Témoins de la vie après la vie
Témoins de la vie après la vie
Enquête sur les expériences de mort partagée
Raymond Moody (Dr)
Paul Perry
224 pages
Couverture cartonnée
Réf : 359360
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Au lieu de 19,00  (prix public)
Résumé
Parents, enfants, époux, ils accompagnent le dernier souffle d’un être cher. Soudain, une lumière magnifique, des fragments de vie, un profond sentiment de paix. Ils n’ont pas rêvé, les témoignages concordent : ce sont des expériences de mort partagée que nous révèle le Dr Raymond Moody, auteur du best-seller La vie après la vie. Serait-ce un début de réponse à l’éternelle question : que se passe-t-il au moment du grand voyage ?
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :1
luna15
Le 10 novembre 2011
Captivant, hallucinant
Pour ceux qui se demandent si le paradis existe, s'il existe une vie après la mort... La réponse semble être dans ce livre. Pour ceux qui doutent de leur foi... Je trouve ce livre très intéressant et enrichissant.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Docteur en philosophie, chercheur universitaire de renommée mondiale, Raymond Moody est la figure majeure de l'Expérience de Mort Imminente. Il est l'auteur de onze livres, dont les best-sellers La Vie après la vie (1977) et Rencontres (1994). Il continue de susciter un intérêt croissant du public et de créer la controverse avec ses travaux innovants sur les Expériences de Mort Imminente et la vie après la mort.
Extrait

1
Une découverte accidentelle


« Hasard est le nom du plus grand des inventeurs. »
Mark Twain


Lors de mon entrée à l'école de médecine en 1972, les recherches que j'avais effectuées sur ce que j'ai appelé « l'expérience de mort imminente » m'avaient déjà rendu célèbre. Je n'avais encore rien écrit à ce sujet, mais j'avais si souvent évoqué mes découvertes en public que ma renommée était faite.
Je n'ai pas « inventé la mort », comme ont pu le dire certains sur le mode de la plaisanterie. Je me suis simplement penché sur ce qu'avaient vécu des personnes aux frontières de la vie, afin d'analyser le processus du mourir et ses différentes composantes. Et j'ai donné à la combinaison de l'ensemble ou d'une partie de ces composantes le nom d'« expérience de mort imminente ».

Les résultats de mes recherches m'avaient stupéfié, et lorsque je les ai rassemblés et publiés sous le titre La Vie après la vie, ils ont stupéfié le monde entier. J'avais en effet découvert que les mourants traversaient parfois un tunnel pour accéder à une lumière. Dans cette lumière, ils rencontraient souvent d'autres êtres spirituels, venus leur faciliter la transition vers la mort. Ces êtres spirituels pouvaient être des parents décédés. Mais ils étaient parfois identifiés à « Dieu » ou à « Jésus ». Et les sujets racontaient de temps en temps qu'ils avaient conversé avec Jésus, ou que Dieu lui-même les avait avisés que l'heure de leur mort n'était pas venue.
Un grand nombre de sujets affirmaient être sortis de leur corps et avoir regardé d'en haut médecins et infirmières s'activer pour les ramener à la vie. Beaucoup disaient aussi avoir vu défiler toute leur existence et l'avoir « revécue », parfois avec les commentaires d'un être supérieur.
Rares étaient ceux qui voulaient réintégrer leur corps physique, mais, après l'avoir fait, ils avaient presque tous le sentiment d'un dessein supérieur — et la certitude d'avoir des tâches à accomplir sur terre avant de rejoindre le monde spirituel.
Ces expériences, ces témoignages n'avaient encore leur place dans aucun livre de médecine, c'est pourquoi certains s'attendaient à ce que mes recherches et mon livre me créent beaucoup d'ennuis. En tant qu'étudiant en médecine impliqué dans des recherches pouvant être interprétées comme spirituelles ou même religieuses, je m'exposais à tous les préjugés que le monde scientifique peut avoir sur ces questions. Même si les éléments des expériences de mort imminente « crevaient les yeux » depuis que l'homme s'interroge sur la mort, les explorer était une forme d'hérésie qui me ferait rejeter par la communauté scientifique.
Telle était en tout cas l'opinion exprimée par quelques-uns de mes amis.
