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Football
Football
Tim Hankey
Epuisé
192 pages
Couverture cartonnée matelassée. Diam. 28 cm. Photos
Réf : 403470
Résumé
Véritable anthologie pour les passionnés, Football est un livre original en forme de ballon. Il raconte l’histoire de ce sport mythique, ses règles, ses grands joueurs, mais aussi les compétitions majeures qui ont jalonné sa trajectoire. Une centaine de photos illustrent les textes de cet ouvrage cadeau. 
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Extrait

LES ORIGINES DU FOOTBALL


Le football trouve ses origines dans les jeux de ballon des civilisations les plus reculées. Sous différentes formes, il a perduré en Grande-Bretagne et en Europe jusqu'au milieu du XIXe siècle. Avec la révolution industrielle, les villes britanniques ont accueilli de nouveaux habitants et le réseau ferré s'est étendu. Les équipes ont alors commencé à affronter les adversaires des villes voisines. Cependant, cette multiplication des rencontres a bientôt appelé une unification des règles. La phase de codification a contribué à une séparation fondamentale des jeux de ballon en deux branches distinctes, liée aux parties du corps avec lesquelles on a le droit de toucher le ballon.

Les ancêtres du football
Les jeux collectifs basés sur un déplacement du ballon au pied remontent à une époque très ancienne. Certains peuvent à juste titre être considérés comme des précurseurs du jeu moderne.

Cuju (Chine)
En Chine, un sport nommé cuju (ou tsu chu) était pratiqué durant la période du Printemps et de l'Automne (de 770 av. J.-C. à 476 av. J.-C.) dans l'une des plus grandes villes de l'époque, Linzi (les ruines se trouvent actuellement dans le district de Linzi, dans la province de Shandong). En chinois, cu signifie frapper du pied et ju renvoie à un ballon en cuir rempli de duvet. Avec le temps, des règles précises ont été définies, y compris pour la forme du terrain, appelé ju cheng et doté à chaque extrémité de buts en forme de croissant de lune. Même si le jeu ne ressemblait pas forcément au football actuel, il opposait déjà deux équipes (composées de 12 à 16 joueurs) qui devaient marquer des buts sans se servir des mains dans des cages équipées de filets. Il était utilisé, par exemple, pour exercer la coordination, la force et l'agilité des soldats, avant de devenir une activité récréative. Disputées dans les cours de la dynastie Han (de 206 av. J.-C. à 220 apr. J.-C.), les parties égayaient souvent les festivités ou les réunions diplomatiques. Avec le temps, des clubs et des joueurs professionnels ont fait leur apparition. Le jeu a perduré jusqu'à la dynastie Ming (1368-1644 apr. J.-C.), mais le peu d'intérêt des monarques l'a condamné à l'oubli.

Kemari/Kenatt (Japon)
Au Japon, il existait jadis un jeu de ballon collectif appelé kemari. Il réunissait entre 2 et 12 joueurs, mais il n'était pas question de compétition. Avec leurs seuls pieds, les pratiquants devaient tenir le ballon en l'air, comme dans une séance de jonglage, et se le passer les uns aux autres. Appelé mari, le ballon faisait entre 20 et 25 cm de diamètre, était recouvert de peau de daim et rempli de sciure ou de grains d'orge. Appelé kikutsubo, le terrain était délimité par des arbres, soit en pleine terre en cas d'aire de jeu permanente, soit en pots pour ajuster les dimensions en fonction du nombre de joueurs. Traditionnellement, on utilisait un cerisier, un érable, un saule et un pin. Extrêmement populaire entre le Xe et le XVIe siècle, le kemari est aujourd'hui pratiqué par un petit groupe de personnes qui cherchent à préserver ce jeu traditionnel.


