Le mystère Napoléon
Le mystère Napoléon
Steve Berry
624 pages
Couverture cartonnée
Réf : 400169
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 22,00  (prix public)
Résumé
Cotton Malone reprend du service pour retrouver des documents secrets ayant appartenu à Napoléon. Archives occultes du Vatican, des chevaliers de Malte et des Mérovingiens, Malone n’est pas le seul sur la piste du trésor de l’Empereur, ses adversaires semblent aussi obstinés qu’hostiles...

Du cap Corse à Paris, une enquête pleine d’énigmes et de rebondissements. Le chef-d’œuvre de Steve Berry, selon Harlan Coben, un expert en la matière...
Les internautes ayant commandé Le mystère Napoléon ont également choisi
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :2
olivier
Le 11 décembre 2011
Extraordinaire
Cotton Malon nous emmène encore dans ses aventures à la recherche de l'histoire de NAPOLEON. On apprend beaucoup de choses sur cet homme et on retrouve volontiers tous les héros des aventures de Cotton Malone. En un seul mot, extraordinaire !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
HCA
Le 18 décembre 2011
Aventure à vivre
Steve Berry sait toujours nous faire vivre des évènements incroyables. On ne peut qu'apprécier son style. Ce mélange de réalité et d'imaginaire est merveilleux. A conseiller.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Steve Berry est avocat. Il a parcouru l'Europe, le Mexique et la Russie et vit actuellement sur la côte de l'État de Géorgie. Il est l'auteur de :
    Le Troisième Secret
    L'Héritage des Templiers
    L'Énigme Alexandrie
    La Conspiration du Temple
    La Prophétie Charlemagne
    Le Musée perdu
    Le Mystère Napoléon
    Le Complot Romanov
    Le Monastère oublié
Traduit dans plus de vingt langues, il a figuré sur la liste des best-sellers dès sa parution aux États-Unis.
Lu dans la presse
« Avec ce thriller vif et saisissant, Steve Berry porte le genre à sa perfection. »

The New York Times


« Steve Berry nous offre ici une explication plausible et troublante à certaines des grandes énigmes de notre histoire. Autant vous prévenir, lorsque vous serez à la moitié de ce livre, vous ne pourrez plus faire autrement que de le terminer d'une seule traite. »