Je ne partageais pas leur inquiétude. Comme bien des gens à travers l'Histoire, comme de nombreux médecins, j'avais entendu parler d'événements surnaturels se produisant au moment de la mort. J'étais même familier avec ces événements, tant par mes lectures que par expérience personnelle. En tant qu'étudiant puis professeur de philosophie, j'avais Iu bien des récits de vie après la vie, notamment ceux qui sont rapportés dans l'œuvre de Platon. Il y a aussi, dans la Bible, des références au corps spirituel, en particulier dans l'Épître aux Corinthiens, où saint Paul écrit : « Il y a un corps naturel, et il y a .aussi un corps spirituel... Voici un mystère que je vous révèle : nous ne dormirons pas tous, mais nous serons tous changés. »
La littérature aussi évoque certains aspects des expériences de mort imminente. Scrooge voit par exemple défiler toute sa vie dans Le Drôle de Noël de Scrooge de Charles Dickens, et dans Pour qui sonne le glas, Ernest Hemingway raconte qu'il est sorti de son corps pendant un combat.
Et puis, il y a tout ce qu'on entend raconter par des amis ou dans la famille Dans mon cas, c'était un cousin, Ronnie, qui avait failli mourir après une opération. Il disait avoir pénétré dans un lieu paradisiaque où un être de lumière l'avait prévenu qu'il ne pourrait plus réintégrer son corps physique s'il dépassait une certaine frontière. Ronnie avait alors fait demi-tour et couru de toutes ses forces jusqu'à son corps. Il y avait aussi le témoignage de George Ritchie, médecin à Charlottesville en Virginie, qui, déclaré mort dans un hôpital militaire du Texas, avait vécu l'une des plus belles expériences de mort imminente jamais racontée — il était notamment sorti de son corps pour effectuer un voyage à travers toute la région, un voyage tellement précis qu'il avait pu le refaire une fois guéri. En vérité, c'est précisément l'histoire de Ritchie qui m'avait incité à recueillir des témoignages du même type, en interrogeant les étudiants de ma classe de philosophie à l'université de Caroline de l'Est où j'enseignais, puis à les analyser pour en dégager les points communs.
Lorsque le bruit a couru que je m'intéressais à ces phénomènes, des gens qui avaient frôlé la mort ont commencé à me contacter, de toutes les manières possibles. Mon travail de recherche leur avait fait comprendre que leur expérience n'était pas unique, mais qu'elle était partagée, sous une forme ou une autre, par des millions de personnes dans le monde entier. Chez moi, la sonnette retentissait presque aussi souvent que la sonnerie du téléphone, et j'écoutais parler tous ces gens désireux de me raconter leur histoire et d'être assurés qu'ils n'étaient pas fous ou victimes d'illusions. Chaque fois, la personne était ravie de découvrir qu'elle n'était pas seule et je l'étais tout autant de recueillir un nouveau cas à étudier. Lorsque quelqu'un m'approchait en public pour me murmurer : « J'ai une histoire incroyable à vous raconter... », mon cœur commençait à battre la chamade. (Cinquante ans plus tard, c'est toujours la même chose.) Et de nombreux cas m'étaient rapportés par des médecins.


Les expériences de mort imminente reçoivent un accueil chaleureux

Je n'ai donc pas été surpris d'être très bien reçu par l'équipe enseignante du Medical College de Georgie lorsque je me suis orienté vers la médecine, à vingt-quatre ans. Deux semaines après la rentrée, pas moins de huit professeurs m'avaient déjà invité dans leur bureau ou chez eux pour discuter des expériences de mort imminente.
L'un d'eux, le Dr Claude Starr-Wright, professeur d'hématologie, s'était trouvé dans une situation peu enviable : il avait dû ranimer un de ses amis en arrêt cardiaque. Et à sa grande surprise, cet ami se montra furieux d'avoir été ramené du séjour des morts. Il avait en effet, comme il le raconta à Claude, vécu une expérience de mort imminente qui l'avait emmené dans un lieu tellement paradisiaque qu'il y serait bien resté.
D'autres praticiens m'ont raconté leurs propres expériences surprenantes avec la mort. Elles comportaient toutes des éléments qu'ils n'avaient pas su traduire en mots avant d'entendre parler de mes recherches et de comprendre qu'ils avaient été témoins d'une expérience de mort imminente.
