Les Chevaliers d'Emeraude, tome 12
Les Chevaliers d'Emeraude, tome 12
Irianeth
Anne Robillard
484 pages
Couverture souple. 15 x 23,5 cm
Editions Michel Lafon
Réf : 375650
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Au lieu de 15,30  (prix public)
Disponible
Résumé
Pressé par l'ennemi, Onyx adoube les jeunes Écuyers, les estimant capables de se débrouiller seuls. Mais la perte du grand commandant de l'armée continue de démoraliser les Chevaliers... Rongé par le chagrin, l'un d'eux quitte même le groupe pourtant si près du dernier affrontement. Malgré les bons soins prodigués par les araignées, Liam dépérit, comprenant qu'il ne reverra plus jamais ses proches. Mais ces derniers ne l'ont pas abandonné et feront tout pour lui venir en aide par-delà les Territoires Inconnus.
Acceptant enfin son destin, la princesse rebelle vole au secours du porteur de lumière et des Chevaliers d'Émeraude qui subissent les attaques incessantes de l'Empereur Noir. Cependant, Asbeth lui a préparé un piège machiavélique...
Et c'est sur Irianeth qu'a lieu l'ultime combat. Mais qui s'en sortira vivant ?
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nenette
Le 18 octobre 2011
Question suite Chevaliers Emeraude
Est ce que Les Héritiers d'Enkidiev (suite des Chevaliers d'Emeraude) vont être publiés chez France Loisirs ? Merci
Réponse du modérateur : Le tome 1 de la série "Les Héritiers d'Enkidiev" est proposé au catalogue Printemps.
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Remarque de nenette du 23/03/12
Combien de tomes comporte la série ?
Anne Robillard est acclamée par les médias comme « la J.K. Rowling québécoise ». Les Chevaliers d'Émeraude l'ont hissée au sommet du hit-parade des auteurs de littérature fantastique avec 1 million d'exemplaires vendus au Québec et des traductions dans 15 pays.
Extrait

1

Un lourd bilan


Jenifael d'Émeraude avait tant pleuré qu'il ne restait plus une seule larme dans son corps. L'homme qu'elle avait le plus aimé durant sa courte vie était passé dans l'autre monde, celui où les souvenirs s'effaçaient les uns après les autres. « Mon père me reconnaîtra-t-il lorsque ce sera mon tour de franchir les portes des grandes plaines de lumière ? » s'alarma-t-elle, oubliant qu'elle était une déesse.
En fouillant du bout des doigts dans les cendres de Wellan, elle découvrit les cinq émeraudes qui avaient orné la cuirasse du grand Chevalier et l'anneau que Bridgess lui avait offert. Elle les nettoya avec douceur et les serra dans le creux de sa main. Jamais plus elle ne s'en séparerait.
— Adieu, papa, sanglota-t-elle.
Elle se leva et marcha jusqu'au bord de la falaise, où son maître avait eu la délicatesse de la laisser seule un moment. Les Chevaliers et leurs Écuyers étaient massés sur la plage, devant les ruines de Zénor, attendant le retour des scarabées qui marchaient vers le Désert. Hadrian avait envoyé Falcon s'informer des autres champs de bataille tandis qu'il se préparait à recevoir les hommes-insectes.
Bridgess se tenait au milieu de son propre groupe. Normalement, elle aurait dû succéder à son mari, mais elle ne possédait pas de bracelets magiques. Elle ne pouvait donc pas déplacer sa troupe selon les ordres du nouveau grand commandant.
— Il est temps que les Immortels nous donnent plus de pouvoirs, décida Jenifael en reprenant courage.
En digne fille de son père, elle entendait revendiquer ce droit dès qu'elle serait en présence d'Abnar, de F'an ou de Danalieth. Cette guerre insensée avait assez duré. Il fallait y mettre fin.
Jenifael ? l'appela son maître par télépathie. La jeune apprentie se dématérialisa et réapparut près de Svwan.
— Est-ce que ça va ? s'inquiéta la femme Chevallier.