Book Reporter
Autres titres de Steve Berry
Extrait

Prologue



PLATEAU DE GIZEH, ÉGYPTE
AOÛT 1799


Le général Napoléon Bonaparte descendit de son cheval et leva les yeux vers la pyramide. Il y en avait deux autres à proximité, l'une derrière l'autre, mais celle-ci était la plus grandiose des trois.
Quelle magnifique récompense lui avait réservé sa conquête.
La chevauchée de la veille depuis Le Caire en direction du sud, à travers des champs longeant des canaux d'irrigation boueux, s'était déroulée sans encombre. Deux cents hommes armés l'avaient accompagné, car il aurait été imprudent de s'aventurer seul aussi loin en Égypte. Il avait laissé sa troupe bivouaquer pour la nuit, à deux kilomètres de là. La journée avait été encore une fois une vraie fournaise, et il avait préféré attendre le coucher du soleil pour effectuer sa visite.
Il avait débarqué près d'Alexandrie quinze mois auparavant, avec trente-quatre mille hommes, mille canons, sept cents chevaux et cent mille cartouches. Il s'était rapidement avancé vers le sud et avait pris la capitale, Le Caire, son but étant de prévenir toute résistance en agissant rapidement et par surprise. Puis, non loin d'ici, il avait affronté les mamelouks, ces anciens esclaves turcs ayant régné sur l'Égypte pendant cinq cents ans. Il avait surnommé ce combat glorieux la Bataille des Pyramides. Le spectacle avait été grandiose - des milliers de guerriers, vêtus de costumes multicolores, chevauchant de magnifiques étalons. Il sentait encore l'odeur de la cordite, entendait le grondement des canons, le claquement des mousquetons et les cris des mourants. Ses troupes, dont de nombreux combattants de la campagne d'Italie, avaient combattu avec bravoure. Deux cents Français étaient morts, mais il avait capturé pratiquement toute l'armée ennemie et pris contrôle de la Basse-Égypte. Un journaliste avait écrit qu'« une poignée de Français avaient fait se soumettre un quart de la population du globe ».
Ce n'était pas tout à fait exact, mais cela faisait plaisir à entendre.
Par respect, disaient-ils, les Égyptiens l'avaient surnommé le sultan El-Kébir. Au cours des quatorze derniers mois, tandis qu'il gouvernait cette nation en tant que commandant en chef, il avait découvert que, comme d'autres aiment la mer, lui aimait le désert. Il adorait aussi la vie en Égypte, où les richesses comptaient peu et le caractère beaucoup.
Et les habitants de ce pays se fiaient aussi à la providence.
Comme lui.
« Bienvenue, général. Quelle magnifique soirée pour une visite ! » lança Gaspard Monge de sa voix joviale.
Napoléon appréciait ce géomètre pugnace, un Français d'un certain âge, fils de marchand, doté d'un visage large aux yeux enfoncés et d'un nez charnu. Bien qu'étant érudit, Monge ne quittait pas son fusil et sa gourde, et il semblait avoir autant soif de révolution que de bataille. Il faisait partie des cent soixante spécialistes, scientifiques et artistes - des savants, comme les avait nommés la presse - qui avaient fait le voyage de France avec lui, puisqu'il était venu non seulement pour conquérir, mais aussi pour s'instruire. Son modèle spirituel, Alexandre le Grand, en avait fait autant quand il avait envahi la Perse. Monge avait déjà voyagé avec Napoléon en Italie et supervisé le pillage de ce pays, si bien qu'il lui faisait confiance.
Jusqu'à un certain point.
« Savez-vous, Gaspard, que je voulais étudier la science quand j'étais enfant. Pendant la Révolution, à Paris, j'ai assisté à plusieurs conférences sur la chimie. Mais, hélas ! les circonstances ont fait de moi un officier de l'armée. »
Un des ouvriers égyptiens emmena son cheval, après qu'il eut pris une sacoche en cuir. Il était seul maintenant avec Monge ; une poussière lumineuse dansait dans l'ombre de la grande pyramide.
« Il y a quelques jours, dit-il, j'ai fait un calcul qui m'a permis de déterminer que ces trois pyramides contiennent suffisamment de pierres pour bâtir un mur d'un mètre d'épaisseur et de trois mètres de haut autour de Paris. »
Monge parut réfléchir à cette affirmation.
« C'est tout à fait possible, général. »
Son ton équivoque fit sourire Napoléon.
« Vous me répondez comme un mathématicien qui doute.
