Accueil Livres Vie pratique Encyclopédies, dictionnaires Pourquoi les vampires ne sont pas végétariens ?
Pourquoi les vampires ne sont pas végétariens ?
Pourquoi les vampires ne sont pas végétariens ?
... et autres mystères de la science
288 pages
Couverture souple
Réf : 373802
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Au lieu de 17,90  (prix public)
Résumé
À quoi ressemble l’intérieur de la Terre ? Qu’est-ce qui fait bouger la mer ? Qui fait les trous dans le gruyère ? Pourquoi la peur fait-elle courir plus vite ? Seule la science peut faire face à toutes nos questions... des plus sérieuses aux plus drôles. Quand elle répond en toute simplicité avec humour, elle lève le voile du mystère et satisfait notre plus joli défaut : la curiosité !
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Professeurs agrégés de sciences de la vie et de la Terre, Christian Camara et Claudine Gaston écrivent depuis une vingtaine d'années pour le grand public. Ils sont également les auteurs de Pourquoi les marmottes ne fêtent pas le nouvel an ?, Peut-on jouer au frisbee avec une tong ? et Comment fabrique-t-on une poule ?
Extrait
Comment les mouches tiennent au plafond ?
Les mouches tiennent suspendues au plafond, ce qui leur donne un avantage incontestable dans la bataille qu'on leur livre, en été notamment, quand elles deviennent envahissantes.
 
Comme chez tous les insectes, le corps des mouches est enveloppé d'une sorte de carapace, la cuticule. Rigide, elle présente ici ou là des expansions, par exemple deux minuscules griffes recourbées et acérées à l'extrémité des pattes, capables de s'accrocher aux divers types de surfaces, mêmes les plus dures. Mais le dispositif ne suffit pas à scotcher notre diptère à une surface lisse, comme une vitre. Pas d'inquiétude, la mouche a plus d'une corde à son arc pour défier les lois de la gravitation. Entre les deux griffes, deux petites pelotes adhésives, chacune de la forme d'une semelle, facilitent son adhésion. Humidifiées en permanence, elles jouent en effet le rôle d'une ventouse. Néanmoins, le secret de la mouche en apesanteur ne se résume pas à ce dispositif d'accrochage. Elle possède un autre atout : un rapport surface/volume élevé, autrement dit une grande surface pour un petit volume (et donc une petite masse). Ainsi, l'animal, comme un varappeur sur sa paroi, adhère facilement à son support et se maintient même la tête en bas. Mais attention, si notre mouche grossissait, son volume (une mesure au cube) augmenterait bien plus vite que sa surface (une mesure au carré), et les forces de gravitation l'emporteraient sur celles de l'adhésion. Dégringolade assurée !

Pourquoi les vers luisants brillent la nuit ?
Le ver luisant aime briller, du moins la femelle. Par les chaudes nuits d'été, elle prend de la hauteur, grimpe en haut des herbes, allume son lampion postérieur et attend l'arrivée du mâle.
 
La femelle du ver luisant émet de la lumière comme d'autres répandent des odeurs pour signaler leur présence. La luciférine, une substance de sa fabrication stockée à l'extrémité de son abdomen, réagit avec l'oxygène grâce à une enzyme, la luciférase, en produisant de la lumière. Une réaction de bioluminescence remarquable, car elle émet une lumière froide (voir « Pourquoi les ampoules basse consommation se contentent de peu ? »), comme le font les LED et autres ampoules à basse consommation d'énergie avec 95 % de l'énergie dégagée convertie en lumière et seulement 5 % en chaleur. D'où le côté irréel de cette lumière dont la couleur varie selon la température. La lumière émise, jaune en dessous de 25 °C, tire sur le rouge au-dessus. En cas de nuits chaudes, le mâle est attendu avec impatience.
 
Le ver luisant n'est pas le seul à luire. La bioluminescence, utilisée aussi par de nombreuses espèces, leur permet d'attirer un partenaire mais aussi une proie ou paradoxalement de se camoufler. Des animaux aquatiques, par exemple, dont les prédateurs repèrent la silhouette d'en dessous en raison de l'ombre qu'elle dessine, éclairent leur face ventrale pour passer inaperçus !

À quel âge une vache est ménopausée ?
La vache a un privilège… que partagent avec elle tous les autres animaux : elle n'est jamais ménopausée, son appareil reproducteur continue à fonctionner tout au long de sa vie.
 
Dans l'espèce humaine, au contraire, l'ovaire stoppe son activité vers une cinquantaine d'années et, en absence des hormones qu'il produit, les modifications périodiques de l'utérus cessent elles aussi. Rien d'étonnant, car après les règles la muqueuse utérine dégradée se reconstitue sous le contrôle des hormones ovariennes. Finalement, la disparition des règles n'est que la manifestation la plus visible d'un arrêt général du fonctionnement de l'appareil reproducteur lié à l'épuisement progressif du stock d'ovules. Sur les 6 ou 7 millions d'ovocytes présents à la naissance, seuls 300 000 subsistent en début de puberté, et il n'en reste que quelques centaines au moment de la ménopause. Cela pourrait sembler suffisant pour conserver encore une fertilité pendant plusieurs années, mais en réalité, au cours d'un cycle, pour un ovocyte libéré, des dizaines dégénèrent à l'intérieur de l'ovaire.
 
