L'évangile des ténèbres
L'évangile des ténèbres
560 pages
Couverture souple
Réf : 376365
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Résumé
Seth, journaliste américain, part au secours d’un ami porté disparu en Corée du Nord. Il trouve de l’aide auprès de Suzan, une jolie Canadienne correspondante d’une ONG. À peine arrivé, Seth apprend qu’un tueur monstrueux laisse dans son sillage une longue suite de cadavres atrocement mutilés... Commence une traque impitoyable où chasseurs et proies seront confrontés dans un final redoutable à l’effroyable vérité.
Sanctus
Simon Toyne
Pourquoi on l'a choisi
“Du grand art !” écrit Maxime Chattam. Intrigue machiavélique à souhait et découverte saisissante du pays le plus fermé au monde, on approuve Chattam et plutôt deux fois qu’une !
Avis Top Lecteur
« Pour moi, ce livre est une pure merveille de suspense lié à l'histoire nord-coréenne. [...] C'est un roman époustouflant, qui se lit d'une traite. [...] Si vous cherchez à vous évader dans des contrées lointaines, si l'effroi vous excite au lieu de vous faire fuir, alors n'hésitez pas à ouvrir ce livre. Vous n'en serez que plus entraîné dans un climat de folie grandissante dont vous chercherez l'issue. Fasciné, vous ne lâcherez pas avant d'en connaître le dénouement. »

Nicolas Durupt


« Voilà un thriller qui a le mérite de se dérouler dans un endroit qui tranche avec les grands classiques (États-Unis, Europe...). Nous sommes ici catapultés au cœur d'une dictature (Corée du Nord). [...] Pour les amateurs ce sera un régal, pour les néophytes un sacré choc ! [...] Il y a eu un réel travail de documentation et tout au long de l'histoire le lecteur sent constamment cette ambiance lourde pareille à une chape de plomb qui oppresse tous les personnages : il ne fait pas bon vivre en Corée du Nord, même si vous êtes le plus ardent partisan du régime. »

Samuel Forestas-Burgaud
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
Mic
Le 27 octobre 2011
Dommage !
Le récit se déroule en parallèle sur quatre fronts et c'est à mon avis un handicap, car cela n'aide pas à la compréhension de l'histoire et porte surtout un sérieux frein pour tout ceux qui aiment les suspenses faciles à lire, bien menés et aussi dynamiques que des enchaînements cinématographiques. En résumé, une histoire banale, manquant d'originalité, des personnages souvent stéréotypés pour ne pas dire caricaturaux... Le déroulement du récit m'a souvent semblé "mécanique", on sent venir les scènes ... Bref ! une vrai déception.
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brieucman
Le 27 juillet 2011
Le pays le plus fermé du monde
Très bon suspense, mais surtout une exellente et étonnante découverte de la Corée du Nord ce qui en fait un livre rare !!
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Remarque de du 13/10/11
J'espère que ce livre ne ressemble pas trop à ceux de Maxime Chattam.
ISMaillette
Le 21 novembre 2011
Oui mais...
J'ai été séduite par la possibilité de découvrir un pays et sur ce point je ne suis pas déçue. Le fonctionnement et le contexte socio-politico économique et culturel du pays sont très bien présentés. Cependant, l'intrigue tout comme la maîtrise du suspense ne sont pas exceptionnels. Un lecteur habitué au genre n'aura aucun mal à déduire l'enchaînement des événements. La fin a été une "belle" surprise... Je le conseille pour la découverte de la Corée du Nord, pour l'histoire, c'est une autre affaire !
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Extrait

PROLOGUE


Par trois fois, le chasseur renifla avec satisfaction. Il aimait ces instants de calme, à l'issue d'une longue traque.
Il régla ses lunettes de vision nocturne – un modèle antédiluvien, qui produisait un désagréable petit ronflement, mais qu'il appréciait pour sa précision – et balaya du regard les alentours.
Il n'eut aucun mal à localiser sa proie : comme prévu, la jeune femme avait suivi l'autoroute. Elle s'était finalement écroulée sur le côté, pour rouler en contrebas, dans les hautes herbes bordant les champs.
Dans les premières lueurs du jour, la voie de béton avait des allures de serpent assoupi. En l'absence d'éclairage électrique, sa longue théorie de plaques de ciment jetées sur la plaine évoquait les anneaux d'un constrictor. Il en émanait une sourde menace, au point qu'on devinait le monstre prêt à bondir pour saisir sa proie et l'étouffer lentement.
Masqué encore par les arbres, le soleil tardait à paraître.
Sans plus de précautions, le chasseur suivit l'autoroute pour rejoindre sa victime. La fille gisait face contre terre, elle ne bougeait plus depuis un moment.
Le chasseur esquissa un fin sourire, dévoilant ses canines acérées. Ça finissait comme ça la plupart du temps : ils s'effondraient et s'étouffaient le nez dans la boue.