— J'ai le cœur en miettes, mais je tiendrai le coup, pour honorer la mémoire de mon père.
Jenifael inséra les pierres précieuses dans une toute petite pochette qu'elle portait à sa ceinture. Elle examina ensuite sa mère. Stoïque, Bridgess attendait que Hadrian leur explique sa stratégie. L'adolescente considéra le commandant lui-même. L'ancien Roi d'Argent avait du chagrin lui aussi, mais il faisait de gros effforts pour ne pas le laisser paraître. Un peu plus loin, assis sur les fondations de l'ancienne cité, Onyx était plus sombre.
— C'est ici que nous les arrêterons ! proclama Hadrian, d'une voix forte.
Un vortex se forma alors sur la plage et Falcon en émergea en courant, pressé de faire son rapport àà. ses compagnons. Il leur raconta, en peu de mots, ce qu'il avait vu dans les autres royaumes. Avec l'aide des guetteurs de Cristal, les hommes-lézards avaient réussi à éliminer complètement les guerriers d'Amecareth qui tentaient de traverser leur territoire. Au Royaume d'Argent, le Prince Rhee en avait fait autant.
— Malheureusement, il y a eu des percées chez les Fées et chez les Elfes, laissa tomber Falcon.
— Raison de plus pour détruire les scarabées de Zénor au plus vite, grommela Swan. Il faudra empêcher les autres d'atteindre les Royaumes d'Émeraude, de Diamant et d'Opale.
Onyx tourna la tête vers le sud, attentif. Il percevait quelque chose que les soldats ne captaient pas encore.
— Ils arrivent, annonça-t-il en se levant.
— Dans quel état sont-ils ? voulut savoir Hadrian.
Chloé plaça ses mains sur les tempes de Kevin pour lui transmettre les informations qu'elle recueillait des insectes en utilisant sa magie. Privé de ses facultés surnaturelles, ce soldat ne pouvait que les traduire.
— Ils ont dormi dans le Désert, les informa Kevin, et ils ont eu froid.
— Tiens, ça c'est intéressant, souligna Nogait. Quelqu'un possède-t-il le pouvoir de fabriquer de la glace ?
— On pourrait transporter jusqu'ici celle du Royaume des Ombres, suggéra Cassildey.
Ce n'était pas une mauvaise idée, mais Hadrian ne l'utiliserait qu'en dernier ressort.
— Je peux le faire, affirma Onyx.
— Dans ce cas, conserve ton énergie, car nous pourrions avoir besoin de ce miracle.
L'ancien roi parcourut ses soldats du regard.
— Prenez les places que je vous ai assignées et rappelez-vous que l'ennemi a réussi à pénétrer chez les Fées et les Elfes. Nous n'avons pas de temps à perdre.
Les Chevaliers s'empressèrent d'obéir. Ils formèrent une longue ligne, des ruines du Château de Zénor à celles de la cité abandonnée.
Hadrian se posta près de Falcon et garda Kevin à ses côtés. Le nouveau chef ressentait l'approche des scarabées de la même façon que jadis, soit par une douleur de plus en plus aiguë dans sa poitrine. Hadrian n'avait jamais douté de la bienveillance des dieux. Ils avaient subtilement accordé à Danalieth la permission de le ramener dans le monde des vivants, il le savait. Les dieux ne faisaient rien sans raison. Hadrian avait encore un rôle à jouer dans cette vie et ce n'était pas uniquement celui de freiner les ardeurs du renégat.
Il jeta un coup d'œil inquisiteur à son ancien lieutenant. Près de Swan, Onyx se tenait sur ses gardes. Il était prêt à se battre. Une nouvelle fureur s'était installée dans son cœur, sourde celle-là, mais non moins dangereuse. Elle ne transparaissait pas dans ses gestes ni dans son comportement, mais on pouvait la déceler dans ses yeux pâles. Lui aussi voulait en finir une fois pour toutes avec cette interminable guerre.
Surtout, aucun geste précipité, ordonna Hadrian. Laissez-les approcher.
