Fils d'une servante et d'un ouvrier maçon, Jean Anglade est né en 1915 à Thiers, "au pays des couteaux". Un an plus tard, son père est tué sur le front de la Somme. Sa mère se remarie en 1920 avec un charretier – ce qui amène le jeune Jean "à pousser à la roue souvent, quand le charretier s'embourbe".
Après des études au cours complémentaire (le collège des pauvres), Anglade entre à l'école normale d'instituteurs de Clermont-Ferrand. "Maître d'école à la ville puis aux champs", il poursuit en même temps, de façon autodidacte, ses études pour devenir bientôt professeur de lettres. Le service militaire, la guerre, puis l'Occupation lui prennent quatre ans de sa vie. En 1947, il décroche une agrégation d'italien qui l'envoie successivement à Tunis, Gap et Clermont-Ferrand. Il concilie dès lors enseignement et activité littéraire.
En 1952 paraît son premier roman,
Le Chien du Seigneur – histoire d'un prêtre-ouvrier qui exerce son ministère dans une usine de caoutchouc. Un sujet sulfureux pour l'époque, comme le dit lui-même l'auteur. Le premier "roman auvergnat",
Une Pomme oubliée, sort en 1969 ; il sera adapté par Jean-Paul Carrère et Jean Cosmos pour la télévision.
Chef de file de l'École romanesque d'Auvergne, Jean Anglade est l'auteur d'une œuvre très abondante. On y compte des romans :
Suite auvergnate
Le Faucheur d'ombres
Le Grillon vert
La Fille aux orages
Un Souper de neige
La Rose et le Lilas
Dans le Secret des roseaux
L'Écureuil des vignes
mais aussi des biographies (
Hervé Bazin, Pascal l'insoumis, etc.), des livres d'histoire (
La Vie quotidienne dans le Massif central au XIXe siècle, etc.), des essais (
Grands Mystiques, Solarama Auvergne) et diverses créations théâtrales et cinématographiques.
Auteur humaniste et généreux, Jean Anglade est, à l'instar d'Alexandre Vialatte, une référence dans la culture littéraire contemporaine.