Europe
Episkyros (Phaininda)/Harpastron (Grèce)
La Grèce antique avait elle aussi ses propres jeux de ballon, parmi lesquels deux variantes peuvent être considérées comme des ancêtres du football moderne. L'episkyros remonte à l'an 800 av. J.-C. et présente des similarités frappantes avec la version actuelle : 12 joueurs de chaque côté et une aire de jeu de taille comparable. En revanche, les Grecs jouaient nus et les équipes étaient composées d'hommes et de femmes. Mais la différence majeure, tout comme pour le harpastron, c'est que les pratiquants étaient autorisés à se servir des mains, ce qui rapproche davantage ces deux disciplines du rugby que du football.

Harpastum (Empire romain)
Lors de la conquête de la Grèce, en 146 av. J.-C., les Romains ont découvert ces jeux de ballon et les ont adaptés. Ainsi, les légionnaires romains pratiquaient un jeu appelé harpastum, proche du rugby, qui leur permettait de rester en forme. D'une vingtaine de centimètres de diamètre, le ballon était fait de morceaux de cuir cousus ensemble et fourrés d'éponges ou de poils d'animaux. L'aire de jeu était rectangulaire, avec des dimensions légèrement inférieures à celles d'un terrain actuel. Dans ce jeu rapide et violent, les équipes composées de 5 à 12 personnes tentaient de marquer en portant le ballon au-delà de la ligne adverse. Seul le porteur du ballon pouvait se faire plaquer. L'expansion de l'Empire romain a contribué à la diffusion du jeu dans toute l'Europe (y compris les îles Britanniques). Mais après 600 à 800 ans de pratique, il a fini par disparaître.


Amériques
Pok-a-tok ou tlachtli (Méso-Amérique)
Les populations méso-américaines qui ont précédé les Mayas et les Aztèques s'adonnaient à un jeu appelé pok-a-tok depuis 3000 av. J.-C. Ils y jouaient dans les grandes villes, sur un terrain délimité par des murs. Les archéologues ont mis en évidence en 1985 à Paso de la Amada, dans l'État mexicain de Chiapas, un terrain de jeu datant de 1400 av. J.-C. Il s'agissait d'un court de 80 m de long par 8 m de large, entouré de bancs en pierres et ressemblant à un petit stade. D'autres vestiges ont été trouvés dans l'Arizona, au Nicaragua ou encore à Cuba et à Puerto Rico. Si on y jouait souvent dans un but récréatif, le jeu pouvait revêtir une signification rituelle, politique ou encore sociale. En 1519, lorsque les conquistadors ont débarqué dans cette région, ils ont découvert un jeu appelé tlachtli, qui serait l'adaptation aztèque du pok-a-tok. Les parties se disputaient dans un terrain en forme de I ou de H. Les murs latéraux comportaient des disques ronds qui servaient à marquer des points, tandis qu'à chaque extrémité se trouvait un grand anneau de pierre situé entre 2,50 m et 3 m du sol, dont le trou ne dépassait pas 30 cm de diamètre. Le ballon, fait à base de caoutchouc, avait un diamètre de 10 à 15 cm. Pour envoyer le ballon sur les disques ou à travers l'anneau, les joueurs ne pouvaient se servir que des coudes, des genoux et des pieds, le ballon devant à tout moment rester en l'air. Ce jeu est à la fois un ancêtre du basket-ball, du volley-ball et du football. Les Aztèques accordaient également une signification cosmique et astrologique à ce jeu, le ballon symbolisant le soleil. On dit que le capitaine vaincu était décapité en guise de sacrifice humain.

Pasuckuakohowog (Amérique du Nord)
En 1634, le colon William Wood écrit que les Indiens habitant en Nouvelle-Angleterre pratiquaient le pasuckua-kohowog, nom que l'on pourrait traduire par : « ils se réunissent pour jouer au ballon avec le pied ». Ce jeu, bien que très physique, semble moins violent que ceux pratiqués à l'époque en Europe. On y jouait sur de grandes surfaces dégagées, par exemple une plage large de 800 m et longue de 1500 m. Pour remplir une telle aire de jeu, il fallait des effectifs très nombreux, comme vous pouvez l'imaginer. Généralement, les matches se prolongeaient du jour au lendemain et s'achevaient par une grande fête.

