Un roman à l’atmosphère envoûtante et déroutante. L’histoire d’un amour éternel et impossible.
L’étau se resserre autour de Luce. Mais elle est prête à tout pour comprendre la malédiction dont elle est victime.
Après le combat mortel entre anges et démons, Daniel conduit Luce en secret à Shoreline, un établissement très select au nord de San Francisco, où elle sera en sécurité tant qu’elle ne sortira pas de l’enceinte. Luce est en effet recherchée par les bannis, ces descendants d’anges déchus qui ont suivi Satan avant de le renier après sa disgrâce, et qui espèrent depuis retrouver ses faveurs. Là, Luce fait la connaissance de Shelby, Dawn, Jasmine, et Miles, un garçon qui lui est aussitôt sympathique. Tous sont des « Mephilim », des descendants d’anges, sans ailes, mais dotés de pouvoirs, et placés sous la férule de Steven et Francesca, qui dirigent cette section très spéciale du lycée.
Très vite, Luce enfreint la règle : elle sort du lycée. Une première fois pour un rendez-vous secret avec Daniel ; elle échappe de peu à la flèche d’une bannie, grâce à Cam, qui la ramène à Shoreline. Puis, une seconde fois en participant à une balade en bateau pour fêter l’anniversaire de Dawn, qui tourne mal. Dès lors, des visions troublent la jeune fille au point que celle-ci presse Daniel de lui révéler la vérité sur ses vies antérieures. Traquée sans relâche par les bannis, Luce cherche à comprendre la malédiction qui s’acharne sur elle. À ses risques et périls…
Alors pour ma part, je suis en plein dedans... Voilà deux jours que je l'ai commencé et j'en suis déjà à plus de la moitié. Ça en dit long sur mon ressenti. J'avais déjà adoré le tome 1 et je suis encore plus fan du tome 2. Il nous transporte vraiment dans un mode imaginaire plein de mystère et de rebondissements. Moi qui à la base suis loin d'être fleure bleue... Cet amour interdit entre Daniel et Luce me fait vraiment envie...
Je le lis en ce moment et je suis captivée. J'aime mieux le deuxième nous avons plus éléments de ses autres vie à Luce et Daniel. Maintenant il faut attendre le mois novembre pour le troisième tome qui se nomme Passion. Cela veut tout dire et il nous reste à attendre pour la suite.
Lauren Kate a grandi à Dallas, avant d'étudier à l'Université d'Atlanta, dont elle s'est inspirée pour l'atmosphère de Damnés.
Elle vit aujourd'hui à Los Angeles.
Extrait
PROLOGUE EN EAUX NEUTRES
D'un regard aussi gris que le brouillard enveloppant la côte de Sausalito, Daniel observait la baie et la mer agitée qui venait mourir sur les galets. En cet instant, il n'y avait pas la moindre touche de violet dans ses yeux. Luce était trop loin de lui...
Face à la tempête, il cherchait à resserrer les pans de son caban, mais à quoi bon... Il avait toujours froid, après la chasse.
Une seule personne pouvait le réchauffer, ce jour-là, et elle était inaccessible. Il aurait tant voulu poser les lèvres sur sa tête, comme il en avait l'habitude. Il se voyait l'enlacer, puis se pencher pour l'embrasser dans le cou. Cependant, il valait mieux que Luce ne soit pas là, car elle serait horrifiée par la scène qui se déroulait.
Derrière lui, les plaintes des otaries qui affluaient le long du littoral sud d'Angel Island faisaient écho à son sentiment de solitude absolue, que personne ne pouvait percevoir.
À part Cam.
Accroupi devant Daniel, celui-ci nouait une ancre rouillée autour d'un corps trempé, gisant à leurs pieds. Même dans cette sombre mission, Cam avait fière allure, avec ses yeux verts pétillants et ses cheveux noirs coupés court. Pendant une trêve, les anges étaient toujours plus radieux. Ils avaient les joues plus roses, les cheveux plus soyeux... Leur corps déjà parfaitement musclé semblait encore plus resplendissant. Les jours de trêve leur étaient aussi bénéfiques que des vacances pour les humains.
