L'offrande des fous
L'offrande des fous
580 pages
Couverture souple
Réf : 376332
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Le premier thriller antinucléaire !
Résumé
Envoyés en mission à Tchernobyl par la puissante Millford Continental pour étudier un juteux contrat, Kate, brillante physicienne, et Jason, journaliste écologiste, font la connaissance d’un survivant de la catastrophe. Un savant qui les aidera à affronter un dangereux extrémiste et changera leur vie.
Pourquoi on l'a choisi
Nous avons choisi L’offrande des fous, premier thriller antinucléaire, à l’heure où l’on célèbre le triste anniversaire de Tchernobyl et où les terribles événements de Fukushima nous rappellent la fragilité de l’homme.
Avis Top Lecteur
« Ce roman nous met face à nos choix de vie. J'ai pu obtenir davantage d'informations simplement présentées ici à propos du nucléaire que de la part des médias en général qui lancent au public des termes scientifiques abscons. [...] Certes nous sommes en présence d'une histoire romancée, mais les aspects qui sont abordés nous renvoient à la fameuse question : conserver ou pas le nucléaire ? [...] Les intrigues se croisent et se recroisent de plus belle avec plusieurs flash-back bienvenus. Le tandem de héros opposés m'a enchanté. [...] Un très bon parallèle entre la fiction et notre réalité qui m'a captivé. »

Samuel Forestas-Burgaud


« L’offrande des fous est un thriller scientifique qui n’a rien à envier aux premiers romans de Dan Brown : lisez-le en toute confiance, vous ne serez pas déçu.[…] Quelques mois après la catastrophe de Fukushima, ce livre permet de nous faire réfléchir à la question du nucléaire. [...] Le rythme de l’intrigue est assez soutenu, l’écriture fluide et les personnages attachants. On passe un agréable moment de lecture. »

Sylvie Adonel
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :4
MAGNARD Philippe
Le 01 septembre 2011
Un titre qui en dit long
J'ai lu les trois romans de cet auteur, et celui-ci vous surprendra tout comme les deux autres. Intrigue, réalité historique, choix des héros nous montrent ici que Mr BELLOTTO ne laisse rien au hasard. Cet auteur mérite vraiment d'être connu et vous ne serez pas déçu par son roman.
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chaka
Le 11 octobre 2011
Intéressant
Intéressant, bonne recherche, bon suspense...
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ppauline
Le 10 décembre 2011
Génial !
Très bonne intrigue, personnages attachants ; ce roman nous laisse perplexe sur la question du nucléaire. A lire !
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matsoya
Le 18 novembre 2011
J'ai adoré!
J'ai littéralement avalé ce livre en quelques heures! Un seul reproche, trop court! Merci
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Lu dans la presse
« ... Un thriller scientifique d'une qualité et d'une intensité que l'on ne retrouve habituellement que chez les Américains. Mené tambour battant, L'Offrande des fous de Henri Bellotto vous tiendra en haleine tout au long de ses 580 pages. »

Cyberpresse


« Une superbe histoire se déroulant dans le contexte de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. C'est un très beau mélange de réalité et de fiction. L'auteur a même utilisé de véritables personnages qui ont réellement existé, tout en incorporant ses personnages fictifs. »