Jusqu'où ? voulut savoir Nogait. Je vous le ferai savoir lorsqu'ils seront à notre portée, répliqua le nouveau commandant.
Abnar apparut tout à coup devant Hadrian et le salua d'un bref mouvement de la tête.
— D'autres embarcations arrivent de l'ouest, annonça- t-il. L'empereur les envoie par vagues successives.
— On n'avait vraiment pas besoin d'autres adversaires, grommela Bergeau.
Hadrian n'entendit pas son commentaire. Il réfléchissait déjà à la façon de mener en même temps une attaque contre les scarabées revenant du Désert et contre ceux qui allaient bientôt débarquer sur le continent.
— Où mettront-ils pied à terre ? s'enquit-il.
— Sur les plages de Cristal et de Zénor, si le vent ne change pas de direction.
— Le mieux serait de les empêcher d'atteindre la côte, fit remarquer Santo.
— Mais tout le monde sait que les Immortels ne peuvent pas intervenir directement lors des assauts de l'ennemi, maugréa Bridgess.
— Il serait peut-être temps de nous accorder les pouvoirs que mon père vous a si longtemps réclamés, intervint Jenifael.
Les apprentis n'étaient pas censés s'adresser à leurs aînés sans y avoir été invités, mais Swan ne sévit pas. En fait, elle était curieuse de voir ce que le Magicien de Cristal répondrait à la petite déesse.
— Mes mains sont liées, confessa-t-il.
Jenifael allait lui suggérer de s'adresser à Theandras, sa véritable mère, qui ne demeurerait certes pas insensible à leur sort, lorsque Danalieth et Fan surgirent de chaque côté d'Abnar. Il ne leur fallut qu'un seul coup d'œil du côté de l'océan pour comprendre que les Chevaliers étaient en difficulté.
— Pouvez-vous détruire cette flotte ? les sollicita Hadrian.
— Aucun Immortel n'a le droit de détruire la vie, expliqua Danalieth, mais rien ne les empêche de jeter des obstacles sur la route d'un ennemi. Je crois que nous pourrions créer des récifs sur lesquels ces infortunés marins briseraient leurs embarcations.
— Il est dangereux de soulever le fond de la mer, rétorqua Hadrian. Ce phénomène pourrait en engendrer d'autres, plus terribles encore.
Onyx observait les Immortels avec des yeux chargés de rancune. D'une seconde à l'autre, il allait exploser de colère.
— Nous pourrions utiliser les vents, proposa Fan, mais l'envahisseur débarquerait ailleurs.
— Faites pour le mieux, accepta finalement l'ancien roi.
— De toute façon, je préfère affronter un raz de marée plutôt qu'un autre millier de ces satanés insectes, lança Bergeau.
— Puis-je faire une suggestion, maître Abnar ? fit Dempsey avec déférence. Si les transformations que vous entendez effectuer sont permanentes, je vous en prie, prévoyez un ou deux points de sortie entre ces récifs pour les pêcheurs de Zénor.
— Nous ferons de notre mieux, répondit l'Immortel, comprenant fort bien qu'il était dans la nature du Bérylois de penser aux moyens de subsistance des autres.
Les trois Immortels se déplacèrent vers la plage à la vitesse d'une flèche. Voyant que ses hommes avaient tourné la tête pour voir ce que feraient ces créatures surnaturelles, Hadrian utilisa aussitôt ses facultés télépathiques pour les rappeler à l'ordre. Les scarabées argentés approchaient rapidement par le sud et ils devaient être prêts à les arrêter. Justement, au loin, un nuage de sable s'élevait.
— Ils ne peuvent pas avoir passé la nuit dans le Désert et revenir au galop vers Zénor ! se découragea Nogait.
— On ne sait rien sur cette espèce, commenta Chloé, près de lui.
La terre se mit à trembler sous les pieds des soldats, qui comprirent que leurs défenseurs divins étaient à l'œuvre. Hadrian jeta un coup d'œil de leur côté, pour s'assurer qu'ils ne risquaient rien pendant l'opération magique. Il s'agissait d'un vieux réflexe de la part d'un homme qui avait participé à une guerre contre des sorciers. Ces derniers les avaient frappés de façon si sournoise cinq cents ans plus tôt...
