La nouvelle aventure de Cotton Malone
Prix public   : 22,00 
18,50 €
La conspiration du temple
La conspiration du temple
Steve Berry
Disponible
640 pages
Couverture cartonnée
Réf : 402040
Résumé
Quand Cotton Malone, ex-agent américain installé comme libraire à Copenhague, tombe sur la piste du tombeau perdu d’Alexandre le Grand, il va très vite le regretter. Car ce secret est au cœur d’une impitoyable lutte de pouvoir entre la ministre suprême de la Fédération d’Asie Centrale et le chef d’un groupe occulte de riches financiers. Dans cette affaire, nul ne fera de quartier. 
Pourquoi on l'a choisi
Un thriller vertigineux où l'histoire rencontre la géopolitique. Complots, meurtres, armes bactériologiques, énigmes antiques et rythme d'enfer : Steve Berry est un maître et le lecteur, captif et ravi de l'être !
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Le 16 décembre 2009
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Entre fiction et réalité
Je viens de terminer cette nouvelle aventure de Cotton Malone ainsi que de ses collaborateurs. Au final, j'adore ce mélange de faits historiques ou de détails réels notamment ici sur le Sida et l'imagination de l'écrivain. Ici nous nous plongeons sur la découverte du tombeau d'Alexandre le Grand. Cette aventure se déroulera à travers différents pays, Copenhague, Amsterdam, Venise... et la fictive Fédération d'Asie Centrale. Adorant l'histoire, ce livre est riche en explications (bravo à l'auteur) dont je précise que c'est la deuxième aventure que je lis après" L'énigme Alexandrie". A la fin, l'auteur fait la part des choses entre le réel et l'irréel ce qui est très intéressant. Si vous commencez la lecture de ce livre vous ne pourrez plus vous arrêter.
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Steve Berry est avocat. Il a parcouru l'Europe, le Mexique et la Russie et vit actuellement sur la côte de l'État de Géorgie. Après Le Troisième Secret, L'Héritage des Templiers et L'Énigme Alexandrie, La Conspiration du Temple est son quatrième roman publié en France.
Extrait

1


Copenhague, Danemark
Samedi 18 avril, de nos jours
23 h 55


L'odeur réveilla Malone. Forte, âcre avec un soupçon de soufre. Et quelque chose d'autre. Quelque chose de doux et d'écœurant. L'odeur de la mort.
Il ouvrit les yeux.
Il était couché par terre, bras tendus, paumes contre le plancher dont il remarqua immédiatement qu'il était collant.
Que s'était-il passé ?
Il avait assisté à la réunion mensuelle de la Société des bouquinistes danois à quelques pâtés de maisons à l'ouest de sa boutique, non loin des jardins de Tivoli. Il appréciait ces rencontres et celle-ci n'avait pas dérogé à la règle. Quelques verres, des amis et beaucoup de bavardages autour des livres. Il avait accepté de rencontrer Cassiopée Vitt le lendemain matin. Son appel hier l'avait surpris. Il n'avait pas eu de nouvelles depuis Noël, quand elle avait passé quelques jours à Copenhague. Après la réunion, il rentrait chez lui à bicyclette en profitant de l'agréable soirée de printemps quand il avait décidé d'aller effectuer un repérage du musée des Arts gréco-romains, l'endroit insolite qu'elle avait choisi comme lieu de rendez-vous — habitude héritée de son ancienne profession et qu'il avait gardée.
Cassiopée n'était pas du genre impulsif et ce n'était pas une mauvaise idée d'être un peu prévoyant.
En arrivant devant le musée situé face au canal Frederiksholms, Malone avait remarqué que, même si l'obscurité régnait dans le bâtiment, une des portes était entrouverte — porte qui aurait normalement dû être close et protégée par une alarme. Il avait garé sa bicyclette. Le moins qu'il pouvait faire, c'était de fermer la porte et d'avertir la police une fois rentré chez lui.
Mais la dernière chose dont il se souvenait, c'était d'avoir mis la main sur la poignée.
Il se trouvait désormais à l'intérieur du musée.
À la lumière filtrant de deux baies vitrées, il découvrit un espace aménagé dans un style typiquement danois, élégant mélange d'acier, de bois, de verre et d'aluminium. Le côté droit de sa tête lui faisait mal et, en le caressant, il sentit une bosse.
Il s'efforça de reprendre ses esprits et se leva.