Ainsi, même si Daniel souffrait d'avoir dû mettre fin à une vie humaine, on aurait dit qu'il rentrait d'une semaine au bord de la mer : il était reposé, bronzé...
Cam effectua un nœud sophistiqué dont il avait le secret et déclara :
— Ça ne m'étonne pas de toi, ça, Daniel ! Il faut toujours que tu te défiles pour me laisser le sale boulot.
— Qu'est-ce que tu racontes ? C'est moi qui l'ai achevé, non ?
Daniel baissa les yeux vers le cadavre. C'était un homme aux cheveux gris plaqués sur le front. Il avait les mains noueuses, une blessure en forme de larme en plein torse, et portait des bottes en caoutchouc bon marché. Daniel frissonna. Si ce meurtre n'avait pas été indispensable à la sécurité de Luce, Daniel n'aurait plus utilisé la moindre arme et ne se serait plus jamais battu.
Ce mort laissait Daniel en proie à un certain malaise. Quelque chose clochait. Il avait même l'intime conviction que ça n'allait pas du tout.
— Le coup de grâce, c'est le moment le plus agréable, commenta Cam en enroulant la corde autour du torse de l'homme avant de la serrer sous ses bras. Le pire, c'est de le jeter à la mer.
Daniel tenait encore la branche ensanglantée. Cam l'avait raillé d'avoir choisi cette arme, mais Daniel n'en avait eu que faire. Il était capable de tuer avec n'importe quoi.
— Dépêche-toi, grommela-t-il, dégoûté par le plaisir manifeste que Cam prenait à assassiner des êtres humains. Tu perds du temps ! La marée descend.
— Sauf que, si on ne procède pas de cette façon, la marée haute ramènera le cadavre ici même dès demain. Tu es trop impulsif, Daniel. Comme toujours. Tu ne réfléchis donc jamais à long terme ?
Daniel croisa les bras et observa de nouveau les vagues ourlées d'écume. Un catamaran venant du port de San Francisco filait dans leur direction. Naguère, ce spectacle aurait ravivé une foule de souvenirs de promenades avec Luce, sur toutes les mers du monde, au cours d'un millier de vies successives. Mais à présent..., maintenant qu'elle risquait de mourir et de ne jamais revenir, dans cette vie où tout était différent, et où il n'y aurait plus de réincarnations, Luce ne possédait aucun souvenir. C'était la dernière fois pour tous les deux. Pour tout le monde, en réalité. C'était donc la mémoire de Luce qui comptait, et non la sienne. Si la jeune fille devait survivre, il fallait que des vérités cruelles remontent à la surface. À la seule pensée de ce qu'elle avait à découvrir, Daniel se crispa.
Si Cam croyait qu'il ne pensait pas à l'étape suivante, il se trompait.
— Tu sais bien pourquoi je suis encore là, déclara Daniel. Il faut que nous parlions d'elle.
— Effectivement, répondit Cam.
Avec un grommellement, il hissa le corps inerte par-dessus son épaule. Le costume bleu marine de la victime se froissa sous la corde. La lourde ancre reposait sur son torse ensanglanté.
— Il est un peu pénible, celui-là, commenta Cam. Je trouve ça presque insultant que les Aînés n'aient pas envoyé un homme de main plus à la hauteur.
Puis, tel un lanceur de marteau aux jeux olympiques, Cam fléchit les jambes et tourna trois fois sur lui-même pour prendre son élan avant de propulser le cadavre à une trentaine de mètres dans les airs, vers le large.
L'espace de quelques secondes, le cadavre survola la baie, puis tomba dans les eaux turquoise avec un grand éclaboussement et sombra aussitôt.
Cam s'essuya les mains.
— Je crois que je viens de battre un record, dit-il.
Ils se ressemblaient à bien des égards, mais, en tant que démon, Cam était capable des actes les plus vils sans l'ombre d'un scrupule. Alors que Daniel, lui, était rongé par les remords. Et, pour l'heure, il était transi d'amour.
— Tu prends la mort humaine bien à la légère, déclara Daniel.
— Ce type méritait son sort, répliqua Cam. Tu ne saisis donc pas quel plaisir il y a dans tout cela ?