— Hadrian, on dirait qu'ils sont plus nombreux, remarqua Onyx.
— ls sont peut-être allés chercher des amis, ricana Nogait.
— Non, affirma Bergeau. Il n'y a pas de scarabées à deux pattes dans le Désert.
— Peuvent-ils avoir creusé des tunnels là-bas aussi ? demanda Keiko.
— Ce n'est pas impossible, admit Hadrian.
Pendant que les Immortels transformaient le relief sous-marin, le sol continuait de remuer, rendant plutôt précaire l'équilibre des unités de combat.
Oubliez le tremblement de terre et concentrez-vous sur votre travail, ordonna Hadrian en captant le malaise de ses troupes.
De l'écume blanche se forma alors au large, tandis que les pics rocheux arrêtaient de croître à la surface de l'eau. Mais le docte Hadrian avait vu juste : en modifiant la forme de la croûte terrestre, les Immortels avaient provoqué d'autres changements géographiques sur le continent. Les volcans à l'est du Royaume de Jade éclatèrent de fureur, lançant des jets de lave très haut dans les airs.
— Je m'en occupe, annonça Danalieth en s'évaporant.
Fan allait le suivre lorsqu'elle fut rappelée d'urgence dans le monde céleste par la déesse de Rubis. Seul Abnar demeura sur la plage pour surveiller l'efficacité de leur intervention.
Les coléoptères n'étaient plus qu'à une faible distance. Les Chevaliers pouvaient déjà entendre les cliquetis métalliques de leurs mandibules.
Préparez-vous ! cria Hadrian dans leurs esprits. Servez-vous d'abord de votre magie ! Visez leurs yeux ! Les paumes s'allumèrent sur toute la ligne de défense. Même les Écuyers attendaient leurs adversaires de pied ferme. Ils pouvaient maintenant distinguer leurs carapaces, sur lesquelles se reflétaient les rayons du soleil.
Est-ce qu'ils sont assez près ? demanda nerveusement Nogait. Attendez encore un peu ! leur commanda Hadrian. Il ne servait à rien de gaspiller des rayons incandescents qui n'atteindraient aucune cible et qui chaufferaient à blanc les mains des combattants. À quelques pas d'Hadrian, Onyx ressemblait un chat qui n'attendait que le moment de fondre sur sa proie.
Maintenant ! hurla mentalement Hadrian. Des centaines de faisceaux furent décochés, visant la tête des guerriers argentés. L'éblouissant feu d'artifice sema d'abord la confusion dans les rangs ennemis. Lorsque les rayons incisifs crevèrent les yeux de l'avant-garde, les insectes comprirent ce qu'ils devaient faire. Ils baissèrent la tête et foncèrent sur les soldats vêtus de vert en pointant leurs javelots droit devant.
Les Chevaliers dégainèrent rapidement leurs épées et chargèrent les guerriers-insectes. Dès lors, Hadrian cessa d'observer la bataille pour y participer lui-même. Il para les coups de lance, frappant le visage de ses opposants avec le plat de sa lame, espérant atteindre leurs orbites. Le choc des armes combiné au bruit métallique des mandibules devint bientôt insupportable. Le nouveau commandant aurait aimé savoir comment se débrouillaient les plus jeunes, mais il ne pouvait tout simplement pas porter son attention ailleurs que sur ses propres combats.
La mêlée dura de nombreuses heures et mit les soldats à rude épreuve. Lorsque le dernier scarabée tomba sous les coups de Bergeau, une odeur pestilentielle s'élevait du champ de bataille. Haletant et fourbu, Hadrian pivota lentement sur lui-même en sondant le carnage. C'est alors qu'il constata que beaucoup des siens avaient subi des blessures. Leurs frères et leurs sœurs d'armes, trop épuisés pour les soigner, s'étaient tout de même penchés sur eux.