Il avait visité ce musée une fois et n'avait guère été impressionné par sa collection d'objets gréco-romains, collection privée parmi la bonne centaine que comptait Copenhague et dont les centres d'intérêt étaient aussi éclectiques que les habitants de la ville eux-mêmes.
Il s'appuya à une vitrine. Ses doigts devinrent poisseux, se couvrirent de la même substance à l'odeur écœurante qu'il avait sentie tout à l'heure.
Il s'aperçut qu'il avait la chemise et le pantalon humides, les cheveux, le visage et les bras aussi. Tout ce qui se trouvait à l'intérieur du musée était couvert de cette mystérieuse substance, lui y compris.
Il se rapprocha de l'entrée principale en titubant et tenta d'ouvrir la porte. Elle était verrouillée. Fermée à double tour. Il faudrait une clé pour pouvoir l'ouvrir de l'intérieur.
Il examina la salle du musée. Il y avait neuf mètres de hauteur sous plafond. Un escalier de bois et d'acier chromé menait au deuxième étage qui disparaissait dans l'obscurité ; au-dessous s'étendaient les salles du rez-de-chaussée.
Malone trouva un interrupteur. Il ne fonctionnait pas. Il se traîna jusqu'à un téléphone. Pas de tonalité.
Un bruit vint troubler le silence. Des cliquetis et des gémissements, comme un engrenage en train de s'enclencher. Le bruit venait du deuxième étage.
Son expérience d'agent du ministère de la Justice américain lui recommandait la prudence tout en le poussant à poursuivre ses recherches. Aussi gravit-il prudemment l'escalier.
La rambarde chromée était humide tout comme les contremarches en stratifié. Après avoir gravi quinze marches, on tombait sur des vitrines serties de métal chromé disséminées dans une salle au sol recouvert de plancher. Des reliefs de marbre et les vestiges de bronzes exposés sur des piédestaux se dressaient tels des fantômes. Malone perçut un mouvement à quelques mètres de là. Un objet d'environ soixante centimètres de large, de forme arrondie, de couleur claire, roulait sur le plancher. Il ressemblait à une de ces tondeuses robotisées dont il avait vu la publicité un jour. Quand l'objet butait contre une vitrine ou une statue, il s'arrêtait, reculait et changeait de direction avant de repartir. Un embout sortait de la partie supérieure de l'objet d'où, de temps en temps, à quelques secondes d'intervalle, giclait une brume malodorante.
Malone s'approcha.
L'objet s'arrêta, comme s'il avait senti sa présence. L'embout tourna vers lui et aspergea son pantalon d'un nuage de brume.
Qu'est-ce que c'est que ça ? se demanda-t-il.
Le robot sembla se désintéresser de Malone et s'enfonça dans l'obscurité tout en continuant à vaporiser la même brume odorante en chemin. Malone se pencha par-dessus la rambarde pour jeter un coup d'œil en bas et repéra un autre robot près d'une vitrine.
Tout ça n'augurait rien de bon.
Il fallait sortir de là. L'odeur commençait à lui retourner l'estomac.
Le robot s'arrêta et Malone entendit un bruit différent.
Deux ans plus tôt, quand il vivait encore à Atlanta, avant de divorcer, de prendre sa retraite du gouvernement des États-Unis et de déménager brusquement à Copenhague, il avait investi quelques centaines de dollars dans l'achat d'un barbecue à gaz en acier inoxydable. On allumait l'appareil en actionnant un bouton rouge qui produisait une étincelle. Malone se souvenait du bruit, à l'allumage.
C'était le même que celui qu'il venait d'entendre.
Des étincelles jaillirent.
Le sol s'embrasa, passa du jaune d'or à l'orange foncé avant d'adopter une couleur bleu pâle quand les flammes irradièrent pour gagner toute la salle en dévorant le plancher. Au même moment, d'autres flammes se lancèrent à l'assaut des murs. La température monta rapidement et Malone se protégea le visage de la main. Le plafond s'embrasa à son tour et en moins de quinze secondes, le deuxième étage entier était la proie des flammes.
Les diffuseurs anti-incendie se mirent en action.
Malone descendit quelques marches en attendant que le feu soit maîtrisé. Mais un détail le frappa. L'eau ne faisait qu'aggraver l'incendie.
Le robot responsable du sinistre se désintégra soudain dans un éclair sourd, des flammes déferlant dans toutes les directions telles des vagues allant s'écraser sur le rivage.
Une boule de feu fut projetée au plafond et les jets d'eau semblèrent l'accueillir avec plaisir. L'air était irrespirable — pas à cause de la fumée, mais d'une vapeur chimique qui lui donnait le vertige.