Il s'accroupit et marqua une pause, afin de s'assurer que personne ne traînait dans les parages. À quelques coudées en dessous de lui, les ténèbres noyaient la silhouette allongée dans l'herbe. Le chasseur descendit la pente avec précaution, attentif au moindre bruit.
À mesure qu'il avançait, il sentait monter en lui l'excitation. De la main, il palpa la besace qui pendait à son épaule. Tout y était : le sac hermétique, le coton, les antiseptiques. Dans la poche de sa veste, le poignard pesait lourd. Son contact était apaisant.
Il s'agenouilla près du corps inerte et demeura un instant silencieux. Il détailla à loisir la nuque fine, les cheveux de jais, coupés courts, la ligne du menton, le dessin de l'oreille. Il parcourut les jambes longues, que l'on devinait sculpturales sous la toile du pantalon. Un instant, il fut sur le point de les caresser mais résista à la tentation.
Les paysannes lui faisaient toujours le même effet, il émanait de ces filles dressées dans les champs une animalité que l'on ne rencontrait jamais en ville…
Le chasseur prit une profonde inspiration.
Attendre, encore un peu. Retarder le moment.
Penché au-dessus de la fille, il huma le parfum de sa peau et manqua défaillir : ce mélange de transpiration et de moiteur, trahissant à la fois l'effort et la terreur, était le plus fabuleux des aphrodisiaques.
Il hocha la tête, admiratif. Oui, celle-là avait résisté longtemps… en vain. Elle ne l'avait jamais vu, mais elle avait toujours senti sa présence à ses trousses.
Cédant à une impulsion, le chasseur tendit la main et effleura la toile rêche de la veste. Il porta ensuite les doigts à ses lèvres et goûta la rosée ainsi prélevée. Il replongea à nouveau la main, la glissa dans le pantalon et s'attarda sur la raie des fesses, ne s'arrêtant qu'aux limites du sexe.
L'air était doux, il n'y avait personne dans les alentours… Le chasseur leva les yeux, estimant la courbe du soleil au-dessus des bois. Non. Il n'avait pas le temps.
Sitôt le jour venu, quelques voitures passeraient sur l'autoroute. Il faudrait songer à cacher la dépouille, pour qu'on ne la découvre pas tout de suite.

Il étouffa un rire de gorge : à dire vrai, il y avait peu de chances qu'on la trouve avant un bon moment. Rares étaient les véhicules qui empruntaient cet axe peu confortable, car les plaques jointes à la va-vite causaient des ravages dans les suspensions. Certes, des camions s'y aventuraient – militaires, pour la plupart – mais l'on pouvait parier qu'aucun d'entre eux ne trouverait la victime. Entassés à bord des véhicules bâchés, mal réveillés à l'aube ou complètement exténués le soir, les soldats s'agrippaient à leur fusil et luttaient contre le sommeil. Restaient quelques dignitaires de Pyongyang, de rares huiles qui avaient su obtenir les grâces du régime, mais ne s'engageaient sur la route qu'avec un ordre de mission. Aucune chance qu'ils s'amusent à observer le décor.
Pour le reste…
Le chasseur ricana de nouveau. Qui avait encore la possibilité de se déplacer en voiture, de nos jours ?