Au loin, sur la plage, Hadrian vit la silhouette du Magicien de Cristal, qui avait assisté passivement à l'affrontement.
Pouvez-vous au moins transporter mes soldats dans le hall du Château de Zénor ? lui demanda-t-il par télépathie.
Abnar apparut instantanément près de l'ancien roi.
— Vous y compris ? s'enquit l'Immortel.
— Non. Il faut que quelqu'un reste pour incendier ces cadavres. Nous n'avons vraiment pas besoin d'une épidémie, en ce moment.
— Dans ce cas, ce sera moi.
Il n'eut pas le temps de questionner davantage le Magicien de Cristal sur les restrictions que lui imposaient les dieux. Il se retrouva sur-le-champ dans le hall humide de l'ancienne forteresse des rois de Zénor. Plus de la moitié de ses braves soldats gisaient sur le sol. Certains gémissaient de douleur, d'autres demeuraient silencieux. L'autre moitié des troupes était assise près des blessés. Personne n'avait assez de force pour rester debout. Malgré sa faiblesse, Santo appliquait déjà ses mains magiques sur les plaies de ses frères d'armes.
Hadrian s'aperçut alors qu'il ne voyait Onyx nulle part ! Il chercha Swan du regard et la trouva courbée sur son mari. Le commandant enjamba rapidement les corps qui le séparaient de son ancien lieutenant et s'agenouilla à son côté. Pantelant, Onyx cherchait à arrêter lui-même le sang qui jaillissait de la taillade dans son armure. Exténuée, Swan n'arrivait pas à accumuler suffisamment d'énergie dans ses paumes pour refermer la blessure. Hadrian repoussa les mains de son ami et cautérisa chair, veines et organes.
— Merci, articula péniblement Swan.
Elle se laissa tomber sur le dos près d'Onyx. «  Je dois trouver un remontant pour que les bien portants puissent soigner leurs compagnons... », s'alarma le chef. En réponse à sa prière, Abnar se matérialisa près de lui.
— Je vous en conjure, redonnez des forces à ceux qui sont indemnes afin qu'ils viennent en aide aux blessés.
Une douce lumière blanche émana du corps de l'Immortel et se propagea rapidement dans toute la pièce. Hadrian ressentit lui-même une nouvelle vitalité s'installer dans tous ses membres.
— Merci, Abnar.
Pour donner l'exemple à ses soldats, le commandant se pencha sur ceux qui l'entouraient pour leur donner des soins.
— Sire, Christer est mort, annonça Sherman d'une voix tremblante.
On lui apprit également que Jukos, Honsu, Armil et Cassildey avaient subi le même sort.
— Cassildey ? s'étonna Jenifael.
Elle n'avait jamais aimé ce prétentieux jeune homme, mais sa mort l'affligea terriblement. Elle vint s'agenouiller près de sa dépouille et chercha à savoir comment il avait perdu la vie. La lance d'un scarabée avait laissé un trou béant dans sa gorge. Téméraire et inconscient, il s'était sans doute précipité sur le plus gros des coléoptères sans s'assurer que ses compagnons pouvaient le seconder. Cassildey n'avait jamais appris à travailler en équipe et cette faiblesse venait de lui coûter la vie.
Les blessés n'étant pas en état de le suivre dans la cour du château, où il aurait dû procéder à l'incinération du Chevalier Honsu et des Écuyers Jukos, Armil, Christer et Cassildey, Hadrian décida de le faire sur place en utilisant un feu magique. Les cinq héros furent donc alignés au milieu de la grande pièce.
— Que les dieux accueillent favorablement ces braves soldats qui ont donné leur vie pour sauver leurs semblables, prononça solennellement l'ancien roi. Leurs noms passeront à l'histoire.
Les défenseurs d'Enkidiev se recueillirent en regardant brûler leurs compagnons. Plusieurs pleurèrent en silence. Lorsque les corps ne furent plus que des cendres, Jenifael les ramassa magiquement et quitta le hall sans inviter qui que ce soit à la suivre.