Au cours de ces premiers mois à l'école de médecine, nombre d'histoires m'ont été racontées qui cadraient parfaitement avec la description que je donnais de l'expérience de mort imminente. Il ne se passait pas une semaine sans que me soit rapporté un témoignage par un médecin, une infirmière ou un patient, un témoignage avec une description mystérieuse de l'après-vie. C'était très excitant de recevoir ce flot régulier d'informations qui validaient les résultats de mes recherches.
Et puis il s'est produit quelque chose qui a tout changé.
J'étais en train de lire, dans le kiosque à journaux de la faculté, un article sur Gorgeous George, un lutteur célèbre dans les années 1950, lorsqu'une jolie femme s'est approchée de moi.
« Raymond, je suis le Dr Jamieson », m'a-t-elle dit en me serrant la main.
C'était un membre respecté de la faculté, si respecté d'ailleurs que j'avais un peu honte d'être surpris en train de lire un article dans un magazine pour hommes. J'essayai de le dissimuler mais, en fait, le Dr Jamieson s'en moquait complètement. Sa mère était morte peu de temps auparavant, et il s'était produit une chose, à l'instant de sa mort, qu'elle n'avait pas retrouvé dans mes recherches et dont elle n'avait jamais entendu parler.
Elle insista pour que je l'accompagne jusqu'à son bureau où elle pourrait me confier ce qui s'était passé. Nous nous sommes enfoncés dans de confortables fauteuils, et elle m'a raconté une histoire comme je n'en avais encore jamais entendu.
« Pour commencer, sachez que je n'ai pas été élevée dans une famille croyante, dit-elle. Non que mes parents aient été contre la religion — simplement ils n'avaient pas d'opinion à ce sujet. Si bien que je ne m'étais jamais posé la question de l'après-vie, car le sujet n'avait jamais été abordé à la maison.
« Toujours est-il qu'il y a deux ans ma mère a fait un arrêt cardiaque. C'était inattendu et ça s'est passé chez elle. J'étais là, par hasard, et j'ai dû tenter moi-même de la ranimer. Vous imaginez ce que ça peut faire de pratiquer un bouche-à-bouche à sa propre mère ? C'est déjà difficile avec un étranger, mais avec ma propre mère, c'était presque inconcevable.
« J'ai continué le massage cardiaque et le bouche-à-bouche pendant un bon moment, une demi-heure à peu près, avant de comprendre que c'était inutile, qu'elle était bien morte. J'ai donc arrêté et repris ma respiration. J'étais épuisée et je dois dire que je n'avais pas encore réalisé que j'étais désormais orpheline. »
Soudain, le Dr Jamieson s'est sentie sortir d'elle- même. Elle s'est retrouvée au-dessus de son corps et de celui, désormais sans vie, de sa mère, penchée sur la scène comme depuis un balcon.
« Quitter mon corps m'a décontenancée, poursuivit- elle. Et pendant que j'essayais de reprendre mes esprits, j'ai découvert que ma mère planait avec moi sous une forme fantomatique. Elle se trouvait juste à côté de moi ! »
Calmement, le Dr Jamieson a alors dit adieu à sa mère qui souriait, heureuse, et offrait un contraste frappant avec son cadavre allongé sur le sol. Et puis le Dr Jamieson a vu quelque chose qui l'a étonnée.
« J'ai regardé vers le coin de la pièce et découvert une sorte de brèche dans l'univers, qui déversait de la lumière, comme l'eau coule d'une canalisation brisée. Et de cette lumière sortaient des gens que j'avais connus autrefois, des amis de ma mère, décédés. Mais il y avait aussi d'autres personnes, que je ne reconnaissais pas et que j'ai pris pour d'autres amis de ma mère, inconnus de moi. »
Et le Dr Jamieson a vu sa mère s'éloigner et disparaître dans la lumière. La dernière image qu'elle a gardée était celle de ses retrouvailles affectueuses avec tous ses amis. « Et puis la canalisation s'est refermée, presque en spirale, comme un obturateur d'appareil photo, et il n'y avait plus de lumière », a- t-elle dit.
Combien de temps cela avait-il duré, elle l'ignorait. Mais, à la fin, elle s'était retrouvée dans son corps, debout à côté de sa mère défunte, complètement sidérée par ce qui venait de se passer.