Akraurak/Aqijut (Alaska)
L'akraurak ou l'aqijut est un jeu semblable au football qui a été pratiqué pendant des centaines d'années par les Inuits d'Alaska. En guise de ballon, ces hommes remplissaient une peau d'animal de poils, de mousse, de plumes, de copeaux de bois ou d'os de baleine. Les deux équipes se mettaient face à face et le ballon était lancé entre les lignes. Une fois qu'il franchissait une ligne de joueurs, tous les autres se précipitaient pour tenter de l'expédier dans les buts adverses.


Jeux de ballons du Moyen Âge et de la Renaissance
Calcio (Italie)
Descendant direct du harpastum romain, le calcio opposait deux équipes composées de 27 participants, jouant avec les pieds et les mains pour marquer des points en envoyant le ballon dans les buts adverses, qui occupaient toute la largeur des deux extrémités de l'aire de jeu. S'il fallait le comparer à un jeu moderne, ce serait un rugby plus violent et plus rapide. Né à Florence, il est réservé à l'origine aux aristocrates, qui s'y adonnent tous les soirs entre l'Épiphanie et le carême. Le jeu conquiert progressivement toute l'Italie et les premières règles officielles sont publiées par Giovanni Bardi en 1580. Pratiqué encore pendant 200 ans, le calcio fait l'objet aujourd'hui de matches d'exhibition disputés à Florence au mois de juin. Mais le football italien reconnaît volontiers l'existence d'un lien avec cet ancêtre puisque la ligue nationale de football s'appelle Lega Calcio et que de nombreux clubs incluent le mot calcio dans leur nom.

Soule/Choule (France)
Le harpastum a également essaimé en Gaule, sous la forme d'une discipline appelée choule ou soule (en fonction des régions). Ses origines remontent au XIIe siècle et les premières parties auraient eu lieu en Bretagne, en Normandie et en Picardie. La soule permet à deux villages de s'affronter après la messe dominicale ou lors de fêtes religieuses (Pâques ou Noël), à l'occasion de matches qui se prolongent jusqu'au coucher du soleil. La rencontre démarre lorsque le ballon, symbolisant l'astre solaire, est lancé en l'air à un point équidistant des deux villages. On utilise à l'époque une balle de cuir assez lourde, une vessie de porc remplie de chiffons ou une balle en bois massif. L'objectif est d'amener le ballon jusqu'à son église ou jusqu'à l'église adverse, ou plus simplement jusqu'à l'en-but adverse, défini par un arbre, un mur, un cours d'eau ou une maison. Cet ancêtre viril du rugby et du football demeure très populaire jusqu'à la Révolution, où il est aboli par les nouvelles élites. Il est pratiqué aujourd'hui par des passionnés dans le Sud-Ouest ainsi qu'en Normandie et en Picardie.

Mob football (Angleterre, Irlande, Écosse, pays de Galles)
De nombreux sports de ballon se jouent en Grande-Bretagne au Moyen Âge. L'un deux, nommé mob football (football de masse), aurait pu être influencé par le harpastum romain ou la soule gauloise (après la conquête normande de 1066). Il est souvent pratiqué lors des fêtes religieuses. Il s'agit d'un sport très violent opposant deux villages voisins qui essaient de porter le ballon jusqu'à la place centrale du village adverse. Bien que très populaire, le mob football est critiqué par la Couronne, l'aristocratie et le clergé. En 1314, le roi Édouard II tente de l'abolir en raison de son impact négatif sur le commerce et des violences qu'il engendre. Le mot « football » n'apparaît qu'au XVe siècle, mais il traduit la pratique à pied, et non à cheval, comme les nobles de l'époque. Malgré les critiques des puritains au cours des XVIe et XVIIe siècle et en dépit des menaces d'emprisonnement et les amendes, le jeu perdure jusqu'au XIXe siècle.