— Pas du tout. Seulement je trouve intéressant la façon dont vous considérez ces édifices. En aucun cas par rapport aux pharaons, ni aux tombeaux qu'ils contiennent, ni même aux extraordinaires techniques mises en jeu pour les construire. Non, vous les considérez seulement par rapport à la France.
— Difficile pour moi de faire autrement. Je ne pense pas à grand-chose d'autre. »
Depuis son départ, la France avait sombré en plein désarroi. Sa flotte, jadis importante, avait été détruite par les Anglais, l'isolant ici en Égypte. Le Directoire à la tête du pays semblait vouloir faire la guerre à toutes les nations royalistes, se faisant des ennemis de l'Espagne, de la Prusse, de l'Autriche et de la Hollande. Pour lui, le conflit semblait être un moyen de prolonger son pouvoir et de remplir les caisses de l'État aux abois.
Ridicule.
La République était un échec total.
Pour un des rares journaux européens qui avait fait la traversée de la Méditerranée, ce n'était qu'une question de temps avant qu'un autre Louis ne s'asseye sur le trône français.
Il devait rentrer.
Tout ce qu'il chérissait semblait être en train de s'écrouler.
« La France a besoin de vous, dit Monge.
— Voilà que vous parlez comme un vrai révolutionnaire. »
Son ami se mit à rire.
« Vous savez bien que je le suis. »
Sept ans auparavant, Napoléon avait regardé d'autres révolutionnaires envahir le palais des Tuileries pour détrôner Louis XVI. Il avait alors servi fidèlement la République et s'était battu à Toulon, avait été ensuite promu général de brigade, puis général de l'armée de l'Ouest. On l'avait finalement nommé commandant en chef de l'armée d'Italie. De là, il avait marché vers le nord, pris l'Autriche, et était rentré à Paris en tant que héros national. Maintenant, à trente ans à peine, il était général de l'armée d'Orient et avait conquis l'Égypte.
Mais sa destinée était de gouverner la France.
« Quelles merveilles ! » s'exclama-t-il, en admirant de nouveau les grandes pyramides.
En faisant route depuis le camp, il avait vu des ouvriers dégager le sable d'un sphinx à moitié enseveli. Ayant personnellement ordonné l'excavation de l'austère gardien, il constata les progrès de l'opération avec plaisir.
« Cette pyramide est la plus proche du Caire, nous l'appelons donc la Première », déclara Monge.
Il en désigna une autre.
« La Deuxième. La plus éloignée étant la Troisième. Si nous pouvions seulement lire les hiéroglyphes, nous connaîtrions peut-être leurs véritables noms. »
Il acquiesça. Personne ne comprenait les signes étranges qui figuraient sur presque tous les monuments anciens. Il avait ordonné qu'on les recopie, et cela avait donné lieu à tellement de dessins que ses artistes avaient utilisé tous les crayons venus de France. Monge avait trouvé une méthode astucieuse : en façonner d'autres en faisant fondre des balles en plomb dans des roseaux du Nil.
« Il y a peut-être une raison d'espérer là-bas », dit Napoléon.
Monge fit un petit signe de tête entendu.
Ils savaient tous deux qu'une certaine pierre noire pourrait peut-être leur fournir la réponse. Découvert à Rosette, ce bloc de basalte noir comportait trois écritures différentes - des hiéroglyphes, la langue de l'Égypte ancienne, le démotique, la langue de l'Égypte contemporaine, et le grec. Le mois précédent, Monge avait participé, à l'endroit de la découverte, à une séance de son institut d'Égypte, créé par lui pour encourager ses savants.
Mais de nombreuses études étaient encore nécessaires.
Nous effectuons les premiers examens systématiques de ces sites, dit Monge. Tous ceux qui sont venus avant nous se sont contentés de piller. Nous allons consigner tout ce que nous trouvons. »
Une autre idée révolutionnaire, pensa Napoléon. Qui convenait parfaitement à Monge.
« Faites-moi entrer », ordonna-t-il.
Son ami le précéda en haut d'une échelle posée contre la face nord, jusqu'à une plateforme à vingt mètres de haut. Il était déjà venu jusque-là plusieurs mois auparavant, avec quelques-uns de ses généraux quand ils avaient inspecté les pyramides pour la première fois. Mais il avait refusé d'entrer dans l'édifice pour ne pas être obligé de marcher à quatre pattes devant ses subordonnés. Cette fois, il se baissa et s'engagea tant bien que mal dans un couloir d'un mètre de haut à peine et pas plus large, qui descendait en pente douce vers le cœur de la pyramide. Sa sacoche de cuir se balançait à son cou. Ils arrivèrent à un autre couloir, creusé vers le haut, que Monge emprunta. La pente montait à présent, en direction d'un petit carré de lumière à l'extrémité.