« Que pensez-vous de cette histoire ? » m'a-t-elle demandé.
Je n'ai pu que hausser les épaules. J'avais déjà entendu raconter des dizaines d'expériences de mort imminente classiques et j'en entendais sans cesse de nouvelles, mais je ne pouvais pas dire grand-chose de l'expérience du Dr Jamieson, car c'était la première de ce type qui m'était rapportée.
« J'ai dit : que pensez-vous de cette histoire ? a-t-elle repris.
— C'est de l'empathie, ai-je répondu pour signifier la capacité de partager ce que ressent autrui. C'est une expérience de mort partagée.
— On vous en a raconté beaucoup ? a-t-elle questionné, visiblement contente à l'idée que ce soit le cas.
— Non, docteur Jamieson, aucune, ai-je répondu. J'ai bien peur que vous soyez la première. »
Nous sommes restés un moment dans son bureau à échanger des idées sur la nature de son expérience avec sa mère. Mais, à la fin, nous étions toujours aussi déroutés, incapables de comprendre ce qui s'était passé.
Expérience de mort partagée... la formule est restée dans ma mémoire, sans que j'en aie d'autres exemples, jusqu'au milieu des années 1980. À ce moment-là, des infirmières et des médecins ont commencé à me parler d'événements étranges qui se produisaient à la mort de certains patients. L'attitude du corps médical s'était déjà bien assouplie. Et je me suis rendu compte que les expériences de mort partagée étaient au moins aussi anciennes que la médecine elle-même. Mais que le personnel médical n'avait pas été encouragé à parler d'événements pouvant relever du domaine spirituel plutôt que du domaine scientifique. Comme me le dit un vieux médecin, « de mon temps, faire allusion à quelque chose qui pouvait être de nature spirituelle, c'était presque traité comme une violation de notre serment de médecins. Alors on laissait passer. On ne disait rien ».
Mais les temps avaient changé. Dans les années 1980, le personnel médical s'ouvrait, discutait de toutes sortes de choses, y compris des expériences de mort imminente et des expériences de mort partagée.
À la fin de mes études de médecine, j'ai commencé à entendre des récits de mort empathique ou partagée, lors de conférences médicales dans le monde entier. Et, en recueillant les témoignages de personnes du milieu hospitalier, j'ai fini par me rendre compte que ces expériences étaient plus fréquentes que je ne l'imaginais. Et aussi qu'elles avaient des points communs avec les expériences de mort imminente même si, je dois le reconnaître, certaines de leurs caractéristiques m'étaient totalement inconnues.
On me décrivait par exemple des pièces qui changeaient de forme et se remplissaient d'une lumière mystique — choses dont je n'avais jamais entendu parler au sujet des expériences de mort imminente. Mais, parmi tous les éléments récurrents de cette nouvelle forme d'expérience, celui qui me surprenait le plus était la capacité de certaines personnes à voir le film de la vie de la personne mourante.
Une femme que je prénommerai Suzanne m'a par exemple raconté l'histoire, triste mais remarquable de la mort de son fils — remarquable à cause des informations qu'elle a reçues. Au moment où cet homme encore jeune mourait d'un cancer, Suzanne fut « emportée sur un nuage » avec lui et vit se dérouler des scènes de sa vie. Certaines lui étaient familières, celles de l'enfance et de l'adolescence, notamment. D'autres, celles de « ses années privées » comme elle disait, lui étaient totalement étrangères. Sans vouloir s'étendre sur ce que contenaient ces scènes, elle a dit, simplement : « Je n'ai pas été gênée le moins du monde par les choses que j'ai vues. »
Mais les informations qu'elle avait recueillies sur la vie de son fils étaient tellement précises que, par la suite, elle a été capable de reconnaître ses amis et d'aller dans les endroits où se déroulaient certaines scènes.
Ce qui m'a frappé dans ce récit, c'est que Suzanne avait appris des choses qu'elle ignorait et qui s'étaient révélées exactes après vérification. Elle n'avait pas revisité ses propres souvenirs. Mais je ne sais toujours pas comment interpréter ce genre de cas, sauf à reconnaître que, dans chaque expérience, il semble qu'une porte s'ouvre sur des aspects inconnus de la personne qui meurt.