Certes, chez les primates en captivité, des cas de ménopause ont été observés, mais toujours de courte durée, seulement un ou deux ans avant la mort. Sans doute le phénomène n'existe-t-il pas dans les conditions naturelles, ce qui pose problème aux chercheurs, car ils ne disposent d'aucun modèle animal pour mieux comprendre les troubles associés à la ménopause : décalcification et fragilisation des os, amincissement de la peau, qui se flétrit, rigidification des artères avec troubles cardio-vasculaires…
 
Mais si la vache et consorts ne subissent pas les problèmes de la ménopause, est-ce réellement un privilège ? En effet, à y regarder de près, la ménopause est une spécificité féminine qui s'explique par une conquête de l'espèce humaine : celle de l'allongement permanent de la durée de vie.

Pourquoi les dauphins ont la peau lisse ?
Les dauphins ont la peau lisse, une peau de bébé, même, qui donnerait envie de passer ses vacances dans un parc aquatique à les caresser.
 
Comme la plupart des mammifères marins, le dauphin a perdu ses poils au cours de l'évolution, et sa peau, enduite d'une substance huileuse, favorise l'écoulement de l'eau.
 
Pendant ses déplacements à petite vitesse, l'eau glisse sur son corps selon un régime laminaire, c'est-à-dire en fines pellicules parallèles, ce qui minimise les frottements. Si l'animal accélère, les couches d'eau se déforment, des tourbillons apparaissent et le régime devient turbulent malgré la « peau de bébé » de l'animal. La résistance de l'eau augmente alors et l'avancement devient plus difficile. Dans de telles conditions, un dauphin ne pourrait jamais atteindre les 60 km/h comme cela a déjà été enregistré, une vitesse remarquable dans l'eau. Mais l'animal a trouvé l'astuce : créer des micro-ondulations à la surface de son corps pour en quelque sorte neutraliser les turbulences. Si la partie superficielle de la peau, l'épiderme, totalement dépourvue de muscles, est incapable de générer de tels mouvements, des fibres musculaires plus profondes y parviennent. La peau du dauphin, suffisamment sensible pour capter les turbulences, peut donner naissance à un message transmis au centre nerveux, qui l'analyse et renvoie aux muscles un ordre de contraction adapté à la situation, pas la même évidemment selon la rapidité de l'animal. Tout cela se déroule à la vitesse de propagation du message nerveux, jusqu'à 100 m/s.
 
Ces connaissances sur la circulation de l'eau contre la peau du dauphin ont trouvé une application inattendue : améliorer l'efficacité de la lance à incendie. En effet, en jaillissant du tuyau, l'eau passe en régime turbulent, ce qui réduit sa portée, sauf si on y ajoute… des substances analogues à celles sécrétées par la peau du dauphin, qui comme les ondulations de l'épiderme favorisent l'écoulement en régime laminaire. Résultat, par cette méthode, les turbulences sont réduites, et la distance du jet est augmentée de 50 %. Les dauphins ont la peau lisse et les pompiers les en remercient.

Peut-on télécommander un rat ?
Le rat n'est pas le genre d'animal qui obéit au doigt et à l'œil, façon animal domestique. Sauf Rabot, un rat bourré de puces… électroniques bien sûr.
 
Des chercheurs du State University of New York Downstate Medical Center de Brooklyn ont implanté dans l'encéphale de ce rat trois électrodes liées à un boîtier fixé sur le dos, et à l'aide d'une télécommande, ils ont pu le diriger à l'intérieur d'un labyrinthe complexe.
 
Curieusement, deux des électrodes stimulaient le cortex sensoriel, la zone du cerveau chargée de traiter les informations captées par les organes sensoriels – les yeux, les oreilles, la peau… – et non pas le cortex moteur, qui envoie les ordres de contraction aux muscles. En effet, marcher est une action d'une complexité incroyable, mobilisant de nombreux muscles impossibles à commander de façon synchrone avec seulement quelques électrodes.
 
Les chercheurs ont choisi d'implanter leurs électrodes dans le cortex sensoriel recevant les stimulations captées par les moustaches, des organes permettant à l'animal l'exploration de son milieu. Ainsi, à chaque stimulation, le rat avait l'impression de détecter un obstacle dans son environnement. Après une période de dressage, il interprétait ce signal comme lui indiquant de tourner à droite ou à gauche. Un apprentissage rendu possible grâce à la troisième électrode, qui, à chaque exécution correcte d'un ordre, stimulait l'aire du plaisir dans le cerveau.
 
Pourquoi une telle expérience ? Ces rats pourraient être envoyés dans des zones accidentées et inaccessibles, comme une habitation effondrée pour rechercher des blessés. L'autre aspect de l'expérience consiste à décrypter les signaux nerveux produits par le rat, différents selon qu'il renifle un blessé ou un cadavre. On pourrait aussi l'utiliser pour détecter des substances dangereuses, des explosifs notamment. Depuis cette expérience, d'autres animaux ont servi de cobayes, dont un pigeon commandé en vol.
 
Précisons pour finir que l'implantation de ces électrodes est parfaitement indolore. Le cerveau est un organe dépourvu de récepteurs sensoriels, à tel point que des interventions sur le cerveau humain ont déjà eu lieu sur des patients conscients. De là à nous transformer en Rabot, faudrait pas pousser…