— Pour moi, Luce n'est pas une proie ! rétorqua Daniel.
— Et c'est la raison pour laquelle tu vas perdre.
Daniel empoigna Cam par le col de son trench-coat gris acier. Il avait envie de le jeter à l'eau comme celui-ci venait de le faire avec le prédateur.
Un nuage passa devant le soleil et assombrit leurs visages.
— Doucement, fit Cam en se dégageant. Tu as un tas d'ennemis, mais, là, maintenant, je n'en fais pas partie. N'oublie pas la trêve.
— Tu parles d'une trêve ! maugréa Daniel. Dix-huit jours pendant lesquels d'autres vont tenter de la tuer...
— Dix-huit jours pendant lesquels on les repoussera ensemble, corrigea Cam.
Par tradition, chez les anges, une trêve durait dix-huit jours. Au Paradis, dix-huit était le nombre le plus favorable, le plus propice : deux fois sept (les archanges et les vertus cardinales) que venait contrebalancer l'avertissement des quatre cavaliers de l'Apocalypse. Dans certaines langues mortelles, le nombre dix-huit avait fini par représenter la vie elle-même. En l'occurrence, pour Luce, il aurait tout aussi bien pu signifier la mort.
Cam avait raison. Tandis que la nouvelle de la mortalité de Luce traversait toutes les couches célestes, les rangs de ses ennemis allaient doubler chaque jour. Mlle Sophia et sa clique, les vingt-quatre Aînés Zhsmaelin, étaient toujours aux trousses de Luce. Daniel les avait aperçus dans les ombres projetées par les Annonciateurs, le matin même. Il avait entrevu autre chose, aussi, d'autres ténèbres, une fourberie plus profonde, qu'il n'avait pas réussi à identifier.
Un rai de lumière transperça les nuages et, du coin de l'œil, Daniel décela une lueur. En se tournant, il s'agenouilla et trouva une flèche plantée dans le sable humide. Elle était plus fine qu'une flèche ordinaire, d'un ton argenté terne, ornée de volutes et chaude au toucher.
Daniel eut la gorge nouée. Cela faisait une éternité qu'il n'avait pas vu une étoile filante. Les doigts tremblants, il arracha la flèche en prenant soin d'éviter sa pointe mortelle.
Il savait désormais d'où provenaient ces ténèbres qu'il avait entrevues chez les Annonciateurs du matin. La situation était encore plus grave qu'il le redoutait. Il se tourna vers Cam, la fine flèche entre ses mains :
— Il n'a pas agi seul.
En la voyant, Cam se crispa. Il s'en approcha presque respectueusement et tendit la main vers elle, comme Daniel l'avait fait.
— Abandonner une arme si précieuse... Les Bannis devaient vraiment être très pressés de s'en aller.
Les Bannis étaient une secte d'ange lâches et bavards, exilés à la fois du Paradis et de l'Enfer. Leur atout majeur était Azazel, un ange reclus, le dernier qui connaisse encore l'art de créer des étoiles filantes. Ces flèches argentées ne risquaient guère de provoquer plus qu'une ecchymose chez un humain. Mais, pour les anges et les démons, c'était la plus mortelle des armes.
Tout le monde voulait s'en emparer, mais personne n'était disposé à s'associer avec les Bannis. Aussi les échanges de tirs d'étoiles se déroulaient-ils toujours de façon clandestine, par le biais d'un messager. Ce qui signifiait que le type que Daniel avait tué n'était pas un homme de main envoyé par les Aînés. C'était un intermédiaire. Les Bannis, le véritable ennemi, avaient disparu comme par enchantement, sans doute dès qu'ils avaient aperçu Daniel et Cam. Daniel frémit ; ce n'était pas de bon augure.
— Nous n'avons pas tué l'homme qu'il fallait, déclara-t-il.
— Comment ça ? répondit Cam, désinvolte. Cela fait toujours un prédateur en moins. Le monde ne s'en portera que mieux. Et Luce aussi, non ? (Il fixa Daniel, puis la mer.) Le seul problème, c'est...
— Les Bannis.
Cam opina :
— Ils la veulent aussi, désormais.