Malone dévala l'escalier quatre à quatre. Une nouvelle déflagration secoua le deuxième étage. Suivie de deux autres. Il y eut un bris de verre. Le fracas d'un objet s'écrasant par terre.
Malone se rua vers l'entrée du bâtiment.
L'autre robot, jusque-là immobile, s'anima et se mit à slalomer entre les vitrines du rez-de-chaussée. Il vomit un jet de liquide inflammable dans l'air brûlant.
Il fallait sortir, mais la porte d'entrée verrouillée s'ouvrait de l'intérieur. Chambranle métallique, bois épais : pas moyen de la défoncer à coup de pied. Le feu se coula le long de l'escalier, consumant chaque contremarche comme si le diable descendait pour accueillir Malone.
Il avait du mal à respirer à cause de la vapeur chimique et de l'oxygène qui se raréfiait rapidement. Quelqu'un allait sûrement appeler les pompiers, mais ils ne lui seraient pas d'un grand secours. Si une étincelle touchait ses vêtements trempés...
Les flammes se trouvaient désormais au bas des marches.
À trois mètres de lui.



2


Venise, Italie
Dimanche 19 avril, 00 h 15


« Avez-vous quelque chose à déclarer au Conseil ? » demanda Enrico Vincenti en dévisageant l'accusé.
Le Florentin ne parut pas se sentir concerné par la question. « Que diriez-vous d'aller vous faire voir, vous et votre Ligue ?
— Vous avez l'air de penser que l'on peut nous ignorer, répondit Vincenti, curieux.
— J'ai des amis, gros lard, se vanta le Florentin. Des tas d'amis.
— Nous n'avons que faire de vos amis. Votre trahison en revanche, c'est une autre histoire. »
Le Florentin avait soigné son apparence pour l'occasion ; il portait un costume Zanetti hors de prix, une chemise Charvet, une cravate Prada, et les incontournables chaussures Gucci. Le prix de la tenue dépassait le salaire annuel moyen du citoyen lambda.
« Je vais vous dire : je m'en vais et on tire un trait sur tout ça... tout ce cirque, et vous pourrez tous retourner à vos petites combines. »
Pas une des neuf personnes assises près de Vincenti ne proféra le moindre mot. Il leur avait dit de s'attendre à une certaine arrogance. On avait chargé le Florentin d'une mission en Asie centrale, mission d'une importance capitale pour le Conseil. Malheureusement, son avidité l'avait conduit à modifier la tâche qu'on lui avait confiée. Heureusement, la supercherie avait été découverte et des représailles allaient être exercées.
« Vous croyez que vos associés vont vous soutenir ? l'interrogea Vincenti.
— Vous n'êtes pas naïf à ce point, n'est-ce pas, gros lard ? Je ne faisais que suivre leurs ordres.
— Leur version des faits diffère de la vôtre », rétorqua Vincenti en ignorant de nouveau la référence à sa corpulence.
Ces associés en question étaient membres d'un syndicat international du crime qui s'était plusieurs fois montré utile au Conseil. Le Florentin travaillait sous contrat et les membres du Conseil avaient volontairement fermé les yeux sur la traîtrise du syndicat pour pouvoir river le clou au menteur qui comparaissait devant eux. Ce qui permettrait de river le clou au syndicat, par la même occasion. Celui-ci avait déjà compris le message d'ailleurs en renonçant aux honoraires promis et en rendant au Conseil la caution rondelette qu'il avait versée. Contrairement au Florentin, ces associés-là comprenaient parfaitement à qui ils avaient affaire.
« Que savez-vous de nous ? demanda Vincenti.
— Vous êtes une bande de richards qui aimez vous payer du bon temps. »
La bravade amusa Vincenti. Quatre hommes armés se tenaient derrière l'Italien, ce qui expliquait pourquoi l'ingrat se croyait en sécurité. Il avait accepté de comparaître devant le Conseil à condition qu'ils l'accompagnent.
« Il y a sept siècles, un conseil de dix notables gérait Venise, déclara Vincenti. Dix hommes censés être trop mûrs pour se laisser influencer par leurs passions ou succomber à la tentation, chargés de maintenir la sécurité publique et de réprimer toute opposition politique. Et c'est exactement ce qu'ils firent, pendant des siècles, amassant des preuves en secret, prononçant des sentences et se livrant à des exécutions, tout cela au nom de l'État vénitien.