Jean-Claude Larouche, Le Courrier du Saguenay
Extrait

1


États-Unis, État du Massachusetts,
Worcester, vendredi 13 juin, 8 h


Le soleil déjà haut s'infiltrait insidieusement à travers les voilages et déposait une douce lumière dorée sur le lit. Kate était éveillée depuis deux bonnes heures et essayait de calmer ses palpitations. Cela faisait trois semaines qu'elle pensait à sa situation. Chaque fois, c'était pareil. Après avoir songé quelques instants à sa vie ou à son avenir, une sourde angoisse l'envahissait, étreignant son cœur et provoquant un douloureux emballement. Ce matin n'échappait pas à la règle et elle avait l'impression de se noyer.
À côté d'elle, son compagnon bougea légèrement. Il s'étira et se tourna, prêt pour une nouvelle longue grasse matinée. Elle ne supportait plus cette promiscuité étouffante. Au début de leur relation, elle avait cru trouver en lui l'amour de sa vie, capable de la rassurer par sa présence et décidé à créer avec elle un véritable foyer. Mais peu à peu la réalité s'imposa comme une évidence : Sean était un profiteur et un paresseux.
D'abord très attirée par ce grand gaillard blond, athlétique et romantique qui se disait musicien, elle avait vécu avec lui pendant quelques mois une véritable romance. Puis jour après jour il s'était dévoilé ; en réalité, sitôt installé chez elle, au 2012, June Street. Il passait son temps à traîner tous les soirs dans les music-halls, en jouant accessoirement du saxo et en rentrant tard dans la nuit. Drôle d'existence pour un homme de trente et un ans ! Et surtout, quelles perspectives d'avenir lui offrait-il ? Ce matin, elle était lasse et excédée. Elle savait pertinemment qu'il ne cherchait pas de travail, se contentant d'inventer d'hypothétiques espoirs de contrat, ce qui était en fait de sempiternels mensonges. Essayer de lui parler une nouvelle fois serait inutile, car, à chacune de ses précédentes tentatives, elle n'avait obtenu en réponse à ses questions que de vagues excuses. Celui qu'elle avait pris pour un homme responsable et fort s'était révélé n'être qu'indolence et immaturité.
Elle se leva en repoussant la couverture sans ménagement, ce qui provoqua un grognement de mécontentement du dormeur, puis alla dans la salle d'eau et se fit couler un bain. Il était déjà 8 h 05 et son cours du vendredi commençait à 9 heures. Elle mettait un point d'honneur à toujours être à l'heure, considérant que c'était la toute première des politesses. D'habitude, elle se levait un peu plus tôt, mais elle avait mal dormi et elle éprouvait quelques difficultés à prendre son rythme. Heureusement, le Worcester Polytechnic Institute était à dix minutes de là. Les robinets coulaient à flots, perturbant la quiétude de la chambre. Sans doute était-ce dû aux deux portes que Kate avait sciemment laissées ouvertes.
Allongée dans sa baignoire, elle pensait à la façon de rompre cette idylle avortée et cherchait les mots les plus adaptés, les plus définitifs. Un grognement plus fort que le précédent se fit entendre, accompagné d'une remarque irritée.
— Peux pas fermer la porte, non ?J'arrive pas à dormir !
C'était le moment ou jamais.
— Peut-être parce que c'est plus l'heure de se lever que celle de dormir.
— Je suis rentré tard, j'ai besoin de récupérer.
— C'est sans doute la musique qui t'a fatigué... À moins que tu ne le sois de naissance.
Il y eut un silence, puis un pas traînant se dirigea vers la salle d'eau. Sean se tenait dans l'embrasure de la porte, peut-être inquiet de la tournure du court dialogue. Il bâilla longuement, puis, se grattant la tête avec application, il demanda :
— Pourquoi tu dis ça ? Tu crois que c'est facile, la vie d'artiste ? Il faut toujours...
Kate, qui connaissait par cœur la rengaine, l'interrompit brusquement avec agacement.
— Arrête tes boniments, veux-tu ! Je commence à trop bien les connaître et j'en ai vraiment assez !
Subitement réveillé, Sean Shelby comprit que ce matin était particulier et qu'il était urgent d'user de son charme. Entièrement nu, il s'avança vers la grande vasque, s'accroupit et laissa descendre ses deux mains dans l'eau à la recherche des seins de la jeune femme. Mais elle le repoussa aussitôt.
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Ben, ça se voit pas ? Je crois que tu as besoin de te détendre un peu avant d'aller affronter tes étudiants. Nous avons juste le temps.
— Eh bien, moi, je crois que tu ne m'as pas bien comprise. J'en ai marre de subir ta vie de patachon et je veux qu'on arrête !
L'artiste en recherche de vocation se raidit, interloqué par l'assurance de la baigneuse.