Le chasseur coula un regard circulaire sur les alentours. À travers les hublots épais de ses lunettes militaires, les silhouettes verdâtres se découpaient avec une précision remarquable. Il ne détecta aucune présence animale et, rassuré, s'attarda sur les limites du lacet de béton. Le danger ne venait pas de l'autoroute, mais des chemins qui s'étiraient de chaque côté. Ces sentiers étaient suivis par des hordes de paysans montant vers la capitale dans l'espoir de faire du troc… et, de plus en plus souvent, par quelques citadins venus échanger leurs vêtements ou leurs objets usuels contre des produits frais.
Contraints de braver les barrages et les contrôles pour lutter contre les éternelles pénuries, les uns et les autres se croisaient sur le chemin, en contrebas de l'artère. Les citadins étaient les plus méfiants : jamais ils ne levaient le nez, de peur d'être identifiés par un improbable conducteur qui les dénoncerait sans le moindre scrupule.
Les places étaient chères, à la capitale.
Le chasseur acquiesça. Elle était là, la menace ! Le visage rivé au sol, les citadins pouvaient apercevoir les traces du corps traîné dans la boue, la terre fraîchement retournée, du sang peut-être…
Il lécha ses doigts avec un soupir résigné. L'odeur intime lui aiguillonna les sens au point qu'il se sentit sur le point de basculer et dut se faire violence.
« Assez traîné ! » se morigéna-t-il.
Saisissant son poignard, il passa son pouce sur le fil de la lame pour en éprouver le tranchant puis, sans plus perdre de temps, découpa la veste de la fille.
Ses gestes étaient précis, quasi chirurgicaux. Du bout des doigts, il compta les côtes, localisa le bon endroit et planta la pointe de son arme dans la chair, qui s'ouvrit avec la délicatesse d'une rose au soleil. Le sang coula, bouillonnant.
Surpris, il lâcha un juron. Il maudit sa désinvolture – il avait tardé et ne disposait plus d'assez de temps pour laisser le corps reposer.
« Les plaies coulent beaucoup moins après un moment, récita-t-il mentalement. Quand le cœur cesse de battre, le sang n'est plus agité, il perd en fluidité, il n'est plus soumis à autant de pression… Tu aurais dû t'en rappeler ! »
Le chasseur serra les mâchoires et pesa de tout son poids. En écho, la fille fut agitée de tremblements convulsifs. Elle se raidit comme sous l'effet d'une décharge électrique et releva la tête. Elle ouvrit la bouche pour hurler, mais son cri mourut dans sa gorge. Le chasseur s'était promptement plaqué contre elle, écrasant une main sur ses lèvres tandis que, de l'autre, il achevait sa besogne.
Le poignard filait dans les viscères, découpant sa route assassine avec aisance. Les doigts ancrés dans les joues de sa victime, le chasseur effectua une brutale torsion du poignet, obligeant la suppliciée à tourner la tête dans sa direction.
— Chut ! lui siffla-t-il à l'oreille. Personne ne te viendra en aide, nous sommes seuls. Ne gâche pas ce moment, veux-tu ?
Suffoquant de douleur, la fille écarquillait les yeux. Elle fit entendre des gémissements d'animal à l'agonie.
Fou d'excitation, il accentua la pression de son corps sur le sien et lui glissa la langue dans l'oreille. Il la lécha avec avidité, parcourant le lobe, glissant sur le cou. Puis il saisit fermement son visage qu'il immobilisa. Il la dévora alors du regard, bien décidé à profiter de ses ultimes instants.

Après quelques secondes d'extrême tension, la fille cessa brusquement de se débattre. Ses yeux se révulsèrent en deux écrans blancs que les rayons du soleil éclaboussèrent de rose. Elle s'affaissa comme une poupée de porcelaine brisée.
Toujours serré contre elle, il jouit en laissant fuser un râle guttural. Il resta prostré, cherchant à retrouver son souffle. Rien ne le comblait de plaisir autant que ces instants-là : la proie était encore vivante, il pouvait sentir ses derniers soubresauts, tout en guidant sa lame à la manière d'un expert.
Il se remit à genoux en soufflant, glissa son arme dans sa poche – il n'en avait plus besoin. Il se pencha à nouveau vers la plaie, dont il écarta les lèvres sans ménagement. Il y plongea les deux mains, fouilla dans le dos de sa victime, préleva ce qu'il était venu chercher et plaça son trophée chaud et gluant dans le sac prévu à cet effet. Il ôta ses lunettes, les remisa avec le reste de son équipement puis referma avec soin sa besace.
Ensuite, il caressa des doigts les herbes hautes pour se débarrasser du sang et des humeurs qui les poissaient.
Il se redressa, s'étira avec un grognement comblé.
Ne restait plus qu'à se débarrasser du corps, que les charognards des champs auraient tôt fait de rendre inidentifiable. Avisant un éboulis, juste au bord de l'autoroute, il découvrit avec bonheur une niche assez profonde pour accueillir la dépouille. Il y traîna donc le cadavre et l'y roula en boule.
Sa besogne achevée, le chasseur repartit, serein.

Contre son flanc, la besace alourdie marquait la cadence.