— Vous croyez vraiment que votre leçon d'histoire m'intéresse ?
— Si ce n'est pas le cas, vous avez tort, répondit Vincenti en croisant les mains sur les genoux.
— Ce mausolée est vraiment déprimant. Il vous appartient ? »
Le charme d'une maison de famille faisait défaut à ce palais, certes, mais tsars, empereurs, archiducs et têtes couronnées y avaient tous séjourné. Napoléon lui-même avait occupé l'une de ses chambres. « La villa nous appartient, répondit Vincenti avec fierté.
— Il faudrait engager un décorateur. Et maintenant, on a fini ?
— J'aimerais terminer mon explication.
— Dépêchez-vous, j'ai envie d'aller me coucher.
— Nous formons nous aussi un Conseil des Dix. Comme le conseil d'origine, nous employons des inquisiteurs pour appliquer nos décisions. » À son signal, trois hommes qui se tenaient jusque-là au fond du salon s'avancèrent. « Comme les membres du conseil d'origine, nous exerçons un pouvoir absolu.
— Vous n'êtes pas membres du gouvernement, que je sache.
— Non. Nous n'avons strictement rien à voir avec lui.
— Je suis venu ici au milieu de la nuit pour obéir aux ordres de mes associés. Pas parce que je suis impressionné. Ces quatre hommes me protègent. Alors vos inquisiteurs vont sans doute avoir du mal à appliquer quoi que ce soit.
— Je crois qu'il faut mettre un détail au clair, s'écria Vincenti en se levant. Nous vous avons confié une tâche. Vous avez décidé de modifier la mission pour pouvoir atteindre un but qui vous est propre.
— À moins que vous n'ayez tous l'intention de quitter la pièce les pieds devant, nous ferions mieux d'oublier tout ça. »
Vincenti perdait patience. Il détestait vraiment cet aspect-là de ses fonctions officielles. À son signal, les quatre hommes qui accompagnaient le Florentin se saisirent de l'imbécile.
Sa suffisance se mua en surprise.
Trois hommes le maîtrisèrent tandis que le quatrième le désarmait. Un inquisiteur s'approcha de l'accusé qui se débattait et se servit de papier adhésif épais pour lui lier les mains derrière le dos, les jambes, et lui envelopper le visage et la bouche. Les trois hommes le lâchèrent et le corps robuste du Florentin tomba sur le tapis avec un bruit sourd.
« Le Conseil ici présent vous a déclaré coupable d'avoir trahi notre Ligue », déclara Vincenti. À son geste, deux portes s'ouvrirent. Un cercueil de bois précieux laqué fut poussé dans la salle, couvercle ouvert. Le Florentin écarquilla les yeux en comprenant quel sort lui était réservé.
Vincenti s'approcha tout près de lui.
« Il y a cinq siècles, les traîtres à l'État étaient enfermés dans des cellules au-dessus du palais des Doges, des cellules faites de bois et de plomb, exposées aux éléments : on les appelait les cercueils, expliqua-t-il en observant une pause pour que ses mots aient davantage de poids. C'étaient des endroits horribles. La plupart de ceux qui y entraient ne ressortaient jamais vivants. Vous avez pris notre argent tout en essayant d'en gagner davantage pour votre propre compte. C'est inacceptable, ajouta-t-il en secouant la tête. Au fait, vos associés ont décidé qu'ils seraient prêts à se passer de vous pour maintenir la paix avec nous. »
Le Florentin tenta de se libérer de ses liens avec une vigueur accrue, mais ses protestations restèrent étouffées par le papier adhésif qui lui recouvrait la bouche. L'un des inquisiteurs emmena les quatre hommes qui accompagnaient le Florentin. Ils avaient fait leur travail. Les deux autres inquisiteurs soulevèrent l'homme qui se débattait et le jetèrent dans le cercueil.
Vincenti le dévisagea et comprit exactement ce que les yeux du Florentin disaient. Certes, il avait trahi le Conseil. Pourtant, il n'avait fait que suivre les ordres de Vincenti, pas les ordres de ses fameux associés. C'était Vincenti qui avait modifié la mission et le Florentin n'avait comparu devant le Conseil qu'après que Vincenti l'avait rassuré en privé : cette réunion, ce n'était que du cinéma. Il n'y avait aucune inquiétude à avoir. Il fallait jouer le jeu. Tout serait réglé en une heure.
« Vous trouvez toujours que je suis un gros lard ? Arrivederci » s'écria Vincenti en refermant le cercueil.