— Qu'est-ce que tu racontes ? On est pourtant bien ensemble, non ? Et puis, côté sexe, ça marche, ne dis pas le contraire...
Elle se dégagea une nouvelle fois.
— Non ! Nous ne sommes pas bien ensemble ! C'est seulement toi qui es bien, et pour former un vrai couple il faut être bien, mais à deux. Pour le sexe, c'est nettement insuffisant pour baser toute une vie là-dessus.
Kate se leva, attrapa son peignoir et lui fit face avec détermination.
— J'ai beaucoup réfléchi à notre relation et il est clair qu'elle ne mène à rien. J'ai pris ma décision et c'est définitif.
— C'est-à-dire ?
— C'est-à-dire que tu dois quitter mon appartement.
Le jeune homme s'assit sur le carrelage humide et prit un air déconfit.
— On pourrait y réfléchir calmement...
— C'est inutile, c'est tout réfléchi.
— Bordel, qu'est-ce que je vais devenir ?
— C'est simple. Premièrement, tu vas devenir adulte et te prendre en main ; deuxièmement, je ne suis pas ta mère. Lorsque je voudrai un enfant, j'en ferai un moi-même.
En quittant la salle de bains d'un air décidé, elle referma cette fois la porte derrière elle, laissant Sean assis sur le carrelage. En jetant un rapide coup d'œil sur son réveil, elle constata en faisant la moue que l'heure avait filé. Il était déjà 8 h 20. La courte dispute l'avait mise en retard. Elle avait volontairement écourté leur discussion en employant des mots sans complaisance, incisifs, justement pour éviter de longues et stériles explications. Un rapide calcul lui permit d'estimer le temps qu'il lui restait pour se préparer : moins de dix minutes.
Tandis que Kate mettait ses sous-vêtements et enfilait à la hâte une minijupe, le miroir devant elle lui renvoya l'image d'une silhouette parfaite. Elle se regarda sans se voir, trop critique pour s'apprécier vraiment. Elle était pourtant très belle et, favorisée par sa taille, aurait facilement pu faire une carrière de mannequin. La voie qui était aujourd'hui la sienne était toutefois bien différente. Elle se chaussa, prit un chemisier sans se donner le temps de le choisir, puis, après un rapide coup de peigne, sortit de la chambre. Dans le couloir, elle récupéra son sac à main et la serviette contenant son cours de physique. La porte du cabinet de toilette était restée close et il n'y avait aucun bruit. La jeune femme ouvrit et trouva, toujours assis sur le sol, celui qu'elle considérait à présent comme une erreur à oublier. Il s'était adossé au mur et, jambes écartées dans une totale impudeur, sommeillait dans la douce moiteur de la pièce, comme si rien ne s'était passé. Kate resta une seconde bouche bée devant tant de placidité. Elle s'approcha et secoua énergiquement l'épaule du dormeur qui grogna une nouvelle fois, ouvrit un œil et demanda lascivement :
— Ouais... Qu'est-ce qu'il y a ?
— Il y a qu'il me semblait avoir été claire.
Il y eut un nouveau grognement, puis le musicien velléitaire sembla retrouver ses esprits, ramena ses jambes contre lui et répondit :
— Je croyais que tu plaisantais et que c'était juste de la mauvaise humeur... Va à ton cours, on en reparlera à tête reposée cet après-midi.
— Bon, je vois qu'il faut t'expliquer un peu mieux pour que tu comprennes vraiment. Nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre ! Je ne veux plus de cette vie que tu me fais mener et j'ai envie d'autre chose. J'ai envie de former un vrai couple, fondé sur le partage, la tendresse, le respect, l'admiration, toutes ces choses indissociables de l'amour... Du moins tel que je le conçois. Il est clair que notre relation ne réunit aucun de ces critères et qu'à l'évidence nous ne nous correspondons pas. Pour résumer, je crois que notre histoire n'a été qu'une simple aventure, à laquelle je veux mettre un terme... définitivement !
— Je le connais ?
— Qui ça ?
— Ben, l'autre...
— Pauvre con !
En sortant, elle lança à voix haute :
— Je rentrerai vers 19 heures. Je veux qu'à mon retour tu aies vidé l'appartement de tes affaires. N'oublie surtout pas de laisser ton double des clés dans la boîte aux lettres.
Il était 8 h 40. Cette fois, elle serait en retard. Comme un fait exprès, l'ascenseur semblait bloqué quelque part. L'immeuble avait sept étages et Kate habitait le dernier. Exaspérée, elle choisit l'escalier et en dévala quatre à quatre les marches, puis courut jusqu au parking.
Au volant de sa petite Morris Cooper, elle remonta June Street et rejoignit Park Avenue qui la conduisit jusqu'à l'institut. La circulation était fluide et elle arriva à 9 h 07 dans la salle de cours. Connaissant sa ponctualité, chacun était déjà à sa place et semblait l'attendre. Elle s'assit, un peu gênée.