me suis d'abord retrouvé dans une flaque de boue puis, deux secondes après, sur le toit de la Jag. J'aurais pu casser le toit... ou me casser une côte ! Et... maintenant je suis couvert de boue !
Il s'examina d'un air dégoûté.
Damon intervint.
— Est-ce que tu peux préciser pourquoi j'ai mis un peu de distance entre nous ? Qu'est-ce que tu faisais, toi, à ce moment-là ?
Le visage de Matt s'embrasa. Son regard bleu, d'ordinaire serein, devint incendiaire.
— Je tenais un bâton, dit-il d'un ton défiant.
— Tiens donc. Un bâton. Du genre de ceux qu'on trouve par terre ? C'est bien ça ?
— Oui, c'est ça : je l'ai ramassé au bord de la route !
Même ton défiant.
— Pourtant, on dirait qu'il lui est arrivé un drôle de truc à ce bâton, non ?
Soudain, de derrière son dos, Damon sortit un long pieu, visiblement robuste, dont une extrémité était très pointue. Aucun doute : ce bout de bois - du chêne, à première vue - avait été taillé par la main de l'homme.
Tandis qu'il l'examinait sous tous les angles d'un air perplexe, Elena se tourna vers Matt, qui se raclait la gorge, mal à l'aise.
— Matt ! cria-t-elle d'un ton de reproche.
C'était vraiment un coup bas dans la guerre froide qui opposait les deux garçons.
— Je pensais que ce serait plutôt une bonne idée, vu que je dors à la belle étoile, s'obstina-t-il. Un vampire... un autre que lui, pourrait surgir.
Elena s'était déjà retournée, essayant de calmer Damon, quand Matt explosa de nouveau :
— Dis-lui comment tu m'as réveillé !
Il ne laissa pas à Damon le temps de répondre.
— Je venais d'ouvrir les yeux quand il a laissé tomber ça sur moi !
Il pataugea dans la boue jusqu'à Elena en brandissant quelque chose. Étonnée, elle prit l'objet qu'il lui tendait et le retourna dans un sens, puis dans l'autre. On aurait dit un bout de crayon mais décoloré, brun rougeâtre.
— Il me l'a lancé en disant « J'en ai planté deux », ajouta Matt. Il se vantait d'avoir... tué deux personnes !
Aussitôt, Elena voulut lâcher le crayon.
— Damon ! cria-t-elle, cette fois d'un ton angoissé, en essayant de déchiffrer son visage inexpressif. Dis-moi que tu n'as pas...
— Inutile de le supplier, Elena. Tu sais ce qu'on va faire... ?
— Si on voulait bien me laisser parler, les coupa Damon calmement, je préciserais qu'avant que j'aie eu le temps de m'expliquer pour le crayon, on a essayé de me poignarder bien avant l'aube. Et j'ajouterais que ce « on » n'était pas n'importe qui, mais des vampires, des êtres possédés, sans doute les hommes de main de Shinichi. Ils sont sur notre piste. Ils nous ont suivis jusque dans le Kentucky, sûrement en questionnant les gens du coin sur la voiture. Il va vraiment falloir qu'on s'en débarrasse.
— Pas question ! protesta Matt, sur la défensive. Cette voiture... c'est tout un symbole entre Stefan et Elena.
— Un symbole pour toi, rectifia Damon. Et je te rappelle que, si j'ai abandonné ma Ferrari dans un ruisseau, c'était pour pouvoir t'emmener avec nous dans cette petite expédition.
Elena leva la main en signe de trêve. Elle ne voulait pas en entendre davantage. C'est vrai, cette voiture avait une valeur sentimentale à ses yeux. Elle était imposante, rouge vif, tape-à-l'œil, gaie : symbole de tout ce qu'ils avaient ressenti le jour où Stefan la lui avait offerte pour fêter le début de leur nouvelle vie ensemble. Rien qu'en la regardant, elle se souvenait de cette journée, du poids du bras de Stefan sur ses épaules et de la façon dont il la regardait : ses yeux verts pétillaient de malice et de joie à l'idée de lui faire ce cadeau dont elle avait très envie.
À la fois mal à l'aise et furieuse, elle constata qu'elle tremblait un peu et qu'elle avait les larmes aux yeux.
— Tu vois ? lâcha Matt en fusillant Damon du regard. À cause de toi, maintenant, elle pleure.
— Vraiment ? Pourtant ce n'est pas moi qui ai évoqué le nom de mon cher petit frère disparu.
— Ça suffit ! Arrêtez ça immédiatement, tous les deux ! explosa Elena avant d'essayer de retrouver son sang-froid. Et, Damon, reprends ton crayon si ça ne te fait rien, ajouta-t-elle en le tenant entre deux doigts.
Quand Damon l'en eut débarrassée, elle s'essuya les mains sur sa chemise de nuit, éprouvant une vague impression de tournis, et frémit en pensant aux créatures qui étaient sur leur piste.
Alors que la tête lui tournait de plus en plus, un bras vigoureux et chaud l'enveloppa, et la voix de Damon résonna dans son dos
— Elle a besoin de prendre l'air. Je m'en occupe.