Ils émergèrent enfin dans une salle et purent se redresser. Il fut aussitôt saisi par la beauté de l'endroit. Dans la lueur vacillante des lampes à huile, on apercevait un plafond qui s'élevait à une dizaine de mètres. Le sol montait en pente raide à travers le granit. Des murs s'avançaient en une série de cantilevers reposant les uns sur les autres pour former une voûte étroite.
« C'est magnifique, chuchota-t-il.
— Nous l'avons appelé la Grande Galerie.
— Un nom approprié. »
Au pied de chaque mur latéral, une rampe à toit plat, d'un demi-mètre de largeur, rallongeait la galerie, laissant un passage d'un mètre entre les rampes. Pas de marches, juste une pente raide.
« Il est là-haut ? demanda-t-il à Monge.
— Oui, général. Il est arrivé il y a une heure et je l'ai conduit jusqu'à la Chambre du roi. »
Il tenait toujours la sacoche.
« Attendez dehors, en bas. »
Monge fit demi-tour pour s'en aller, puis s'arrêta.
« Vous êtes certain de vouloir faire cela seul ? »
Il regardait devant lui la Grande Galerie. Il se souvint de ce que disaient les légendes des Égyptiens : par ces couloirs occultes étaient passés les illuminés de l'Antiquité, des individus qui y entraient mortels et en ressortaient transformés en dieux. On racontait que cet endroit était celui d'une « deuxième naissance », le « monde du mystère ». La sagesse régnait ici, comme Dieu régnait sur le cœur des hommes. Ses savants se demandaient quel désir fondamental avait inspiré ce travail d'une technicité herculéenne, mais, pour lui, il n'y avait qu'une seule explication possible - et il comprenait parfaitement cette obsession : le désir d'échanger la médiocrité de la condition humaine et de sa fin inéluctable pour la grandeur de la lumière. Ses scientifiques caressaient l'idée que cette construction pouvait être la plus parfaite du monde, l'arche de Noé, peut-être à l'origine des langues, des alphabets et des mesures.
Pas pour lui. Il la considérait comme le portail menant à l'éternité.
« Il n'y a que moi qui puisse le faire », murmura-t-il enfin.
Monge s'éloigna.
Il balaya le sable de son uniforme et s'avança sur la pente raide. Elle devait faire environ cent vingt mètres de long. Arrivé en haut, Napoléon était essoufflé. Une marche haute menait dans une galerie basse de plafond qui débouchait dans une antichambre, dont trois des murs étaient taillés dans le granit.
La Chambre du roi s'ouvrait au-delà, avec des murs en pierre rouge polie, dont les blocs gigantesques étaient si parfaitement ajustés qu'il ne restait entre eux qu'à peine l'épaisseur d'un cheveu. La chambre était rectangulaire, moitié moins large que longue, creusée au cœur de la pyramide. Monge lui avait dit qu'il pouvait exister une relation entre les dimensions de cette chambre et des constantes mathématiques éprouvées.
Il ne doutait pas de la véracité de cette observation.
Le plafond, dix mètres au-dessus, était formé de dalles de granit. La lumière s'infiltrait par deux puits qui perçaient la pyramide du nord au sud. Dans la pièce, il y avait un homme, et un sarcophage en granit inachevé et sans couvercle. Monge avait mentionné que les traces de perceuses tubulaires et de scie faites par les anciens ouvriers étaient encore visibles. Et il avait raison. Il avait également indiqué que la largeur du sarcophage dépassait d'à peine un centimètre celle du corridor ascendant, ce qui voulait dire qu'il avait été placé ici avant que le reste de la pyramide ne soit construit.
L'homme, qui faisait face au mur du fond, se retourna.
Son corps informe était enveloppé d'un ample vêtement, sa tête entourée d'un turban de laine, une écharpe en calicot blanc sur une épaule. Ses origines égyptiennes étaient évidentes, mais on devinait dans son front plat, ses pommettes saillantes et son nez épaté, des traces d'autres filiations.
Napoléon ne quittait pas des yeux le visage buriné.
« As-tu apporté l'oracle ? » lui demanda l'homme.
Il montra la sacoche en cuir.
« Je l'ai. »